01.10.2009
Témoignage marocain: Un homo dans la cité de Brahim Naït-Balk
Ce livre sort aujourd'hui chez Calmann-Lévy. Sous-titre: La descente aux enfers puis la libération d'un homosexuel de culture maghrébine.
Présentation de l'éditeur
Documents, Actualités, Société 09/2009
« Ma sortie du placard pleine et entière date d’à peine deux ou trois ans. Seuls ceux qui ignorent ce qu’être homosexuel veut dire dans ma culture s’en étonneront. J’ajoute à ce “handicap majeur” que je suis fils de mineur, que j’ai grandi à Saint-Étienne et que je suis l’aîné de sept frères et sœurs. Mais ce n’est pas le pire. »
Brahim Naït-Balk a grandi dans la honte. Honte de lui-même, de ses désirs et d’une différence qui l’isolait dans sa propre famille : son homosexualité. Comment vivre avec une telle particularité quand on est musulman, aîné d’une famille marocaine pauvre et nombreuse ? Mais surtout, comment s’épanouir quand on grandit dans des cités de banlieue où la virilité est la valeur suprême et où règne la loi du plus fort ? Alors que Brahim, romantique et sensible, ne rêve que du grand amour, il va subir la violence, les agressions sexuelles et les humiliations quotidiennes que lui font endurer les petits caïds des cités. À la honte de Brahim va s’ajouter la peur.
Terrorisé, il a longtemps rasé les murs avant de se révolter. À 30 ans, il décide de s’affirmer et de vivre ses préférences amoureuses au grand jour. Les difficultés se multiplient, mais cette fois, il les affronte.
Un homo dans la cité retrace le long chemin parcouru par Brahim pour se muer en être libre, tenir debout et prendre son envol.
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21.09.2009
Un coming out désastreux: un témoignage africain
Dimensions des photos d'identité de Thomas et de Karim
Je reçois un courriel de Thomas (un prénom d'emprunt pour préserver le nécessaire anonymat de ce jeune homme), un étudiant originaire d'Afrique centrale, qui fait ses études en Belgique et a tenu à communiquer son témoignage à la fois terrible et émouvant sur la difficulté qu'il y a à vivre son homosexualité au grand jour en Afrique. Je vous livre son courriel tel quel, sans en corriger ni la syntaxe ni l'orthographe.
Bonjour
Je t'envoie ce mail pour te parler un peu de moi et de ma famille. En effet je suis jeune gay etudiant en Informatique Bureautique d'origine africaine et residant a *** (Belgique) avec ma tante et son mari.
Je me suis rendu compte de ma situation d'homosexuel depuis mes toutes premieres contacts avec des amis dont j'en tombe tres tot amoureux, je ressens une attirance particuliere aux hommes et tres tot j'ai compris que je suis gay
Alors j'ai perdu la confiance le respect et l'amour de presque tout mes amis qui sont au courant de ma situation ils me prennent pour un malade sexuel. J'avais si honte d'aller aux cours et de sortir jusqu'au jour ou j'ai fais la connaissance d'un ami gay qui m'a appris que etre gay ce n'est pas un crime et j'ai pas a me condamné du fait que j'en suis un.
Alors j'ai appris a prendre le dessus et de deffendre ma vie de gay au peril de ma vie mais j'ai toujours peur que ma famille se rende compte de ma situation jusqu'au moment ou je suis allé passé mes vacances aupres de mes parents (Mon pere et ma Mere) et c'est ainsi que mon pere s'est rendu compte que je suis un gay. Frappé par cette nouvelle il a eu une crise qui lui a couté la vie. Je porte en moi cette charge trop lourd et trop amer car je me sens responsable de la mort de mon pere.
Je prie de vite finir mes etudes afin de prendre un nouvel envol vers mon monde de gay de quitter ma tante et de faire ma vie tres heureux avec un homme sincere. Je pourrai me confier a quelqu'un de sincere afin de gagner confiance amour respect sincerite tolerance joie et pleine d'autre chose a partager. Pour moi ma famille represente une grande importance dans ma vie mais me prenant pour responsable de la mort de mon pere et je me sens si mal d'etre l'assassin de mon pere.
Merci d'avoir preter une attention a mon message.
NB Je serai de retour en Belgique à ¨*** pres de ma tante dès que je finis les cérémonies de mon pere car je suis l'ainé de mon père et de ma mère.
Ecouter Thomas, être présent à sa douleur face à la perte de son père, l'accompagner dans son deuil, simplement être là pour lui...
Ce n'est peut-être pas tout de suite le moment de lui faire comprendre qu'il n'est pas un assassin, qu'il n'est pas le meurtrier de son père qu'il pense être. Ce n'est bien sûr pas lui qui a tué son père mais l'homophobie de la société qui a sans doute contribué à ce décès. Thomas éprouve ce que l'on appelle de l'homophobie internalisée: il prend sur lui le décès de son père, il se culpabilise au point de se prendre pour un assassin parricide, alors qu'il n'a fait que suivre son inclination naturelle et, comme tout être humain, s'est mis à la recherche de son bonheur.
J'évoquais hier la souffrance de Thomas avec mon ami Karim (encore un prénom d'emprunt), un Marocain issu d'une famille aisée de Tanger. Karim a 11 frères et soeurs, ils sont tous universitaires, mariés avec des enfants, il est le seul célibataire. Il est venu faire son doctorat en Belgique et a décidé de rester chez nous pour vivre plus librement son orientation sexuelle. Jamais je n'avouerai mon homosexualité à ma famille, me disait-il. Personne ne comprendrait. Tu sais, un de mes frères m'a proposé que sa femme et lui me donnent leur prochain enfant, tant il est triste pour moi que je n'aie pas d'enfants...
Comme le dit Rosa von Praunheim dans le titre d'un de ses films: Ce n'est pas l'homosexuel qui est pervers, c'est la situation dans laquelle il vit. ("Nicht der Homosexuelle ist pervers, sondern die Situation, in der er lebt“ )
08:26 Publié dans Coming out | Lien permanent | Envoyer cette note
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25.03.2009
Homosexualité au Maroc, un documentaire
Pour compléter notre fiche d'hier, voici un documentaire où l'on peut notamment voir une interview de l'écrivain marocain gay Abdellah Taïa, que nous avons déjà évoqué sur ce site.
09:19 Publié dans Homophobie | Lien permanent | Envoyer cette note
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24.03.2009
Maroc: homophobie active du gouvernement

