05.06.2010

L'été sera gai selon Fauchon

eclair arc-en-ciel

L'éclair Rainbow est une nouvelle création gastronomico-ludique de la Maison Fauchon. Voici le texte de  présentation qu'on peut en trouver sur son site:

Eclair Rainbow

L'été sera gai

Avec l'Eclair Rainbow, la gourmandise se pare des couleurs de l' arc en ciel pour célébrer et rendre hommage à la Fête.

Mêlant les saveurs de la violette à celle de la vanille l'éclair Rainbow décline les couleurs franches d'un arc-en-ciel engagé, ludique et savoureux. Un hommage à la gay pride version éclair.

Une création Christophe Adam, en vente dès le 6 juin 2010 au prix de six euros la pièce.

Chaque couleur du fondant est appliquée sous forme de petit boudin sur l'éclair, l'ensemble est ensuite glacé.

Cet éclair est en vente depuis le 1er juin à 6 euros la pièce, 24-26 place de la Madeleine à Paris (VIIIe).

Les plus de Gay Kosmopol

  • Le plus politique: Peut-on espérer voir  ces éclairs figurer au menu des petits-déjeuners de l'Elysée et que les membres du gouvernement les dégusteront tout en discutant du remaniement du Pacs, une des promesses non tenues du candidat Sarkozy? Toute la question est de savoir si Fauchon est fournisseur de la Cour.

  • Le plus touristique: Si tu te précipites chez Fauchon et que tu trouves l'éclair de Fauchon amusant mais trop coloré et finalement un peu cher, tu peux aussi aller visiter l'expo Munch à la Pinacothèque de Paris. Munch a des couleurs moins réjouissantes. Ou aller rêver à une pâtisserie à la couleur plus uniforme, la petite madeleine proustienne, sous les fenêtres du Grand Ecrivain qui vécut au 9, Bd Malesherbes. La famille de Marcel y vécut pendant une trentaine d'années. Proust alla parfois manger au restaurant Larue, au 3 place de la Madeleine, un restaurant  créé en 1886, qui a depuis cédé la place à Cerrutti (à l’angle de la rue Royale et de la place). Proust s’y rend au début des années 1900. Bon, Fauchon est trop cher, Larue n'existe plus et il y a belle lurette que les pigeons ont terminé les miettes de la madeleine...Tout cela t'a mis en appétit !Profites-en pour aller déjeuner dans les caves de la Madeleine: une cantine catho y sert (uniquement en semaine à l'heure du déjeuner) des menus très corrects pour 8 euros, le service y est assuré par d'accortes dames d'oeuvre dans un cadre  envoûtant (au propre comme au figuré). L'an dernier la demi bouteille d'un vin rouge qui tenait la route était à 4 euros. Tu pourras aussi y demander à rencontrer un prêtre (sans blague) et l'interroger sur ce que l'archevêché de Paris pense de l'initiative de Fauchon. Le Foyer de la Madeleine est situé dans les caves de l'Eglise, longer l'église sur son flanc gauche pour accéder à l'entrée. Bon appétit, chéri.e! 

  • Post-scriptum: un petit besoin dans le quartier? Ne manque pas de descendre aux toilettes de la Place de la Madeleine, tout en mosaïques art nouveau. Le must des lieux d'aisance.

09.06.2009

Ballet: Proust ou les intermittences du coeur

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Hier soir, nous avons eu l'occasion d'assister à la dernière représentation du ballet créé par Roland Petit Proust ou les intermittences du coeur, avec le célèbre danseur Manuel Legris dans le personnage de Charlus. Cela se donnait dans le cadre somptueux de l'Opéra Garnier à Paris, dans cette immense bonbonnière dégoulinante d'ors, de marbres et de stucs, en compagnie des statues de grands compositeurs d'opéra et sous le plafond peint par Chagal. Il y eut des moments de pur bonheur.

