09.06.2010
Itinéraire d'un triangle rose par Rudoph Brazda et Jean-Luc Schwab
Rudolf Brazda a presque 95 ans lorsqu'il décide de s'exprimer publiquement sur les répressions et sa déportation pour motif d'homosexualité. Contre toute attente, il se trouve être le dernier survivant connu de ces 10 000 déportés que les nazis envoyèrent dans les camps de concentration pour leur homosexualité.
Détenu au camp de Buchenwald de 1942 jusqu'à la libération, il dut y porter un triangle rose, signe distinctif pour ces hommes à la sexualité honnie. Dans l'Allemagne de Hitler, les déboires pour Rudolf, né de parents tchèques, commencèrent dès 1937, année de sa première condamnation au titre du paragraphe 175. Ce texte de loi condamnait fermement la "débauche contre-nature entre hommes" et la peine d'emprisonnement qui en résulta lui valut ensuite l'exil vers la Tchécoslovaquie occidentale, terre de ses parents. Là, il sera de nouveau arrêté et condamné par le pouvoir nazi après l’annexion de ce pays.
Son parcours est jalonné par des personnes marquantes, aux vécus non moins insolites et marqués par les aléas historiques et politiques qui secouèrent l'Europe de la première moitié du XXème siècle.
Résidant en France depuis sa sortie du camp de concentration, il nous livre un témoignage unique et rare, étayé par un travail de recherche historique du co-auteur. Outre les souvenirs et réflexions de Rudolf, cet ouvrage révèle - et c'est une première - le détail d'enquêtes policières ayant visé des homosexuels dans l'état nazi. Sont également traités, avec tact mais sans tabou, la question de la sexualité dans un camp de concentration, de même que le vécu quotidien et les sévices de l'univers concentrationnaire du camp Buchenwald.
A noter
L’année 2010 est marquée par de nombreuses commémorations. En avril pour le camp de Buchenwald. Le dernier dimanche d'avril pour la Journée Nationale du Souvenir de la Déportation, avec des cérémonies à Paris et dans la plupart des grandes et moyennes villes de province. Il y aura également deux inaugurations de plaques mémorielles concernant les déportés pour homosexualité : à Mulhouse, le samedi 15 mai, celle à Pierre Seel et aux d’autres Mulhousiens anonymes déportés, et en automne au camp du Struthof. Enfin, L'Arbre et la Forêt, un film basé sur l'histoire de Pierre Seel, un autre détenu pour homosexualité interprété par Guy Marchand sortira le 3 mars 2010.
LE CO-AUTEUR
Jean-Luc Schwab est né en 1972 et vit en Alsace. En 2008, il s'implique activement dans une association mémorielle oeuvrant pour la connaissance et la reconnaissance de la déportation pour motif d'homosexualité. Il est alors loin d'imaginer que le dernier survivant connu de ces déportés au triangle rose habite tout près de chez lui, dans la région de Mulhouse. Devenu son confident, il entreprend des recherches historiques en Allemagne, en France et en République Tchèque pour livrer au grand public l'histoire hors du commun de Rudolf Brazda, poursuivi par la justice nazie et déporté au camp de concentration de Buchenwald en raison de sa sexualité.
Source: éditions Florent Massot
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| Tags : triangle rose, nazisme, camps de concentration, buchenwald, brazda, jean-luc schwab |
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10.01.2009
Un amour à taire. Ce soir à 21H sur TV5 Monde
Une fiction sur les persécutions et la déportation des homosexuels pendant la seconde guerre mondiale, de Christian Faure
C’est un film difficile et rude sur un sujet resté longtemps tabou : les persécutions et la déportation des homosexuels pendant la dernière guerre mondiale. Un film pour comprendre l’incompréhensible.
