29/05/2009

Oxford english dictionary: le gaydar, le girl power et la grrrl y font leur entrée

oed

Lexicologie: de nouvelles entrées de l'Oxford dictionary concernent le monde gay et lesbien. Le Gaydar est référencé comme la capacité qu'a une personne homosexuelle d'identifier une autre personne comme homosexuelle par l'interprétation de signaux subtils véhiculés par l'apparence, les intérêts, etc. Le Girl power est le pouvoir exercé par les filles et les jeunes femmes. La Riot girl ou Grrrl est une jeune femme perçue comme puissante ou agressive, spécialement par ses attitudes face aux hommes ou dans l'expression de son indépendance féminine et de sa sexualité.

Je me demande si la capacité retenue dans l'acception de gaydar retenue par l'OED doit être limitée aux personnes homosexuelles. Il me semble que certaines personnes hétérosexuelles disposent de cette même capacité. La définition proposée introduit de plus une dichotomye sous-jacente homosexuel/hétérosexuel évidemment discutable.

Voici les défintions de l'OED

Gaydar  

  • noun informal a homosexual person’s ability to identify another person as homosexual by interpreting subtle signals conveyed by their appearance, interests, etc.

  — ORIGIN from GAY + RADAR.

Source: Compact english dictionary en ligne

Girl Power

Defined as "power exercised by girls; spec. a self-reliant attitude among girls and young women manifested in ambition, assertiveness, and individualism", the term is one of several hundred that have just been added to the OED Online, the most up-to-date version of the world famous authority on the English language. The Spice Girls are credited with using the term in the late 1990s; however, riot girls (also a new entrant to the dictionary) adopted Girl Power in the early 90s, in the United States. A riot girl, also known as a grrrl, (another new entry) a young woman perceived as strong or aggressive, esp. in her attitude to men or in her expression of feminine independence and sexuality, is defined in general terms as a member of a movement expressing feminist resistance to male domination in society and esp. to the abuse and harassment of women.

 

 

 

 

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23/03/2009

Lexicologie: le mariage redéfini dans le Merriam-Webster édition 2003. Le Larousse et le Robert à la traîne?

Le dictionnaire qui fait référence dans les universités aux Etats-Unis, le Merriam-Webster, avait, dès son édition 2003, élargi sa définition du mot mariage. Voici l'entrée du mot marriage, un terme qui a fait aussi partie de la liste des words of the year la même année:

Marriage
Main Entry: mar·riage
Pronunciation: ˈmer-ij, ˈma-rij
Function: noun
Etymology: Middle English mariage, from Anglo-French, from marier to marry
Date: 14th century
1 a (1): the state of being united to a person of the opposite sex as husband or wife in a consensual and contractual relationship recognized by law (2): the state of being united to a person of the same sex in a relationship like that of a traditional marriage b: the mutual relation of married persons : wedlock c: the institution whereby individuals are joined in a marriage
2: an act of marrying or the rite by which the married status is effected ; especially : the wedding ceremony and attendant festivities or formalities
3: an intimate or close union

Voici par contre ce que l'on obtient en introduisant le mot mariage dans le moteur de recherche de l'Encyclopédie Larousse en ligne:

mariage
nom masculin
(de marier)


 Acte solennel par lequel un homme et une femme établissent entre eux une union dont les conditions, les effets et la dissolution sont régis par le Code civil (mariage civil) ou par les lois religieuses (mariage religieux) ; union ainsi établie.
 DROIT
 RELIGION
 Cérémonie, réception organisée à l'occasion de la célébration de cette union : Aller au mariage d'un ami.
 Situation de deux personnes mariées : Fêter ses vingt ans de mariage.
 Action de réunir, d'assortir des choses : Le mariage de l'électronique et de l'automobile.
 Union de deux groupes : Le mariage de deux firmes industrielles.
 Mariage de…, contracté pour telle raison : Mariage d'argent, d'intérêt.

Sauf erreur, le Larousse ne prend pas la peine de proposer la définition du terme dans son acception belge ou canadienne. La Belgique et le Canada, deux pays partiellement francophones, proposent une autre définition du terme dans leurs codes civils: union de deux personnes, sans plus en préciser le genre. A l'article mariage, le Larousse développe le concept dans le seul droit français, puis selon diverses relgions, mais n'évoque pas la réalité des pays, de plus en plus nombreux, qui ont élargi le mariage aux personnes du même sexe.

