09.06.2010

Itinéraire d'un triangle rose par Rudoph Brazda et Jean-Luc Schwab

brazda

                                                    Rudolf Brazda a presque 95 ans lorsqu'il décide de s'exprimer publiquement sur les répressions et sa déportation pour motif d'homosexualité. Contre toute attente, il se trouve être le dernier survivant connu de ces 10 000 déportés que les nazis envoyèrent dans les camps de concentration pour leur homosexualité.
Détenu au camp de Buchenwald de 1942 jusqu'à la libération, il dut y porter un triangle rose, signe distinctif pour ces hommes à la sexualité honnie. Dans l'Allemagne de Hitler, les déboires pour Rudolf, né de parents tchèques, commencèrent dès 1937, année de sa première condamnation au titre du paragraphe 175. Ce texte de loi condamnait fermement la "débauche contre-nature entre hommes" et la peine d'emprisonnement qui en résulta lui valut ensuite l'exil vers la Tchécoslovaquie occidentale, terre de ses parents. Là, il sera de nouveau arrêté et condamné par le pouvoir nazi après l’annexion de ce pays.
Son parcours est jalonné par des personnes marquantes, aux vécus non moins insolites et marqués par les aléas historiques et politiques qui secouèrent l'Europe de la première moitié du XXème siècle.
Résidant en France depuis sa sortie du camp de concentration, il nous livre un témoignage unique et rare, étayé par un travail de recherche historique du co-auteur. Outre les souvenirs et réflexions de Rudolf, cet ouvrage révèle - et c'est une première - le détail d'enquêtes policières ayant visé des homosexuels dans l'état nazi. Sont également traités, avec tact mais sans tabou, la question de la sexualité dans un camp de concentration, de même que le vécu quotidien et les sévices de l'univers concentrationnaire du camp Buchenwald.

A noter

L’année 2010 est marquée par de nombreuses commémorations. En avril pour le camp de Buchenwald. Le dernier dimanche d'avril pour la Journée Nationale du Souvenir de la Déportation, avec des cérémonies à Paris et dans la plupart des grandes et moyennes villes de province. Il y aura également deux inaugurations de plaques mémorielles concernant les déportés pour homosexualité : à Mulhouse, le samedi 15 mai, celle à Pierre Seel et aux d’autres Mulhousiens anonymes déportés, et en automne au camp du Struthof. Enfin, L'Arbre et la Forêt, un film basé sur l'histoire de Pierre Seel, un autre détenu pour homosexualité interprété par Guy Marchand sortira le 3 mars 2010.

LE CO-AUTEUR

Jean-Luc Schwab est né en 1972 et vit en Alsace. En 2008, il s'implique activement dans une association mémorielle oeuvrant pour la connaissance et la reconnaissance de la déportation pour motif d'homosexualité. Il est alors loin d'imaginer que le dernier survivant connu de ces déportés au triangle rose habite tout près de chez lui, dans la région de Mulhouse. Devenu son confident, il entreprend des recherches historiques en Allemagne, en France et en République Tchèque pour livrer au grand public l'histoire hors du commun de Rudolf Brazda, poursuivi par la justice nazie et déporté au camp de concentration de Buchenwald en raison de sa sexualité.

Source: éditions Florent Massot

07:30 Publié dans Histoire | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : triangle rose, nazisme, camps de concentration, buchenwald, brazda, jean-luc schwab | | |  Facebook |

10.08.2009

Histoire du cinéma gay: Anders als die Andern est disponible sur Youtube

Excellente nouvelle: événement sensationnel sur internet, Aevitatis, un site dédié au cinéma muet,  a mis en ligne sur Youtube le film muet de l'histoire du cinéma gay: Anders als die Andern (Différent des autres). Imaginez! Nous sommes dans l'Allemagne de 1919, et le grand sexologue Magnus Hirschfeld lutte pour la dépénalisation de l'homosexualité. Ce film muet présente pour la première fois dans l'histoire du cinéma un personnage d'homosexuel auquel le public gay peut s'identifier.

A l'attention de ceux et celles qui ne connaîtraient pas l'histoire de ce film, je reproduis ce qu'en dit Wikipedia. L'article qui y est consacré est fort bien construit. Si vous désirez voir le film immédiatement, rendez-vous à la fin de ce post.

