29.05.2010

Littérature canadienne: Colette Bazinet publie Trabouler

Trabouler

                                                                Voici comment l'auteure présente sa démarche d'écriture. C'est ce qu'elle écrit ici qui m'a donné l'envie de la lire et d'en apprendre davantage. Colette Bazinet écrit pour saisir des moments d'éternité. Son livre sera présenté le 6 juin à Montréal. A découvrir!

colette bazinet

Été 2005. Seule, amarrée au quai de Cap-à-l’Aigle, j’écrivais quelques réflexions, dans l’attente d’une fenêtre météo pour poursuivre ma route vers Québec. Je venais de comprendre que j’avais ma maison: j’y étais. Ce n’était pas cela qu’il me fallait trouver. Alors, que devais-je faire?

Des idées, des projets, des actes inachevés, il y en avait dans ma vie. Dans une sorte de flash, j’ai compris qu’il y en avait un qui pouvait prendre forme. La fiction me permettrait de reprendre librement des réflexions sur les propos souvent utilisés contre les gais, les lesbiennes et autres marginalisés sexuels - et de malmener un peu les dits propos. Sodome serait revisité. Un premier roman est né: Trabouler  (passer au travers). Amnésie et Bible s’y croisent.

L’écriture s’est mise à devenir envahissante. Un petit récit par ci, un autre par là. Pur plaisir. Puis d’autres projets de roman ont pris forme. Et le goût de partager des souvenirs, particulièrement l’expérience malgache, vécue alors que j’avais quatorze et quinze ans. Pour partager, il faut un lieu. Le voici.

Via le blog de Colette Bazinet ou le site de Colette Bazinet, auteure

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31.10.2009

Comment je n'ai pas eu le Goncourt

Un communiqué d'Olivier Delorme

Il ne sera décerné que lundi, certes ! Et il ne vous aura pas échappé que je ne suis pas dans la liste... Allez savoir pourquoi !

Mais mon héros, lui, est dans les favoris ; il est vrai que s'il habite sur une île-volcan grecque fort semblable à celle que j'ai quittée(à regret) au début de ce mois, cet alter ego, lui, a trahi H&O... pour Braisaillon - ceci expliquant peut-être cela.

Bref, vous l'aurez compris, mon dernier roman, Comment je n'ai pas eu le Goncourt (la couverture et la quatrième de couv en pdf ci-joint) est désormais dans toutes les bonnes librairies.

Et comme mon alter ego, j'entame donc ma tournée des salons... en espérant qu'elle sera moins meurtrière que la sienne !

Le ouiquende dernier, j'étais à la Fête du livre de Saint-Etienne (Fabienne Cholat, de l'excellent quotidien régional Le Progrès, a consacré à mon non-Goncourt l'article que vous trouverez en pj) ; en principe, je serai au salon de Toulon (20-22 novembre) et peut-être aussi à celui de Roquebrune Cap-Martin (5-6 décembre).

Pour les Parisiens, la librairie hellénique Desmos (14, rue Vandamme 75014 Paris ; Tél. : 01 43 20 84 04 ; Métro : Gaité, Edgar Quinet, Montparnasse) m'accueillera le vendredi 27 novembre prochain à partir de 18h00, dans le cadre de "La Fureur des Mots", organisée par la mairie du 14e arrondissement, afin que je puisse vous le dédicacer et, je vous le garantis, ce Comment je n'ai pas eu le Goncourt sera un cadeau de Noël bien plus gai et jouissif que le Goncourt... quel qu'il soit !

Et puis encore : Emmanuel Khérad m'a fait le plaisir de m'inviter à présenter ce livre dans la Librairie francophone (diffusée demain, samedi 31 octobre à 17h00 sur France Inter et La Première de la Radio suisse romande ;  le dimanche 1er novembre sur La Première de la RTBF à 12h00, et sur la Première Chaîne de Radio-Canada à 19h00).

Le dernier tiers de l'émission est consacré à Comment je n'ai pas eu le Goncourt... qui a bien faire rire les critiques québecoise et belge mais qui se fait aligner par le libraire parisien et l'animatrice suisse. Comme je n'écris pas pour plaire à tout le monde et que j'essaye de dire, avec humour, quelques vérités sur le monde de l'édition, cela n'est pas vraiment étonnant. C'est même plutôt rassurant !!!

