29/06/2010

Pédophilie, homosexualité et sacerdoce

La Libre Belgique publie ce jour un billet d'opinion du psychanalyste Francis Martens, que je vous convie à découvrir vu son intérêt.

Les prêtres pédophiles sont moins victimes du célibat que d’une infantilisation en matière de sexualité. Faire porter le chapeau de la pédophilie aux prêtres homosexuels est un poison pour la pensée. Une opinion de Francis Martens, psychanalyste

Pour lire le billet sur le site de la Libre Belgique, cliquer ici.

25/06/2010

Pédophilie dans l'église catholique belge: la lettre d'un témoin à la Commission

Mechelen Manif anti Léonard 27 février 2010 006

                                                          Suite à la perquisition qui a eu lieu hier à l'Archevêché de Malines-Bruxelles et à la Commission d'enquête sur les actes pédophiles au sein de l'église catholique, un témoin qui avait écrit à la dite commission a décidé de publier la lettre qu'il lui avait écrite. Il considère que la confidentialité promise n'existe plus et se dit que dans ces conditions, autant rendre public ce qui devait rester interne.

Le témoin voulait dans cette lettre rester anonyme et simplement témoigner de son passé et de ses interrogations sur les procédures mises en place. Il n'a pas porté plainte. A noter que son courrier à la Commission date du 31 mai 2010, et qu'il n'a reçu aucune réponse de la Commission, pas même un accusé de réception. Trois semaines sans réponse dans des affaires de pédophilie, n'est-ce pas préoccupant, cela ne donne-t-il pas une indication sur un dysfonctionnement?

Voici sa lettre à la Commission:

Je comprends d'abord mal que ce soit sur un site catholique que se trouve référencée votre commission. Comment voulez-vous être crédible alors que vous oeuvrez prétendûment (comprenez mon scepticisme) de manière indépendante au sein de l'église catholique? Comment puis-je vérifier que mon témoignage sera pris en compte? Je crains fort que cette commission ne soit tautologique et un écran de fumée de plus émis par l'église catholique qui ne s'attaque pas aux vrais problèmes: introduire la démocratie dans l'église et intégrer la sexualité des prêtres en les autorisant à se marier ou à contracter des unions civiles s'ils le souhaitent. Il m'est évident que l'église veut , ce que je déplore vivement , garder le pouvoir. Et crée ce type de commission uniquement parce que les scandales répétés l'y ont acculé.
 
Cependant, même si c'est donner des perles aux pourceaux, essayons pour voir.
 
J'ai été victime par deux fois en tant qu'enfant d'approches sexuelles directes par des prêtres catholiques. Les faits, qui se sont déroulés il y a plus de trente ans, sont prescrits je suppose. Si ce n'est pas le cas, je ne souhaite pas déposer plainte auprès des autorités judiciaires.
 
Une première fois quand j'avais 6 ans, en 1957. Le prêtre qui disait la messe à laquelle les louveteaux de la troupe scoute à laquelle j'appartenais dans une paroisse bruxelloise étaient tenus d'assister nous approchait souvent très gentiment. Il s'agissait de l'abbé D., plus tard nommé nommé curé dans une paroisse du Brabant wallon. Lors de certaines fêtes religieuses, il nous amenait à son domicile, à plusieurs, et nous offrait une petite 'goutte' et des biscuits. A la maison, pour la plupart d'entre nous, l'alcool était strictement interdit. Mais il nous disait que c'était pour célébrer la fête religieuse, ce qui lui servait de prétexte à nous inviter au 'goûter'. L'un d'entre nous finissait le premier sur ses genoux  et entre ses jambes et il finissait par nous toucher le pénis en tremblottant tout en enserrant ses jambes autour des nôtres. il nous appelait l'un après l'autre. Je me rappelle qu'on s'amusait de son tremblement. On l'entendait parfois dire 'Non, je ne devrais pas' ou quelque chose d'approchant. A l'époque, cela nous semblait une bizarrerie d'adulte et on n'y voyait pas de mal. Les adultes étaient de toute façon inaccessibles et incompréhensibles, il fallait leur obéir et les respecter parce qu'ils étaient les plus forts et qu'ils faisaient la loi. On rigolait entre nous et on l'avait surnommé 'Nonjenedevrais pas'.
 