Le Grand Robert en ligne mentionne simplement: Mariage entre hommes, mariage d'homosexuels. Et renvoie au mot androgamie. A l'article homosexuel, ce dictionnaire mentionne cependant Homosexuels pacsés (en France), mariés (aux Pays-Bas).


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09/01/2009

Le mot MARIAGE change de sens dans le dictionnaire officiel catalan

Ou quand les dictionnaires deviennent des armes pour lutter contre l'intolérance...

Toute la presse espagnole en parle. L'Institut d'Etudes Catalanes a approuvé le changement de définition du mot mariage dans son dictionnaire. Le sens du terme qui était défini comme une union légitime entre un homme et une femme passera à union légitime entre un deux personnes qui s'engagent à mener une vie en commun selon des rites et des formalités légaux.

C'est le 13 juin dernier que l'académie catalane a approuvé la réalisation de la modification du vocable. Elle a récemment  approuvé la nouvelle définition qui sera disponible à la fin du mois de janvier dans la version en ligne du dictionnaire de l'IEC. L'évolution sémantique du mot a été prise en compte en raison de l'évolution des lois matrimoniales espagnoles (lois sur le mariage de 2005). Il s'agirait, selon un porte-parole de l'institution, du premier dictionnaire à réaliser cette modification.

Le fait n'est pas anodin. L'entrée d'un nouveau vocable dans un dictionnaire, ou d'une évolution sémantique, comme c'est le cas ici, est régi par des procédures philologiques rigoureuses. L'on sait combien une institution comme l'église catholique  est sensible à la définition du mariage et combat avec acharnement et hargne ce type d'évolution. En ce sens, on peut avancer qu'il s'agit, par lexicologie interposée, d'une victoire politique contre toutes les forces réactionnaires. Preuve en est d'ailleurs, que, durant les débats, des institutions  et des personnes privées ont essayé avec véhémence de bloquer l'évolution du terme. On sait aussi, chacun de nous l'a pu expérimenter, combien les professeurs des écoles sont pointilleux sur l'emploi précis des termes et recommandent le recours fréquent aux dictionnaires. A mon sens, au delà du constat lexicologique, le changement opéré par le dictionnaire catalan a une portée politique d'importance. Il serait important de surveiller l'évolution du terme dans le Larousse et dans le Robert, ou encore dans le Dictionnaire de l'Académie française.

Pour les hispanophones, voici l'article mis en ligne par le groupe Europapress (notre source):

El instituto de Estudios Catalanes (IEC) ha aprobado cambiar la definición de 'matrimonio' de su diccionario, según informaron a Europa Press fuentes de la institución. Pasará de ser "unión legítima entre un hombre y una mujer" a "unión legítima entre dos personas que se comprometen a llevar una vida en común establecida mediante ritos o formalidades legales".

La academia catalana aprobó el pasado 13 de junio realizar la modificación del vocablo y recientemente ha aprobado la nueva definición, que a finales de enero ya estará disponible en la versión on-line del diccionario del IEC.

En declaraciones a la emisora RAC 1 recogidas por Europa Press, el presidente de la Sección Filológica del IEC, Joan Martí, consideró que el del IEC "es el primer diccionario que acoge esta definición".

"No tenemos que ser esclavos ni de etimologías ni de determinadas costumbres que pueden haberse superado", aseguró Martí, quien dijo que el IEC entendió que "teniendo en cuenta la nueva situación real y la nueva legislación era procedente realizar este cambio".

Martí afirmó que si uno se ata al concepto de maternidad, que etimológicamente contiene el término 'matrimonio', se debería llegar a la conclusión que "todo matrimonio que, por los motivos que sean no puede engendrar, es un matrimonio frustrado". "Creo que sería una interpretación incorrecta", apostilló. Consideró "un paso adelante añadir la unión de dos personas, sean o no del mismo sexo".

