15.07.2010

Argentine:un arc-en-ciel brille sur l'Amérique latine. Le sénat argentin a voté la loi sur le mariage gay!

125px-Flag_of_Argentina_svg.png

C'est l'allégresse en cette fin de nuit argentine: le Sénat argentin (Camera alta/Chambre haute) vient de voter en faveur du mariage des personnes du même sexe à la fin d'une session interminable de 15 heures qui vient de se terminer fort tard dans la nuit, exactement à quatre heures cinq du matin!. 90 pour 100 des sénateurs avaient en effet demandé à pouvoir présenter leurs argumentations avant de passer au vote. 33 sénateurs ont voté en faveur du mariage gay, 27 ont voté contre et 3 se sont abstenus.

La population, qui avait été remontée par une église catholique particulièrement homophobe et agressive a pu suivre le débat en direct. Le mariage gay,  qui a été présenté par le Cardinal Bergoglio comme l'oeuvre du Diable,  est devenu réalité. La Présidente Cristina Kirchner avait tenu à  dénoner les vues médiévales d'une église haineuse et dépassée par la volonté anti-discriminatoire de la démocratie contemporaine et avait engagé son gouvernement à voter le projet de loi que le Parlement (Camera baja/Chambre basse) avait déjà largement approuvé.

L'Argentine devient ainsi le premier pays latino-américain à ouvrir le mariage aux gays et aux lesbiennes. Nul doute qu'il s'agit d'un pas de géant à la fois pour l'Argentine mais aussi pour toute l'Amérique latine, dont d'autres pays suivront sans doute à présent l'exemple argentin.

Après l'Espagne et le Portugal, c'est aussi une nouvelle forteresse du catholicisme qui vient de tomber dans la guerre que l'église catholique mène aux gays et aux lesbiennes. 90 pour cent de la population argentine se déclare en effet catholique.

Un jour glorieux que les Argentins auront sans aucun doute coeur à fêter joyeusement. Les 14 et 15 juillet sont des dates à retenir dans l'histoire de la révolution LGBT!

250px-Argentina_(orthographic_projection)_svg.png

Le monde se réveille un peu plus rose aujourd'hui! Un territoire de plus de 2700000 kilomètres carrés vient de s'ouvrir au mariage des personnes du même sexe: aujourd'hui le plus grand territoire pro-gay de l'hémisphère sud.

Source: Luclebelge a suivi le débat en direct sur C5N Ustream tv

25.06.2010

Pédophilie dans l'église catholique belge: la lettre d'un témoin à la Commission

Mechelen Manif anti Léonard 27 février 2010 006

                                                          Suite à la perquisition qui a eu lieu hier à l'Archevêché de Malines-Bruxelles et à la Commission d'enquête sur les actes pédophiles au sein de l'église catholique, un témoin qui avait écrit à la dite commission a décidé de publier la lettre qu'il lui avait écrite. Il considère que la confidentialité promise n'existe plus et se dit que dans ces conditions, autant rendre public ce qui devait rester interne.

Le témoin voulait dans cette lettre rester anonyme et simplement témoigner de son passé et de ses interrogations sur les procédures mises en place. Il n'a pas porté plainte. A noter que son courrier à la Commission date du 31 mai 2010, et qu'il n'a reçu aucune réponse de la Commission, pas même un accusé de réception. Trois semaines sans réponse dans des affaires de pédophilie, n'est-ce pas préoccupant, cela ne donne-t-il pas une indication sur un dysfonctionnement?