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Différent des autres (Anders als die Andern) est un film allemand de 1919, réalisé par Richard Oswald et écrit par Richard Oswald et Magnus Hirschfeld, médecin allemand et cofondateur du mouvements de libération homosexuel, le WhK. Ce film est l'un des tout premier à défendre la cause des homosexuels. Il dénonce le paragraphe 175 qui pénalisait alors les relations homosexuelles entre hommes consentants en Allemagne.

Résumé

Le violoniste virtuose Paul Körner (Conrad Veidt) est victime de chantage de la part du prostitué Franz Bollek. Körner refuse de continuer à payer toujours plus d'argent au maître-chanteur, Bollek le dénonce pour infraction au paragraphe 175. Au cours du procès qui s'ensuit, le docteur Magnus Hirschfeld (qui joue son propre rôle), prononce un ardent plaidoyer contre l'intolérance et la discrimination dont sont victimes les homosexuels. Bollek est condamné pour extorsion de fonds mais Körner est néanmoins condamné pour avoir enfreint le paragraphe 175. Sa réputation est ruinée, il ne supporte pas l'opprobre public et finit par se suicider.

Synopsis

Le film Anders als die Anderen met en scène l’histoire du virtuose violoniste Paul Körner. Le film s’ouvre sur Paul Körner (Conrad Veidt) lisant les journaux du matin. Ils relatent une série de suicides apparemment inexplicables. Körner sait que c’est le §175 du Code pénal allemand qui lie tous ces suicides. Cet article de loi qui condamne les relations homosexuelles est comme une épée de Damoclès pour les hommes qui aiment les hommes. Dans la scène suivante, Körner donne un spectacle. Après la représentation, il se fait aborder par Kurt Sivers, un jeune homme qui espère pouvoir devenir l’élève de Körner. Dès la première leçon de musique, ils s’éprennent l’un de l’autre. Les parents de Siver ne voient cependant pas cette histoire d’amour d’un bon œil. Körner leur conseille de consulter son mentor (le Dr Hirschfeld). Ce dernier demande à la famille Sivers de ne pas condamner le jeune Kurt parce qu’il est homosexuel ; il n’est pas responsable de son orientation sexuelle.

Tandis que Körner et Siver se promènent bras dessus bras dessous dans un parc, un homme interpelle Körner, il s’agit de Franz Bollek (un prostitué qu’il avait rencontré lors d’un bal pour hommes). Celui-ci menace immédiatement de dénoncer Körner pour homosexualité s’il ne lui donne pas une grosse somme d’argent. Körner s’exécute, mais Bollek continue son odieux chantage. Le jour où Körner refuse de le payer, Bollek rentre par effraction chez lui. Pris en flagrant délit, les deux hommes en viennent aux mains. Durant la bagarre, Bollek avoue à Körner l’avoir dénoncé auprès de la police. Sachant cela, Kurt Sivers fuit et tente de survivre seul. Découragé, Körner repense à son passé.

Le premier souvenir qui lui revient remonte à l’internat, lorsque lui et son ami Max sont découverts alors qu’ils s’embrassaient. Puis il se souvient de l’université et de sa vie d’étudiant solitaire, de son impossibilité à s’amuser dans les confréries et à faire comme les hétéros. Il se souvient aussi avoir consulté un hypnothérapeute qui n’a jamais rien pu changer à son orientation. Enfin, il se souvient avoir fait la connaissance d’un médecin dont la réaction était différente. Selon ce médecin, « l’amour pour une personne de même sexe n’est pas moins pur ou noble que l’amour pour le sexe opposé ». De retour dans le temps présent, Körner décide d’emmener Else Siver, la sœur de Kurt, à une conférence du docteur Hirschfeld sur les « sexualités intermédiaires » (l’homosexualité, le lesbianisme, l’intersexualité, etc.). Après la conférence, Körner dénonce Bollek pour chantage. Par représailles, Bollek dénonce Körner pour homosexualité. Lors du procès, tous deux sont reconnus coupables par la justice : Bollek est condamné à trois ans de prison pour extorsion tandis que Körner échoppe d’une semaine de prison pour violation du §175. Dès cet instant, la réputation de Körner est ternie. Il est rejeté de la société et n’obtient plus aucun contrat. Sa famille lui fait savoir qu’il n’existe plus qu’une seule solution pour s’en sortir honorablement : le suicide. Körner s’y résout. Lorsqu’il apprend le décès de Körner, le jeune Siver tente lui aussi, de se suicider. C’est à ce moment que le docteur intervient et dit à Sivers qu’il est de son devoir de rester en vie afin de changer les préjugés dont sont victimes ces hommes. En restant en vie, il peut restaurer l’honneur de Körner et lui rendre justice, à lui comme à tous ceux qui l’ont précédé et le suivront. Scientam ad Justiciam : la justice grâce à la connaissance !

