19.07.2010
Golgotha: Steven Cohen met en scène l'alchimie de la douleur

Le festival d’opéra d’été de Munich (Münchner Opernfestspiele) a présenté le temps d’un week-end le spectacle Golgotha de l’artiste visuel sud-africain Steven Cohen : un spectacle incomparable d’une beauté crucifiée et crucifiante sur l’insoutenable légèreté de l’éphémère, qui a eu lieu dans l’écrin tout aussi éphémère que l’Opernfestspiel a érigé sur la Marstallplatz : le Pavillon 21 Mini Opera Space.
Golgotha*, le lieu du crâne, le lieu du calvaire et de la crucifixion du Christ mais aussi de tant d’autres, dont Steven Cohen.
La vie est-elle donc une calvaire dont seule la beauté nous sauve, en se nourrissant de douleur ? A moins que la beauté ne soit elle-même qu’une douleur magnifiée si insupportable qu’elle ne peut qu’être éphémère ?

C’est ce que nous donne à voir le spectacle de Steven Cohen qui crée une installation visuelle nourrie de sa propre chair et de ses souvenirs endeuillés, et dans laquelle il circule, en y introduisant sa présence et sa danse dans une alchimie de la douleur.
La création de Steven Cohen s’inscrit dans son histoire familiale : le frère de Steven, un golden boy de Wall Street, s’est suicidé, broyé par la machine infernale d’une société consumériste toute au service de Mammon. Gold-gotha : une élite financière dorée qui ne peut que tuer.
Steven, amputé vif de son frère, a encore d’autres raisons de promener sa douleur sur le Calvaire : il est Juif et homosexuel, deux minorités qui ont le triste privilège d’avoir été baladées dans l’histoire des charniers, et de l’être encore.

A peine entrés dans la salle, la souffrance et la mort saisissent les spectateurs avant même que le spectacle commence : Rentrer dans la salle, c’est tout aussitôt pénétrer dans l’installation de l’artiste : une installation de porcelaines très colorées, de fleurs artificielles et de petits luminaires qui dessinent la forme d’une croix sur le sol de la scène, deux mannequins portant des vêtements en justaucorps baroques dont l’un est constitué d’ossements et l’autre de dorures. 
La scène est encadrée par deux immenses photographies de l’artiste dans les rues de New York dans lesquelles il circule arborant un magnifique maquillage et juché sur d’étonnants cothurnes de sa composition, dont le support est constitué de deux crânes humains véritables. Golgotha : on est bien sur un charnier. La danse des squelettes va pouvoir commencer.

Elle commence par la projection d’une video géante aux plans rapprochés sur laquelle on peut voir que le maquillage de l’artiste a la délicatesse des ailes ocelées d’un papillon. Il y déambule dans les rues de New York attirant l’attention des badeaux qui le prennent en photographie, amusés par son étrange accoutrement.
A la video succède l’apparition de l’artiste dans une nudité grimée : une performance qui tient de la présence du tableau vivant, de l’expression corporelle et de la danse. 
Steven Cohen revêtira différents costumes, mais surtout diverses paires d’étonnants cothurnes, dont une paire constituéee de sabots de boucs juchés sur des crânes humains. Il piétinera en les éclatant les porcelaines et les luminaires qui constituent la croix. Il représentera une exécution qui tient de la pendaison et de l’électrocution dans une machinerie qui rappelle la chaise électrique.
Steven Cohen construit la beauté sur et avec la mort et la destruction du précieux : la mort de son frère, la destruction des porcelaines que l’on peut examiner une fois le spectacle fini : ce que Steven pulvérise de ses lourdes cothurnes, ce sont de coûteuses pièces de poterie provençale, les fameuses Vallauris.
Il n’y a aucun blasphème dans le piétinement des objets qui constituent la Croix : la mort est transmuée en beauté, même si cette beauté a la fragilité des ailes du papillon, une beauté à fleur de peau, comme dans le maquillage de l’artiste, et à fleur de nerfs torturés à vif.
On sort silencieux, consternés, émerveillés et transformés de ce spectacle.
*Golgotha » est la forme grecque de l'araméen gulgūltá et de l'hébreu biblique gulgōlet, « crâne »Ce nom vient sans doute de la présence d'ossements et de crânes mais il se peut aussi que le sommet de la colline eût la forme d'un crâne
Photos Luclebelge, avec l'aimable autorisation de l'artise et de sa productrice.
Pour accéder au site de l'ariste, cliquer ici
Prochaines programmations du spectacle début 2011 à Tours, Bordeaux et Poitiers. Plus d'infos: cliquer ici (Latitudes contemporaines).
08:35 Publié dans Danse, chorégraphie | Lien permanent | Envoyer cette note
| Tags : steven cohen, golgotha, munich, opernfestspiele, queer, travesti |
|
|
Facebook |
08.05.2010
Sarah Bernardt en dragking: impériale!
Dans la série le petit iconoclaste illustré, voici Sarah Bernard travestie pour jouer le rôle de l'Aiglon! Impériale, non?



