24.10.2009

Brotherhood, un film qui met en scène des néo-nazis gays, remporte le Marc-Aurèle d'or au festival de Rome

brotherhood

"Brotherhood" (Fraternité), est le premier film du Danois Nicolo Donato. Il a remporté vendredi soir le Marc-Aurèle d'Or du meilleur film au 4ème Festival international de cinéma de Rome, dont le jury était présidé par Milos Forman.

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Dans "Brotherhood"  l'un des protagonistes, Lars,  rejoint, après avoir d'abord servi dans l'armée, un groupe de néo-nazis qui passe son temps à casser de l'arabe et du pédé. Mais une passion homosexuelle vient à naître ente  Lars et son instructeur néo-nazi, Jimmy, qui doit tester la fiabilité du néophyte et lui apprendre des textes de Mein Kampf.

Un film de Nicolo Donato avec Thure Lindhardt, Signe Egholm Olsen, produit en 2009. Titre original : BRODERSKAB (Danemark)

Trailer (danois, sous-titres anglais) 

Un groupe facebook a été créé autour de ce film: cliquer ici

10.08.2009

Histoire du cinéma gay: Anders als die Andern est disponible sur Youtube

Excellente nouvelle: événement sensationnel sur internet, Aevitatis, un site dédié au cinéma muet,  a mis en ligne sur Youtube le film muet de l'histoire du cinéma gay: Anders als die Andern (Différent des autres). Imaginez! Nous sommes dans l'Allemagne de 1919, et le grand sexologue Magnus Hirschfeld lutte pour la dépénalisation de l'homosexualité. Ce film muet présente pour la première fois dans l'histoire du cinéma un personnage d'homosexuel auquel le public gay peut s'identifier.

A l'attention de ceux et celles qui ne connaîtraient pas l'histoire de ce film, je reproduis ce qu'en dit Wikipedia. L'article qui y est consacré est fort bien construit. Si vous désirez voir le film immédiatement, rendez-vous à la fin de ce post.

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Différent des autres (Anders als die Andern) est un film allemand de 1919, réalisé par Richard Oswald et écrit par Richard Oswald et Magnus Hirschfeld, médecin allemand et cofondateur du mouvements de libération homosexuel, le WhK. Ce film est l'un des tout premier à défendre la cause des homosexuels. Il dénonce le paragraphe 175 qui pénalisait alors les relations homosexuelles entre hommes consentants en Allemagne.

Résumé

Le violoniste virtuose Paul Körner (Conrad Veidt) est victime de chantage de la part du prostitué Franz Bollek. Körner refuse de continuer à payer toujours plus d'argent au maître-chanteur, Bollek le dénonce pour infraction au paragraphe 175. Au cours du procès qui s'ensuit, le docteur Magnus Hirschfeld (qui joue son propre rôle), prononce un ardent plaidoyer contre l'intolérance et la discrimination dont sont victimes les homosexuels. Bollek est condamné pour extorsion de fonds mais Körner est néanmoins condamné pour avoir enfreint le paragraphe 175. Sa réputation est ruinée, il ne supporte pas l'opprobre public et finit par se suicider.

Synopsis

Le film Anders als die Anderen met en scène l’histoire du virtuose violoniste Paul Körner. Le film s’ouvre sur Paul Körner (Conrad Veidt) lisant les journaux du matin. Ils relatent une série de suicides apparemment inexplicables. Körner sait que c’est le §175 du Code pénal allemand qui lie tous ces suicides. Cet article de loi qui condamne les relations homosexuelles est comme une épée de Damoclès pour les hommes qui aiment les hommes. Dans la scène suivante, Körner donne un spectacle. Après la représentation, il se fait aborder par Kurt Sivers, un jeune homme qui espère pouvoir devenir l’élève de Körner. Dès la première leçon de musique, ils s’éprennent l’un de l’autre. Les parents de Siver ne voient cependant pas cette histoire d’amour d’un bon œil. Körner leur conseille de consulter son mentor (le Dr Hirschfeld). Ce dernier demande à la famille Sivers de ne pas condamner le jeune Kurt parce qu’il est homosexuel ; il n’est pas responsable de son orientation sexuelle.