Voici sa lettre à la Commission:

Je comprends d'abord mal que ce soit sur un site catholique que se trouve référencée votre commission. Comment voulez-vous être crédible alors que vous oeuvrez prétendûment (comprenez mon scepticisme) de manière indépendante au sein de l'église catholique? Comment puis-je vérifier que mon témoignage sera pris en compte? Je crains fort que cette commission ne soit tautologique et un écran de fumée de plus émis par l'église catholique qui ne s'attaque pas aux vrais problèmes: introduire la démocratie dans l'église et intégrer la sexualité des prêtres en les autorisant à se marier ou à contracter des unions civiles s'ils le souhaitent. Il m'est évident que l'église veut , ce que je déplore vivement , garder le pouvoir. Et crée ce type de commission uniquement parce que les scandales répétés l'y ont acculé.
 
Cependant, même si c'est donner des perles aux pourceaux, essayons pour voir.
 
J'ai été victime par deux fois en tant qu'enfant d'approches sexuelles directes par des prêtres catholiques. Les faits, qui se sont déroulés il y a plus de trente ans, sont prescrits je suppose. Si ce n'est pas le cas, je ne souhaite pas déposer plainte auprès des autorités judiciaires.
 
Une première fois quand j'avais 6 ans, en 1957. Le prêtre qui disait la messe à laquelle les louveteaux de la troupe scoute à laquelle j'appartenais dans une paroisse bruxelloise étaient tenus d'assister nous approchait souvent très gentiment. Il s'agissait de l'abbé D., plus tard nommé nommé curé dans une paroisse du Brabant wallon. Lors de certaines fêtes religieuses, il nous amenait à son domicile, à plusieurs, et nous offrait une petite 'goutte' et des biscuits. A la maison, pour la plupart d'entre nous, l'alcool était strictement interdit. Mais il nous disait que c'était pour célébrer la fête religieuse, ce qui lui servait de prétexte à nous inviter au 'goûter'. L'un d'entre nous finissait le premier sur ses genoux  et entre ses jambes et il finissait par nous toucher le pénis en tremblottant tout en enserrant ses jambes autour des nôtres. il nous appelait l'un après l'autre. Je me rappelle qu'on s'amusait de son tremblement. On l'entendait parfois dire 'Non, je ne devrais pas' ou quelque chose d'approchant. A l'époque, cela nous semblait une bizarrerie d'adulte et on n'y voyait pas de mal. Les adultes étaient de toute façon inaccessibles et incompréhensibles, il fallait leur obéir et les respecter parce qu'ils étaient les plus forts et qu'ils faisaient la loi. On rigolait entre nous et on l'avait surnommé 'Nonjenedevrais pas'.
 
Aujourd'hui ce qui s'est passé là reçoit un autre éclairage. Je n'en veux pas à ce pauvre abbé visiblement en mal d'affection, qui donnait par ailleurs une impression de grande bonté. Il était connu pour apprécier être invité à de bons repas dans les familles de paroissiens aisés, et son penchant pour le vin et l'alcool était notoire. Je me souviens que mes parents, qui n'étaient pas aisés mais des personnes reconnaissantes et respectueuses,  en avaient acheté spécialement pour le recevoir. Chez nous, on ne buvait que de la 'bière de table', et encore seulement certains dimanche.
 
J'ai entendu dire, mais ce n'est là qu'une rumeur, que sa nomination comme curé de village n'a par la suite été qu'un déplacement opportuniste parce que le scandale était devenu par trop notoire. Puis on a entendu dire qu'il avait remis le couvert dans sa nouvelle paroisse.
 