Voici Manuel Legris dans la fameuse scène de séduction homosexuelle du violoniste Morel. Charlus tombe éperdument amoureux du jeune musicien Morel. Le violoniste est fauché et en mal de puissantes relations et verra en Charlus, riche et influent, le tremplin nécessaire à sa carrière. On voit ici le danseur étoile Manuel Legris avec le premier danseur Stéphane Bullion.

Le moment d'émotion amoureuse le plus intense est celui de la naissance de l'amour entre Morel et Saint-Loup. Alors que dans l'oeuvre de Proust, Morel est d'emblée un homosexuel notoire, entretenu par Charlus, Saint-Loup, grand ami du narrateur, est un brillant officier connu pour ses conquêtes féminines. La fin du roman surprend: Saint-Loup est homosexuel lui aussi, les contraintes sociales et celles de la carrière militaire l'ont forcé à une hétérosexualité de façade. la rencontre amoureuse de Saint-Loup et de Morel est un grand moment de la création de Roland Petit, sur l'élégie de Fauré (opus 24).  C'est Mathieu Ganio qui danse Saint-Loup, ici dans le courant de la saison 2007. 

D'une grande intensité est aussi la scène sado-masochiste du bordel masculin où Charlus paye des soldats en permission pour se faire maltraiter. La scène est inspirée du Temps retrouvé, le dernier volume de la recherche, qui se passe pendant la guerre. Les soldats en permission se font un complément de solde en se prostituant dans un bordel parisien fameux. Sur la marche héroïque de Saint-Saens...dont l'esprit ici détourné souligne encore davantage le délire misérable des fantasmes de Charlus.

En savoir plus: lire sur le net l'article du site Danser en France (hyperlien)

11.02.2009

Ballet: Proust ou les intermittences du coeur


Opéra de Paris - 2007 :
"Proust ou les intermittences du coeur".
Un ballet de Roland Petit
d'après "A la recherche du temps perdu" de Marcel Proust.
Saint Loup, l'archange de blancheur, et Morel, l'ange noir, deviennent amants.
Mathieu Ganio, (danseur étoile), est Saint Loup.
Stéphane Bullion, (danseur sujet), est Morel.
La musique est "l'élégie op.24 pour violoncelle et orchestre" de Gabriel Faure.

18.11.2008

Anniversaire de la mort de Proust. Hommage gay

ProustLe 18 novembre 1922, Marcel Proust s'éteignait à Paris, à l'âge de 51 ans. Pour le redécouvrir avec un regard ciblé, on peut par exemple lire le Proust d'Edmund White (Fides, 2001) qui offre la vision d'un écrivain gay sur un écrivain homosexuel. Le livre traduit étant épuisé, il faut cependant le trouver en brocante ou en bibliothèque, ou alors le lire en anglais.

 

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Présentation de l'éditeur

Salué comme le plus grand écrivain du XXe siècle, Marcel Proust en fut également l'une des figures les plus fascinantes.
Le remarquable portrait qu'en brosse Edmund White le révèle dans toute sa complexité. Cet homme étrange, solitaire, génial, qui pouvait s'enfermer pendant des jours dans sa chambre tapissée de liège pour écrire, revêtait à d'autres moments les traits de l'infatigable mondain, fréquentant les salons où il séduisait par sa verve et son esprit brillant. Dans ce livre, nous faisons tour à tour connaissance avec le jeune garçon en perpétuelle quête d'amour, avec l'être ambitieux et avide d'honneurs, et enfin avec l'homosexuel torturé par ses penchants.
Avec la finesse d'écriture du romancier et son incontestable talent de biographe, Edmund White met en lumière l'homosexualité de Proust pour atteindre à une rare compréhension de ce personnage presque insaisissable.

