15.05.2010
Les revendications de la Belgian (gay) Pride
PRIDE FOR EVERYONE
Every European ! Every Parent ! Every Gender !
La Pride, c’est la fête. La fête pour tout qui aspire à une société ouverte, riche de ses diversités. Mais sous les pavés des rues de notre défilé et du Gay Village, n’oublions pas l’immense plage des défis qui doivent encore être relevés. Pour cette édition 2010, nous voulons attirer l’attention de tou-te-s sur trois chantiers prioritaires.
Nouvelle directive européenne contre la discrimination
La Présidence belge du Conseil de l’Union européenne doit faire preuve de toute sa détermination pour faire aboutir cette nouvelle législation.
Une nouvelle directive européenne concernant la lutte contre la discrimination a été proposée en juillet 2008 par la Commission européenne. Elle est en cours de négociation. Elle est très importante car elle vise à protéger les personnes, contre les discriminations notamment dans l’enseignement, dans l’accès aux biens et services ou aux soins de santé. Soutenue par le Parlement européen, le Conseil tarde à l’adopter. Si la Belgique a choisi de soutenir le texte (en allongeant les délais de mise en œuvre), beaucoup d’Etats membres s’y opposent encore.
Si la décision est adoptée, tous les Etats membres devront modifier leur législation et s’attaquer à la discrimination, dans tous les domaines et pas uniquement dans le domaine professionnel.
Le Gouvernement fédéral belge doit tout faire pour que cette importante directive soit adoptée. La Belgique doit prendre le leadership en la matière, en tant que présidente du Conseil de l’Union européenne durant la deuxième moitié de l’année 2010. Notre pays porte là une lourde responsabilité.
Par ailleurs, une révision de la directive de 2004 relative à l’égalité de traitement entre les femmes et les hommes s’imposera notamment pour y intégrer la protection contre la discrimination en matière d’identités de genres.
Remédier aux lacunes dans la législation sur l’homoparentalité
Une question de courage et de volonté politiques
L’adoption est légalement ouverte aux parents homosexuels depuis 2006. Cette disposition permet pleinement l’adoption intrafamiliale aux couples de femmes ayant eu recours à l’insémination avec donneur anonyme. Elle n’est pas pour autant un aboutissement dans les autres situations d’adoption, où beaucoup de lacunes restent encore à éliminer.
Pour les couples de même sexe se tournant vers l’adoption internationale, il reste de gros problèmes à surmonter car les pays d’origine des enfants avec lesquels la Belgique collabore n’acceptent pas les candidats adoptants homosexuels ni ceux ayant un passé transidentitaire. Sachant qu’il existe des pays d’origine qui seraient prêts à accepter des parents homosexuels, il faudrait faire en sorte qu’ils soient pris en considération dans les ouvertures de nouveaux canaux d’adoption. Nous désirons que l’Autorité centrale en matière d’adoption, avec le soutien du Ministre de la petite enfance du Gouvernement de la Communauté française, intensifie les contacts bilatéraux en matière d’adoption avec ces pays. Nous pensons notamment aux pays européens, à l’Afrique du Sud, aux Etats-Unis ou au Brésil.
Nous désirons également que les parents homosexuels ayant recours à l’adoption (internationale) puissent avoir droit au congé d’adoption, même dans les cas où l’enfant n’est formellement adopté que par l’un d’entre eux.
De plus, la loi sur l’adoption de 2006 ne gomme pas toutes les discriminations touchant les parents homosexuels.
Pour les lesbiennes cohabitantes ou mariées, nous réclamons une possibilité de reconnaissance des enfants par les deux parents. En effet, contrairement aux couples hétérosexuels recourant à la même technique de procréation avec donneur anonyme, la compagne ou l’épouse de la maman ne peut actuellement reconnaître son propre enfant. L’adoption, lourde et coûteuse, devient un passage obligé avant de voir ses liens juridiques avec l’enfant reconnus et la longueur de la procédure l’empêche, automatiquement, d’exercer son droit au congé d’adoption.
Nous réclamons également que le droit aux 10 jours de congé après l’accouchement (congé de paternité) soit enfin ouvert aux compagnes ou épouses des mamans.
Lutter contre les stéréotypes de genres
Les stéréotypes sexistes n’empoisonnent pas que les relations entre les hommes et les femmes mais affectent toutes les personnes dont l’identité de genre ne cadre pas avec les normes sexistes et binaires.
