28.06.2010

France: 3000 élèves sensibilisés cette année par SOS homophobie, un bilan très positif

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Un communiqué de SOS Homophobie

Alors que se clôt l'année scolaire avec la marche des fiertés LGBT ce samedi 26 juin à Paris, avec pour mot d'ordre "Violences, discriminations, ASSEZ ! Liberté et égalité, partout et toujours", SOS homophobie, association nationale agréée par le ministère de l’Education nationale, peut présenter le bilan des actions de sensibilisation contre l’homophobie menées auprès des élèves de la 4e à la terminale sur l’ensemble du territoire.

Entre septembre 2009 et juin 2010, les bénévoles de SOS homophobie sont intervenus dans 36 établissements, devant 133 classes et près de 3000 élèves. Cela représente une augmentation de 70 % par rapport à l’année scolaire précédente. C’est avec plaisir que SOS homophobie constate que les demandes augmentent en dehors de la région parisienne, puisque environ un tiers de nos actions ont été menées en province : Poitou-Charentes, PACA, Rhône-Alpes, Nord-Pas-de-Calais, Lorraine, Limousin, Centre... Ce succès est dû au très grand dynamisme de toutes les équipes, en Île-de-France et en régions. Grâce à nos bénévoles, SOS homophobie est en mesure de jouer pleinement son rôle d’association nationale. Ceci est d’autant plus important que les demandes pour l’an prochain sont déjà extrêmement nombreuses.

L'obtention de l'agrément national par le ministère de l'Education nationale a joué un grand rôle dans le succès de nos interventions, tout comme la prise de conscience progressive et globale du monde éducatif que la lutte contre l'homophobie a parfaitement sa place à l'école, au même titre que la lutte contre toutes les autres formes de discrimination. Mais SOS homophobie reste vigilante : beaucoup reste à faire. Plusieurs centaines de milliers d'élèves n'ont pas encore accès à des interventions de ce type, et traversent les années de collège et lycée sans jamais être sensibilisés à l'homophobie. Il faut donc que les associations LGBT qui offrent les garanties de sérieux soient agréées, et également une meilleure prise en compte de la lutte contre l’homophobie au niveau des programmes partout où cela est possible (français, langues vivantes, histoire- géographie, éducation civique, éco-droit...).

Il faut, surtout, sensibiliser et former les adultes qui travaillent avec des adolescent-e-s, notamment les enseignant-e-s, CPE, infirmier-e-s et travailleurs sociaux. Un certain nombre d’entre elles et eux veut agir mais se sent désarmé. Et, malheureusement, d'autres n’ont pas conscience du problème ou adoptent une attitude hostile dont les conséquences peuvent être dramatiques pour les jeunes concernés. Pour répondre à ces besoins, SOS homophobie a élaboré un module de formation à destination des adultes travaillant avec des adolescent-e-s, et a déjà commencé à intervenir cette année auprès d'infirmières scolaires et travailleurs sociaux.

Un bilan positif, donc, mais des actions qui demandent à être poursuivies et diversifiées : SOS homophobie y prendra toute sa part et restera attentive à ce que la politique menée par le ministère de l’Education nationale en ce domaine se poursuive et s’intensifie.


Pour en savoir plus sur nos interventions : http://www.sos-homophobie.org/publication/interventions-e...


Pour découvrir notre site spécialement dédié aux adolescent-e-s LGBT : http://www.cestcommeca.net/

10.06.2010

Colloque international Nouvel esprit: éducation et homophobie

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Pour accéder au site du Colloque, cliquer ici

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08.05.2010

L'enseignement francophone belge combat l'homophobie

Le site officiel de l'enseignement francophone en Communauté française de Belgique promeut depuis aujourd'hui la campagne contre l'homophobie que la Ministre Marie-Dominique SIMONET (cdH) vient de lancer dans les écoles. On peut depuis hier voir un encadré sur la page d'accueil du site:

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En cliquant sur l'encadré ou sur le lien qui lui fait suite, on aboutit au texte suivant:

News : 17 mai 2010 - Journée mondiale de lutte contre l'homophobie en Communauté Wallonie-Bruxelles

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                                                                                                   7 mai 2010

La journée mondiale de la lutte contre l'homophobie est célébrée le 17 mai. Cette journée a pour but de promouvoir des actions de sensibilisation et de prévention pour lutter contre l'homophobie, la lesbophobie et la transphobie.

