13.03.2010
Desmond TUTU s'alarme de l'homophobie galopante en Afrique
Desmond TUTU, archevêque émérite anglican du Cap (Cape Town, Afrique du Sud), s'est vu décerner le prix Nobel de la Paix en 2004. Dans un article publié hier par le Wahington Post, il s'inquiète de la propagation de l'homophobie sur le continent africain: au Sénégal, au Malawi, au Kenya et en Uganda les législateurs s'attaquent aux droits des personnes LGBT jusqu'à préconiser la peine de mort (Uganda), et il arrive que la population s'en prenne aux personnes et mette en danger leur intégrité physique. La pandémie de Sida est plus préoccupante que jamais et l'homophobie ambiante en est un facteur de développement. Tout cela est inacceptable d'un point de vue chrétien, selon l'archevêque. L'homosexualité n'est pas un péché, mais un des aspects de la diversité humaine.
Voici le texte original de Desmond Tutu.
In Africa, a step backward on human rights
By Desmond Tutu
Friday, March 12, 2010; A19
Hate has no place in the house of God. No one should be excluded from our love, our compassion or our concern because of race or gender, faith or ethnicity -- or because of their sexual orientation. Nor should anyone be excluded from health care on any of these grounds. In my country of South Africa, we struggled for years against the evil system of apartheid that divided human beings, children of the same God, by racial classification and then denied many of them fundamental human rights. We knew this was wrong. Thankfully, the world supported us in our struggle for freedom and dignity.
It is time to stand up against another wrong.
Gay, lesbian, bisexual and transgendered people are part of so many families. They are part of the human family. They are part of God's family. And of course they are part of the African family. But a wave of hate is spreading across my beloved continent. People are again being denied their fundamental rights and freedoms. Men have been falsely charged and imprisoned in Senegal, and health services for these men and their community have suffered. In Malawi, men have been jailed and humiliated for expressing their partnerships with other men. Just this month, mobs in Mtwapa Township, Kenya, attacked men they suspected of being gay. Kenyan religious leaders, I am ashamed to say, threatened an HIV clinic there for providing counseling services to all members of that community, because the clerics wanted gay men excluded.
Uganda's parliament is debating legislation that would make homosexuality punishable by life imprisonment, and more discriminatory legislation has been debated in Rwanda and Burundi.
These are terrible backward steps for human rights in Africa.
Our lesbian and gay brothers and sisters across Africa are living in fear.
And they are living in hiding -- away from care, away from the protection the state should offer to every citizen and away from health care in the AIDS era, when all of us, especially Africans, need access to essential HIV services. That this pandering to intolerance is being done by politicians looking for scapegoats for their failures is not surprising. But it is a great wrong. An even larger offense is that it is being done in the name of God. Show me where Christ said "Love thy fellow man, except for the gay ones." Gay people, too, are made in my God's image. I would never worship a homophobic God.
"But they are sinners," I can hear the preachers and politicians say. "They are choosing a life of sin for which they must be punished." My scientist and medical friends have shared with me a reality that so many gay people have confirmed, I now know it in my heart to be true. No one chooses to be gay. Sexual orientation, like skin color, is another feature of our diversity as a human family. Isn't it amazing that we are all made in God's image, and yet there is so much diversity among his people? Does God love his dark- or his light-skinned children less? The brave more than the timid? And does any of us know the mind of God so well that we can decide for him who is included, and who is excluded, from the circle of his love?
The wave of hate must stop. Politicians who profit from exploiting this hate, from fanning it, must not be tempted by this easy way to profit from fear and misunderstanding. And my fellow clerics, of all faiths, must stand up for the principles of universal dignity and fellowship. Exclusion is never the way forward on our shared paths to freedom and justice.
Source: le Washington Post du 12 mars
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19.01.2010
Sénégal : les religieux expliquent les raisons de leur homophobie
Un article de la rédaction africaine de Radio Nederland Wereldomroep (la radio néerlandaise internationale), mis en ligne le 18 janvier
Dépravation des mœurs, perte de l’ordre social, acte contre nature : au Sénégal, l’homosexualité suscite réprobation, craintes et parfois actes de violence.
