15.07.2009

Lituanie: Buzek à l'épreuve sur l'homophobie institutionnalisée par un nouveau vote du Seimas.

Drapeau de la Lituanie

VILNIUS, 14 juillet, 2009    Le Seimas (Parlement lituanien)  a rejeté le veto présidentiel qui avait bloqué la loi interdisant toute "publicité" (ou "propagande" dans le texte de loi) pour les relations homosexuelles auprès des mineurs, et donc à l'école. 87 parlementaires se sont prononcés pour le rejet du veto, six ont été contre et 25 se sont abstenus lors du vote. 71 voix étaient nécessaires pour passer outre le veto présidentiel. La nouvelle présidence n'a pas le pouvoir constitutionnel d'émettre un second veto. La loi est intitulée "loi de protection des mineurs contre l'effet nuisible de l'information publique". Elle entrera en vigueur le 1er mars 2010 et ne prévoit toutefois aucune sanction particulière pour ceux qui ne la respecteraient pas.

Le vote a eu lieu malgré les campagnes menées par Amnesty-International, l'ILGA, ILGA Europe et Human Right Watch. En outre, de nombreux parlementaires européens ont fait pression sur leurs collègues lituaniens pour qu'ils ne passent pas la loi.

"Le Parlement a fait preuve d'une volonté ferme d'institutionnaliser l'homophobie", s'est indigné Vladimir Simonko, le Président du Conseil de la ligue des gays lituaniens.

Selon le texte de la loi, toute information rendue publique et faisant de la publicité pour les "relations homosexuelles, bisexuelles et polygames", tout comme pour les pratiques paranormales, le langage grossier, les comportements néfastes en matière d'alimentation et d'hygiène, est considérée comme "ayant un effet négatif sur la santé psychique, le développement physique, intellectuel et moral des mineurs". La loi interdit aussi que les medias couvrent de manière positive quelque événement gay que ce soit, si des enfants sont susceptibles d'y avoir accès (diffusion visuelle, publication). La loi met l'homosexualité dans le même lot que par exemple la diffusion d'images de scènes violentes ou de corps mutilés.

Au Parlement européen, Michael Cashman, député britannique, demandera au nouveau Président européen, Jerzy Buzek, d'écrire immédiatement au Président lituanien sur cette matière. On se rappelera que M. Buzek s'est engagé à défendre la loi anti-discrimnation pendant l'exercice de son mandat. Il venait  de le promettre cette semaine encore aux parlementaires du groupe socialiste juste avant son élection à la Présidence. Il est pris au mot dès son entrée en fonction. Une affaire à suivre avec vigilance.

Sur la question lituanienne, voir mon post d'hier: Droits LGBT: le Président du Parlement européen BUZEK s'engage à les défendre

14.07.2009

Droits LGBT: le Président du Parlement européen BUZEK s'engage à les défendre

Jerzy Buzek Jerzy Buzek (photo wikipedia)

                                                 Hier à Strasbourg, le groupe socialiste du parlement européen, par la voix du député britannique Michael Cashman,  a fait pression sur le nouveau Président du Parlement européen pour qu'il s'engage à défendre les droits des personnes LGBT, y compris leur droit à manifester lors des Gay Pride. On sait que certains pays de l'UE sont réticents à leur organisation, ou les canalisent très fort.

Jerzy Buzek, ancien premier ministre polonais actuellement député européen vient d'être élu à la présidence du Parlement européen. Il a été interrogé par le groupe socialiste sur son engagement pour les politiques anti-discrimination. Pression nécessaire car il semble que M. Buzek cale quelque peu sur les questions des droits des personnes LGBT. Rappelons qu'il a voté contre le projet de loi européen anti-discrimnation lors de la dernière législature. Mais M. Buzek se serait engagé à défendre ces droits. Il a de même accepté de défendre les droits des femmes, y compris le droit à l'avortement.

On verra d'ailleurs vite s'il tient parole. En effet le Parlement lituanien pourrait bien dès aujourd'hui reprendre le vote sur la loi interdisant d'évoquer l'homosexualité à l'école. On se souviendra que cette loi récemment votée avait été annulée par le veto présidentiel, mais le Parlement a le pouvoir par un second vote de passer outre le veto.

cashmanMichael CASHMAN lors de la manifestation contre la loi lituanienne à Bruxelles en juin 2009 (photo Luclebelge)

                                                          Michael Cashman et le groupe PSE se montreront vigilants et ne manqueront pas le cas échéant de rappeler  au nouveau Président qu'il lui convient d'honorer sa promesse.

Source: UKgaynews