Aujourd'hui ce qui s'est passé là reçoit un autre éclairage. Je n'en veux pas à ce pauvre abbé visiblement en mal d'affection, qui donnait par ailleurs une impression de grande bonté. Il était connu pour apprécier être invité à de bons repas dans les familles de paroissiens aisés, et son penchant pour le vin et l'alcool était notoire. Je me souviens que mes parents, qui n'étaient pas aisés mais des personnes reconnaissantes et respectueuses,  en avaient acheté spécialement pour le recevoir. Chez nous, on ne buvait que de la 'bière de table', et encore seulement certains dimanche.
 
J'ai entendu dire, mais ce n'est là qu'une rumeur, que sa nomination comme curé de village n'a par la suite été qu'un déplacement opportuniste parce que le scandale était devenu par trop notoire. Puis on a entendu dire qu'il avait remis le couvert dans sa nouvelle paroisse.
 
Quelques années plus tard, j'avais alors quatorze ans,  mon professeur de langues modernes et de religion en quatrième latine dans un bon collège bruxellois , l'abbé M., a lui fait aussi une tentative de 'séduction' à mon encontre. J'étais bon élève et avais été malade pendant plus de deux semaines. Mes parents, anxieux de mon apprentissage,  avaient contacté l'école pour savoir si j'avais besoin de cours particuliers pour rattraper les apprentissages manqués. Seul le professeur de religion avait souligné que quelques cours particuliers de  religion me seraient bénéfiques parce que je présentais certaines faiblesses. Pour les langues, tout allait bien, j'étais parmi les meilleurs de la classe. Dans sa bonté, il assura mes parents qu'il ne chargerait rien, c'était un service gratuit. Mes parents, qui se serraient la ceinture pour nous payer des études convenables, remercièrent le Seigneur d'avoir choisi un si bon collège!  Au premier cours particulier, l'abbé M. me reçut dans sa chambre au collège (les abbés vivaient alors dans l'école et avaient des chambres avec bureaux attenants au troisième étage du bâtiment le plus ancien du collège). A l'époque c'était normal d'aller visiter un prêtre dans le bureau attenant à sa chambre. On y était même incité, pour aller confier un souci ou un problème par exemple. L'abbé M. était assis à son vaste bureau et me fit quelques moments cours en vis-à-vis. Puis il vint vérifier mes notes (il m'avait au préalable enjoint de recopier le cahier d'un condisciple, avant le cours particulier) et pour ce faire s'assit à côté de moi, et lut mon cahier armé d'un crayon rouge tout en entourant mes épaules de son bras. Il me dit que c'était bien puis tout à coup me demanda si je fumais. J'avais 14 ans et avais déjà fumé quelques cigarettes en cachette. Je répondis en hésitant que  oui parfois. En fait j'avais été éduqué à la maison dans la haine du mensonge et dès que j'avais envie d'éluder une réponse je me mettais à rougir terriblement... Nous fumâmes ensemble, c'étaient des Rothmans bleues je crois, un peu âcres et doucereuses à la fois. Comme je toussais, il me dit qu'il allait me donner un remontant. Et alla chercher une bouteille d'alcool, je ne sais pas lequel. Il me servit et se mit très vite à me caresser le genou droit. Après plus de quarante ans je sens encore la pression de cette  main qui se mit à remonter le long de ma cuisse en pressant mes muscles de plus en plus furieusement.
 
Là j'ai un trou noir. Je ne suis jamais parvenu à me rappeler comment je suis rentré chez moi. J'ai tremblé toute la nuit, j'avais la fièvre et des sueurs froides. J'ai dit à mes parents que je m'étais senti mal à l'école et que je n'avais pas pu rester longtemps au cours particulier de l'abbé M. Aujourd'hui je trouve curieux que je me souvienne de la marque des cigarettes de l'abbé et que le reste de l'épisode soit tout à fait occulté.
 