Tandis que Körner et Siver se promènent bras dessus bras dessous dans un parc, un homme interpelle Körner, il s’agit de Franz Bollek (un prostitué qu’il avait rencontré lors d’un bal pour hommes). Celui-ci menace immédiatement de dénoncer Körner pour homosexualité s’il ne lui donne pas une grosse somme d’argent. Körner s’exécute, mais Bollek continue son odieux chantage. Le jour où Körner refuse de le payer, Bollek rentre par effraction chez lui. Pris en flagrant délit, les deux hommes en viennent aux mains. Durant la bagarre, Bollek avoue à Körner l’avoir dénoncé auprès de la police. Sachant cela, Kurt Sivers fuit et tente de survivre seul. Découragé, Körner repense à son passé.

Le premier souvenir qui lui revient remonte à l’internat, lorsque lui et son ami Max sont découverts alors qu’ils s’embrassaient. Puis il se souvient de l’université et de sa vie d’étudiant solitaire, de son impossibilité à s’amuser dans les confréries et à faire comme les hétéros. Il se souvient aussi avoir consulté un hypnothérapeute qui n’a jamais rien pu changer à son orientation. Enfin, il se souvient avoir fait la connaissance d’un médecin dont la réaction était différente. Selon ce médecin, « l’amour pour une personne de même sexe n’est pas moins pur ou noble que l’amour pour le sexe opposé ». De retour dans le temps présent, Körner décide d’emmener Else Siver, la sœur de Kurt, à une conférence du docteur Hirschfeld sur les « sexualités intermédiaires » (l’homosexualité, le lesbianisme, l’intersexualité, etc.). Après la conférence, Körner dénonce Bollek pour chantage. Par représailles, Bollek dénonce Körner pour homosexualité. Lors du procès, tous deux sont reconnus coupables par la justice : Bollek est condamné à trois ans de prison pour extorsion tandis que Körner échoppe d’une semaine de prison pour violation du §175. Dès cet instant, la réputation de Körner est ternie. Il est rejeté de la société et n’obtient plus aucun contrat. Sa famille lui fait savoir qu’il n’existe plus qu’une seule solution pour s’en sortir honorablement : le suicide. Körner s’y résout. Lorsqu’il apprend le décès de Körner, le jeune Siver tente lui aussi, de se suicider. C’est à ce moment que le docteur intervient et dit à Sivers qu’il est de son devoir de rester en vie afin de changer les préjugés dont sont victimes ces hommes. En restant en vie, il peut restaurer l’honneur de Körner et lui rendre justice, à lui comme à tous ceux qui l’ont précédé et le suivront. Scientam ad Justiciam : la justice grâce à la connaissance !

Le film

Le synopsis de Anders als die Andern fut élaboré par Richard Oswald avec l'aide du Dr. Magnus Hirschfeld, qui joua un petit rôle dans le film et qui participa au financement de la production par l'intermédiaire de son Institut de sexologie. Hirschfeld souhaitait utiliser l'exemple du film comme argument contre les lois en vigueur en Allemagne et notamment le paragraphe 175. Celui-ci faisait de l'homosexualité un délit passible de poursuites, mettant un grand nombre de personnes dans une situation analogue à celle du personnage incarné par Conrad Veidt.

La direction de la photographie fut confiée à Max Fassbender, qui avait travaillé sur Le Portrait de Dorian Gray deux ans auparavant, dans une des premières mises en scène du classique d'Oscar Wilde. Richard Oswald n'était pas encore le metteur en scène de renom qu'il allait devenir, de même que son fils Gert. L'acteur principal, Conrad Veidt devait bientôt connaître la célébrité pour son rôle dans Le Cabinet du docteur Caligari.

Anders als die Andern a marqué l'histoire du cinéma en présentant pour la première fois un homosexuel auquel le spectateur pouvait s'identifier. L'intrigue principale inspira celle du film anglais Victim, avec Dirk Bogarde. Les lois de censure qui furent votées en réaction à ce genre de film finirent par en limiter les projections à un public de médecins et de chercheurs, et les affiches du film finirent parmi les nombreuses œuvres prétendument "décadentes" qui furent brûlées par les nazis après l'élection d'Hitler en 1933.