Bineta Diagne (Notre correspondante à Dakar)
L’imam Assane Seck officie à la mosquée de l’unité 17 des Parcelles assainies, dans la banlieue dakaroise. Il y prononce parfois des prêches contre les homosexuels « pour sensibiliser » sur ce phénomène. Titulaire d’une maîtrise en droit islamique, cet imam condamne avec virulence l’homosexualité dans la société sénégalaise, composée à 95% de musulmans vivant dans un Etat laïc : Je conçois l’homosexualité au Sénégal comme tout à fait contraire à la foi, la religion et les mœurs de plus 95 % de la population, affirme M. Seck. « Ce phénomène (l’homosexualité) est fortement combattu dans notre société. Il suscite la réprobation la plus totale, vu que l’islam, explique-t-il, a une attitude tout à fait sévère vis-à-vis de l’homosexualité ». D’après ce chef religieux, l’homosexualité menace « l’ordre social » sénégalais.
Lobbies européens
Même réquisitoire soutenu par l’ONG islamique Jamra. Son président, Bamar Guèye, dénonce des lobbies homosexuels européens, qui seraient derrière les homosexuels sénégalais : Des personnes d’autres pays veulent nous imposer quelque chose qui n’est conforme ni avec notre religion, ni avec notre tradition, s’insurge-t-il, tout en reconnaissant que la foi est quelque chose de sensible.
Ce musulman dit conseiller en toute confidentialité les rares homosexuels qui s’adressent à sa structure :« Nous leur disons de se conformer aux préceptes de notre sublime religion, indique M. Guèye. Et d’insister : Nous les encourageons, nous ne les forçons pas. Plus radical, l’imam Assane Seck soutient une application à la lettre du Coran, qui, selon lui, dicte de tuer les homosexuels pour purifier la société.
Victimes du mal
Autre voix opposée aux homosexuels : l’Eglise sénégalaise. La foi chrétienne refuse l’homosexualité, dit l’abbé Léon Diouf, vicaire épiscopale à la Cathédrale de Dakar. Cet abbé prône pourtant la tolérance car il considère les gays comme des victimes du mal, qu’il faudrait protéger des mouvements de foule. (...) C’est la foule qui rejette ainsi cette communauté, dénonce-t-il.
Un activiste sénégalais de la Rencontre africaine des droits de l’homme met en garde contre les dérives de l’homophobie. S’opposer aux MSM (hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes, en anglais), ne justifie pas que l’on aille jusqu’à déterrer un homosexuel, comme cela a été le cas à Thiès l’an dernier. Si on va aussi loin, c’est qu’il y a problème dans la société, avertit-il.
En février 2008, la publication dans la presse locale de photos illustrant une cérémonie gay avait provoqué un tollé et une véritable chasse à l’homme contre les homosexuels. Depuis, nous sommes obligés de nous cacher, témoigne le secrétaire exécutif d’une association gay, sous couvert de l’anonymat : Au début, se souvient-il, lorsque notre association s’est formée, nous avions du mal à mobiliser les MSM, car il fallait qu’ils sortent de leur clandestinité.
Source: RNW
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30.04.2009
Islam, Sénégal et homosexualité: création d'un front islamiste anti gay
Non, Benoît, t'es pas tout seul...
Dakar, 29 avr (APS) - Le Front islamique pour la défense des valeurs éthiques a exprimé mercredi son inquiétude face aux manœuvres de lobbies visant, selon lui, à pousser 38 Etats africains dont le Sénégal à signer la convention légalisant l’homosexualité.
Mis en place dimanche à l’issue d’une réunion qui s’est tenue à la Mosquée Cheikh Omar Foutiyou Tall, le ’’front’’ a rendu publique sa première déclaration, lors d’une conférence de presse.
Lue par Bamar Guèye, représentant de l’organisation Jamra, devant le mausolée Seydou Nourou Tall, le texte indique que, ‘’depuis quelques temps, la tension couve au Sénégal et oppose les défenseurs des valeurs éthiques aux homosexuels, à certains soi-disant organisations des droits de l’Homme et aux lobbies tapies dans l’ombre’’.
‘’Ces lobbies ont, dénonce la déclaration, ourdi une conspiration dangereuse contre les valeurs religieuses en général et contre celles de l’Islam en particulier.’’
A cet égard, le front rappelle ‘’l’appel pour la dépénalisation de l’homosexualité’’ lu au nom de 66 pays par le représentant de l’Argentine, le 18 décembre dernier à l’Assemblée générale des Nations Unies à New York.
De l’avis des participants ayant pris part aux travaux qui ont abouti à ladite déclaration, ‘’ces lobbies se livrent à la recherche effrénée d’un +quorum+ pour permettre à l’ONU d’avaliser une convention portant sur la +dépénalisation universelle de l’homosexualité’’.