Couverture de la revue Al Michaal
Ellico.com et El Pais commentent aujourd'hui les prises de position homophobes du gouvernement marocain. Voici l'article posté par E-llico:
Le gouvernement marocain a exprimé samedi sa "détermination à faire face, avec fermeté et dans le cadre des lois en vigueur, à tous les agissements, écrits et livres visant à porter atteinte aux valeurs religieuses et morales de la société marocaine".
"Il a été constaté ces derniers temps que des voix s'élèvent, à travers des médias, pour tenter de faire l'apologie de certains comportements ignobles, qui constituent une provocation pour l'opinion publique nationale", a indiqué le ministère de l'Intérieur dans un communiqué. (1)
Selon une source proche du gouvernement, le texte vise tout particulièrement la multiplication d'articles de presse prônant une plus grande tolérance à l'égard de l'homosexualité au Maroc. Les autorités estiment que celle-ci est contraire aux valeurs morales de la société marocaine et de la religion musulmane.
"L'objectif, précise le ministère, est de préserver la sécurité morale du citoyen et d'immuniser notre société contre tout comportement irresponsable qui est aux antipodes de son identité et de ses valeurs civilisationnelles".
La police et l'administration, selon le communiqué, poursuivront la lutte "contre toutes les manifestations de dérive morale" (...) et interviendront pour "réprimer les auteurs de tout acte attentatoire aux coutumes et aux moeurs".
Source du texte: E-llico.com
(1) D'après le quotidien espagnol El Pais, ce seraient des revues comme Al Michaal qui auraient mis le feu aux poudres: dans une publication récente, Al Michaal présente des couples d'hommes qui s'unissent lors de cérémonies de mariage privées.
L'image ci-dessus est la page de couverture de ce magazine. Y a-t-il parmi mes lecteurs/trices bien aimé.e.s un arabophone qui pourrait me traduire les textes de la page de couverture d'Al Michaal en français?
09:56 Publié dans Religions, haines et tolérances | Lien permanent | Envoyer cette note
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18.03.2009
Marocain, gay, et en arabe: KIFKIF

Il n'y a pas un jour qui passe sans que les medias marocains ne parlent d'un jeune homme marocain: Samir Bargachi (21 ans), un jeune activiste gay qui vit en Espagne et qui préside aux destinées du site KIFKIF, la première organisation de défense des droits LGBT au Maroc.
Les journaux en arabe ne lui sont, faut-il le souligner, généralement pas favorables: ils donnent la parole à des gens qui rappellent que le Coran condamne la sodomie et les sodomites, qui redoutent l'invasion des moeurs corrompues de l'Occident, l'influence des législations occidentales ou y voient une menace pour la pureté de la religion...
Le site web de KIFKIF est écrit en arabe et reçoit de nombreux visiteurs. Le but de ce site: essayer de changer dans la discrétion la mentalité marocaine à propos de l'homosexualité.
Nous souhaitons bon courage, grand succès et longue vie à ce jeune confrère.
Lecteur gay ou gayfriendly arabophone, clique vite sur http://www.gaymaroc.net/
Traçage de l'info: j'ai trouvé l'info sur GK.nl