Tout de même, me dire que ce livre est "plaintif" : j'avoue que les bras m'en sont tombés, parce que si je balance, si je m'en prends à la Nomenklatura, si je raconte une partie des blocages, notamment médiatiques, auxquels se heurtent un auteur et un petit éditeur, pédés de surcroît, c'est franchement plus avec le rire aux lèvres qu'avec la larme à l'oeil ! A vous de juger !

Pour écouter ensuite sur le Net
http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/lalibrairi...

Le lundi 2 novembre, je serai également l'invité du "Livre du jour" de Philippe Vallet, sur France Info, diffusé (à plusieurs reprises) durant la matinée précédant la remise du Goncourt.

Les archives de l'émission pour écouter ensuite:
http://www.france-info.com/spip.php?page=archive_sous...

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10.08.2009

Roman: Le Messie juif d'Arnon Grunberg

messie juif

 

                              Un roman iconoclaste parfumé d'homosexualité, traduit du néerlandais, aux éditions Héloïse d'Ormesson (2007)

Présentation du libraire - Le Messie Juif

"La mission de Xavier Radek ? Devenir le Consolateur du peuple juif. Ainsi commencent les tribulations de cet adolescent agnostique, petit-fils de nazi. Alors que les parents attribuent son attirance pour le judaïsme aux troubles de l'adolescence, Xavier se lie à Awromele, le fils d'un rabbin, qui l'incite à se faire circoncire. Malgré cette opération douloureuse, Xavier se voit conforté dans sa vocation. Après diverses mésaventures et malentendus, tout deux finissent par rallier la Terre Promise. Un roman burlesque, grinçant, qui explore les tréfonds de l'humanité. Traduit du néerlandais. Du même auteur : Lundis bleus ; L'oiseau est malade ; Douleur fantôme."

Résumé - Le Messie Juif

Comme son grand-père nazi zélé, son père amateur de massages douteux, sa mère fervente masochiste, Xavier Radek ne supporte pas la souffrance... Fort De ce noble héritage, il s'est fixé pour mission de devenir le consolateur du peuple juif. Dans cette optique, il se lie d'amitié avec un fils de rabbin qui lui conseille d'apprendre le yiddish et de se faire circoncire. Au cours de l'intervention - réalisée par un importateur de fromages kasher à demi aveugle -, Xavier perd un testicule qui trônera dans un bocal de formol. Malgré ces déboires, l'adolescent reste convaincu de ses aspirations messianiques. Leader charismatique ou imposteur ? Quoi qu'il en soit, ses tribulations burlesques et cruelles le mènent jusqu'en Terre promise.

Avec Le Messie juif, farce grotesque d'une effrayante lucidité, Arnon Grunberg offre une vision corrosive de la condition humaine.

Extraits

        Puis il [le rabbin] se rappela qu'il y avait encore un endroit à Bâle où il pouvait aller. A part la synagogue et son domicile, où sa femme le traitait de sale juif, il y avait encore un endroit où il pouvait reposer sa tête fatiguée. [... ]

        On massait déjà. on massait vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Dans une société où tout fonctionnait vingt-quatre heures sur vingt-quatre, on n'avait pas le choix.

        Les transsexuels étaient sur pied tôt ce jour-là. En haut, ils étaient femmes; en bas, ils étaient restés hommes. le rabbin aimaitça. D'une façon ou d'une autre, il se sentait moins coupable dans les bras d'un transsexuel. Comme s'il se faisait câliner par une sirène. (P.325

Assises du roman : Arnon Grunberg selon Alexis Buffet



Assises du roman : Arnon Grunberg selon Alexis Buffet

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28.07.2009

Le premier roman de science fiction de l'histoire de la littérature proposait déjà le mariage gay

lucien

                                                                   On considère généralement que l'Histoire véritable de Lucien de Samosate est le premier roman de science-fiction à jamais avoir été écrit. Ce roman évoque déjà le mariage homosexuel et l'homoparentalité.