Les identités de genres et les expressions de genres font partie intégrante de la dignité et de l’humanité de toute personne et ne doivent pas être à l’origine de discriminations ou d’abus. Cela concerne notamment les personnes dites efféminées, androgynes, butchs, drag kings, drag queens, transvestiEs,”camionneuses”, “garçons manqués”, personnes en transition ou transgenres et les personnes intersexuées. Elles subissent toujours à l’heure actuelle les préjugés, les railleries et les insultes, particulièrement dans le milieu scolaire et professionnel mais aussi dans le secteur de la santé.
Pour être vraiment efficaces, les politiques d’égalité des chances doivent inclure non seulement l’égalité entre les femmes et les hommes mais aussi la lutte contre les stéréotypes de genres.
En Belgique, les personnes transgenres, désignées comme transsexuelles dans le jargon psychiatrique et juridique, sont contraintes de suivre un protocole psychiatrique de normalisation homme ou femme qui ne respecte pas leurs aspirations en matière d’identité de genre. Pour pouvoir changer de prénom d’un autre genre et/ou changer de sexe, la loi belge sur la transsexualité oblige les personnes à subir un traitement hormonal et/ou une stérilisation chirurgicale.
Nous réclamons le droit de changer de prénom de manière aisée et gratuite sur simple demande sans critères médicaux ni psychiatriques. Ce nouveau prénom devrait apparaître sur tous les documents administratifs. De même, la mention du sexe devrait en être bannie sur simple demande de l’intéressé·e. Selon l’une des recommandations de l’Institut pour l’Egalité des Femmes et des Hommes, nous exigeons que la loi belge sur la transsexualité soit revue. De même, l’accès à l’adoption et à la procréation médicalement assistée doit être autorisé pour les personnes aux identités de genres fluides.
Enfin, nous réclamons que des actions d’information et de sensibilisation à la pluralité des sexes et à la diversité des genres soient menées ainsi que des actions de lutte contre la transphobie et l’intersexophobie. Le changement des mentalités passe par les lois mais aussi par des actions de terrain.
15:34 Publié dans Fierté lesbigay, estime de soi, gay pride | Lien permanent | Envoyer cette note
| Tags : gay pride, bruxelles, belgian pride, genre, stereotypes, homoparentalite, discrimination, europe |
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15.01.2010
Le sexe politique, Genre et sexualité au miroir transatlantique, un essai d'Eric Fassin

Résumé
Le sexe est-il politique ? Non, répondait-on naguère en France : il relève des moeurs. Le sexe n'est-il donc pas politique ? Si, dit-on au contraire dans les années 2000. La liberté et l'égalité sexuelles seraient les emblèmes de la démocratie.
Tel est le renversement qu'analyse ce recueil.
Rythmé par les va-et-vient entre deux sociétés - les États-Unis et la France-, entre disciplines, entre savoir scientifique et représentation sociale, il retrace le parcours d'Éric Fassin et en souligne toute la cohérence.
En partant des controverses qui touchent au genre et à la sexualité dans deux sociétés - États-Unis et France - Éric Fassin analyse l'histoire du concept de genre et sa construction dans l'espace public. Il revient sur la représentation des questions sexuelles, leur mise en discours par le travail politique et juridique, mais aussi scientifique, religieux et littéraire. Il y est question du viol et de harcèlement sexuel, d'amour hétérosexuel et de mariage homosexuel, de reproduction et de famille. On y rencontre Michel Houellebecq et Christine Angot.
Ce recueil démontre aussi le choix assumé et revendiqué scientifiquement d'un chercheur engagé, soucieux de l'articulation entre savant et politique, et attentif aux usages des sciences sociales.
Lire aussi la critique du journal Le Monde
Langue français |
Éditeur Éditions de l'École des hautes études en sciences sociales |
ISBN-10 2-7132-2223-0 |
ISBN-13 978-2-7132-2223-8 |
Année de publication octobre 2009 |
Prix recommandé 15,00 € |
12:45 Publié dans Essais, études gaies et lesbiennes, articles | Lien permanent | Envoyer cette note
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20.11.2009
FESTIVAL "TOUS LES GENRES SONT DANS LA CULTURE"
Communiqué
Du 20 au 29 novembre dans différents lieux à Bruxelles, l’asbl Genres pluriels (GPs - voir présentation en pièce jointe), en partenariat avec d’autres associations et artistes, organise un festival « Tous les genres sont dans la culture ». L'objectif principal de ce festival est de visibiliser les personnes transgenres, intersexes et "genres fluides" et de lutter contre les discriminations qu'elles subissent actuellement dans notre société. Ceci se fera au travers de conférences, expositions, projections, ateliers et rencontres festives. Les détails figurent dans le programme ci-dessous et sur www.genrespluriels.be. Un document reprenant le contenu des conférences des 21-22 novembre est aussi fourni en pièce jointe.