La première journée a eu lieu le 17 mai 2005, soit 15 ans jour pour jour après la suppression de l'homosexualité de la liste des maladies mentales de la Classification internationale des maladies élaborée par l'Organisation Mondiale de la Santé.

Le 21 juin 2005, le Parlement de la Communauté française a adopté une résolution relative à l'instauration du 17 mai comme journée nationale de lutte contre l'homophobie. A cette occasion, le Parlement a demandé au Gouvernement de soutenir par tous les moyens utiles l'instauration de cette journée en Communauté Wallonie-Bruxelles et, notamment, de développer des politiques de sensibilisation s'adressant aux acteurs de l'Enseignement.

Dans sa Déclaration de politique communautaire 2009-2014, le Gouvernement de la Communauté Wallonie-Bruxelles s'est vivement engagé dans cette direction. Elle précise en effet que le Gouvernement luttera contre les discriminations que vivent au quotidien certaines personnes LGBT (lesbiennes, gays, bisexuel-le-s et transgenres), avec une attention particulière pour les jeunes, qui sont encore trop nombreux à souffrir de rejet à cause de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre. (…) Le Gouvernement renforcera en particulier la lutte contre l'homophobie à l'école.

La Ministre Marie-Dominique SIMONET a donc décidé de soutenir dans ce cadre l'initiative de commémoration de la journée de lutte contre l'homophobie en incitant les établissements de l'enseignement secondaire à y accorder toute leur attention.

http://www.adm.cfwb.be/index.php?m=doc_view&do_id=3334 (circulaire de la Ministre aux écoles)

07.05.2010

Pistes pour combattre l’homophobie et l’hétérosexisme à l’école

Dans le cadre de la Rainbow Week, la Maison-arc-Ciel de Bruxelles organise un atelier intitulé « Pistes pour combattre l’homophobie et l’hétérosexisme à l’école » le mercredi 12 mai de 15h00 à 17h00 dans les locaux de la Maison Arc-en-Ciel situés au 42 rue Marché au Charbon, 1000 Bruxelles.

Ce workshop s’adresse aux enseignants et à tous les professionnels rattachés à l’enseignement secondaire. L’atelier sera donné par un de nos collaborateurs expérimentés qui est lui-même enseignant et auteur du dossier pédagogique : « Combattre l’homophobiePour une école ouverte à la diversité ».

Cet atelier découle d’un projet de sensibilisation et d’information dans le cadre des luttes contre les discriminations des lesbigays. Saviez-vous qu’environ 5% de la population est Lesbigay et qu’à partir de ces chiffres, il y a aussi dans votre école des élèves d’une orientation sexuelle autre que l’hétérosexualité ? Malheureusement, il existe encore aujourd’hui beaucoup trop de stéréotypes et préjugés sur ce thème. De plus, les élèves éprouvent toujours à l’heure actuelle des difficultés à accepter une sexualité d’orientation différente que ce soit pour eux-mêmes ou chez les autres.

Les stéréotypes et préjugés sont dus à un manque d’information autour de ce thème. Dans l’objectif de réduire et changer les préjugés, nous vous proposons un atelier adapté et ainsi susciter une réflexion sur la diversité des genres et d’orientation sexuelle. En interrogeant les stéréotypes de genre, nous interrogeons également les rapports sociopolitiques qui marquent les relations de pouvoir et de domination entre le genre masculin et le genre féminin.

En informant sur la différence entre les trois concepts que sont les identités sexuelles (sexes psychologiques), les identités de genres et les orientations sexuelles ; en déconstruisant les stéréotypes de genres et les mécanismes (hétéro-)sexistes ainsi qu’en déconstruisant les préjugés homophobes, lesbophobes et transphobes ; nous espérons réduire les diverses stigmatisations et discriminations touchant aux genres et aux orientations sexuelles des personnes, qu’elles soient hétérosexuelles ou homo-bisexuel/les.

L’inscription est vivement souhaitée. Merci de confirmer votre présence à cet atelier en envoyant un e-mail à info@rainbowhouse.be. Par ailleurs, pour tous renseignements, n’hésitez pas à nous contacter à la même adresse ou au 02/503.59.90.