Quelques années plus tard, j'avais alors quatorze ans,  mon professeur de langues modernes et de religion en quatrième latine dans un bon collège bruxellois , l'abbé M., a lui fait aussi une tentative de 'séduction' à mon encontre. J'étais bon élève et avais été malade pendant plus de deux semaines. Mes parents, anxieux de mon apprentissage,  avaient contacté l'école pour savoir si j'avais besoin de cours particuliers pour rattraper les apprentissages manqués. Seul le professeur de religion avait souligné que quelques cours particuliers de  religion me seraient bénéfiques parce que je présentais certaines faiblesses. Pour les langues, tout allait bien, j'étais parmi les meilleurs de la classe. Dans sa bonté, il assura mes parents qu'il ne chargerait rien, c'était un service gratuit. Mes parents, qui se serraient la ceinture pour nous payer des études convenables, remercièrent le Seigneur d'avoir choisi un si bon collège!  Au premier cours particulier, l'abbé M. me reçut dans sa chambre au collège (les abbés vivaient alors dans l'école et avaient des chambres avec bureaux attenants au troisième étage du bâtiment le plus ancien du collège). A l'époque c'était normal d'aller visiter un prêtre dans le bureau attenant à sa chambre. On y était même incité, pour aller confier un souci ou un problème par exemple. L'abbé M. était assis à son vaste bureau et me fit quelques moments cours en vis-à-vis. Puis il vint vérifier mes notes (il m'avait au préalable enjoint de recopier le cahier d'un condisciple, avant le cours particulier) et pour ce faire s'assit à côté de moi, et lut mon cahier armé d'un crayon rouge tout en entourant mes épaules de son bras. Il me dit que c'était bien puis tout à coup me demanda si je fumais. J'avais 14 ans et avais déjà fumé quelques cigarettes en cachette. Je répondis en hésitant que  oui parfois. En fait j'avais été éduqué à la maison dans la haine du mensonge et dès que j'avais envie d'éluder une réponse je me mettais à rougir terriblement... Nous fumâmes ensemble, c'étaient des Rothmans bleues je crois, un peu âcres et doucereuses à la fois. Comme je toussais, il me dit qu'il allait me donner un remontant. Et alla chercher une bouteille d'alcool, je ne sais pas lequel. Il me servit et se mit très vite à me caresser le genou droit. Après plus de quarante ans je sens encore la pression de cette  main qui se mit à remonter le long de ma cuisse en pressant mes muscles de plus en plus furieusement.
 
Là j'ai un trou noir. Je ne suis jamais parvenu à me rappeler comment je suis rentré chez moi. J'ai tremblé toute la nuit, j'avais la fièvre et des sueurs froides. J'ai dit à mes parents que je m'étais senti mal à l'école et que je n'avais pas pu rester longtemps au cours particulier de l'abbé M. Aujourd'hui je trouve curieux que je me souvienne de la marque des cigarettes de l'abbé et que le reste de l'épisode soit tout à fait occulté.
 
Je suppose que mes parents ont dû écrire au collège pour demander à l'abbé de bien vouloir excuser mon malaise...
 
Je ne suis jamais parvenu à reconstituer ce qui s'est passé ce jour-là. Je ne vois plus que l'énorme main de l'abbé M. Sur mon genou qui se met à remonter ma cuisse.
 
Quand je suis revenu en classe, j'étais terrorisé à l'idée de le revoir, parce que je je croyais qu'il allait me 'buser' (mettre de mauvaises notes). Mais l'abbé M. a fait comme si rien ne s'était passé, et j'ai continué à être bon élève. J'ai davantage révisé ses cours tant je craignais les représailles.
 
L'an d'après, des rumeurs se firent insistantes sur le comportement de l'abbé M. . Des élèves, sans doute fort sots,  racontaient qu'il couchait avec le préfet de discipline, un prêtre flamand souvent en soutane qui nous terrorisait. L'an d'après notre titulaire nous apprit que l'abbé M. ne nous ferait plus cours et qu'il enseignait désormais dans une école de filles.
 
Sauf  le black-out qui m'en reste, je garde le souvenir d'un excellent prof de langues, d'un pédagogue dynamique. Aussi de sa taille très supérieure à la moyenne. Et mes bases en langues germaniques sont restées excellentes...
 
Un détail cependant: je me souviens aussi que dans notre classe il y avait un 'petit caïd' assez baraqué pour un adolescent, et très indiscipliné. Lors d'un épisode de rebellion, l'abbé, qui était beaucoup plus grand et plus costaud que cet élève, l'avait fait venir sur l'estrade et lui avait publiquement passé la main dans l'encolure de la chemise et lui avait tâté les pectoraux en annonçant qu'il devait encore manger beaucoup de soupe avant de s'attaquer à lui...
 