Mais ‘’ce qui est encore plus inquiétant actuellement et qui interpelle tout croyant, c’est que c’est le continent africain qui est le plus visé, car l’objectif de ces lobbies est de faire signer la convention à 38 pays africains dont le Sénégal pour légaliser ces pratiques contre-nature’’.
Le ’’front’’ indique que ‘’ces mêmes lobbies, avec des ramifications insoupçonnées (divers groupes obscurs dont des homosexuels et des lesbiennes) se livrent à des manœuvres souterraines au niveau mondial avec des fonds (...) exorbitants pour recruter et multiplier des relais notamment certaines +ONG se réclamant défenseurs des droits humains’’.
C’est en réaction à cette situation et à l’abandon des poursuites contre neuf homosexuels que la Ligue des oulémas de l’Islam au Sénégal avait invité dimanche chefs religieux et associations islamiques à une journée de réflexion et de concertation. Journée qui a abouti à la création du Front islamique pour la défense des valeurs éthiques.
Source: site web de l'agence de presse sénégalaise
12:18 Publié dans Religions, haines et tolérances | Lien permanent | Envoyer cette note
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21.04.2009
Les Sénégagays, un reportage
Outre ce reportage, je vous renvoie à l'article publié hier dans le média sénégalais L'observateur et intitulé
CHEIKH NIANG, SOCIOLOGUE "NOUS AVONS BESOIN DES HOMOSEXUELS" |
En voici l'introduction:
Paru le Lundi 20 Avr 2009
Comment devient-on homosexuel au Sénégal ? Comment sont organisés les homosexuels ? La pratique, bannie par une bonne frange de la population, est-elle si nouvelle que ne le croit une certaine opinion ? Qu’est-ce qui explique la répression dont ils sont l’objet au Sénégal ? Dans le contexte marqué par l’affaire des homosexuels de Mbao, dont le verdict est attendu ce lundi, nous avons interrogé un spécialiste du phénomène de l’homosexualité, pour mieux le comprendre. Cheikh Niang est enseignant à l’Institut des Sciences de l’Environnement (ISE) à l’Université Cheikh Anta Diop. Disciple de feu Cheikh Anta Diop qui a encadré sa Thèse de troisième cycle, ce Sociologue est professeur visiteur dans beaucoup d’universités Américaines et également chercheur bien connu à travers le monde. Conseiller technique temporaire pour les programmes de l’Onusida, Cheikh Niang met, dans cet entretien qu’il a bien accepté de nous accorder, les pieds dans le plat. Et sans détours, ni censure.
Pour lire la site de l'article, cliquer ici.
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22.01.2009
Sénégal: l' homophobie haineuse et virulente de l'ONG Jamra
A lire un article publié sur le site du quotidien sénégalais Le Soleil. Je le reproduis par souci d'information, et sans commentaire, tant l'homophobie en est patente.
14:03 Publié dans Religions, haines et tolérances | Lien permanent | Envoyer cette note
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15.01.2009
Pétition pour la libération des 9 sénégalais emprisonnés
Cyberaction: signez la pétition
Dans un communiqué publié hier, 14 janvier 2009, Amnesty International, AIDES, FIDH (Fédération Internationale des Ligues des droits de l’homme), Inter LGBT, Tjembé Red et SI-LGBT (Solidarité Internationale Gay Lesbiennes, Gay Bi et Trans) appellent à la libération immédiate et inconditionnelle de 9 hommes condamnés le 7 janvier 2009 à 8 ans de prison ferme pour « conduite indécente et actes contre nature et association de malfaiteurs ». Pour les associations, il s’agit de prisonniers d’opinion puisqu’ils ont été jugés uniquement sur la base de leur présumée conduite sexuelle.
Sénégal: Appel pour la libération immédiate de 9 hommes jugés sur la base de leur présumée conduite sexuelle
Monsieur le Président du Sénégal,
Je vous écris pour vous demander d’user de votre autorité comme Président de la République du Sénégal en vue de libérer immédiatement les 9 citoyens sénégalais, arrêtés le 19 décembre 2008 alors qu’ils tenaient une réunion d’information interne sur le sida et condamnés le 7 janvier 2008 pour « conduite indécente, actes contre nature et associations de malfaiteurs ».
Cette accusation, qui ne repose sur aucune preuve, va à l’encontre des droits fondamentaux des humains à disposer de leur corps.