La date choisie n'est pas anodine, car le 20 novembre est la journée internationale de la mémoire transgenre et coïncidera cette année également avec le séminaire « Etre transgenre en Belgique » organisé par l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes (IEFH). Ce séminaire, qui présentera au public l’étude « trans' survey » à laquelle l’asbl Genres Pluriels entre autres a collaboré, sera sans nul doute l'occasion d'envisager de nouvelles décisions politiques à prendre afin de faciliter la vie au quotidien des personnes trans' et de combattre les discriminations dont elles sont l'objet. En outre, ce séminaire et notre festival suivront de quelques semaines la Conférence de Malte, qui a rassemblé de nombreux·ses activistes trans' du monde entier et a débouché sur une Déclaration commune, reprise en annexe et à laquelle Genres Pluriels ne peut que souscrire.
Programme du festival :
Vendredi 20 novembre dès 19h, vernissage de l’exposition « Destroy Genders or Fucking Genders » par l’artiste photographe queer Naïel à la Maison Arc-en-ciel de Bruxelles , et dès 22h soirée au Métro Valdi en collaboration avec la L-week.
Samedi 21 novembre dès 14h, journée « diversité des sexes et des genres », à l’Hôtel de Ville de Bruxelles, avec différents exposés féministes: analyse critique de l’image des femmes, sexisme en biologie avec Joëlle Wiels (biologiste au CNRS) qui abordera le déterminisme du sexe et son impact sur le genre tandis qu’Evelyne Peyre (paléoanthropologue au CNRS/MNHN) parlera des effets du genre sur le sexe.
Le soir, show "Atteinte aux genres publics" des Drag Kings de Bruxelles au local Pink Ponk.
Dimanche 22 novembre 13h30, colloque sur les questions trans' et intersexes à l'IHECS, avec plusieurs spécialistes, suivi par une sélection de films, dont "L'ordre des mots" .
Vendredi 27 novembre 19h, Ciné-canapé au Centre Culturel de Schaerbeek avec les films XXY et Venus Boyz.
Samedi 28 novembre 14h, mise en pratique de la déconstruction des genres lors d’un atelier drag king
et soirée au Pink Ponk avec le groupe King's Queer.
Dimanche 29 novembre 14h, atelier des continuums corporels à la Maison Arc-en-Ciel.
Expositions
20 novembre 2009 19h: Vernissage Exposition Destroy Genders or Fucking Genders
Conférences
21 novembre 2009 14h : L’image des femmes telle que véhiculée dans notre société via les arts, le cinéma, le théâtre, la littérature, les médias
21 november 2009 15u : Het beeld van de vrouw in de populaire cultuur en de reclame
21 novembre 2009 16h : Construction des notions « féminin – masculin » en anthropologie biologique - du « moindre mâle » à un « deuxième sexe »…
21 novembre 2009 17h : Détermination génétique du sexe : complexité biologique contre normes de genre
22 novembre 2009 13h30 : Colloque trans’ et intersexes
Concert - spectacles - performances
21 novembre 2009 21h : Show DKB « Atteinte aux genres publics »
28 novembre 2009 20h : Concert-Spectacle King’s queer
Ateliers
28 novembre 2009 14h : Atelier Drag King
29 novembre 2009 14h : Atelier des continuums corporels
Films - débats
22 novembre 2009 19h : L’ordre des mots + courts
27 novembre 2009 19h : Venus Boyz
27 novembre 2009 21h : XXY
Tous les détails pratiques sur www.genrespluriels.be
L'équipe du festival
GenreS PlurielS ASBL
Visibilité des personnes aux GenreS FluideS et IntersexeS
www.genrespluriels.be
07:30 Publié dans Associations lgbt, festivals | Lien permanent | Envoyer cette note
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20.07.2009
Obama: nos frères et soeurs gays sont victimes de discrimination!
A l'occasion du centième anniversaire de l'Association pour l'avancée des gens de couleur (NAACP) , le Président Obama a pris la parole dans un discours dans lequel il fut question de l'économie, des soins de santé, de l'éducation et du problème du sida. Il a aussi parlé du problème des discriminations, il a cité les groupes discriminés, essentiellement des minorités (les femmes afro-américaines, les latinos, les américains musulmans), il a aussi parlé des discriminations dont sont victimes "nos frères et soeurs gays et lesbiennes".