Je suppose que mes parents ont dû écrire au collège pour demander à l'abbé de bien vouloir excuser mon malaise...
 
Je ne suis jamais parvenu à reconstituer ce qui s'est passé ce jour-là. Je ne vois plus que l'énorme main de l'abbé M. Sur mon genou qui se met à remonter ma cuisse.
 
Quand je suis revenu en classe, j'étais terrorisé à l'idée de le revoir, parce que je je croyais qu'il allait me 'buser' (mettre de mauvaises notes). Mais l'abbé M. a fait comme si rien ne s'était passé, et j'ai continué à être bon élève. J'ai davantage révisé ses cours tant je craignais les représailles.
 
L'an d'après, des rumeurs se firent insistantes sur le comportement de l'abbé M. . Des élèves, sans doute fort sots,  racontaient qu'il couchait avec le préfet de discipline, un prêtre flamand souvent en soutane qui nous terrorisait. L'an d'après notre titulaire nous apprit que l'abbé M. ne nous ferait plus cours et qu'il enseignait désormais dans une école de filles.
 
Sauf  le black-out qui m'en reste, je garde le souvenir d'un excellent prof de langues, d'un pédagogue dynamique. Aussi de sa taille très supérieure à la moyenne. Et mes bases en langues germaniques sont restées excellentes...
 
Un détail cependant: je me souviens aussi que dans notre classe il y avait un 'petit caïd' assez baraqué pour un adolescent, et très indiscipliné. Lors d'un épisode de rebellion, l'abbé, qui était beaucoup plus grand et plus costaud que cet élève, l'avait fait venir sur l'estrade et lui avait publiquement passé la main dans l'encolure de la chemise et lui avait tâté les pectoraux en annonçant qu'il devait encore manger beaucoup de soupe avant de s'attaquer à lui...
 
En fait, ma plainte ne porte pas contre ces deux hommes qui devaient sans doute être bien malheureux et solitaires et qui ont fait comme tout un chacun: ils ont essayé de survivre et sont allé prendre quelques bribes d'affection là où ils croyaient maladroitement en trouver. Ma plainte porte sur l'église catholique, qui a créé ce système malsain qui occassionne un tel dysfonctionnement. Tant que vous ne comprendrez pas que le problème est là, votre action ne servira à mon avis pas à grand chose. Il faut que l'église se réforme en profondeur et que l'on réforme en profondeur la prêtrise: autoriser les prêtres à vivre des relations amoureuses, ouvrir le mariage aux prêtres, toutes les formes de mariage, qu'ils soient entre personnes de sexes différents ou personnes du même sexe. Plus généralement, démocratiser l'église et mettre fin au système hiérarchique médiéval. Je trouve enfin scandaleux que tout ce que votre église ait trouvé pour essayer de solutionner sa montagne d'affaires pédophiles, c'est de s'attaquer aux homosexuels, en les stigmatisant (Cfr les attaques du Cardinal Bertone, pour ne citer que lui parmi la foule de ses consorts), en leur interdisant l'accès à la prêtrise et en essayant de contrer par tous les moyens les législations leur donnant des droits. La technique du bouc émissaire pour essayer de détourner l'attention est par trop connue. Le Christ lui-même n'en fut-il pas un? De nombreuses églises protestantes ont radicalement changé leur point de vue sur la sexualité et proposent l'accueil de tous sans discrimnation aucune. La confusion pédophilie - homosexualité que certains des plus hauts 'dignitaires' entretiennent, pour parfois la récuser par la suite du bout des lèvres, est une insulte à l'intelligence.
 
En attendant votre réponse,
 
Bien à vous

L.A.

06/05/2010

Délire catholique: l'adolescent est spontanément homosexuel et la société actuelle est pédophile

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Le journal brésilien O Globo a rapporté les propos  qu'a prononcés l'archevêque Mgr Dadeus Grings ce mardi 4 mai, premier jour de la 48ème Assemblée générale de la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB),  qui réunit plus de 300 évêques brésiliens, à Brasilia. L'archevêque Grings est connu pour ses positions conservatrices.