El filólogo consideró que hay aspectos que "son más urgentes que otros" por su incidencia social, ya que otros cambios tienen un menor impacto porque "no afectan tan directamente a la vida personal y la libertad de las personas".

Consideró que "no ha habido ni prisa ni retraso excesivo" en la modificación de la definición de matrimonio, porque la ley se aprobó en 2005 y la modificación en 2008, "un plazo absolutamente razonable". Durante el debate, reconoció, ha habido pronunciamiento de instituciones y personas privadas que "no querían en absoluto" el cambio y que lo pedían con "cierta vehemencia".

18/10/2008

Etymologie du mot gay: le commentaire de Georges

Donnant suite au petit article sur l'étymologie du mot gay, Georges, un lecteur lexicologue talentueux,  nous fait part de son analyse éclairante (et éclairée):

Dans son livre «Same-Sex Unions in Premodern Europe», John Boswell parle longuement de l'étymologie du mot "gai/gay". En lui donnant une origine germanique sous la forme "ghâhi", il dit que le sens premier du mot était ni plus ni moins que... gai comme dans LGBT. C'est par la suite que l'occitan a emprunté le mot sous la forme "gay", avec le même sens. Le français a copié l'occitan, sous la forme "gai", avec le sens de «joyeux», et l'anglais avec le sens de «prostitué». Lorsque l'anglais est revenu au sens initial du mot, c'était juste un retour aux sources.

Mon opinion: je sais que le "gh" germanique ou celtique devient "w" en wallon; or cette fois-ci ce n'est pas le cas. En wallon on dit "gåy", et pas "wåy" (alors qu'on dit "wastea" = gâteau, "wagnî" = gagner). Donc le mot devrait être d'origine latine, d'autant plus qu'il y a aussi le mot "gawdieu» qui semble apparenté. Pour ce qui est de l'anglais, le dictionnaire "The American Heritage", spécialiste en étymologie, dit ceci: «Middle English gai, lighthearted, brightly colored, from Old French, possibly of Germanic origin.» et donne la racine indo-européenne *ghel-, qui veut dire "brillant". Mais de nouveau, ça me semble impossible, puisque le wallon garde le "g".

C'est pourquoi je suis plutôt de ton avis: ça devrait venir du latin Caius/Gaius.

Pour ce qui est de la forme francophone du mot, je crois que ça devrait être seulement gai, gaie, gais, gaies. Pourquoi? Parce qu'il y a d'autres mots qui font pareillement: balai, haie, celui, ici, buis, joli; par contre, je ne trouve aucun autre adjectif épithète à part "joli".

13:00 Publié dans Littérature | Lien permanent | Tags : gay, etymologie, lexicologie, dictionnaire, definition, mot, etymon | | |  Facebook |

06/10/2008

Etymologie du mot gay

La partie étymologique a été retranscrite du Wiktionary et est en italique.

(XX e  siècle) De l’anglais gay, issu du français « gai ».

De l’ancien français gai.

Ancien espagnol gayo, haut-allemand gâhi, prompt jähe.

Toutefois on peut noter, ne fût-ce que pour mention, que pour De Cange, l’origine pourrait être le nom propre latin Gaius, qui était un nom de bon augure, et que les langues italiotes offrent sous la forme de Gavius, lequel semble signifier « le réjouissant » ; Gaius aurait donné sans peine gajo ; mais les intermédiaires manquent.

Pontanus dérive ce mot du flamand gay, ou du néerlandais.

Le « Dictionnaire universel françois et latin » donne de manière indifférente les deux écritures gai et gay [1].

Le français contemporain réempruntera le mot dans son acception actuelle  à l'anglo-américain contemporain. Il s'agit donc d'un aller-retour, mais le retour s'est fait avec une nouvelle charge sémantique.

Cet aller-retour fait que le terme est perçu comme un emprunt au domaine anglophone, c'est sans doute ce qui crée le problème de la double orthographe (gay-gai) et les problèmes grammaticaux de la formation du féminin (et dans une moindre mesure du pluriel) du terme gay lorsqu'il est écrit sous sa forme anglaise. Ainsi convient-il d'écrire la culture gay (invariable) ou la culture gaye (variable)? Je préfère soit la version invariable soit l'emploi du féminin de l'adjectif sous sa forme française, la culture gaie.  Quant a pluriel, quand le terme est substantif, tot le mond s'accorde à écrire les gays. Mas s'il est adjectif? et s'il est adjectif au féminin pluriel?