Sauvetage du film

Le film fut censuré en 1920 et les copies détruites. En 1927, Magnus Hirschfeld tourna un document intitulé les lois de l'amour (Gesetze der Liebe) dans lequel il inclut une version courte de Anders als die Andern pour illustrer la question de l'homosexualité. Le documentaire s'attira lui aussi les foudres de la censure; mais une copie avait été introduite en Ukraine, où elle avait été sous-titrée dans la langue de ce pays. Cette version fut redécouverte à la fin des années soixante-dix et se trouve au musée de la ville de Munich.

En 1982, cette version courte du film fut projetée dans le cadre du festival du film homosexuel de Francfort, avec l'agrément du musée de Munich. Les sous-titres ukrainiens furent traduits par un interprète pendant la projection.

Depuis le musée du cinéma de Munich a produit une version pratiquement entièrement restaurée du film, distribuée par l'éditeur Salzgeber à Berlin.

  • Copie 16 mm (film muet/texte des cartons en Ukrainien/traduction allemande): Musée de la ville de Munich, archives cinématographiques.

  • Copie VHS (film muet/texte des cartons en allemand): Édition Salzgeber, Berlin

  • Depuis octobre 2006 il existe une version sur DVD disponible au musée de la ville de Munich.

  • Depuis juin 2009, le DVD est disponible en France : distribution Choses Vues.

Fiche technique

  • Titre : Anders als die Andern

  • Réalisation : Richard Oswald

  • Scénario : Richard Oswald et Magnus Hirschfeld

  • Photographie : Oswald Fassbender

  • Pays d'origine : Allemagne

  • Format : Noir et blanc - 1,85:1 - Film muet - 35 mm

  • Genre : Drame

  • Durée : 50 minutes

  • Date de sortie : 30 juin 1919

Distribution

Conrad VeidtFritz SchulzReinhold SchünzelAnita BerberMagnus HirschfeldKarl Giese 

03.08.2009

Mémoire lesbienne: Henny Schermann assassinée par les Nazis

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Une jeune fille, Liz Trobishi (photo),  a été lâchement abattue avant-hier soir à Tel Aviv, lors d'une fusillade criminelle dont on ne sait pas les motifs mais dont on peut supputer qu'ils proviennent de la haine homophobe. Cette haine peut être véhiculée et favorisée par les idéologies fondamentalistes des religions ou par une idéologie politique. En souvenir de la jeune fille de 15 ans assassinée samedi soir, rappelons-nous des femmes lesbiennes persécutées par les nazis. Nous empruntons ici la description du  cas de Madame Henny Schermann au site du Musée du Mémorial de l'Holocauste à Washington.

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Photos d'identification de  Henny Schermann, vendeuse à  Frankfurt am Main. Arrêtée en 1940, elle fut assassinée à Ravensbrück en 1942. (Ravensbrueck, Allemagne, 1941. Stadtarchiv Nuernberg/UNITED STATES HOLOCAUST MEMORIAL MUSEUM #71929a)

Les parents de Henny s'étaient rencontrés peu après que son père eut émigré de Russie. Henny fut la première des trois enfants de ce couple juif. Francfort était un important centre économique et culturel.

1933-39: Après l'accession des Nazis au pouvoir commença la persécution de nombreux groupes "d'indésirables" parmi lesquels les Juifs, les Tsiganes, les homosexuels, les handicapés, ainsi que les politiciens de gauche. Après 1938, pour identifier les Juifs, un décret Nazi fut promulgué prévoyant que "Sara" devait être ajouté comme deuxième prénom de toutes les femmes juives sur leurs papiers officiels. Henny, alors âgée de vingt-quatre ans, travaillait comme assistante dans une boutique et vivait avec sa famille à Francfort.

1940-44: Au début de l'année 1940, Henny fut arrêtée à Francfort et déportée dans le camp de concentration pour femmes de Ravensbrück. Derrière la photo où on la voit prisonnière, il était écrit : "Jenny (sic) Sara Schermann, née le 19 février 1912 à Francfort sur le Main. Vendeuse célibataire à Francfort sur le Main. Lesbienne licencieuse, ne fréquente que les bars [homosexuels]. A refusé le prénom 'Sara'. Juive apatride."