Le film

Le synopsis de Anders als die Andern fut élaboré par Richard Oswald avec l'aide du Dr. Magnus Hirschfeld, qui joua un petit rôle dans le film et qui participa au financement de la production par l'intermédiaire de son Institut de sexologie. Hirschfeld souhaitait utiliser l'exemple du film comme argument contre les lois en vigueur en Allemagne et notamment le paragraphe 175. Celui-ci faisait de l'homosexualité un délit passible de poursuites, mettant un grand nombre de personnes dans une situation analogue à celle du personnage incarné par Conrad Veidt.

La direction de la photographie fut confiée à Max Fassbender, qui avait travaillé sur Le Portrait de Dorian Gray deux ans auparavant, dans une des premières mises en scène du classique d'Oscar Wilde. Richard Oswald n'était pas encore le metteur en scène de renom qu'il allait devenir, de même que son fils Gert. L'acteur principal, Conrad Veidt devait bientôt connaître la célébrité pour son rôle dans Le Cabinet du docteur Caligari.

Anders als die Andern a marqué l'histoire du cinéma en présentant pour la première fois un homosexuel auquel le spectateur pouvait s'identifier. L'intrigue principale inspira celle du film anglais Victim, avec Dirk Bogarde. Les lois de censure qui furent votées en réaction à ce genre de film finirent par en limiter les projections à un public de médecins et de chercheurs, et les affiches du film finirent parmi les nombreuses œuvres prétendument "décadentes" qui furent brûlées par les nazis après l'élection d'Hitler en 1933.

Sauvetage du film

Le film fut censuré en 1920 et les copies détruites. En 1927, Magnus Hirschfeld tourna un document intitulé les lois de l'amour (Gesetze der Liebe) dans lequel il inclut une version courte de Anders als die Andern pour illustrer la question de l'homosexualité. Le documentaire s'attira lui aussi les foudres de la censure; mais une copie avait été introduite en Ukraine, où elle avait été sous-titrée dans la langue de ce pays. Cette version fut redécouverte à la fin des années soixante-dix et se trouve au musée de la ville de Munich.

En 1982, cette version courte du film fut projetée dans le cadre du festival du film homosexuel de Francfort, avec l'agrément du musée de Munich. Les sous-titres ukrainiens furent traduits par un interprète pendant la projection.

Depuis le musée du cinéma de Munich a produit une version pratiquement entièrement restaurée du film, distribuée par l'éditeur Salzgeber à Berlin.

  • Copie 16 mm (film muet/texte des cartons en Ukrainien/traduction allemande): Musée de la ville de Munich, archives cinématographiques.

  • Copie VHS (film muet/texte des cartons en allemand): Édition Salzgeber, Berlin

  • Depuis octobre 2006 il existe une version sur DVD disponible au musée de la ville de Munich.

  • Depuis juin 2009, le DVD est disponible en France : distribution Choses Vues.

Fiche technique

  • Titre : Anders als die Andern

  • Réalisation : Richard Oswald

  • Scénario : Richard Oswald et Magnus Hirschfeld

  • Photographie : Oswald Fassbender

  • Pays d'origine : Allemagne

  • Format : Noir et blanc - 1,85:1 - Film muet - 35 mm

  • Genre : Drame

  • Durée : 50 minutes

  • Date de sortie : 30 juin 1919

Distribution

Conrad VeidtFritz SchulzReinhold SchünzelAnita BerberMagnus HirschfeldKarl Giese 

03.08.2009

Mémoire lesbienne: Henny Schermann assassinée par les Nazis

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Une jeune fille, Liz Trobishi (photo),  a été lâchement abattue avant-hier soir à Tel Aviv, lors d'une fusillade criminelle dont on ne sait pas les motifs mais dont on peut supputer qu'ils proviennent de la haine homophobe. Cette haine peut être véhiculée et favorisée par les idéologies fondamentalistes des religions ou par une idéologie politique. En souvenir de la jeune fille de 15 ans assassinée samedi soir, rappelons-nous des femmes lesbiennes persécutées par les nazis. Nous empruntons ici la description du  cas de Madame Henny Schermann au site du Musée du Mémorial de l'Holocauste à Washington.