Infos et réservation : http://www.rainbowhouse.be/spip.php?article698

(A noter que le site enseignement.be relaye l'info de manière discrète, cliquer ici)

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06.05.2010

La Ministre Simonet, en charge de l'enseignement, soutient la journée internationale de lutte contre l'homophobie

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La Ministre en charge de  l'enseignement Marie-Dominique SIMONET (CDH) a décidé de soutenir la campagne qu'Arc-en-ciel Wallonie a conçue à l'intention des écoles dans le cadre de la Journée internationale contre l'homophobie.

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Voici la circulaire officielle qu'elle vient de faire parvenir à toutes les écoles en Communauté française de Belgique. Elle incite les écoles à placer les affiches de manière visible. Il ne s'agit que d'une invitation et les établissements resteront libres d'y répondre ou non. Il serait intéressant d'analyser la réponse des écoles. On ne va pas bouder son plaisir, mais je trouve cependant que cette simple invitation à l'affichage reste bien en deçà des nécessités éducationnelles en matière de lutte contre les discriminations. La Ministre signale bien le dossier pédagogique en ligne "Combattre l'homophobie" que la Ministre Arena avait commandé et qui a été distribué aux écoles en novembre 2006. Mais ce dossier n'a jamais fait l'objet d'une évaluation. Le combat contre l'homophobie dans les écoles francophones avance donc toujours essentiellement au gré des bonnes volontés et dépend des initiatives des enseignants ou des directions. La Ministre ne me paraît respecter ici l'accord gouvernemental qu' a minima. Espérons cependant qu'elle accordera à l'avenir une attention particulière à la problématique de l'homophobie en milieu scolaire, comme le prévoit l'accord qu'elle se plait à citer dans sa circulaire.

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                                                                      La circulaire

17 mai 2010

Journée mondiale de lutte contre l'homophobie en Communauté Wallonie-Bruxelles

La journée mondiale de la lutte contre l'homophobie est célébrée le 17 mai. Cette journée a pour but de promouvoir des actions de sensibilisation et de prévention pour lutter contre l'homophobie, la lesbophobie et la transphobie.

La première journée a eu lieu le 17 mai 2005, soit 15 ans jour pour jour après la suppression de l'homosexualité de la liste des maladies mentales de la Classification internationale des maladies élaborée par l'Organisation Mondiale de la Santé.

Le 21 juin 2005, le Parlement de la Communauté française a adopté une résolution relative à l'instauration du 17 mai comme journée nationale de lutte contre l'homophobie. A cette occasion, le Parlement a demandé au Gouvernement de soutenir par tous les moyens utiles l'instauration de cette journée en Communauté Wallonie-Bruxelles et, notamment, de développer des politiques de sensibilisation s'adressant aux acteurs de l'Enseignement.

Dans sa Déclaration de politique communautaire 2009-2014, le Gouvernement de la Communauté Wallonie-Bruxelles s'est vivement engagé dans cette direction. Elle précise en effet que 

"le Gouvernement luttera contre les discriminations que vivent au quotidien certaines personnes LGBT (lesbiennes, gays, bisexuel-le-s et transgenres), avec une attention particulière pour les jeunes, qui sont encore trop nombreux à souffrir de rejet à cause de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre. (…) Le Gouvernement renforcera en particulier la lutte contre l'homophobie à l'école."  

J'ai donc décidé de soutenir dans ce cadre l'initiative de commémoration de la journée de lutte contre l'homophobie en incitant les établissements de l'enseignement secondaire à y accorder toute leur attention. Je rappelle l'existence du dossier pédagogique "combattre l'homophobie", disponible sur le site www.enseignement.be .