Le bordel du Temps retrouvé

Dans une scène fameuse du dernier tome de La recherche, Proust décrit un  bordel à garçons, dont voici un extrait. L'action se déroule pendant la guerre 14-18, c'est pourquoi les clients du bordel commandent des soldats de dierses nationalités.  Le thème de la guerre est en fond de toile de ce passage: le lecteur qui désire ne s'attarder qu'à la thématique des poilus et de la guerre pourra ne lire que les passages en bleu. 

Le patron, pour en revenir à la scène de l'hôtel (dans lequel les deux Russes s'étaient décidés à pénétrer: "après tout on s'en fiche") n'était pas encore revenu que Jupien entra se plaindre qu'on parlait trop fort et que les voisins se plaindraient. Mais il s'arrêta stupéfait en m'apercevant. "Allez-vous-en tous sur le carré". Déjà tous se levaient quand je lui dis: "Il serait plus simple que ces jeunes gens restent là et que j'aille avec vous un instant dehors". Il me suivit fort troublé. Je lui expliquai pourquoi j'étais venu. On entendait des clients qui demandaient au patron s'il ne pouvait pas leur faire connaître un valet de pied, un enfant de chœur, un chauffeur nègre. Toutes les professions intéressaient ces vieux fous; dans la troupe, toutes les armes et les alliés de toutes nations. Quelques-uns réclamaient surtout des Canadiens, subissant peut-être à leur insu le charme d'un accent si léger qu'on ne sait pas si c'est celui de la vieille France ou de l'Angleterre. A cause de leur jupon et parce que certains rêves lacustres s'associent souvent à de tels désirs, les Écossais faisaient prime. Et comme toute folie reçoit des circonstances des traits particuliers, sinon même une aggravation, un vieillard dont toutes les curiosités avaient été assouvies demandait avec insistance si on ne pourrait pas lui faire faire la connaissance d'un mutilé. On entendait des pas lents dans l'escalier. Par une indiscrétion qui était dans sa nature Jupien ne put se retenir de me dire que c'était le baron qui descendait, qu'il ne fallait à aucun prix qu'il me vît, mais que si je voulais entrer dans la petite chambre contiguë au vestibule où étaient les jeunes gens, il allait ouvrir les vasistas, truc qu'il avait inventé pour que le baron pût voir et entendre sans être vu, et qu'il allait, me disait-il, retourner en ma faveur contre lui. "Seulement, ne bougez pas". Et après m'avoir poussé dans le noir, il me quitta. D'ailleurs, il n'avait pas d'autre chambre à me donner, son hôtel, malgré la guerre, étant plein. Celle que je venais de quitter avait été prise par le vicomte de Courvoisier qui, ayant pu quitter la Croix-Rouge de X... pour deux jours, était venu se délasser une heure à Paris avant d'aller retrouver au château de Courvoisier la vicomtesse à qui il dirait n'avoir pas pu prendre le bon train. Il ne se doutait guère que M. de Charlus était à quelques mètres de lui et celui-ci ne s'en doutait pas davantage, n'ayant jamais rencontré son cousin chez Jupien lequel ignorait la personnalité du vicomte soigneusement dissimulée. Bientôt en effet le baron entra, marchant assez difficilement à cause des blessures dont il devait sans doute pourtant avoir l'habitude. Bien que son plaisir fût fini et qu'il n'entrât d'ailleurs que pour donner à Maurice l'argent qu'il lui devait, il dirigeait en cercle sur tous ces jeunes gens réunis un regard tendre et curieux et comptait bien avoir avec chacun le plaisir d'un bonjour tout platonique mais amoureusement [prolongé. Je lui retrouvai de nouveau, dans toute la sémillante frivolité dont il fit preuve devant ce harem qui semblait presque l'intimider, ces hochements de taille et de tête, ces affinements du regard qui m'avaient frappé le soir de sa première entrée à La Raspelière, grâces héritées de quelque grand'mère que je n'avais pas connue et que dissimulaient dans l'ordinaire de la vie sur sa figure des expressions plus viriles, mais qui y épanouissait coquettement, dans certaines circonstances où il tenait à plaire à un milieu inférieur, le désir de paraître grande dame. Jupien les avait recommandés à la bienveillance du baron en lui disant que c'étaient tous des "barbeaux" de Belleville et qu'ils marcheraient avec leur propre sœur pour un louis. Au reste, Jupien mentait et disait vrai à la fois. Meilleurs, plus sensibles qu'il ne disait au baron, ils n'appartenaient pas à une race sauvage. Mais ceux qui les croyaient tels leur parlaient néanmoins avec la plus entière bonne foi comme si ces terribles eussent dû avoir la même. Un sadique a beau se croire avec un assassin, son âme pure à lui sadique n'est pas changée pour