Henny fit partie des nombreuses prisonnières de Ravensbrück sélectionnées en vue de leur extermination. En 1942, Henny fut gazée dans le centre d'exécution de Bernburg

Copyright © United States Holocaust Memorial Museum, Washington, D.C.
Translation Copyright © Mémorial de la Shoah, Paris, France (notre source)

A noter que

  • Après la prise de pouvoir du parti national-socialiste en 1933, toutes les femmes juives furent contraintes, par décret, d'apposer le nom de Sara après leur nom original. Il s'agissait là d'une marque infamante d'appartenance au peuple juif. Shermann refusa d'utiliser ce second nom et continua de fréquenter les bars homos interdits de Francfort.

  • L'hôpital psychiâtrique de Bernburg, à proximité de Magdeburg, était spécialisé dans l'élimination des éléments associaux. C'est là que Henny Schermann fut gazée.

  • Schermann a sans nul doute été exécutée parce qu'elle était juive. Mais  les données reprises sur la photo signalétique, l'intérêt direct du médecin eugéniste de Ravensbrück et l'envoi à l'hôpital psychiâtrique de Brenburg témoignent de la répression particulière de l'homosexualité féminine, coupable, selon l'idéologie nazie, de faire baisser les taux de natalité du Reich et d'affaiblir la race aryenne. Il va de soi que dans le cas d'une femme juive, ces dernières considérations n'entrent pas en ligne de compte.

 

29.07.2009

Triangles roses: un site consacré à la persécution des homosexuels sous le régime nazi

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Un site consacré à un thème jusqu'à très récemment écarté des livres d'histoire, de la mémoire collective et de l'iconographie officielle de l'univers concentrationnaire, celui de la persécution par les nazis de dizaines de milliers d'individus en raison de leur seule orientation sexuelle.

Pour accéder au site, cliquer ici.

18:08 Publié dans Histoire | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : gay, lesbienne, nazi, nazisme, troiseme reich, homophobie, persecution, histoire | | |  Facebook |

03.07.2009

Les catholiques intégristes allemands comparent les homos aux nazis

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Berlin- Une nouvelle tempête secoue l'Allemagne depuis que les catholiques fondamentalistes allemands émules de Mgr Lefevre ont comparé dans une publication interne (Mitteillungsblatt de la Piusbruderschaft, soit le media de communication de la Fraternité Saint-Pie X allemande) les homosexuels aux nazis. Dans le numéro de juillet du magazine 'Mitteilungsblatt' a paru un article intitulé "Le crépuscule de l'occident" dans lequel les lefévrianistes invitent les hommes catholiques et les pères de famille à protester activement lors de la Gay Pride organisée à Stuttgart le 1er août. Dans cet article, l'opposition à la gay pride est comparée à la résistance catholique à la dictature nazie. Allez dans les rues et proclamez: Nous ne voulons pas que notre patrie se transforme en une Sodome et Gomorrhe. Nous nous sentons si fiers lorsque dans un livre d'histoire nous lisons que sous le Troisième Reich il  avait des catholiques courageux qui disaient: Nous ne participons pas  cette folie! De la même manière il doit aujourd'hui de nouveau y avoir des catholiques courageux, lit-on dans le texte.

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La réaction des organisateurs de la Gay Pride a été immédiate: ils ont déposé plainte contre l'auteur du texte. Le secrétaire général du Conseil des Juifs allemands,  Stephan Kramer, a exigé que le pape prenne position. Le député national des Verts (die Grüne) Volker Beck a demandé que les lefévrianistes soient mis sous la suveillance des services secrets. Leur campagne de persécution démontre que ce groupe ne se positionne pas seulement en dehors de l'église catholique , mais également en dehors de l'Etat de droit démocratique, a dit Beck.

Voici les lefévrianistes allemands  en action lors de la Gay Pride de l'an passé. On lit sur les calicots des slogans du type: Suivez les commandements de Dieu ! Sauvez les enfants de la perversion! Le péché ne rend pas heureux! Le sida est la punition de l'immoralité.

Comme M. Kramer, nous attendons  la réaction du pape qui vient de réintégrer quatre évêques lefévriens au sein de l'église catholique.

A noter que le diocèse de Rotenburg-Stuttgart a entretemps déjà pris ses distances avec l'appel lancé par la Fraternité Saint-Pie X. La comparaison entre le National Socialisme et la Gay Pride (Christopher street day) est complètement erronée, aurait déclaré un porte-parole de l'évêché à l'agence de presse allemande DDP.