"La société actuelle est pédophile, c’est là que se trouve le problème. Alors  les personnes tombent facilement dedans. Mais le fait de le dénoncer est un bon signal".*

Mgr Grings a aussi critiqué la libéralisation de la sexualité qui "engendre des déviances de comportement" dont la pédophilie: "Quand la sexualité est banalisée, il est clair que cela touche tous les cas. Dont l'homosexualité. Avant on ne parlait pas d’homosexuels.  Quand on commence à dire qu’ils ont des droits, le droit de s’exprimer publiquement, bientôt on va trouver que les pédophiles ont des droits".**

L'archevêque s'est encore exprimé sur la psychologie des adolescents: "Nous savons que l' adolescent est spontanément homosexuel, ce qui fait que par la suite, s'il n'a pas eu une bonne orientation, cela se fixe".***

Mgr Grings a cependant "condamné clairement" les abus sexuels commis par les prêtres contre des mineurs et affirmé qu’il devaient être "punis" mais a reconnu la difficulté qu'éprouve l’Eglise à dénoncer ces cas à la police: "Il est un peu étrange que l’Eglise aille accuser ses propres fils".

Pour lire l'article de O Globo (en portugais), cliquer ici

Commentaire

On retrouve l'argumentaire vaticanesque connu sur l'interprétation de l'homosexualité: un peu de freudisme non avéré (affirmer que les ados sont spontanément homosexuels est une affirmation pour le moins rapide qui est sans doute à rapporter à la prétendue phase homosexuelle 'normale' de l'adolescence); la libéralisation de la sexualité sert de bouc émissaire; de plus, si l'archevêque n'affirme pas directement que la pédophilie est liée à l'homosexualité, il place les deux termes dans un contexte proche qui induit à l'assimilation et à la confusion. Tout est fait pour atténuer la responsabilité de l'Eglise dans les scandales des prêtres pédophiles qui secouent aussi le Brésil. L'archevêque a d'ailleurs aussi recouru à la statistique pour minimiser le rôle de l'Eglise: en Allemagne, a-t-il avancé, seulement 0,2 pour cent des cas de pédophilies sont le fait de prêtres catholiques...

C'est en somme la triste pratique de la désinformation et de la manipulation qui est à l'oeuvre. Face aux faits avérés de pédophilie sacerdotale, l'archevêque se réfère à des données non avérées qu'il présente comme des certitudes: l'adolescent est spontanément homosexuel, les prêtres pédophiles sont une infime minorité en Allemagne. De plus, ces propos pourraient être ressentis comme insultants par les victimes: on peut en effet se demander pourquoi l'archevêque souligne la prétendue homosexualité de l'adolescent, -serait-ce pour y attribuer une part de responsabilité? - et, pour les victimes, de savoir que leurs viols par des  prêtres relève d'une minorité statistique, cela va-t-il les consoler?

Les perles de l'archevêque dans le texte original:

*"A sociedade atual é pedófila, esse é o problema. Então, facilmente as pessoas caem nisso. E o fato de denunciar isso é um bom sinal"

**"Antigamente não se falava em homossexual. Quando começa a (dizer) que eles têm direitos, direitos de se manifestar publicamente, daqui a pouco vão achar os direitos dos pedófilos "

***"Nós sabemos que o adolescente é espontaneamente homossexual. Só depois, se não houve uma boa orientação, isso se fixa

16/04/2010

Joëlle Milquet réagit aux propos du Cardinal Bertone

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Joëlle Milquet préside aux destinées du CDH (Centre démocrate humaniste, l'ancien Parti social-chrétien en Belgique, un parti proche des milieux catholiques). Elle est Vice-première Ministre et Ministre chargée de l'emploi et de l'égalité des chances.