Lucien de Samosate, en grec ancien Λουκιανός / Loukianós (v. 120–mort après 180) était un rhéteur et satiriste de Syrie qui écrivait en grec, dans un style néo-attique.

actes sud

On lui attribue plus de 80 œuvres. Il inventa la forme du dialogue humoristique, entre le dialogue philosophique et la comédie. Ses dialogues les plus connus sont les Dialogues des dieux et Dialogues des morts. Son Histoire véritable où le personnage voyage sur la Lune est parfois considérée comme une des premières œuvres de science-fiction, même si c'est plus un conte facétieux et qu'il n'y a aucune référence scientifique. Il influença les États et empires de la Lune de Cyrano de Bergerac, le Micromégas de Voltaire. (Cliquer sur le lien pour lire en ligne)

Voici l'extrait de ce voyage sur la Lune qui concerne le mariage entre hommes .

Le protagoniste, arrivé sur la Lune,  rencontre Endymion, qui préside aux destinées des Etats de cette planète. La Lune se trouve être en guerre contre le Soleil. Après la bataille, dont la Lune sort victorieuse, Endymion propose aux visiteurs terrestres qui l'ont aidé à combattre de s'établir sur la Lune. Il propose davantage au protagoniste: la main de son fils! Les paragraphes 21 et 22 de l'Histoire véritable décrivent le mariage entre hommes et l'homoparentalité.

Le mariage entre hommes

21. [...] A notre retour dans la Lune, nos compagnons accoururent au-devant de nous, et nous embrassèrent en versant des larmes : Endymion en fit autant ; de plus, il nous engagea à demeurer auprès de lui et à nous établir dans la colonie ; il me promit même de me donner son fils en mariage, car il n'y a pas de femmes dans ce pays ; mais je ne me laissai point aller à ses offres, et je le priai de vouloir bien nous faire redescendre à la mer. Quand il vit qu'il lui était impossible de me convaincre, il nous congédia, après nous avoir régalés pendant sept jours.

L'homoparentalité

22. Il faut cependant que je vous raconte les choses nouvelles et extraordinaires que j'ai observées, durant mon séjour dans la Lune. Et d'abord ce ne sont point des femmes, mais des mâles qui y perpétuent l'espèce, les mariages n'ont donc lieu qu'entre mâles, et le nom de femme y est totalement inconnu. On y est épousé jusqu'à vingt-cinq ans, et à cet âge on épouse à son tour. Ce n'est point dans le ventre qu'ils portent leurs enfants mais dans le mollet. Quand l'embryon a été conçu, la jambe grossit ; puis, plus tard, au temps voulu, ils y font une incision et en retirent un enfant mort, qu'ils rendent à la vie en l'exposant au grand air, la bouche ouverte. C'est sans doute de là qu'est venu chez les Grecs le nom de gastrocnémie, puisque, au lieu du ventre, c'est la jambe qui devient grosse.

Source des textes: Wikipedia

 

09.03.2009

Ainsi soient-ils, un grand roman gay par Neil BARTLETT

Le meilleur roman gay que j'ai lu depuis bien longtemps, voila de la grande littérature...Luclebelge vous le recommande donc chaudement! Publié chez Actes Sud.

La quatrième de couverture

A trois heures du matin, au son d’un slow joué au piano, sous un plafond scintillant d’étoiles artificielles, dans le coin le plus sombre d’un bar et sous le regard de tous, deux amants tombent dans les bras l’un de l’autre… L’un est plus âgé et plus sage. L’autre n’a que dixneuf ans. Des premiers baisers à la proclamation des bans, du mariage à l’acte d’amour et à la fondation d’une famille, tout dans cette histoire est à sa place habituelle. Sauf que ce mariage est un mariage entre hommes.

C’est dans une langue hypnotique et musicale, avec un goût rare pour le détail baroque, que Neil Bartlett conte cette fable érotique et morale peuplée de personnages énigmatiques, cette histoire d’amour fou empreinte de crudité parfois, de romantisme souvent, mais aussi d’une compassion admirable.

Né en 1958, écrivain, homme de théâtre et traducteur (Racine, Molière, Marivaux, Kleist, Genet, entre autres), Neil Bartlett est, au Royaume-Uni, l’une des figures les plus respectées et les plus éminentes de la culture gay. Il vit à Brighton.

Après Ainsi soient-ils (1999), Actes Sud a traduit deux autres de ses romans : Monsieur Clive et Monsieur Page (2000) et Rue de la Peau (2008).