En fait, ma plainte ne porte pas contre ces deux hommes qui devaient sans doute être bien malheureux et solitaires et qui ont fait comme tout un chacun: ils ont essayé de survivre et sont allé prendre quelques bribes d'affection là où ils croyaient maladroitement en trouver. Ma plainte porte sur l'église catholique, qui a créé ce système malsain qui occassionne un tel dysfonctionnement. Tant que vous ne comprendrez pas que le problème est là, votre action ne servira à mon avis pas à grand chose. Il faut que l'église se réforme en profondeur et que l'on réforme en profondeur la prêtrise: autoriser les prêtres à vivre des relations amoureuses, ouvrir le mariage aux prêtres, toutes les formes de mariage, qu'ils soient entre personnes de sexes différents ou personnes du même sexe. Plus généralement, démocratiser l'église et mettre fin au système hiérarchique médiéval. Je trouve enfin scandaleux que tout ce que votre église ait trouvé pour essayer de solutionner sa montagne d'affaires pédophiles, c'est de s'attaquer aux homosexuels, en les stigmatisant (Cfr les attaques du Cardinal Bertone, pour ne citer que lui parmi la foule de ses consorts), en leur interdisant l'accès à la prêtrise et en essayant de contrer par tous les moyens les législations leur donnant des droits. La technique du bouc émissaire pour essayer de détourner l'attention est par trop connue. Le Christ lui-même n'en fut-il pas un? De nombreuses églises protestantes ont radicalement changé leur point de vue sur la sexualité et proposent l'accueil de tous sans discrimnation aucune. La confusion pédophilie - homosexualité que certains des plus hauts 'dignitaires' entretiennent, pour parfois la récuser par la suite du bout des lèvres, est une insulte à l'intelligence.
 
En attendant votre réponse,
 
Bien à vous

L.A.

06.05.2010

Délire catholique: l'adolescent est spontanément homosexuel et la société actuelle est pédophile

200px-Dadeus6

Le journal brésilien O Globo a rapporté les propos  qu'a prononcés l'archevêque Mgr Dadeus Grings ce mardi 4 mai, premier jour de la 48ème Assemblée générale de la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB),  qui réunit plus de 300 évêques brésiliens, à Brasilia. L'archevêque Grings est connu pour ses positions conservatrices.

"La société actuelle est pédophile, c’est là que se trouve le problème. Alors  les personnes tombent facilement dedans. Mais le fait de le dénoncer est un bon signal".*

Mgr Grings a aussi critiqué la libéralisation de la sexualité qui "engendre des déviances de comportement" dont la pédophilie: "Quand la sexualité est banalisée, il est clair que cela touche tous les cas. Dont l'homosexualité. Avant on ne parlait pas d’homosexuels.  Quand on commence à dire qu’ils ont des droits, le droit de s’exprimer publiquement, bientôt on va trouver que les pédophiles ont des droits".**

L'archevêque s'est encore exprimé sur la psychologie des adolescents: "Nous savons que l' adolescent est spontanément homosexuel, ce qui fait que par la suite, s'il n'a pas eu une bonne orientation, cela se fixe".***

Mgr Grings a cependant "condamné clairement" les abus sexuels commis par les prêtres contre des mineurs et affirmé qu’il devaient être "punis" mais a reconnu la difficulté qu'éprouve l’Eglise à dénoncer ces cas à la police: "Il est un peu étrange que l’Eglise aille accuser ses propres fils".

