02/08/2010

Gay pride de Jérusalem: déclarations homophobes catholiques du patriarcat de jérusalem

Voici la déclaration que l'on trouve sur le site du patriarcat latin de Jérusalem. Les surlignements sont de notre fait: il suffit de les lire pour se rendre compte de la profonde homophobie du message du patriarcat latin de Jérusalem, qui est la plus haute autorité catholique de cette ville. Ce sont les déclarations de ce genre qui obligent les autorités de la ville à protéger les participants à la Gay pirde, à raison de quasi un policier par participant...

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"Homme et femme Dieu les créa" (Genèse 1:27)
Jeudi 29 juillet, les participants à la 8ème "Gay Pride" de Jérusalem ont déambulé dans les rues de la ville sainte, et ce en dépit de l'opposition déclarée des chefs religieux juifs, chrétiens, musulmans et druzes de Terre Sainte.

 

Chaque année depuis 2002, ce défilé vise non seulement à militer pour les droits des homosexuels, mais aussi à défier la famille et le mariage, réalités instituées par Dieu qui a béni l'union de l'homme et la femme. Cette parade, ses organisateurs et les autorités qui la permettent, n'ont d'égard ni pour les sentiments des familles, ni pour la sainteté de cette Ville.  

Les homosexuels peuvent organiser leurs défilés partout où ils le veulent, mais qu'ils laissent Jérusalem à ses fidèles et à ses pèlerins. Dans cette ville qui a déjà subi assez de blessures et d'humiliations, il est extrêmement pénible de constater qu'une telle parade est permise, alors que l'on empêche des millions de croyants arabes, y compris les habitants des territoires de l'Autorité palestinienne, de visiter les Lieux Saints de Jérusalem pour raisons "de sécurité".

En tant que gardiens responsables de la sainteté et de l'inviolabilité de cette Ville "d'où vient la loi" (cf. Isaïe 2:3), en syntonie avec tous les hommes de bonne volonté musulmans, juifs et druzes, nous exprimons notre profonde désapprobation devant de telles manifestations qui prennent pour cible nos villes saintes et expriment leur opposition aux enseignements des livres saints sur la sainteté du mariage unissant l'homme et la femme, béni par Dieu dans le don des enfants. Tout en exprimant notre profond respect pour chaque être humain, nous annonçons la vérité des Dix Commandements, fondements du bonheur d'après les paroles du Seigneur lui-même : «Si tu veux entrer dans la vie éternelle, observe les commandements» (Matthieu 19:17).                        

+ Patriarche Fouad Twal

10/07/2010

Homophobie catholique: le mariage gay est l'oeuvre de satan!

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C'est ce qu'affirme le Cardinal argentin de Buenos Aires Bergoglio dans une lettre adressée aux Soeurs du Carmel de Buenos Aires.

On sait que le Parlement argentin doit se prononcer le 14 juillet sur le mariage des personnes du même sexe, une loi qui a déjà été approuvée par le Sénat de ce pays. L'église catholique a fait dans le pays une campagne contre le mariage gay d'une virulence sans précédent: srrmons, récolte de signatures, referendum. Ler dernier épisode de cette haine homophobe, ce sont les déclarations du Cardinal Bergoglio: la loi sur le mariage gay est un stratagème du Père du Mensonge ( Satanas, Padre de la Mentira), que Bergoglio désigne par un de ses attributs supposés, le mensonge. Selon le Cardinal, l'approbation de cette loi peut blesser profondément la famille. Il ne s'agit pas d'une simple question politique mais de la prétention de détruire le plan de Dieu, un stratagème (il emploie l'expression de 'movida', un mouvement , un plan) du Père du Mensonge qui prétend jeter la confusion et tromper les enfants de Dieu.

"C'est l'identité et la survie de la famille qui est en jeu: un papa, une maman et des enfants. La vie de tant d'enfants est en jeu qui seront discriminés d'avance parce qu'ils seront privész de la maturation humaine dont Dieu a voulu  qu'elle soit donnée par un père et une mère. Ce qui est en jeu, c'est un refus frontal de la loi de Dieu qui a été gravée dans nos coeurs."

"Aujourd'hui la Patrie, face à cette situation, a besoin de l'assitance spéciale du Saint-Esprit pour qu'il vienne mettre la lumière de la Vérité dans les ténèbres de l'erreur. Il faut que cet Avocat nous défende de l'enchantement de tant de sophismes avec lesquels on cherche à jsutifier ce projet de loi, et qui apportent confusion et tromperie à des personnes de bonne volonté."

Mais pourquoi diable le Cardinal écrit-il aux Carmélites? Eh bien c'est pour leur demander "prière et sacrifice, les deux armes invincibles que sainte Thérèse avouait détenir. Demandez au Seigneur qu'il envoie son Esprit aux sénateurs qui doivent voter." bergoglio espère ainsi que la prière des Carmélites induira les parlementaires à voter selon la loi naturelle, qui est la loi divine.