«Je comprends que certains sont peut-être tentés de penser que la discrimination n'est plus un problème en 2009.[...] Mais ne vous y trompez pas : la douleur de la discrimination est toujours ressentie en Amérique. Par les femmes afro-américaines payées moins que leurs collègues d'une couleur ou d'un sexe différent pour le même travail. Par les Latinos qui ne se sentent pas les bienvenus dans leur propre pays. Par les Américains musulmans qui éveillent le soupçon rien qu'en s'agenouillant pour la prière. Par nos frères et sœurs gays, toujours victimes de railleries, toujours victimes d'attaques, et dont les droits sont toujours niés. Alors que nous fêtons le 45ème anniversaire du Civil rights Act*, la discrimination doit cesser. On ne peut discriminer à cause de sa couleur ou de son genre, on ne peut être discriminé pour le Dieu qu'on vénère ou la personne que l'on aime".»
Le discours est sur youtube:
Voici le texte de son discours en anglais:
"The first thing we need to do is make real the words of your charter and eradicate prejudice, bigotry, and discrimination among citizens of the United States. I understand there may be a temptation among some to think that discrimination is no longer a problem in 2009. And I believe that overall, there probably has never been less discrimination in America than there is today. But make no mistake: the pain of discrimination is still felt in America. By African-American women paid less for doing the same work as colleagues of a different color and a different gender. By Latinos made to feel unwelcome in their own country. By Muslim Americans viewed with suspicion simply because they kneel down to pray to their God. By our gay brothers and sisters, still taunted, still attacked, still denied their rights. On the 45th anniversary of the Civil Rights Act, discrimination must not stand. Not on account of color or gender; how you worship or who you love. Prejudice has no place in the United States of America."
*Aux États-Unis le Civil Rights Act (plusieurs lois américaines portent ce nom) du 2 juillet 1964, signé par le président des États-Unis, Lyndon Baines Johnson, a déclaré illégale la discrimination reposant sur la race, la couleur, la religion, le sexe, ou l’origine nationale.
Il était conçu au départ pour protéger les droits des Afro-américains, puis fut amendé pour élargir la protection à tous, hommes et femmes. Cette loi contribua à réformer la société américaine dans la mesure où elle interdisait la discrimination dans les bâtiments publics, dans l’administration et les emplois.
Les lois Jim Crow des États du Sud furent abolies et la ségrégation raciale fut abolie dans les écoles et ailleurs. Si au départ les mesures d’application laissaient à désirer elles sont devenues par la suite plus efficaces et ont permis le développement de la politique d’« affirmative action » (traduite en français par le terme de « discrimination positive»).
Source pour la définition du Civil right acts: Wikipedia
07:00 Publié dans Politiques, élections, actions et campagnes | Lien permanent | Envoyer cette note
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07.07.2009
Assume nothing, un film documentaire sur le genre de Kirsty McDonald
New Zealand 2009 / 80min. M
Director/Producer Kirsty MacDonald.
La plupart des gens tiennent pour acquis qu'il n'y a que deux genres, le masculin et le féminin, et qu'être un homme ou une femme découle nécessairement du sexe de notre corps biologique. A partir et au-delà de ce préjugé, le film Assume nothing pose les questions suivantes: "Que se passe-t-il si le masculin et le féminin ne sont pas les seules options? Comment d'autres "genres" s'expriment-ils à travers l'expression artistique?" Le film suit le parcours de six artistes néo-zélandais au genre "alternatif" et explore leur potentiel créatif. Une expo itinérante éponyme parcourt actuellement les musées néo-zélandais.
L'expo


Le trailer du documentaire
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| Tags : identite de genre, kirsty macdonald, assume nothing, nouvelle-zelande, new zealand, documentaire, film, genre |
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18.05.2009
Une sainte travestie: Sainte Pélagie d'Antioche
Examinez bien cette gravure: elle représente des moines abasourdis de découvrir le corps sans vie d'un ermite dénommé Pélage. Ils connaissaient Pélage comme un homme ayant revêtu l'habit monacal et qui a mené la sainte vie d'un ermite. Mais il s'agit en fait d'une femme travestie en homme. Voici son histoire, reprise de Wikipedia, qui présente la version chrétienne de l'histoire de la jeune femme.
Pélagie la Pénitente d'Antioche (Fête le 8 octobre)
Pélagie vivait à Antioche en Syrie.
Née à Antioche vers 430, appelée Marguerite, s'engagea dans une troupe de comédiennes à Antioche, morte près de Jérusalem vers 457. Convertie par un sermon de Nonnus, évêque d'Edesse, ville de Mésopotamie septentrionale, en 453. Elle se retira sur le mont des Oliviers où elle vécut en pénitente jusqu'en 457.