Un exemple d'incidents anti-gays dans l'actualité marocaine récente: lire cet article publié par Yabiladi.com
Le récent soutien manifesté par la communauté homosexuelle espagnole aux gay et lesbiennes du Maroc a donné lieu à une levée de bouclier de la part des groupes islamistes qui ont émis une fatwa contre la glorification de l'homosexualité au Maroc apprend t-on auprès de l'agence de presse « Afrol News ».
Une délégation de la Confédération espagnole des lesbiennes, gay, bisexuels et transsexuels « Colegas » dirigée par son secrétaire général Paco Ramirez a organisé une tournée au Maroc. Samir Bargachi, coordonnateur des relations internationales de Colegas et président de l'association Kif-Kif, qui défend les droits des lesbiennes, gay, bisexuels et transsexuels au Maroc était le guide de cette tournée. L'objectif était de prendre un contact direct avec la société civile marocaine en vue de l'organisation et la coordination au Maroc des actions futures des deux associations.
Au cours de leur séjour, les deux responsables ont eu des contacts et ont tenu des réunions avec des représentants des organisations marocaines de droits de l'Homme comme l'Association marocaine des droits de l'homme (AMDH), dont ils ont rencontré la présidente Khadija Riadi. Ils ont également eu des contacts avec le Centre marocain des droits humains de même que les associations de lutte contre le sida (ALCS, AMJCS).
L'ambassadeur d'Espagne au Maroc, Luis Planas, qui les a reçu a, selon « Le Soir Échos », « insisté sur l'importance pour Colegas de respecter les lois et coutumes du pays et se montrer prudente dans ses différentes démarches ». La délégation s'est rendue aussi à l'Institut Cervantes où elle a été reçue par la directrice, Rosa Léon. Tout cela a entraîné un tollé dans les médias islamiques, au point que le Conseil supérieur des oulémas du Maroc a émis une fatwa (conseil religieux) contre la glorification de l'homosexualité, qui affirme que « l'État marocain doit disposer d'une politique de lutte contre ces genres de déviations ».
Le secrétaire général de Colegas a profité de cette occasion d'après « Afrol News » pour rappeler qu'il offrira le soutien nécessaire à Samir Bargachi et à son association dans leur lutte pour l'égalité et la reconnaissance juridique au Maroc, comme l'ont fait jusqu'à présent, l'AMDH et Amnesty International Maroc.
L'agence « Afrol News » nous apprend aussi que Colegas a initié une campagne internationale sur les sites web de réseaux sociaux Facebook et Tuenti pour exiger la suppression de l'article 489 du Code pénal marocain qui criminalise les relations homosexuelles.
Ibrahima Koné
Copyright Yabiladi.l
07:15 Publié dans Associations lgbt, festivals | Lien permanent | Envoyer cette note
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06.12.2008
Marocain et homosexuel: un colloque à Bruxelles
Colloque : L'homosexualité a l'épreuve des traditions : le dimanche 14/12 de 16 à 19h
au PianoFabriek, rue du Fort 35
Colloque a l'occasion de la parution du livre "Onder mannen, la vie sécrète des homosexuels Marrocains"
Les intervenants:
Catherine Vuylsteke : journaliste 'De Morgen' et l'auteur du livre "Onder mannen"
Malek Chebel : anthropologue des religions et spécialiste de l'Islam
Ural Manço : professeur de relations interculturelles et sociologie des migrations aux facultés universitaires de Saint-Louis Bruxelles
Mustafa Tetik : maître en langues et civilisations orientales, diplômé des universités d'Ankara, de Tunis et du Caire
Modérateur : Jean-Christophe Guillaume
Langue officielle: Français (traduction simultanée en Néerlandais)
Entrée: gratuite à condition de s'inscrire avant la 12 decembre 2008
Une initiative de Pianofabriek en collaboration avec Merhaba, Masereelfonds, Imavo, De Morgen en Association Culturelle Joseph Jacquemotte
15:00 Publié dans Essais, études gaies et lesbiennes, articles | Lien permanent | Envoyer cette note
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17.08.2008
Marocain, gay et écrivain: Rachid O.