cela et il reste stupéfait devant le mensonge de ces gens, pas assassins du tout, mais qui désirent gagner facilement une "thune" et dont le père, ou la mère, ou la sœur ressuscitent et remeurent tour à tour en paroles, parce qu'ils se coupent dans la conversation qu'ils ont avec le client à qui ils cherchent à plaire. Le client est stupéfié, dans sa naïveté, car dans son arbitraire conception du gigolo, ravi des nombreux assassinats dont il le croit coupable, il s'effare d'une contradiction et d'un mensonge qu'il surprend dans ses paroles. Tous semblaient le connaître et M. de Charlus s'arrêtait longuement à chacun leur parlant ce qu'il croyait leur langage, à la fois par une affectation prétentieuse de couleur locale et aussi par un plaisir sadique de se mêler à une vie crapuleuse. "Toi, c'est dégoûtant, je t'ai aperçu devant l'Olympia avec deux cartons. C'est pour te faire donner du pèze. Voilà comme tu me trompes". Heureusement pour celui à qui s'adressait cette phrase il n'eut pas le temps de déclarer qu'il n'eût jamais accepté de "pèze" d'une femme, ce qui eût diminué l'excitation de M. de Charlus et réserva sa protestation pour la fin de la phrase en disant: "Oh non! je ne vous trompe pas". Cette parole causa à M. de Charlus un vif plaisir et comme malgré lui le genre d'intelligence qui était naturellement le sien ressortait d'à travers celui qu'il affectait, il se retourna vers Jupien: "Il est gentil de me dire ça. Et comme il le dit bien. On dirait que c'est la vérité. Après tout, qu'est-ce que ça fait que ce soit la vérité ou non puisque il arrive à me le faire croire. Quels jolis petits yeux il a. Tiens, je vais te donner deux gros baisers pour la peine mon petit gars". "Tu penseras à moi dans les tranchées. C'est pas trop dur?" "Ah! dame, il y a des jours quand une grenade passe à côté de vous". Et le jeune homme se mit à faire des imitations du bruit de la grenade, des avions, etc. "Mais il faut bien faire comme les autres, et vous pouvez être sûr et certain qu'on ira jusqu'au bout". "Jusqu'au bout! Si on savait seulement jusqu'à quel bout", dit mélancoliquement le baron qui était "pessimiste". "Vous n'avez pas vu que Sarah-Bernhardt l'a dit sur les journaux: La France elle ira jusqu'au bout. Les Français ils se feront tuer plutôt jusqu'au dernier". "Je ne doute pas un seul instant que les Français ne se [fassent bravement tuer jusqu'au dernier", dit M. de Charlus comme si c'était la chose la plus simple du monde et bien qu'il n'eût lui-même l'intention de faire quoi que ce soit, mais pensait par là corriger l'impression de pacifisme qu'il donnait quand il s'oubliait. "Je n'en doute pas, mais je me demande jusqu'à quel point Madame Sarah-Bernhardt est qualifiée pour parler au nom de la France. Mais, ajouta-t-il, il me semble que je ne connais pas ce charmant, ce délicieux jeune homme", en avisant un autre qu'il ne reconnaissait pas ou qu'il n'avait peut-être jamais vu. Il le salua comme il eût salué un prince à Versailles et pour profiter de l'occasion d'avoir en supplément un plaisir gratis, comme quand j'étais petit et que ma mère venait de faire une commande chez Boissier ou chez Gouache, je prenais, sur l'offre d'une des dames du comptoir un bonbon extrait d'un des vases de verre entre lesquels elle trônait, prenant la main du charmant jeune homme et la lui serrant longuement à la prussienne, le fixant des yeux en souriant pendant le temps interminable que mettaient autrefois à nous faire poser les photographes quand la lumière était mauvaise. "Monsieur, je suis charmé, je suis enchanté de faire votre connaissance". "Il a de jolis cheveux", dit-il en se tournant vers Jupien. Il s'approcha ensuite de Maurice pour lui remettre ses cinquante francs mais le prenant d'abord par la taille: "Tu ne m'avais jamais dit que tu avais suriné une pipelette de Belleville". Et M. de Charlus râlait d'extase et approchait sa figure de celle de Maurice. "Oh! Monsieur le Baron, dit en protestant le gigolo qu'on avait oublié de prévenir; pouvez-vous croire une chose pareille?" Soit qu'en effet le fait fût faux, ou que, vrai, son auteur le trouvât pourtant abominable et de ceux qu'il convient de nier. "Moi toucher à mon semblable, à un Boche, oui, parce que c'est la guerre, mais à une femme, et à une vieille femme encore". Cette déclaration de principes vertueux fit l'effet d'une douche d'eau froide sur le baron qui s'éloigna sèchement de Maurice en lui remettant toutefois son argent mais de l'air dépité de quelqu'un qu'on a floué, qui ne veut pas faire d'histoires, qui paye, mais n'est pas content.