07:00 Publié dans Trans, travesti, transgenre | Lien permanent | Envoyer cette note
| Tags : dragking, sarah bernardt, travesti, l aiglon, theatre |
|
|
Facebook |
30.03.2010
Un prêtre en porte-jarretelles. Les dessous de la soutane.
L'historiette, qui se serait passée à Paris dans le Quartier latin, a été relatée le 26 mars par GayNews24 , qui ne cite malheureusement pas sa source française.

Pris d'un malaise dans la rue, un prêtre a été transporté en ambulance aux urgences. Dès son arrivée à l'hôpital on prépare l'homme de Dieu pour l'examen médical en lui déboutonnant la soutane. Et les médecins de garde, qui diagnostiqueront un infarctus, découvrent que le prêtre portait un délicieux porte-jarretelles du plus beau rouge pourpre. Ce prêtre a ainsi inventé un nouveau genre: le travesti cardinalice coquin.
Les voies du Seigneur sont si impénétrables qu'on est parfois étonné des chemins qu'Il emprunte pour la propagation de la foi.
Reste à savoir si le cas est unique ou si le prêtre a simplement copié une mode vaticanesque.
C'est possible. Ce type d'historiette avait déjà inspiré un peintre surréaliste iconoclaste qu'avait découvert Salvator Dali : Clovis Trouille, auquel le musée Louis Senlecq vient de consacrer une exposition. (Voir ce qu'en écrit Le Monde des Arts)

Clovis Trouille
" Remembrance"
86 x 70 cm - Huile sur toile -1930 (Collection particulière)
Je découvre à l'occasion de cette anecdote un poème de Raoul Ponchon qui peut expliquer bien des choses. Un poète peu connu à qui l'on doit le quatrain célèbre cher aux alcooliques: « Quand mon verre est vide Je le plains Quand mon verre est plein Je le vide. »
…Cinq millions de dentelles !
Pour un seul homme -on dit sourd -
Hein ! qu’en pensez-vous, les belles ?
Car sa Sainteté… c’est Elle -
Possède, en bien propre, pour
Cinq millions de dentelles.
Des curés, par kyrielles,
Les lui comptent nuit et jour.
Hein ! qu’en pensez-vous, les belles ?
Némorins, si vos Estelles
Exigeaient pour leur amour
Cinq millions de dentelles,
De Venise ou de Bruxelles :
- Zut ! Leur diriez-vous tout court.
Hein ! qu’en pensez-vous, les belles ?
Il en faut des clientèles
Pour gagner, au temps qui court,
Cinq millions de dentelles !
En faut-il, Mesdemoiselles
Du vice et du hart labour !
Hein ! qu’en pensez-vous, les belles ?
En faut-il montrer du zèle
A ces cochons d’hommes, pour
Cinq millions de dentelles !
Eh bien, ce roi des Fidèles
En détient, lui, plein sa cour.
Hein ! qu’en pensez-vous, les belles ?
Il les remue à la pelle.
Il tracasse tour à tour
Cinq millions de dentelles !
De vieilles sempiternelles
Lui en trament tous les jours.
Hein ! qu’en pensez-vous, les belles ?
Jamais n’eurent ces donzelles
Dubarrys et Pompadours,
Cinq millions de dentelles.
Croyez-vous que les dentelles ne soient pas d'actualité? Que nenni! Observez bien la garde-robe du pape, un pape qui a remis à l'honneur l'aube à dentelles. Voici par exemple ce que rapporte un jeune prêtre ébloui de la région de Padoue, don Matteo ragazzo, qui a observé le pape pendant la messe de Noël 2008: le Pape « portait un manteau de 7-8 mètres d’envergure, une mitre précieuse rehaussée de gemmes et de diamants, un pallium tenu par des épingles en or, une chasuble cousue d’or, une aube brodée, une bague en or et des chaussures cirées assorties aux parements »,
07:30 Publié dans Trans, travesti, transgenre | Lien permanent | Envoyer cette note
| Tags : pretre, benoit xvi, vatican, travesti, porte-jarretelles, insolite |
|
|
Facebook |
16.03.2010
Historique: un mariage lesbien a eu lieu en Espagne en 1901!
Elisa et Marcela se sont rencontrées à la Corogne en Galice (Espagne) à la fin du dix-neuvième siècle. Elles se prirent d'amitié l'une pour l'autre et finirent par devenir amantes. Une histoire en somme assez banale et que la société d'alors tolérait bien: deux femmes qui vivent ensemble, cela ne choquait alors personne. Mais Elisa et Marcela, qui étaient toutes deux maîtresses d'école, ne voulurent pas vivre en secret leur histoire d'amour et décidèrent de transgresser les préjugés moraux et religieux qui étaient de règle à l'époque. Elles s'ingénièrent à tromper l'église sur la nature de leur relation: l'une d'entre elles s'habilla en homme, et donna si bien le change qu'en 1901, le curé de l'église de San Jorge les unit par les liens du mariage. Voila nos deux lesbiennes mariées!
Mais le pot aux roses fut découvert et l'opprobe dont elles furent l'objet les contraignit à fuir au Portugal où elles furent apparemment accueillies sans problème. Elles s'installèrent à Porto où elles eurent une petite fille . A un journaliste qui avait eu vent de l'affaire, Elisa aurait répondu: Est-ce surnaturel qu'un petit garçon ou une petite fille vienne au monde? Il n'y a rien de plus naturel: une femme fait un enfant! Nous ne sommes pas deux criminelles.
Cette histoire a passionné pendant plus de quinze ans le doyen de la Faculté des Sciences de l'Education de La Corogne, Narciso de Gabriel, qui a fni par en faire un livre. Il l' a publié d'abord en galicien, puis le livre a été traduit en espagnol: “Elisa y Marcela. Más allá de los hombres” (Elisa et Marcela, au-delà des hommes, édition Libros del Silencio pour la traduction espagnole).
Elisa et Marcela emigrèrent ensuite à Buenos Aires, comme des milliers de leurs compatriotes. Elisa s'y maria avec un homme nettement plus âgé qu'elle, ceci dans l'idée de ne pas travailler et de pouvoir passer davantage de temps avec Marcela et, en cas de veuvage, de retourner au pays avec sa femme. Mais le vieillard se rendit compte de la combine et les dénonça. Après cet épisode, on a perdu toute trace deux deux femmes.
Les groupes LGBT les considèrent aujourd'hui comme des précurseurs de la lutte pour les droits des personnes gays, lesbiennes et trans. Les organisations galiciennes demandent qu'on attribue leur nom à une rue de La Corogne, sans succès jusqu'ici.
Source principale: si vous lisez l'espagnol, allez surtout lire le reportage d'El Pais, qui développe l'histoire.
Via Queer Blog, Dos Manzanas, El Pais (photo 1) et Libros del Silencio.