Les 9 hommes, détenus arbitrairement depuis le 19 décembre 2008, après avoir fait l’objet de délations anonymes quant à leur comportement sexuel, ont été arrêtés lors d’une intervention de la police à l’habitation de l’un d’eux, au cours d’une réunion associative portant sur la prévention du VIH/SIDA.
Le travail de la société civile dans la lutte contre l’épidémie du VIH/SIDA est d’une capital importance capitale dans un pays comme le Sénégal où la prévalence du virus atteint le 21,5% dans la communauté gay contre le 0,7 % de la population générale. Il est donc impossible d’envisager une politique de santé publique efficace dans des conditions de négation des droits basiques des individus et sans protection des acteurs de la lutte contre le sida.
Condamner des individus sur la base de leur comportement sexuel réel ou présumé constitue une contradiction évidente avec les obligations internationales du Sénégal en matière de respect des droits humains et avec la politique affichée de lutte contre le sida des autorités de santé publique sénégalaises.
C’est pourquoi je vous demande d’agir dans l’intérêt de la justice et de la santé publique de votre pays et d’user de la faculté dont vous disposez afin de :
Libérer immédiatement les 9 prisonniers détenus arbitrairement dans les prisons sénégalaises;
Sauvegarder, protéger et ne pas entraver le travail des acteurs locaux de la lutte contre le VIH/SIDA;
Supprimer l’article 319 du code pénal sénégalais stipulant que « quiconque aura commis un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe » risque « un emprisonnement d’un à cinq ans ».
Un grand merci pour votre soutien
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08.01.2009
Les 9 homos sénégalais incarcérés vont en appel
Les 9 militants homosexuels Sénégalais font appel de leur lourde condamnation. Application des principes de Yogyakarta !
Un communiqué du Centre LGBT de Paris et Ile-de-France
Paris, le 08 janvier 2009
Neuf homosexuels Sénégalais, militants de la lutte contre le sida, vont faire appel de leur condamnation à huit ans de prison par le tribunal de Dakar, à raison de leur seule orientation sexuelle.
Les neuf prévenus comparaissaient pour le chef d’accusation "d’acte impudique et contre-nature et association de malfaiteurs".
Au Sénégal, l’'homosexualité est interdite et passible selon le code pénal d'une peine d'un à cinq ans d'emprisonnement. Le parquet avait requis 5 ans, la condamnation à 8 ans est particulièrement lourde, mais elle a été prononcée par un juge unique, l’appel pourrait aboutir à une décision plus clémente.
Il est indispensable de manifester un soutien aux accusés. La déclaration de dépénalisation de l’homosexualité portée, en décembre dernier, par la France devant l’ONU, ne doit pas rester un acte symbolique.
Rappelons que cette déclaration, endossée par plus de 60 états de part le monde, dénonce les violations aux droits humains basées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre et vise à dépénaliser l’homosexualité partout dans le monde.
L’état français peut user de son influence pour convaincre les pays qui exercent une homophobie d’état à y renoncer.
Un mouvement de solidarité internationale peut aussi porter ses fruits.
Il apparaît de plus en plus urgent d’appliquer partout dans le monde les principes de Jogjakarta lancés aux Nations Unies en novembre 2007, par les gouvernements brésiliens, argentins et uruguayens.
Les principes de Yogyakarta constituent, relativement à l’orientation sexuelle et l’identité de genre, une ressource inestimable en matière d’application des droits humains et des libertés fondamentales.
Ces principes établissent que les droits humains sont universels, ils s’appliquent donc à tous.
Christine Le Doaré
Présidente Centre LGBT Paris IDF
Tél : 06.89.33.78.07
Centre Lesbien, Gai, Bi & Trans. de Paris et Ile-de-France • 63 rue Beaubourg 75003 Paris•
Accueil : 01 43 57 21 47 • Administration : 01 43 57 75 95 •
Site Internet : http://www.cglparis.org • Mail : contact@centrelgbtparis.org•
Membre de l’ILGA-Europe, de l'Inter- LGBT et du SNEG•
Association à but non lucratif Loi 1901, déclarée au J.O. le 7 avril 1993 •
Agrément ministériel au titre de la Jeunesse et de l’Education Populaire depuis le 11 juin 1999•
L’association est soutenue par la Mairie de Paris, Sidaction, le GRSP IDF, la Région IDF, la DRAC•
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