Madame MILQUET a fait publier le communiqué de presse suivant le 14 avril 2010:

La stigmatisation de l'homosexualité est inadmissible

La Vice-Première ministre et ministre de l’Egalité des chances, Joëlle Milquet, a pris connaissance avec stupéfaction des propos de Secrétaire d’Etat du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone, qui a suggéré dans une interview à une radio chilienne que l’homosexualité et la pédophilie avaient un lien.

Répondant à une question qui évoquait que la fin du célibat des prêtres pourrait résoudre les problèmes de pédophilie au sein de l'Eglise catholique, le numéro deux de l’Eglise a déclaré que « de nombreux psychiatres et psychologues ont démontré qu'il n'existe pas de relation entre le célibat et la pédophilie, mais beaucoup d'autres – et on me l'a dit récemment – ont démontré qu'il existait un lien entre l'homosexualité et la pédophilie. La vérité est celle-ci et le problème, c'est cela».

La ministre de l’Egalité des chances condamne résolument cette stigmatisation de l’homosexualité. Cet amalgame est inadmissible et porte atteinte à la dignité des homosexuels qui ne peuvent en aucune façon être assimilés à des pédophiles.

La pédophilie est un acte pénal gravissime qui ne peut connaître la moindre immunité et elle est d'autant plus grave quand elle vient d'une personne de confiance censée être au delà de tout soupçon.

Source et contacts: cliquer ici et ici

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15/04/2010

Le centre pour l'égalté des chances réagit au propos du Cardinal Bertone

14/04/2010

Suite aux propos tenus par le Cardinal Bertone associant homosexualité et pédophilie, le Centre pour l’égalité des chances a reçu plusieurs messages de protestation de la part de particuliers.

Sur le plan strictement légal, ces propos ne relèvent pas de la loi du 10 mai 2007 tendant à lutter contre certaines formes de discrimination, dont celles motivées par l’homophobie.

Outre le motif d’extraterritorialité, rappelons que la liberté d’expression s’étend aux propos « qui blessent, qui choquent et qui inquiètent », selon l’expression consacrée de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, et n’incriminent que l’incitation à la haine et à la discrimination.

Néanmoins, le Centre pour l’égalité des chances s’étonne que le rapprochement entre homosexualité et pédophilie fasse encore partie des stéréotypes véhiculés sur les personnes homosexuelles, et partage l’indignation généralisée suscitée par les propos du Cardinal Bertone.

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Le Vatican doit avoir un agenda anti homosexuel: un écho suisse

Les propos du Cardinal Bertone qui amalgame homosexualité et pédophilie ne sont pas isolés, il ne s'agit pas d'un franc-tireur. Ils ont d'ailleurs à peine été nuancés par le porte-parole du Vatican, qui ne les a même pas démentis, mais seulement précisés: l'amalgame y est circonscrit au seul contexte du clergé.

Il suffit de recouper:

  • L'église catholique interdit à présent l'accès de la prêtrise à tout homosexuel que ce soit, que le candidat séminariste soit actif ou chaste n'importe pas.

  • Par ailleurs, dans la presse suisse (lire l'article de 24 heures), on peut lire un écho des propos de Bertone: Marc Donzé, vicaire épiscopal à Fribourg, affirmait mardi dans La Liberté que le problème de la pédophilie n’était pas lié au célibat. «En revanche, écrit-il, il semble être lié souvent aux tendances homosexuelles: plus de 90% des prêtres condamnés pour pédophilie aux Etats-Unis sont homosexuels. Un discernement plus strict à cet égard s’impose dans le cadre de la formation des prêtres.»

La Conférence des évêques suisses a refusé de commenter. Mais les propos de Donzé sont dans la ligne exacte ceux de Bertone. Il s'agit donc bien d'une ligne de communication!

Les associations homosexuelles ont réagi vigoureusement: «L’Eglise catholique joue sur des peurs qui prévalaient il y a des dizaines d’années, quand on faisait croire que les homosexuels étaient tous pédophiles, a déclaré Jean-Paul Guisan, secrétaire romand de Pink Cross. Depuis, les études ont montré que l’orientation sexuelle n’avait rien à voir avec la pédophilie.» C'est clair: l'Eglise recherche des boucs émissaires pour ne pas endosser la responsabilité des cas de pédophilie. Il faudrait être naïf de croire que  l'église catholique n'a pas d'agenda anti gay! En temps de guerre ouverte, il convient de se méfier encore davantage de la propagande et de la désinformation.