Pour lire l'article de O Globo (en portugais), cliquer ici

Commentaire

On retrouve l'argumentaire vaticanesque connu sur l'interprétation de l'homosexualité: un peu de freudisme non avéré (affirmer que les ados sont spontanément homosexuels est une affirmation pour le moins rapide qui est sans doute à rapporter à la prétendue phase homosexuelle 'normale' de l'adolescence); la libéralisation de la sexualité sert de bouc émissaire; de plus, si l'archevêque n'affirme pas directement que la pédophilie est liée à l'homosexualité, il place les deux termes dans un contexte proche qui induit à l'assimilation et à la confusion. Tout est fait pour atténuer la responsabilité de l'Eglise dans les scandales des prêtres pédophiles qui secouent aussi le Brésil. L'archevêque a d'ailleurs aussi recouru à la statistique pour minimiser le rôle de l'Eglise: en Allemagne, a-t-il avancé, seulement 0,2 pour cent des cas de pédophilies sont le fait de prêtres catholiques...

C'est en somme la triste pratique de la désinformation et de la manipulation qui est à l'oeuvre. Face aux faits avérés de pédophilie sacerdotale, l'archevêque se réfère à des données non avérées qu'il présente comme des certitudes: l'adolescent est spontanément homosexuel, les prêtres pédophiles sont une infime minorité en Allemagne. De plus, ces propos pourraient être ressentis comme insultants par les victimes: on peut en effet se demander pourquoi l'archevêque souligne la prétendue homosexualité de l'adolescent, -serait-ce pour y attribuer une part de responsabilité? - et, pour les victimes, de savoir que leurs viols par des  prêtres relève d'une minorité statistique, cela va-t-il les consoler?

Les perles de l'archevêque dans le texte original:

*"A sociedade atual é pedófila, esse é o problema. Então, facilmente as pessoas caem nisso. E o fato de denunciar isso é um bom sinal"

**"Antigamente não se falava em homossexual. Quando começa a (dizer) que eles têm direitos, direitos de se manifestar publicamente, daqui a pouco vão achar os direitos dos pedófilos "

***"Nós sabemos que o adolescente é espontaneamente homossexual. Só depois, se não houve uma boa orientação, isso se fixa

21.04.2010

Prêtres cathos gays: réaction d'un prêtre catho hétéro

Le Père José Davin, un prêtre jésuite travaillant en Belgique, réagit ici aux nombreux messages d'appel que vous avez posté sous le post Un chat pour les prêtres catho gays. J'aime bien sa remarque sur la nécessité d'évangéliser la réflexion catholique sur l'homosexualité.

Luclebelge

Un mot de réaction de la part d'un prêtre hétérosexuel à tous les gays et lesbiennes qui se posent des questions bien pertinentes.

Bien à regret, je n'ai pas le temps de dialoguer. Mais, face à une Église catholique officielle "en retard manifeste" pour rejoindre les lesbiennes et les gays (prêtres ou  non), je propose de la lecture de deux de mes derniers ouvrages rédigés avec un prêtre suisse.

- "A quand ce concile, Manifeste pour un renouveau de l'Église ? Éd St-Augustin et Fidélité, 2008" où nous disons à propos des actes  homosexuels et de la continence demandée par le Catéchisme : "Est-ce possible, raisonnable, évangélique ? (sous-entendu non), car tout dépend de l'amour et de la vérité dont ils sont l'expression", p.170.

- "Gays et lesbiennes, , Humanité, amour et spiritualité, Éd St-Augustin, 2009" où nous exprimons notre souhait que des évêques et des prêtres déclarent leur homosexualité, en l'expliquant, de façon à éclairer les fidèles, page 86.

Même s'il les réflexions des autorités catholiques sur l'homosexualité doivent encore être évangélisées, avançons et ouvrons des espaces de parole et de liberté.

Bon courage dans ce cheminement qui est dans les mains de beaucoup

José Davin, sj
                               

15.04.2010

Le Vatican doit avoir un agenda anti homosexuel: un écho suisse

Les propos du Cardinal Bertone qui amalgame homosexualité et pédophilie ne sont pas isolés, il ne s'agit pas d'un franc-tireur. Ils ont d'ailleurs à peine été nuancés par le porte-parole du Vatican, qui ne les a même pas démentis, mais seulement précisés: l'amalgame y est circonscrit au seul contexte du clergé.