07:49 Publié dans Lesbiennes | Lien permanent | Envoyer cette note
| Tags : lesbienne, lesbiennes, lesbianisme, histoire, mariage, mariage religieux, eglise, espagne, a corugna, la corogne, travesti, transgenre, argentine, porto, buenos aires, galice |
|
|
Facebook |
03.03.2010
Campagne ILGA contre la discrimination des trans
Transgender people are not mentally ill!
Currently transgender identities are considered as a mental illness. Doctors and psychiatrists take most of the decisions on transgender people’s identities. Many transgender people are subjected to invasive and degrading physical and psychological tests, treatment and procedures.
As a result, transgender people are robbed of control over their body, identity, and life.
ILGA-Europe insists on respect and dignity for transgender people. We demand an end of pathologisation without any loss of needed health care.
Stop the pathologisation of transgender people!
ILGA-Europe supports the campaign launched by the International Trans Depathologization network: http://www.stp2012.wordpress.com

07:00 Publié dans Trans, travesti, transgenre | Lien permanent | Envoyer cette note
| Tags : trans, transgenre, transsexuel, transsexualite, travesti |
|
|
Facebook |
28.02.2010
24 Tango: un clip video génial! Tuttav tango!
Je ne sais rien ni de ce chanteur ni de l'origine de cette video trouvée sur le site Tales from the other side of the town. Cela semble provenir d'Estonie. J'adore...merci de me contacter si vous pouvez me fournir un renseignement quelconque!
08:15 Publié dans Chansons, musiques | Lien permanent | Envoyer cette note
| Tags : estonie, chant, chanson, video, videoclip, clip, travesti |
|
|
Facebook |
26.02.2010
Le film russe Veselchaki: Priscilla à Moscou, drag queens, paillettes et vodka
Veselchaki (Jolly Fellows)

Cette comédie non conventionnelle, du moins pour la Russie, met en scène cinq hommes: mâles par la naissance mais drag queens par nature. Difficile de vivre dans un monde qui ne vous accepte pas, qui ne vous comprend pas...Aussi créent-ils leur propre monde, un monde dans lequel ils peuvent évoluer librement: ils travaillent comme drag queens et où ils s'appellent alors Rosa, Lusya, Fira, Lara and Gertruda. Cinq hommes que tout sépare: ils n'ont pas le même âge ni le même type de personnalité et de caractère, ils sont habités chacun par un rêve différent. Les hasards de la vie les ont fait se rencontrer.
Un film dont un des intérêts, et non des moindres, est qu'il se déroule dans un pays où les droits des gays sont embryonnaires et l'homophobie extrême. Le premier film russe consacré aux drag queens.
Ce film est déjà sorti en DVD (novembre 2009)
07:00 Publié dans Cinéma, séries, vidéos | Lien permanent | Envoyer cette note
| Tags : trans, cine, gay, russie, film, travesti, cinema, veselchaki, drag queen, jolly fellows |
|
|
Facebook |