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26.02.2009

Roman gay: l'étreinte fugitive de Daniel Mendelsohn

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Dans Les Disparus, Daniel Mendelsohn partait en quête de l’histoire de sa famille ; avec L’Étreinte fugitive, il s’est livré à une quête infiniment plus intime. De l’écriture rhapsodique et classique qui est la sienne, il fait revivre son enfance entre sa mère, « l’institutrice », la toute-belle, et son père, « le mathématicien », celui qui répare, construit et se collette aux choses ; une enfance peuplée d’êtres, frères et soeurs, parents juifs âgés, avec, au centre, son grand-père, ce dandy mystérieux et raconteur d’histoires. C’est pendant ses années d’étudiant dans l’exotique Sud américain que le jeune homme se découvre une passion jumelée pour les langues anciennes et les beaux garçons. Dès lors, la recherche de la « grammaire de son identité », de ce que veut dire être un homme, suivra des méandres surprenants, bouleversants. Car, lorsqu’une amie lui propose d’incarner une « figure paternelle » auprès de l’enfant qu’elle porte, il accepte et se prend à s’attacher si fort à lui qu’il va, petit à petit, partager sa vie entre Chelsea, le quartier où vivent les « garçons » de New York, et la banlieue où habitent son amie et leur petit garçon.

Comme Les Disparus, ce récit réverbère l’écho de textes antiques – ici, des poèmes latins et des tragédies grecques – et renferme un secret de famille lancinant, dont le lecteur n’aura la clé que dans les dernières pages du livre, après avoir, avec Daniel Mendelsohn, rendu visite à des tombes désertées et déchiffré des épitaphes menteuses.

Né en 1960, Daniel Mendelsohn est critique littéraire et écrivain : Les Disparus a connu un très grand succès, notamment en France où il a reçu le prix Médicis en 2007 et été élu « meilleur livre de l’année » par le magazine Lire. L’Étreinte fugitive est le premier volet d’un triptyque dont Les Disparus forme le panneau central ; le troisième volet est en cours d’écriture. 

Chez Flammarion, janvier 2009, 300PP.

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12.11.2008

Tristan Garcia, encore, un commentaire intéressant

Le commentaire de Jean-Luc

Franchement, quand je l'ai eu refermé, je ne parvenais pas à me formuler une opinion à propos de ce livre. Une impression au plus que me laissait le caractère plus fouillis que fouillé de ce texte. Les restes d’un naufrage en quelque sorte… Nulle trace de génie tu as raison, alors pourquoi le mesurer à Céline d’ailleurs ? Pas mal d’incohérences et autres anachronismes indiquent un manque de travail certain, le minimum aurait exigé en premier lieu la vérification des sources, c’est fondamental même lorsqu’il s’agit d’histoire récente. Je me suis demandé pourquoi Garcia avait fait ces choix. Pourquoi ce milieu ? Pourquoi la maladie ? Pourquoi cette socio culture pédo-intello-parisienne ? Pourquoi cette narratrice ? Des choix apparemment gratuits… Trop de questions à propos de la forme pour une lecture confortable et attentive, tandis que les acteurs de cette histoire sont détruits, détruisent et s’autodétruisent, l’intérêt du lecteur serait éparpillé par l’auteur lui-même.
Mais au regard du temps écoulé peut-être devons-nous reconnaître qu’il y a là de quoi édifier un décor, une ambiance qui ne soient obligatoirement le sujet de l’œuvre ? Seulement son canevas…
S’il devait se trouver une clé de lecture je la situerais à la fin du livre, dans ce dernier paragraphe justement intitulé « La Meilleure Part ».
Quelqu’un qui, comme Willie, entre dans le monde des idées et des discours sans hériter de personne a l’avantage, un court moment, d’apparaître génial, original et, le temps passant, les habitudes reprenant leur long cours, il devient un idiot, un intrus-il doit désormais regagner son camp, auquel il n’appartient même plus.
Will n’est pas Raskolnikov mais il en porte, avec beaucoup d’autres, l’héritage, c’est cela, me semble t’il, que relaie à sa façon Tristan Garcia, libre de ses choix, bons et mauvais, comme nous le sommes de nos critiques. Jeune auteur, son premier livre ne pouvait pas être parfait, de là à affirmer qu’il ne méritait pas une édition c’est mettre en danger l’activité même de lecture, tant il est évident qu’on éditerait fort peu de choses.

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