henny schermann

Photos d'identification de  Henny Schermann, vendeuse à  Frankfurt am Main. Arrêtée en 1940, elle fut assassinée à Ravensbrück en 1942. (Ravensbrueck, Allemagne, 1941. Stadtarchiv Nuernberg/UNITED STATES HOLOCAUST MEMORIAL MUSEUM #71929a)

Les parents de Henny s'étaient rencontrés peu après que son père eut émigré de Russie. Henny fut la première des trois enfants de ce couple juif. Francfort était un important centre économique et culturel.

1933-39: Après l'accession des Nazis au pouvoir commença la persécution de nombreux groupes "d'indésirables" parmi lesquels les Juifs, les Tsiganes, les homosexuels, les handicapés, ainsi que les politiciens de gauche. Après 1938, pour identifier les Juifs, un décret Nazi fut promulgué prévoyant que "Sara" devait être ajouté comme deuxième prénom de toutes les femmes juives sur leurs papiers officiels. Henny, alors âgée de vingt-quatre ans, travaillait comme assistante dans une boutique et vivait avec sa famille à Francfort.

1940-44: Au début de l'année 1940, Henny fut arrêtée à Francfort et déportée dans le camp de concentration pour femmes de Ravensbrück. Derrière la photo où on la voit prisonnière, il était écrit : "Jenny (sic) Sara Schermann, née le 19 février 1912 à Francfort sur le Main. Vendeuse célibataire à Francfort sur le Main. Lesbienne licencieuse, ne fréquente que les bars [homosexuels]. A refusé le prénom 'Sara'. Juive apatride."

Henny fit partie des nombreuses prisonnières de Ravensbrück sélectionnées en vue de leur extermination. En 1942, Henny fut gazée dans le centre d'exécution de Bernburg

Copyright © United States Holocaust Memorial Museum, Washington, D.C.
Translation Copyright © Mémorial de la Shoah, Paris, France (notre source)

A noter que

  • Après la prise de pouvoir du parti national-socialiste en 1933, toutes les femmes juives furent contraintes, par décret, d'apposer le nom de Sara après leur nom original. Il s'agissait là d'une marque infamante d'appartenance au peuple juif. Shermann refusa d'utiliser ce second nom et continua de fréquenter les bars homos interdits de Francfort.

  • L'hôpital psychiâtrique de Bernburg, à proximité de Magdeburg, était spécialisé dans l'élimination des éléments associaux. C'est là que Henny Schermann fut gazée.

  • Schermann a sans nul doute été exécutée parce qu'elle était juive. Mais  les données reprises sur la photo signalétique, l'intérêt direct du médecin eugéniste de Ravensbrück et l'envoi à l'hôpital psychiâtrique de Brenburg témoignent de la répression particulière de l'homosexualité féminine, coupable, selon l'idéologie nazie, de faire baisser les taux de natalité du Reich et d'affaiblir la race aryenne. Il va de soi que dans le cas d'une femme juive, ces dernières considérations n'entrent pas en ligne de compte.

 

29.07.2009

Triangles roses: un site consacré à la persécution des homosexuels sous le régime nazi

triangles roses

Un site consacré à un thème jusqu'à très récemment écarté des livres d'histoire, de la mémoire collective et de l'iconographie officielle de l'univers concentrationnaire, celui de la persécution par les nazis de dizaines de milliers d'individus en raison de leur seule orientation sexuelle.

Pour accéder au site, cliquer ici.

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03.02.2009

Holocauste: incroyable mais vrai! Angela Merkel et le pape.

A l'heure où Ratzinger vient de lever l'excommunication d'un évêque lefévriste révisionniste et négationniste, Madame Angela Merkel, le chef du gouvernement allemand, demande aujourd'hui au Vatican une prise de position nette et tranchée sur la réalité de l'Holocauste des 6 millions de Juifs. Nous saluons ici le courage politique de Madame Merkel.