Merci aux philologues de m'envoyer leurs commentaires

07:00 Publié dans LGBT | Lien permanent | Tags : dictionnaire, etymologie, lexicologie, grammaire, francais, gay | | |  Facebook |

13/02/2008

Lexique gay, lesbien et trans

On pourra lire ci-dessous la traduction, partielle, d’un intéressant article publié en italien le 12 février 2008 sur le site d’information gay Queerblog.it. , par Robo.

La lexicologie comme indicateur sociologique ou comme reflet des évolutions sociétales. Depuis quelques jours, il est possible de consulter les archives historiques du Corriere della Sera: ce fut d’ailleurs, depuis le 2 janvier 1992 le premier journal italien qui ait ouvert sa banque de données à la recherche. L’auteur de l’article a effectué le relevé des occurrences des termes LGBT dans le célèbre quotidien et a constaté une montée croissante, en flèche, de l’utilisation de ces termes, depuis l’année de l’ouverture des archives.

Il serait intéressant de comparer l’étude du relevé de données similaires dans d’autres grands quotidiens nationaux, comme Le Soir ou Le Monde. Si vous avez vent de pareilles études, n’hésitez pas à me le communiquer! Merci par avance!

Voici les résultats de la recherche dans le Corriere della sera:

Période 1992-1995: le mot gay apparaît 884 fois, alors que le terme homosexuel.s(au singulier et au pluriel) totalise 1988 occurrences. Les termes lesbienne.s sont cités 362 fois, alors que les termes transsexuel.s (singulier o pluriel) apparaissent 399 fois. Le terme queer n’ a que 11 occurrences, de même que l’expression gay pride. L’homophobie atteint le score de 19 occurrences, et le coming out – outing 7 (et encore les deux termes sont-ils souvent confondus…). Le terme homosexualité apparaît 580 fois.

Période 1996-1999: pendant cette période, on constate le début de l’escalade dans l’emploi des termes cités: gay 2151; homosexuel.s, 1689; lesbienne.s: 335; queer: 23; gay pride: 24. L’homophobie a 15 occurrences, alors qu’apparaît le terme transgenre (10 occurrences) à côté du classique transsexuel.s (388 fois). La somme de coming out et de outing est de 17. Le terme homosexualité a 588 occurrences.

Période 2000-2003: c’est sans doute grâce à la World Gay Pride (qui a eu lieu à Rome en 2000) que l’on relève la très sensible augmentation de l’expression Gay Pride (388 fois) et, en général, l’augmentation de tout le vocabulaire gay (gay: 1943; homosexuel.s: 1610; lesbienne.s: 321; queer: 25; homophobie: 28; transgenre: 16; transsexuel.s: 237; coming out: 18; outing: 74). Le terme homosexualité (519)fléchit quant à lui légèrement.

Période 2004-2007: l’élection parlementaire de Vladimir Luxuria (célèbre transsexuelle italienne) fait grimper le terme transgenre (101 occurrences) et augmenter aussi le terme de transexuel.s (326). En forte progression aussi les gays (3139), les homosexuels en général (2311) et l’homosexualité (738). On dénombre 471 emplois du terme lesbienne.s, et 41 de queer. L’emploi de gay pride est en diminution (279) et celui d’homophobie en augmentation(170 – on espère bien entendu qu’il s’agit davantage d’une attention des médias au phénomène et non une augmentation des actes homophobes…) Coming out et outing totalisent 287 occurrences, mais le dernier terme est peu significatif vu son emploi pour désigner les situations les plus diverses.

Il serait bien entendu intéressant de réaliser un étude approfondie de l’emploi de tous ces termes dans leur contexte, pour notamment en étudier le champ lexical, mais un tel travail dépasse de loin le cadre d’un article et mériterait qu’on y consacre une thèse de maîtrise ou de doctorat. Au stade de ce relevé, on constate simplement que le Corriere a accordé une plus grande visibilité aux alter-sexualités.