 

Le Vatican ajoute la honte de l’homophobie à l’infamie de la pédophilie, le communiqué de David et Jonathan

David & Jonathan, mouvement homosexuel chrétien [France], est révulsé de l’amalgame que le cardinal Tarcisio Bertone, Secrétaire d’État du Vatican, a fait lundi 12 avril à Santiago du Chili, liant une fois de plus pédophilie et homosexualité. Le cardinal s’inscrit en cela dans la suite de l’instruction (approuvée par le pape) qui, depuis novembre 2005, interdit l’ordination d’homosexuels pour « parer tout risque » de pédophilie dans le clergé. En octobre 2009, Mgr Silvano Tomasi, Observateur permanent du Vatican auprès de l’ONU, avait soutenu le même point de vue.

Cette affirmation gratuite insulte l’intelligence. Tout en se parant de l’autorité de psychothérapeutes, quitte à les instrumentaliser, Bertone n’avance jamais les preuves de ses allégations. L’affirmation d’un lien structurel et sans nuance entre homosexualité et pédophilie est tout aussi contestable que l’association entre célibat et pédophilie. La pédophilie est majoritairement hétérosexuelle dans la société, au sein des institutions comme des familles. Dans l’Église, si de nombreuses victimes de prêtres pédophiles sont des garçons, c’est que le clergé, centré sur le monde masculin, est beaucoup moins au contact de filles.

Cette affirmation est une agression envers tous les homosexuel-le-s – dont certains sont catholiques, laïcs ou prêtres –, une fois de plus stigmatisé-e-s et diffamé-e-s par de hauts responsables catholiques. Notre association demande à tous les catholiques et à leurs pasteurs de se désolidariser avec clarté des propos du cardinal. Il ne suffit pas d’en demander pardon mais de modifier réellement tous les propos ou comportements qui induisent une haine des homosexuel-le-s.

Cette attaque est une réponse inadaptée au scandale de la pédophilie. S’il n’y a pas de lien nécessaire entre célibat et pédophilie, le célibat des prêtres vécu sereinement n’est pas ici en question. En revanche, une approche idéalisée ou le refoulement de la sexualité, la fixation obsessionnelle sur le « péché », un célibat mal assumé, une vision négative de la femme comme « tentatrice »… cantonnent certains prêtres et religieux dans l’immaturité affective et sexuelle, exacerbent leurs pulsions et favorisent chez eux des conduites déviantes ou de substitution. Concernant la pédophilie de ses prêtres, la hiérarchie catholique semble prendre le parti des victimes et abandonner la culture du secret. Mais elle continue pourtant d’ignorer le cœur du problème : la puissance incontrôlée de ceux qui ont « autorité » et le défaut d’équilibre affectif de certains de ses prêtres.

La hiérarchie catholique passe maintenant à l’offensive et veut faire diversion en allumant des contre-feux à sa mise en cause publique, de la part de ses propres fidèles notamment. Sa première parade a été d’exprimer une compassion voire des regrets envers les victimes tout en affirmant sa solidarité avec tous les prêtres, évêques et pape « injustement diffamés ». Après s’être posés en victimes de l’« acharnement médiatique », certains responsables catholiques cherchent des boucs-émissaires pour expier leurs fautes à leur place et les dispenser d’assumer leurs responsabilités, en changeant en profondeur leurs comportements ou leurs discours. Faisant cela, ils ne semblent pas prendre la mesure du discrédit de leur parole en matière de morale et continuent de se poser en experts dans ce domaine. Mais, ils ne font qu’ajouter la honte de l’homophobie à l’infamie de la pédophilie.

Patrick Sanguinetti, co-président et porte-parole de David & Jonathan Contact : 06 73 60 98 04, communication@davidetjonathan.com