Une page du manuscrit

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Source de cette photo: l'exposition virtuelle de la Bibliothèque nationale de France consacrée à Proust, intitulée Marcel Proust, l'écriture et les arts

 

02.11.2008

Tombes de gays pour la fête des morts

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tombeproust Deux novembre, Fête des Morts. Petit tour des cimetières pour rendre hommage à la (grande) famille. Freddy Mercury (emplacement de ses cendres inconnu, statue notamment à Montreux, Lac Léman, Suisse), Proust, Wilde  au Père Lachaise et Jean Genêt au cimetière espagnol de Larache (Maroc) , ou encore à Berlin, le nouveau monument aux victimes homosexuelles du nazisme, ou, à Berlin encore, le premier monument dédié à ces victimes, Nollendorfplatz. Envie d'en savoir plus sur la tombe de Genêt à Larache, relis le post de Luclebelge en cliquant sur l'hyperlien. Enfin une photo de  la tombe de Pier Paolo Pasolini à Caserta dont nous célébrons aujourd'hui le trentième anniversaire de la disparition.

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Le commentaire de Marieke:

Plus j'avance dans l'âge, plus je suis persuadée qu'une sexualité bien vécue est fondamentale pour une qualité de vie. Il existe chez nous une expression qui s'applique aux personnes toujours mécontentes , on dit " C'est un(e)mal baisé(e)!"
Je suis effarée de l'hypocrisie qui entoure encore ce qui touche au sexe. Et je me suis souvent demandée si les personnes virulentes à l'égard de l'homosexualité ne sont pas simplement celles qui auraient un fantasme bi qu'elles n'ont jamais osé s'avouer.
Je reviendrai vous rendre visite, j'ai lu ici des réflexions intéressantes

Ma réponse:

Merci Marieke, pour cette intéressante remarque, qui rencontre mon opinion d'ailleurs. Et merci de votre appréciation.