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Sources: notiziegay.it, queer.de

03.02.2009

Holocauste: incroyable mais vrai! Angela Merkel et le pape.

A l'heure où Ratzinger vient de lever l'excommunication d'un évêque lefévriste révisionniste et négationniste, Madame Angela Merkel, le chef du gouvernement allemand, demande aujourd'hui au Vatican une prise de position nette et tranchée sur la réalité de l'Holocauste des 6 millions de Juifs. Nous saluons ici le courage politique de Madame Merkel.

Rappelons que quelque dix mille homosexuels sont morts parce qu'ils ont été humiliés, soumis à des expérimentations, torturés ou assassinés dans les mêmes camps de la mort qui ont connu l'holocauste de 6OOOOOO de juifs et de tant de tsiganes. Le Vatican vient cependant de refuser de soutenir la déclaration universelle de dépénalisation de l'homosexualité  que 66 pays membres de l'ONU ont signée.

29.12.2008

Benoît XVI et Himmler: deux discours sur l'homosexualité

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Le discours que le pape a adressé à la curie romaine le 22 décembre 2008 et dans lequel il dénonce les dangers que court la création (l’humanité) de voir se propager l’homosexualité et la transsexualité (le « gender ») m’ a rappelé un autre discours, de sinistre mémoire : celui qu’Himmler adressa aux généraux nazis à Bad Tölz en 1937, et dans lequel l’idéologue du National-socialisme s’inquiète de la propagation par lui supposée de l’homosexualité, qui, si les dirigeants nationaux-socialistes n’interviennent pas vigoureusement, conduira à l’affaiblissement sinon à l’anéantissement de la nation allemande. Je reproduis à votre attention de larges extraits des deux discours et vous suggère de prendre la peine de les lire et de les analyser, en utilisant la technique de la superposition. Et d’en tirer vos propres conclusions. Je vous propose aussi les liens qui vous permettront de prendre connaissance des discours dans leur intégralité, de manière à assurer une investigation non parcellaire. Les textes en italique sont originaux, le soulignement est de mon fait.

 

Himmler voulait sauver la nation allemande de l’homosexualité, préserver la race aryenne et lui assurer la domination à ses yeux légitimes du monde. Le pape veut sauver l’humanité et la remettre dans la droite ligne d’un supposé projet divin. Si le cadre philosophique et/ou religieux dans lequel s’inscrit la pensée des deux hommes est bien sûr différent, la rhétorique des deux textes me paraît étrangement, -et dangereusement-, semblable. On sait où cette rhétorique a conduit à la fin des années 30 et pendant la seconde guerre mondiale : recensement des homosexuels,  fermeture de leurs lieux de rencontre, persécutions, expérimentations pseudo-médicales, déportation vers les camps de rééducation ou de concentration, assassinats.

 

La rhétorique papale :

 

ROME, Lundi 22 décembre 2008  – Vous trouverez ci-dessous des extraits du discours que le pape Benoît XVI a adressé  à la curie romaine le 22 décembre, dans lequel il fait le bilan de l'année écoulée (source: ZENIT.org)

 