Rappelons que quelque dix mille homosexuels sont morts parce qu'ils ont été humiliés, soumis à des expérimentations, torturés ou assassinés dans les mêmes camps de la mort qui ont connu l'holocauste de 6OOOOOO de juifs et de tant de tsiganes. Le Vatican vient cependant de refuser de soutenir la déclaration universelle de dépénalisation de l'homosexualité  que 66 pays membres de l'ONU ont signée.

10.01.2009

Un amour à taire. Ce soir à 21H sur TV5 Monde

amour à taire

Une fiction sur les persécutions et la déportation des homosexuels pendant la seconde guerre mondiale, de Christian Faure

C’est un film difficile et rude sur un sujet resté longtemps tabou : les persécutions et la déportation des homosexuels pendant la dernière guerre mondiale. Un film pour comprendre l’incompréhensible.

Tout commence comme une belle histoire de jeunes gens dans la France de Vichy. Jacques (Nicolas Gob) aime Sarah (Louise Monot), qui aime Jean (Jérémie Rénier), qui préfère Philippe (Bruno Todeschini). Jacques et Jean sont frères, le premier fricote avec l’occupant, le second cache la juive Sarah, amie d’enfance, dont la famille a été massacrée. Philippe est résistant et obtient des faux papiers pour ses amis. Promenades à bicyclette, soirées entre amis, des petits riens pour oublier cette foutue guerre.

L’histoire bascule quand Jacques, jaloux, dénonce Jean. Celui-ci est accusé, à tort, d’être l’amant d’un officier de la Wehrmacht. Emprisonné, battu, torturé, il est envoyé dans un camp en Allemagne où les homosexuels, étiquetés êtres asociaux, sont abandonnés aux mains de médecins fous qui les utilisent comme cobayes pour leurs expériences (les scènes de déportation sont difficilement supportables). Poursuivi par la Gestapo, Philippe est abattu. Sarah reste seule avec Jacques, dont elle ignore la trahison.

Les producteurs François Aramburu et Pascal Fontanille ont longuement mûri leur projet. « C’était important d’expliquer aux gens comment ça s’est passé. » Ils se sont beaucoup inspirés de Moi, Pierre Seel, déporté homosexuel (Calmann-Lévy, 1994), le récit de l’un de ces oubliés qui ont mis plus d’un demi-siècle pour obtenir la reconnaissance de la déportation des « triangles roses ». Ils ont également voulu rappeler que les lois qui ont criminalisé l’homosexualité, promulguées sous Vichy, sont restées en vigueur jusqu’en 1981.

Ce téléfilm réalisé par Christian Faure a été multiprimé au Festival de Luchon 2005 : Prix spécial du jury, Prix du public, meilleur scénario, jeune espoir féminin (Louise Monot), jeune espoir masculin (Nicolas Gob). Jérémie Rénier n’a pas été distingué, on le regrette pour ce magnifique acteur qui porte le film sur ses épaules.


Un amour à taire, une fiction sur les persécutions et la déportation des homosexuels pendant la seconde guerre mondiale.

Source du texte: Le Monde Télévision 

30.12.2008

Benoît XVI et Himmler: vos réactions à leurs discours

ratzingerHimmler

La mise en parallèle des extraits des discours de Himmler et de Ratzinger sur les dangers de l'homosexualité (et de la gender théorie) a suscité de la part de mes chers lecteurs et lectrices un nombre de réactions tout à fait inhabituel, tant en commentaires directs sur ce site qu'en courriels. Cela veut dire que le sujet vous préoccupe tout autant que moi. J'ai donc pensé de les poster ici de manière à pouvoir continuer le dialogue. Merci à toutes et tous d'avoir pris la peine de réagir. Merci de continuer à réagir sur ces discours! Cliquer ici pour voir ou revoir le post.