Il suffit de recouper:

  • L'église catholique interdit à présent l'accès de la prêtrise à tout homosexuel que ce soit, que le candidat séminariste soit actif ou chaste n'importe pas.

  • Par ailleurs, dans la presse suisse (lire l'article de 24 heures), on peut lire un écho des propos de Bertone: Marc Donzé, vicaire épiscopal à Fribourg, affirmait mardi dans La Liberté que le problème de la pédophilie n’était pas lié au célibat. «En revanche, écrit-il, il semble être lié souvent aux tendances homosexuelles: plus de 90% des prêtres condamnés pour pédophilie aux Etats-Unis sont homosexuels. Un discernement plus strict à cet égard s’impose dans le cadre de la formation des prêtres.»

La Conférence des évêques suisses a refusé de commenter. Mais les propos de Donzé sont dans la ligne exacte ceux de Bertone. Il s'agit donc bien d'une ligne de communication!

Les associations homosexuelles ont réagi vigoureusement: «L’Eglise catholique joue sur des peurs qui prévalaient il y a des dizaines d’années, quand on faisait croire que les homosexuels étaient tous pédophiles, a déclaré Jean-Paul Guisan, secrétaire romand de Pink Cross. Depuis, les études ont montré que l’orientation sexuelle n’avait rien à voir avec la pédophilie.» C'est clair: l'Eglise recherche des boucs émissaires pour ne pas endosser la responsabilité des cas de pédophilie. Il faudrait être naïf de croire que  l'église catholique n'a pas d'agenda anti gay! En temps de guerre ouverte, il convient de se méfier encore davantage de la propagande et de la désinformation.

 

Pédophilie dans l'église belge: un prêtre belge accuse sa hiérarchie de laxisme

L'info a été largement commentée par la presse  du 12 avril. Voici ce qu'en écrit le Nouvelobs.com:

Plus de trois cents plaintes pour des cas de pédophilie ont été portées à la connaissance des évêques de Belgique, mais quinze seulement ont abouti et les coupables n'ont jamais été sanctionnés, a accusé ce lundi 12 avril un prêtre qui a assisté de nombreuses victimes.

Le père Rick Devillé a expliqué aux quotidiens flamands de Standaard et Nieuwsblad qu'ils avaient " présenté entre 1992 et 1998, plus de 300 plaintes de victimes d'abus commis par des prêtres, mais quinze seulement ont abouti avec les aveux" des coupables. Il a regretté que "le prêtre mis en cause a la plus souvent été muté, mais jamais il n'y eu de sanctions".

Pour lire la suite de l'article, cliquer ici

On trouve un même article dans Le Soir du 12 avril

 

07:45 Publié dans Religions, haines et tolérances | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : eglise catholique, belgique, belge, rick deville | | |  Facebook |

13.04.2010

Arcigay scandalisée par les propos du Cardinal Bertone

untitled

Arcigay, la principale organisation LGBT italienne,  se dit choquée par les propos irresponsables et éhontés prononcés par le Cardinal Bertone hier au Chili:

"L'équation homosexualité-pédophilie, fausse, ignoble et anti-scientifique, est une affermation mahonnête qui affecte la vie et la dignité de millions de personnes gays et lesbiennes, confirmant le cynisme, le manque de scrupules et la cruauté de cette même hiérarchie vaticane qui a couvert pendant des années les crimes sexuels perpétrés dans le monde entier par des représentants de l'église contre la vie de milliers d'enfants innocents." 