Tout commence comme une belle histoire de jeunes gens dans la France de Vichy. Jacques (Nicolas Gob) aime Sarah (Louise Monot), qui aime Jean (Jérémie Rénier), qui préfère Philippe (Bruno Todeschini). Jacques et Jean sont frères, le premier fricote avec l’occupant, le second cache la juive Sarah, amie d’enfance, dont la famille a été massacrée. Philippe est résistant et obtient des faux papiers pour ses amis. Promenades à bicyclette, soirées entre amis, des petits riens pour oublier cette foutue guerre.
L’histoire bascule quand Jacques, jaloux, dénonce Jean. Celui-ci est accusé, à tort, d’être l’amant d’un officier de la Wehrmacht. Emprisonné, battu, torturé, il est envoyé dans un camp en Allemagne où les homosexuels, étiquetés êtres asociaux, sont abandonnés aux mains de médecins fous qui les utilisent comme cobayes pour leurs expériences (les scènes de déportation sont difficilement supportables). Poursuivi par la Gestapo, Philippe est abattu. Sarah reste seule avec Jacques, dont elle ignore la trahison.
Les producteurs François Aramburu et Pascal Fontanille ont longuement mûri leur projet. « C’était important d’expliquer aux gens comment ça s’est passé. » Ils se sont beaucoup inspirés de Moi, Pierre Seel, déporté homosexuel (Calmann-Lévy, 1994), le récit de l’un de ces oubliés qui ont mis plus d’un demi-siècle pour obtenir la reconnaissance de la déportation des « triangles roses ». Ils ont également voulu rappeler que les lois qui ont criminalisé l’homosexualité, promulguées sous Vichy, sont restées en vigueur jusqu’en 1981.
Ce téléfilm réalisé par Christian Faure a été multiprimé au Festival de Luchon 2005 : Prix spécial du jury, Prix du public, meilleur scénario, jeune espoir féminin (Louise Monot), jeune espoir masculin (Nicolas Gob). Jérémie Rénier n’a pas été distingué, on le regrette pour ce magnifique acteur qui porte le film sur ses épaules.
Un amour à taire, une fiction sur les persécutions et la déportation des homosexuels pendant la seconde guerre mondiale.
Source du texte: Le Monde Télévision
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| Tags : gay, homosexualite, cine, television, cinema, tele, nazisme, allemagne, troisieme reich, guerre, occupation, triangle rose |
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27.01.2008
Homocauste, journée de la mémoire, 27 janvier
Les homosexuels ont été le troisième groupe, après les Juifs et les Tsiganes, à avoir été persécutés, internés et déportés dans les camps d´extermination nazis. Entre 1933 et 1945, il y eut cent mille homosexuels arrêtés par les nazis. De ces 100000, quinze mille furent déportés vers les camps. D´après les documents officiels, seuls 4000 ont survécu.

Voir aussi sur le sujet l´excellent site triangles-roses (en francais)
La journée de la mémoire est l´occasion de se remémorer ces victimes homosexuelles du régime nazi, mais aussi des nombreuses victimes des persécutions de tant de pays dans le monde où aujourd´hui encore la peine de mort est d´application pour les personnes homosexuelles.
Un peu partout en Europe, en France, au Royaume-Uni, par exemple, des cérémonies de commémoration sont organisées avec une participation de la communauté gay et lesbienne. En Italie, à Perugia (Ombrie), une pièce de sera jouée par le MicroTeatro Terra Marique: “Le fate della notte – storia di un deportato omosessuale” de Claudio Massimo Paternò. Toujours à perugia (Pérouse) une exposition rappelle l´holocauste homosexuel: "Omocausto, lo sterminio dimenticato degli omosessuali” (Homocauste, l´exterminationoubliée des homosexuels).
Source: le texte ci-dessus est la traduction d´un article paru en italien sur le site d´Arcigay Arcilesbica Omphalo Perugia
Voici la très belle affiche qui annonce ces événements:

15:53 Publié dans Histoire | Lien permanent | Envoyer cette note
| Tags : italie, holocauste, deportation, homosexuel, lesbienne, homophobie, extermination, national socialisme, triangles roses, perugia, arcigay, juif, juifs, tsiganes, triangle rose, gay, nazi, nazisme, camps de la mort |
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