Marie-Françoise Dispa, journaliste

Je suis tout à fait d'accord avec toi: ce discours serait scandaleux, s'il n'était pas essentiellement stupide. Mais rassure-toi: je ne suis pas la seule à le considérer comme tel. On en a parlé au drink de Noël, après la messe de minuit, et tout le monde était choqué - et aussi plutôt étonné que le pape recommence à taper sur ce clou-là, alors que l'homosexualité est désormais considérée comme une réalité incontournable. Même des personnes très âgées se demandaient quelle mouche avait piqué Benoît! C'est probablement - et heureusement - la grande différence: les nazis étaient d'accord avec Himmler, mais les cathos, à quelques exceptions près (dans nos pays en tout cas), n'approuvent pas le pape! Ceci dit, les homos ne sont pas les seuls à être discriminés par l'Eglise: le même Benoît a encore rappelé récemment que les femmes n'étaient pas dignes de s'approcher de l'autel ni de distribuer la communion. Inutile de dire que, dans ma paroisse, on le fait tous les dimanches!

Benoît

Luc, j'ai lu ton texte et je le trouve très intéressant .... enfin quand je dis ton texte je ne t'assimile pas à cet épouvantail qui se déguise en père Noel pour envoyer ces bons voeux. Mais pourquoi a-t-il jugé bon de s'appeller Benoit

Didier

Sa sainteté a (of course) toujours raison. Ceci étant, il sera probablement difficile de faire canoniser Himmler…

Franny

Des discours très réducteurs qui engendrent seulement des situations conflictuelles...

Max de Brouwer

L'homophobie viscérale du catholicisme

Seul l'ancien testament et certains épîtres post-Jésus condamnent l'homosexualité.
Mais l'homophobie est un moyen de pérennisation du pouvoir catholique.

1. Non seulement ce pouvoir stigmatise l'homosexualité, mais il propose aussi l'antidote: l'abstinence et, tant qu'à faire, la prêtrise. C'est donc une source de recrutement.

2. L'orchestration de la mise en oeuvre d'une "homophobie culturelle" a pousse une majorité d'homosexuels à se marier et à avoir des enfants. Autant de membres (par défaut) en plus dans le giron catholique.

Seb

Godwin point ! Il serait plus intéressant de les démonter que de les mettre en parallèle...surtout deux discours aux contextes totalement différents à des interlocuteurs carrément différent

Réponse à Seb

Excellente idée, Seb, si tu as l'envie de réaliser le travail que tu suggères, je le mettrai volontiers en ligne.

Un gay

Très curieux ce discours du pape à notre époque.
Comme quoi, rien n'est jamais acquis. L'histoire doit nous servir de leçon. Il nous démontre que les mentalités peuvent changer vites. Etre un homosexuel est un combat de tout temps ... :)

Benoît

Que c'est triste de lire encore ce genre d'idioties qui passe pour parole d'évangile. Tiens parlons en de l'évangile. Où trouve-t-on une seule référence à la sexualité en générale et à l'homosexualité. Est-ce que les moines de Maredsous auraient oublié quelques passages croustillant? Non, laissons les paroles de ce monsieur en robes brodées d'or (un peu comme faisait Christian Lacroix il y a quelques année) à ses élucubrations et continuons notre chemin vers le message du Christ "aimez vous!(nondigeu-ca non plus ce n'est pas dans l'édition signé Maredsous).

Georges

Le train s'arrête

 

Quelle est la différence entre un train et Benoît XVI? S'il déraille, le train s'arrête.

Benoît XVI tape toujours sur le même clou et il ne s'arrêtera pas. Avant-hier, justement, [i]los kikos[/i] protestaient en Espagne contre les LGBT, à l'incitation du pape de Rome. Et tant qu'il n'est pas traduit devant la Cour de la Haie, il ne s'arrêtera pas.

C'est un célibataire (frustré? complexé?) qui met tout en œuvre pour lutter contre le mariage. Si le mariage hétéroparental est une chose si excellente, pourquoi n'encourage-t-il le clergé à se marier? Et si l'absence du mariage hétéroparental est une chose si odieuse, pourquoi se met-il dans la même casserole que les gais, en gardant le célibat?

L'instauration de la démocratie dans l'Église, comme aux premiers siècles, doit commencer à l'intérieur de l'église romaine institutionnelle. Jusqu'à présent, aucune conférence épiscopale, aucun évêque solitaire, personne n'a osé critiquer les bêtises que le pape de Rome affirme dans le cadre de son "magistère ordinaire". Tant que ça ne changera pas, il ne changera pas, et l'Église non plus.

Posté par "Georges" Envoyer un email Site web

17:56 Publié dans Homophobie | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : allemagne, nazisme, homophobie, ratzinger, benoit xvi, vatican | | |  Facebook |