Je vous invite par ailleurs à afficher aux valves de votre établissement, de façon visible, tant pour le personnel éducatif que pour les élèves, les affiches ci-jointes, ainsi qu'à arborer le 17 mai le pin's dont vous trouverez ci-joint une dizaine d'exemplaires.

www.arcenciel-wallonie.be

La Ministre,

Marie-Dominique SIMONET

Si vous souhaitez disposer de davantage d'affiches ou de pin's, je vous prie de vous adresser directement à l'association porteuse de cette initiative :

Arc-en-Ciel Wallonie asbl

rue Hors Château 7

4000 Liège

04 222 17 33

courrier@arcenciel-wallonie.be

20.02.2010

Menaces de mort, agressions, quelles sont les réponses des pouvoirs publics? (France)

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Un communiqué du Centre LGBT de Paris 

Paris, le 20 février 2010

Un déchaînement de haine semble s’abattre sur des gays, lesbiennes et trans. agressés un peu partout en France, dans le quartier parisien du Marais également ; menacés, injuriés par des groupes d’intégristes catholiques qui ne supportent pas que l’on s’embrasse sur le parvis de Notre Dame ; et maintenant des menaces de mort adressées à Montpellier, aux plus jeunes d’entre eux.
 
En effet, les jeunes gays pris en charge à Montpellier par l’association Le Refuge, ont été menacés de mort. L’association a reçu un courrier comportant des menaces de mort à l’encontre des jeunes rejetés par leur famille et bénéficiant d’un hébergement temporaire. L’auteur du courrier annonce qu’ » ils vont être criblés de plomb et mis en pièces détachées » ! Ces jeunes, déjà fragilisés, en souffrance, sont nécessairement déstabilisés par une telle haine.

Le Centre LGBT Paris IdF qui accueille régulièrement des jeunes dans la même situation que ceux hébergés par le Refuge tient à leur témoigner ainsi qu’à l’association qui les prend en charge, tout son soutien et sa solidarité.

Nous avons noté avec satisfaction le soutien de la Maire de Montpellier, Hélène Mandroux et nous espérons que la préfecture mettra en œuvre les moyens nécessaires pour assurer la protection des jeunes protégés du Refuge de l’auteur de ce courrier, également que ce dernier sera arrêté et condamné pour cet acte de haine homophobe. 
 
Certains diront que toute cette violence est le prix à payer pour une plus grande visibilité et liberté de vivre son orientation sexuelle au grand jour. 

Nous nous inscrivons en faux contre cette supposition. Toutes ces manifestations de rejet, de haine à l’encontre des personnes LGBT sont encouragées par le laxisme des pouvoirs publics dont les réponses ne sont jamais à la hauteur de l’enjeu.
 
Les personnes agressées ont porté plainte et la justice va suivre son cours, si les agresseurs sont arrêtés, espérons que les sanctions seront exemplaires. 

La répression, réponse judiciaire à posteriori est nécessaire mais insuffisante.

La société toute entière, ses institutions, à commencer par son système d’éducation,   doivent se saisir de la lutte contre les LGBT phobies et plus généralement contre toutes les discriminations.
 
Adopter une pleine égalité des droits pour faire des citoyens LGBT des citoyens à part entière ;  intégrer dés le plus jeune âge des programmes contre les discriminations sexistes, homophobes et racistes ; mener des campagnes d’information et de prévention contre ces discriminations ; promouvoir le respect des différences quelles qu’elles soient, handicap, couleur de peau, orientation sexuelle, identité de genre ; exhorter chacun à vivre curieux et respectueux des autres, de leurs valeurs et modes de vie… 
 
Tout ceci exercerait une action pédagogique certaine, mais cela ne s’improvise pas et relève d’une véritable volonté politique qui manque manifestement à nos gouvernements.
 
 
Christine Le Doaré
Présidente du Centre LGBT Paris IdF
Tél : 06 89 33 78 07
 

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16.02.2010

l’École sera-t-elle complice de la pathologie de la norme  ? Une tribune d'Eric VERDIER parue dans l'Humanité

Un remarquable article paru le 15 février 2010 sur le site en ligne du journal L'Humanité (tribunes & idées)

Les amours du poisson-chat et du poisson-lune

Par Éric Verdier, Psychologue, chargé de mission de la Ligue Française pour la Santé Mentale (*).

L’École sera-t-elle complice de la pathologie de la norme  ?