L’esprit créateur (Dieu) crée le monde et le renouvelle sans cesse. Il a doté la nature d’une structure intelligente, mais Ce n'est que parce que la nature est structurée de manière intelligente, que notre esprit est en mesure de l'interpréter et de la remodeler activement. Le fait que cette structure intelligente provienne du même Esprit créateur, qui nous a donné à nous aussi l'esprit, comporte à la fois un devoir et une responsabilité. Nous avons une responsabilité envers la terre Celle-ci n'est pas simplement notre propriété, que nous pouvons exploiter selon nos intérêts et nos désirs. Elle est plutôt un don du Créateur qui en a dessiné les structures intrinsèques et qui nous a donné les signes d'orientation que nous devons suivre comme administrateurs de sa création. L'Eglise ne peut pas et ne doit pas se limiter à transmettre uniquement le message du salut à ses fidèles. Celle-ci a une responsabilité à l'égard de la création et doit faire valoir cette responsabilité également en public. Et en le faisant, elle ne doit pas seulement défendre la terre, l'eau et l'air comme des dons de la création appartenant à tous. Elle doit également protéger l'homme contre la destruction de lui-même. Il est nécessaire qu'il existe quelque chose comme une écologie de l'homme, comprise de manière juste. Il ne s'agit pas d'une métaphysique dépassée, si l'Eglise parle de la nature de l'être humain comme homme et femme et demande que cet ordre de la création soit respecté. Ici, il s'agit de fait de la foi dans le Créateur et de l'écoute du langage de la création, dont le mépris serait une autodestruction de l'homme et donc une destruction de l'œuvre de Dieu lui-même. Ce qu'on exprime souvent et ce qu'on entend par le terme « gender », se résout en définitive dans l'auto émancipation de l'homme par rapport à la création et au Créateur. L'homme veut se construire tout seul et décider toujours et exclusivement seul de ce qui le concerne. Mais de cette manière, il vit contre la vérité, il vit contre l'Esprit créateur. Les forêts tropicales méritent, en effet, notre protection, mais l'homme ne la mérite pas moins en tant que créature, dans laquelle est inscrit un message qui ne signifie pas la contradiction de notre liberté, mais sa condition. De grands théologiens de la Scolastique ont qualifié le mariage, c'est-à-dire le lien pour toute la vie entre un homme et une femme, de sacrement de la création, que le Créateur lui-même a institué et que le Christ - sans modifier le message de la création - a ensuite accueilli dans l'histoire du salut comme sacrement de la nouvelle alliance. Le témoignage en faveur de l'Esprit créateur présent dans la nature dans son ensemble et de manière particulière dans la nature de l'homme, créé à l'image de Dieu, fait partie de l'annonce que l'Eglise doit apporter. Il faudrait relire l'Encyclique Humanae vitae à partir de cette perspective : l'intention du Pape Paul VI était de défendre l'amour contre la sexualité en tant que consommation, l'avenir contre la prétention exclusive du présent et la nature de l'homme contre sa manipulation

 

La rhétorique nazie

 

Extraits du Discours sur l'homosexualité, prononcé par Heinrich Himmler devant une assemblée de généraux nazis à Bad Tölz (Bavière) le 18 février 1937 . Texte extrait des annexes de Le Triangle Rose, Jean Boisson, Editions Robert Laffont, Paris,1988.

Source: triangles-roses.org

 

Si j'admets qu'il y a un à deux millions d'homosexuels, cela signifie que 7 à 8% ou10% des individus de sexe masculin sont homosexuels. Et si la situation ne change pas, cela signifie que notre peuple sera anéanti par cette maladie contagieuse. A long terme, aucun peuple ne pourrait résister à une telle perturbation de sa vie et de son équilibre sexuel.

(…): cela va provoquer une catastrophe.

(…). Il y a parmi les homosexuels des gens qui adoptent le point de vue suivant : "Ce que je fais ne regarde personne, c'est ma vie privée." Mais il ne s'agit pas de leur vie privée : le domaine de la sexualité peut être synonyme de vie ou de mort pour un peuple, d'hégémonie mondiale ou de réduction de notre importance à celle de la Suisse.(…).

Depuis des siècles et des millénaires, les peuples germaniques, et particulièrement le peuple allemand, sont gouvernés par des hommes. Mais cet Etat d'hommes est en passe de se détruire lui-même en raison de sa tolérance de l'homosexualité. (…)

Mais la destruction de l'État commence lorsque, intervenant un principe érotique (je le dis avec le plus grand sérieux), un principe d'attirance sexuelle entre hommes, la qualification professionnelle, l'efficacité ne jouent plus dans cet État d'hommes le rôle qu'elles devraient jouer. (…)

L'homosexualité fait donc échouer tout rendement, tout système fondé sur le rendement. Elle détruit l'État dans ses fondements. A cela s'ajoute le fait que l'homosexuel est un homme radicalement malade sur le plan psychique. Il est faible et se montre lâche dans tous les cas décisifs. (…)

Nous devons comprendre que si ce vice continue à se répandre en Allemagne sans que nous puissions le combattre, ce sera la fin de l'Allemagne, la fin du monde germanique. (…).

Messieurs, les égarements sexuels provoquent les choses les plus extravagantes que l'on puisse imaginer. Dire que nous nous conduisons comme des animaux serait insulter les animaux. Car les animaux ne pratiquent pas ce genre de choses. Une vie sexuelle normale constitue donc un problème vital pour tous les peuples".

Auteur: Gaykosmopolit | Homophobie | Commentaires: (0)