Premier écrivain du monde arabe à être ouvertement gay, il est né à à Rabat, en 1970. Il fait des études à Marrakech, et viendra ensuite vivre à Paris. En 2000, il a été accueilli comme pensionnaire de la Villa Médicis gérée par la Fondation de France à Rome. Ses romans abordent le Maroc de l'homosexualité avec une ingénuité touchante. Il vient d'accéder à un statut international en étant traduit en italien.
Voyons ce qu'en disait Maati Kaabal dans Le Monde diplomatique en avril 1999:
« L'auteur aborde, frontalement et sans fioritures, sa "gaytitude" de Marocain, musulman énamouré, dès l'âge de seize ans, d'un coopérant français âgé de quarante ans et père de deux enfants. Le père de l'auteur sait tout, mais ne pose pas de questions. De rencontre en rencontre, Rachid O. découvre et l'écrit et le corps. Il faudra peut-être attendre quelques années pour soupçonner l'impact d'un tel aveu, qui a valeur ethnologique » ().
Rachid O. écrira aussi un article pour le Magazine littéraire, en avril 1999:
« Pour résumer mon adolescence, j’aimais aimer les garçons et lire des livres. Je suis arrivé à écrire, mais d’abord je voulais venir en France où, par pur hasard, j’ai fait deux livres autobiographiques, d’abord L’enfant ébloui, puis Plusieurs vies, à travers lesquels je suis revenu à la nostalgie de mon enfance et tout ce qui l’entourait. Ces deux textes ont été une passerelle entre moi et la France, il m’ont donné un nouvel équilibre entre la France et le Maroc pour un meilleur glissement dans mon intégration. Aujourd’hui, je ne suis plus moi dans Chocolat chaud, l’imaginaire de ce roman me semble plus réel. Je n’ai plus envie de parler de moi maintenant. » (extrait)
Dans Le Monde encore, René de Ceccatty lui consacre un article en avril 2003
« Rachid O. appartient, curieusement, plus à la famille d’Hervé Guibert qu’à celle des écrivains marocains, même si son apparition a changé quelque chose de fondamental dans la conscience que les auteurs et les lecteurs de son pays, et du Maghreb en général, avaient de la sexualité. Des gestes, des sentiments, des événements furent écrits par lui, qui ne l’avaient jamais été par un écrivain maghrébin. Non pas qu’on ait ignoré que l’homosexualité masculine et la prostitution, plus ou moins littérale, (c’est-à-dire avec ou sans argent), aient été pratiquées au Maghreb – ce serait un comble ! - , mais certaines choses n’étaient jamais écrites.
La brutalité douce, l’intelligence, la sensibilité de Rachid O. ont permit que la littérature s’empare calmement, précisément, de certaines réalités sexuelles et sociales, à travers le filtre d’un individu lucide, sentimental qui a un rapport naturellement poétique avec le monde et qui joue de l’écriture avec une liberté n’interdisant pas pour autant la rigueur de pensée. » (extrait)
Ses romans
Ce qui reste (Gallimard, 2003)

Chocolat chaud (Gallimard, 1998) : La passion homosexuelle d’un adolescent marocain pour un jeune français en vacances nommé Noé, qui rend jaloux Youssr son copain de tous les jours, mais celui-ci lui apportera bien plus que l’éblouissement d’un moment. Le Chocolat chaud, c’est cette boisson exotique qui symbolise la France pour un petit marocain.

Plusieurs vies (Gallimard, 1996 - Folio, 1998)

L'Enfant ébloui (Gallimard, 1995 - Folio 1999) : Cinq récits racontant ce que c’est d'être un jeune garçon marocain dans le Maroc d’aujourd’hui.

Sources: Wikipedia, Bibliomonde
Références bibliographiques:
Rachid O. |
CE QUI RESTE [2003] , 128 pages, 118 x 185 mm. Collection L'Infini, Gallimard -rom. ISBN 2070767906. |
CHOCOLAT CHAUD [1998] , 104 pages, 140 x 205 mm. Collection L'Infini, Gallimard -rom. ISBN 2070753573. |
L'ENFANT ÉBLOUI [1995] , 144 pages, 140 x 205 mm. Collection L'Infini, Gallimard -nouv. ISBN 2070741389. |
PLUSIEURS VIES [1996] , 160 pages, 140 x 205 mm. Collection L'Infini, Gallimard -nouv. ISBN 2070745031. |
07:32 Publié dans Littérature | Lien permanent | Envoyer cette note
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