Pour lire le communiqué complet en italien, cliquer ici

SOS homophobie scandalisée par les propos du cardinal Bertone, n°2 du Vatican

soshomophobie

En visite le 12 avril au Chili, le cardinal Tarcisio Bertone, numéro deux du Vatican, a expliqué que les multiples scandales de pédophilie qui ont éclaté au sein de l'Eglise catholique ne sont pas le fait du célibat des prêtres, mais liés à l'homosexualité supposée de certains : "De nombreux psychiatres et psychologues ont démontré qu'il n'existe pas de relation entre le célibat et la pédophilie, mais beaucoup d'autres - et on me l'a dit récemment - ont démontré qu'il existait un lien entre l'homosexualité et la pédophilie. La vérité est celle-ci et le problème, c'est cela", a déclaré le secrétaire d'Etat du Vatican à une radio chilienne. Ou comment, en une affirmation péremptoire, infondée et scandaleuse, revenir cinquante ans en arrière.

SOS homophobie demande en premier lieu au cardinal Bertone de fournir les noms de ces soi-disant "nombreux psychiatres et psychologues" qui nourrissent un tel amalgame. A ce jour, aucune étude scientifique n'a permis de "démontrer qu'il existe un lien entre homosexualité et pédophilie", et aucune ne le fera : pourquoi est-ce qu'une sexualité plutôt qu'une autre serait liée à la pédophilie ? Où trouve-t-on un lien logique entre homosexualité et pédophilie ? En l'absence d'un quelconque élément scientifique qui permette d'étayer ces déclarations honteuses, nous assistons ici à une campagne de désinformation, qui n'a d'autre effet que de stigmatiser une catégorie de la population.

SOS homophobie est outrée, alors que l'homosexualité n'est plus un délit depuis 1982 en France et ne figure plus dans la liste des maladies mentales de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) depuis 1995, de constater que l'on assimile aujourd'hui encore les homosexuels à des criminels, et que l'on en appelle à des scientifiques pour légitimer de tels propos.

Le cardinal Bertone, en déclarant que la pédophilie est intrinsèquement liée à l'homosexualité, lance un appel à la haine. SOS homophobie s'interroge sur le rôle de l'Eglise catholique et sa lecture des textes qui en fondent le dogme : son rôle est-il bien d'alimenter l'hostilité envers un groupe de personnes qui n'a rien commis d'illégal ? Pourquoi continuer à attaquer les homosexuels, qui ne demandent rien d'autre que le droit de s'aimer librement sans être en permanence accusés de délit, de crime, de maladie mentale ? Encore en 2010, les raccourcis simplistes et vindicatifs semblent bel et bien confortablement installés dans les esprits du Vatican.

SOS homophobie voit ici une façon pour l'Eglise catholique de se déresponsabiliser du laxisme dont elle a fait preuve dans la condamnation des affaires de pédophilie qui ont lieu en son sein, et une tentative plus que malheureuse de chercher un bouc-émissaire extérieur, sans prendre ses responsabilités. Cette tentative est cependant tellement grotesque qu'elle perce au jour la pensée rétrograde qui la gouverne.

SOS homophobie demande aux catholiques français à exprimer leur rejet de ces déclarations, et aux responsables du Vatican de se désolidariser du cardinal Bertone, en prenant les mesures nécessaires pour qu'il ne soit plus au poste qui est actuellement le sien. Mais si le pape Benoît XVI n'intervient pas pour contredire les propos haineux tenus par son bras droit, il n'y aura plus de doute sur la position officielle et haineuse de l'Eglise catholique à l'égard des homosexuels

SOS homophobie est une association de lutte contre la lesbophobie, la gayphobie, biphobie et transphobie.
Ligne d'écoute anonyme pour victimes ou témoins : 0 810 108 135 ou 01 48 06 42 41
http://www.sos-homophobie.org/

12.04.2010

Les catholiques allemands indignés: la couverture du magazine satirique TITANIC serait par trop scandaleuse