Je n’ai pas vu le baiser de la lune, et pour cause, il n’est pas terminé. Je sais juste qu’un poisson-chat tombe éperdument amoureux d’un poisson-lune, et qu’une vieille grand-mère chatte, d’abord réprobatrice, se laisse attendrir et finit par comprendre qu’il n’y a rien de plus beau que l’amour, quelle que soit la forme qu’il prend. « Ce film raconte l’évolution du regard archaïque d’une grand-mère sur les relations amoureuses », d’après l’auteur… Somme toute, rien de neuf sous le soleil, mais sous la lune, la polémique fait rage  ! Alors que la morale de l’histoire, c’est aussi que la chatte n’a pas mangé les poissons… Comment comprendre la passion qui anime ces débats, aujourd’hui, en 2010  ? Comment analyser que le ministre de l’Éducation nationale interdise la diffusion de ce film en primaire, sous prétexte qu’il n’a pas vocation à y être diffusé, et que, dans le même temps, le haut-commissaire à la jeunesse maintienne avec force et conviction son soutien  ? Est-ce un nouveau couac entre fermeture et ouverture, ou s’agit-il d’autre chose  ? D’autant que Nadine Morano, connue pour ses prises de position dissonantes à droite en faveur de la reconnaissance d’un statut pour les parents homos, mais par ailleurs secrétaire d’État à la Famille, vient renforcer la position de Luc Chatel… Pourtant, les enfants de ces parents, vivant en couple homosexuel précisément, ont très bien compris, bien avant le CM1, que ce n’était pas uniquement les poissons qui étaient traités de pédés dans la cour de récré. La plupart d’entre eux préfèrent ne pas aborder le sujet, voire mentir ou se cacher de diverses manières. Une petite fille de sept ans, en CE1 donc, a tenté d’expliquer que son papa vivait avec son maxon (petit nom qu’elle donne à son copapa) en déclarant  : « Eh ben, mon papa il est marié avec mon maxon. – C’est même pas vrai, ça existe pas  ! » lui répond une de ses copines. Un autre copain lui réplique alors  : « Ouais, moi je sais, ton papa, il est homoseskuel, c’est cool  ! » Il serait donc trop tôt pour parler d’amour entre deux poissons mâles, me direz-vous  ? Ce doit être à cause de la métaphore évoquée par leur appendice caudal… Mais il y a plus grave encore. On sait que 25 % au moins des adolescents et des jeunes hommes qui se suicident tentent d’emporter dans leur mort une homosexualité qu’ils ne parviennent pas à accepter. On sait aussi que 90 % des adultes homosexuels disent s’être sentis différents des autres à partir de huit-neuf ans, contre 10 % chez les hétérosexuels. Il est donc naturel, pour le coup, de penser que ce n’est pas contre nature que de lever la loi du silence pour des enfants de cet âge-là, autrement dit CE2 ou CM1 au plus tard. Prévenir le suicide, c’est affronter le regard discriminant avant de l’intérioriser, lorsqu’on sait que la construction identitaire des jeunes homos (ou bis ou trans, ils existent aussi) passe essentiellement par l’insulte. Apprendre à s’estimer dans ce qu’on est, trouver la solidarité autour de soi quand on se sent rejeté, assumer sa singularité dans une diversité humaine, voilà des messages forts en termes de valeur éducative. C’est ce que doit véhiculer notre école, pour peu qu’elle ait la force de s’opposer à tous les extrémismes. À l’heure d’un débat sans fin sur l’identité nationale, oserait-on parler de prosélytisme nègre et de tentative de ringardiser les Blancs, si on montrait un dessin animé sur des panthères noires à des enfants du même âge  ? Et puis je suis très choqué de constater à quel point on se focalise sur la burqa, via une islamophobie plus virulente que les islamistes qu’elle est censée débusquer, pendant que le catholicisme intégriste parvient à faire plier un ministre d’État… Les facteurs de protection, ça ne s’invente pas. En refusant d’aider les enfants qui n’ont pas la chance de les trouver dans leur environnement familial, notre système éducatif devient complice d’une forme larvée de discrimination, que l’on désigne couramment par le terme de normopathie  : la pathologie de la norme commence lorsque je me fiche de celui ou de celle qui n’est pas à l’abri de la violence, car moi je suis protégé, je suis normal, moi. Mais qui s’intéressera à moi lorsque je ne serai plus que le seul être normal sur la terre  ?

(*) Coauteur d’Homosexualités et suicide, 
et de Petit Manuel de gayrilla à l’usage des jeunes, et auteur de Laissez-moi tous mes parents, pour une reconnaissance de la coparentalité, Éditions H&O.