03.04.2008

Proust lesbien, une étude

On a très tôt voulu voir dans l'Albertine de Proust un Albert masqué en femme. Toute une théorie, dite «de la transposition», s'est alors échafaudée, s'acharnant à voir dans Gomorrhe et le lesbianisme présents dans la Recherche rien d'autre qu'une image inversée de Sodome et de l'homosexualité masculine. Elisabeth Ladenson s'en prend à cette théorie, en montre les inconséquences, en dénonce les préjugés. Elle dit combien la posture du narrateur est déterminée par l'énigme impossible à percer de «ce que les femmes font entre elles», jusqu'à faire de cet inatteignable la tâche sans fin de la littérature. L'identité lesbienne peut-elle se déprendre aujourd'hui de l'image qu'en ont d'abord donnée les hommes pour leur propre compte érotique (jouissance et effroi mêlés) ?

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Références

Proust lesbien

LADENSON ELISABETH

préface de : Antoine Compagnon

traduit par : (Etats-Unis) Guy Le Gaufey

EPEL, Paris

collection Les grands classiques de l'érotologie moderne

Paru en Novembre 2004


 

 

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30.10.2007

Une citation à méditer

 Marcel Proust, um 1900

"...Il n´y avait pas d´anormaux quand l´homosexualité était la norme..."

Marcel Proust, extrait de Sodome et Gomorrhe

"Il n´aura plus d´homophobie quand la diversité sexuelle sera la norme"

Luclebelge, extrait de son blog Clin d'oeil

Mon commentaire

En ce début de vingtième siècle, au moment où Proust écrit ces lignes, l´homosexualité était encore considérée comme anormale, voire pire. Mais au-delà de la discussion sur la normalité qui est aujourd´hui dépassée, - même si ce qu´en assertent les scientifiques, les penseurs et les démocrates n´a pas encore éradiqué l´homophobie banale du vulgaire (vulgum pecus)-, la quasi lapalissade de Proust est porteuse d´un évidence libératrice. Aujourd´hui, c´est l´homophobie qui est l´anormalité intellectuelle et qui fait partie du bêtisier populaire (un bêtisier bête et méchant, et contre lequel les élus des nations sont bien forcés de légiférer pour le rendre punissable). L´homosexualité est aujourd´hui considérée comme une des normalités du possible. Statistiquement minoritaire, elle devient majoritaire quand elle concerne la personne: c´est dans sa totalité, son entièreté que la personne vit sa sexualité. Il n´y avait pas d´anormaux quand l´homosexualité était la norme, il n´y aura plus d´homophobie quand la diversité sexuelle sera la norme. Et surtout que l´éducation, dans le milieu familial comme à l´école, transmettra le fait de la diversité de l´orientation sexuelle qui relève de la simple évidence scientifique.

La citation dans son contexte

(…) se fuyant les uns les autres, recherchant ceux qui leur sont le plus opposés, qui ne veulent pas l’ostracisme qui les frappe, l’opprobre où il sont tombés, ayant fini par prendre, par une persécution semblable à celle d’Israël, les caractères physiques et moraux d’une race, parfois beaux, souvent affreux, trouvant … une détente dans la fréquentation de leurs semblables, et même un appui dans leur existence, si bien que, tout en niant qu’ils soient une race (dont le nom est la plus grande injure), ceux qui parviennent à cacher qu’ils en sont, ils les démasquent volontiers, moins pour leur nuire, ce qu’ils ne détestent pas, que pour s’excuser, et allant chercher, comme un médecin l’appendicite, l’inversion jusque dans l’histoire, ayant plaisir à rappeler que Socrate était l’un d’eux, comme les Israélites disent que Jésus était juif, sans songer qu’il n’y  avait pas d’anormaux quand l’homosexualité était la norme, pas d’antichrétiens avant le Christ, que l’opprobre seul fait le crime, parce qu’il n’a laissé subsister que ceux qui étaient réfractaires à toute prédication, à tout exemple, à tout châtiment, en vertu d’une disposition innée tellement spéciale qu’elle répugne plus aux autres hommes que de certains vices qui y contredisent comme le vol, la cruauté, la mauvaise foi, mieux compris donc plus excusés du commun des hommes