Dotée d'une beauté extraordinaire, fière et vaine dans sa manière d'être, elle salissait son esprit et son corps dans l'impudicité. Si elle passait en ville, c'était avec une ostentation telle qu'on ne voyait sur elle que soieries, or, argent, pierres précieuses ; partout où elle allait, l'air embaumait de toutes sortes de senteurs. Elle était précédée de parfums capiteux et suivie d'une foule immense de jeunes filles et de jeunes garçons revêtus, également, d'habits somptueux et tout à sa dévotion.
Pélagie et ses courtisans. Nonnus prie pour que le scandale cesse et que la jeune femme se convertisse.
Elle était donc aussi belle et frivole. Entrée par hasard dans une église, pour s'en moquer, elle entendit le prêtre Nonnus décrire la grande pécheresse Babylone ; elle se reconnut dans cette description et en fut bouleversée. Aussitôt elle demanda le baptême. Lors, ayant reçu, par la Parole de Dieu, le saint appel, elle partit vivre en solitaire dans un ermitage, dans le désert du Sinaï. Là, afin de pouvoir accomplir sa mission, elle se fit passer pour un dénommé Pélage. Elle accueillait les visiteurs et leur parlait de Dieu afin de les convertir. Elle obtint ainsi de multiples conversions de jeunes bédouins et de voyageurs. Espérant racheter sa vie passée, elle avait donc pris l'habit d'ermite, et habitait une petite cellule dans laquelle elle servit Dieu en pratiquant une rigoureuse abstinence. Elle jouissait d'une réputation extraordinaire, et on l'appelait frère Pélage. Un jour, le 8e jour d'octobre, un diacre vint frapper à sa porte. Mais comme personne ne lui répondait, il passa par la fenêtre et vit que Pélage était mort. Il courut annoncer cela à son évêque, Nonnus qui vint, en plein désert, avec le clergé et les moines pour rendre les derniers devoirs à un si saint homme. Le voyage avait pris des semaines, mais quand on eut sorti le cadavre de la cellule, un corps si décharné mais si merveilleusement conservé, on s'aperçut que c'était une femme ! Tous furent remplis d'admiration, et rendirent grâces à Dieu ; ensuite ils ensevelirent le saint corps avec tous les honneurs. (Tiré de : La vie des Premiers Saints, Anonyme).
Source du texte: Wikipedia
On peut s'arrêter à la lecture chrétienne de l'histoire de cette sainte travestie. Mais au-delà, on peut aussi interroger ce type d'hiostoire à la lumière des Gender studies. Je vous suggère de lire à ce propos l'analyse que lui consacre l'article que consacre Frédérique Willemur aux saintes travesties dans la revue Clio .En voici le résumé.
Résumé
Recluses, ermites ou engagées dans le monde, les saintes travesties sont nombreuses jusqu’à la fin du Moyen Âge. Ayant valeur de transgression et/ou d’initiation, le travestissement permet à Thècle, Pélagie, Marguerite, Marine ou Eugénie de redéfinir non seulement la notion de virginité mais d’affirmer une sainteté au nom d’une intégrité qui dérange les catégories sexuées et renverse les notions de genre. D’autres, comme Galla, Paula ou Wilgeforte, délivrent de l’antagonisme des sexes. Et toutes, jusqu’à Jeanne d’Arc, bouleversent la destinée des femmes en perturbant l’ordre temporel des hommes. Ainsi apparaît la conquête d’un nouveau corps à travers la mission chrétienne et l’expérience mystique, qui déjoue la nature de femme et les vertus masculines.
Pour lire tout l'article, (cliquer ici).
07:45 Publié dans Trans, travesti, transgenre | Lien permanent | Envoyer cette note
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23.04.2009
Genre, sexualité et Islam, une journée d'études à l'ULB
Communiqué de l'Atelier Genre(s) et Sexualité(s)
Nous vous prions de trouver ci-joint (cliquer ici) le programme de la journée d'étude Genre, sexualité et islam : regards croisés, entre ici et là-bas, organisée à l'Université libre de Bruxelles par l'Atelier Genre(s) et Sexualité(s) de l'Institut de Sociologie, le Laboratoire d'Anthropologie des Mondes contemporains (LAMC) et METICES.
Cet événement aura lieu le jeudi 28 mai 2009 à l'Institut de Sociologie de l'ULB et sera clôturé par une conférence de Joan W. Scott (Institute for Advanced Studies Princeton). Il bénéficie du soutien de l’Institut de Sociologie et de la Faculté des sciences politiques et sociales/Solvay Brussels School of Economics and Management.
Plus d'informations sur www.ulb.ac.be/is/ags
15:00 Publié dans Essais, études gaies et lesbiennes, articles | Lien permanent | Envoyer cette note
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