Sous le titre Kirche heute (L'église d'aujourd'hui), le magazine satirique allemand Titanic présente une image que d'aucuns trouvent trop explicite. Des catholiques allemands considèrent en effet qu'il s'agit d'une incitation à la haine. Mais la rédaction de Titanic ne voit dans sa page de couveture qu'un prêtre priant devant un crucifix...

titanic

 

10:28 Publié dans Religions, haines et tolérances | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : pedophilie, allemagne, titanic, eglise catholique | | |  Facebook |

04.04.2010

Eglise catholique: les scandaleux scandalisés

L'indignation du Vatican

Le Monde en ligne de ce matin traduit quelques passages d'un article paru sur l'Osservatore Romano de ce dimanche: Une propagande grossière contre le pape et les catholiques. Des attaques calomnieuses et une campagne de diffamation construite autour du drame des abus commis par des prêtres ,(...) des messages de solidarité à Benoît XVI arrivant du monde entier de nombreux évêques expriment leur proximité du pape pour son action résolue en faveur de la vérité et pour les mesures prises pour éviter une répétition de ces crimes.

L'organe du Vatican cite le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris qui lors de la messe du Jeudi Saint a dénoncé "une offensive visant à déstabiliser le pape et à travers lui l'Eglise". L'archevêque a montré du doigt les "médias audiovisuels qui célèbrent Pâques à leur manière en concentrant pendant la Semaine Sainte leurs critiques contre l'Eglise et la foi chrétienne".

Mgr Bruno Forte, archevêque de Chieti (Italie), stigmatise lui aussi "une montée de la christianophobie", "des préjugés" et des "attaques injustifiées" contre l'Eglise qui se retrouve "instrumentalisée même quand elle affronte courageusement des questions comme les abus" (pédophiles).

Sur Radio Vatican, le cardinal Severino Poletto, archevêque de Turin "l'on puisse tenter d'atteindre la très grande figure intouchable (...) de Benoît XVI qui a toujours été clair et intransigeant sur ces sujets". "Je ne voudrais pas qu'il existe une machination contre l'Eglise. Le démon est toujours à l'oeuvre".

La question de la responsabilité collective

La tactique de l'église catholique est bien connue: se poser en victime outragée et contre-attaquer selon l'adage qui veut que la meilleure défense est l'attaque. On joue ainsi tant du dolorisme ou de l'appel à la compassion que de la colère. Parallèlement à cette rigidité outrée l'église pointe du doigt les prêtres pédophiles et prétend qu'elle les livrera (enfin) à la justice, avec la compassion de rigueur pour une institution qui prétend être l'épigone de l'Amour chrétien, son dépositaire privilégié. Il s'agit de mettre un cordon sanitaire autour de la pédophilie de certains prêtres. Et d'user de moyens mathématiques statistiques pour prouver que la pédophilie n'est pas supérieure au sein de l'église qu'au coeur des familles, ce qui est supposé diluer la responsabilité. Tout en posant des cris d'orfraie outragée.: l'église crucifiée...

De toutes ces manières, la question centrale n'est pas posée, celle de la gestion de la sexualité humaine au sein de cette institution qui, non contente de brimer ses propres adeptes, a des prétentions de donneuse de leçons morales universelles. Il n'est pas question de réfléchir et de se remettre en question, mais de renforcer les règles existantes: inégalité femmes- hommes, non accès des femmes à la prêtrise, condamnation des actes homosexuels, interdiction du mariage des prêtres, élimination des candidats homosexuels  à la prêtrise, insistance sur la reproduction comme finalité de l'acte sexuel, interdiction de la contraception, etc..

S'enferrer dans un comportement humainement aberrant, refuser de considérer que l'on peut être en faute et pointer du doigt ceux que l'on persécute sont des attitudes que l'on retrouve chez des adolescents profondément perturbés.

Sans une profonde remise en question, le scandale ne s'arrêtera pas. L'église ne peut éviter de poser la question de la responsabilité collective. Il est cependant peu probable qu'elle soit prête à le faire.

Toutes les notes