Le Cardinal invite encore les Soeurs à prier Saint Joseph, la  Sainte Vierge et l'Enfant Jésus en leur demandant de protéger la famille argentine.

On le voit, on se trouve en présence d'une guerre cosmique entre Dieu et Satan dont l'enjeu est le mariage gay, destructeur de la famille.

Le propos laisse pantois et montre une fois de plus, s'il fallait le confirmer, que l'homophobie est profondément ancrée dans le catholicisme et rend toute forme de dialogue impossible.

Source: presse argentine, et par exemple Infocatolica

14/05/2010

Trois associations LGBT interpellent les principales autorités religieuses françaises - 10 mai 2010

Idaho 2010 - Trois associations LGBT interpellent les principales autorités religieuses françaises - 10 mai 2010

Lettre ouverte commune de David & Jonathan, HM2F (Collectif citoyen des homosexuel-le-s musulman-e-s de France) et du Beit Haverim (Groupe juif gay et lesbien de France) pour la journée mondiale de lutte contre l’homophobie dont le thème est "homophobie et institutions religieuses":

David & Jonathan (Mouvement homosexuel chrétien), HM2F (Collectif citoyen des homosexuel-le-s musulman-e-s de France), et le Beit Haverim (Groupe juif gay et lesbien de France) ne peuvent accepter que les trois grandes religions monothéistes puissent servir de prétexte pour discriminer les individus LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels ou transsexuels).

Nous – chrétien-ne-s, musulman-e-s et juif-ve-s –, appartenant de fait à une minorité sexuelle : · réaffirmons qu’une juste lecture de nos textes sacrés appelle à la paix, à la fraternité et au respect de chacun, · revendiquons d’être accueillis dans nos églises, temples, mosquées et synagogues comme des croyants à part entière, · appelons les autorités religieuses chrétiennes, musulmanes et juives à tenir un discours non ambigu ou discriminatoire vis-à-vis de la population LGBT, · réaffirmons que toute forme de violence verbale ou physique, tout discours qui peut la légitimer, toute attitude qui stigmatise ou discrimine les individus LGBT, va clairement à l’encontre de l’esprit de nos traditions religieuses et du progrès du droit individuel, tant au niveau de la République française que de l’Union européenne et du Conseil de l’Europe.

Si nos associations se félicitent que des États européens accordent de plus en plus aux personnes LGBT les droits fondamentaux reconnus aux hétérosexuels (et non des droits spécifiques), nous n’oublions pas que, dans de nombreux pays du Conseil de l’Europe, nos droits sont bafoués chaque jour et que nos militants risquent parfois leur vie pour leur reconnaissance. Or, trop souvent encore, ces violences sont légitimées par des motifs prétendument religieux.

En effet, les autorités religieuses nous stigmatisent encore souvent, allant parfois jusqu’à nier ces droits humains fondamentaux. Certains de nos coreligionnaires, au mépris des intérêts mêmes de nos communautés, nous refusent ainsi toute dignité humaine, nous déniant le droit de vivre dans celles-ci notre spiritualité, ne reconnaissant pas la dignité de nos amours, allant jusqu’à appeler à la restriction de nos droits civils.

Nous affirmons être des croyants comme les autres, ni meilleurs, ni pires. Si certains de nos coreligionnaires condamnent sans appel notre nature profonde, notre identité de genre et nos préférences sexuelles, nous restons attachés avec conviction à la foi et aux traditions de nos aïeux et ne revendiquons aucun droit particulier, si ce n’est celui d’être reconnus et acceptés dans nos communautés pour ce que nous sommes : des hommes et des femmes croyant-e-s qui, de fait, appartiennent a une minorité sexuelle.

En cette journée contre l’homophobie et la transphobie du 17 mai 2010, nous appelons les autorités religieuses à accueillir l’existence réelle des personnes LGBT et à œuvrer pour le respect élémentaire qui leur est dû.

Elisabeth Masset, co-présidente de David & Jonathan, et Patrick Sanguinetti, co-président et porte-parole Contact :  communication@davidetjonathan.com

Franck Giaoui, président du Beit Haverim Contact : president@beit-haverim.com

Ludovic Lotfi Mohamed Zahed, président de HM2F Contact: homomusulmans@gmail.com

06/05/2010

Délire catholique: l'adolescent est spontanément homosexuel et la société actuelle est pédophile

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Le journal brésilien O Globo a rapporté les propos  qu'a prononcés l'archevêque Mgr Dadeus Grings ce mardi 4 mai, premier jour de la 48ème Assemblée générale de la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB),  qui réunit plus de 300 évêques brésiliens, à Brasilia. L'archevêque Grings est connu pour ses positions conservatrices.

"La société actuelle est pédophile, c’est là que se trouve le problème. Alors  les personnes tombent facilement dedans. Mais le fait de le dénoncer est un bon signal".*

Mgr Grings a aussi critiqué la libéralisation de la sexualité qui "engendre des déviances de comportement" dont la pédophilie: "Quand la sexualité est banalisée, il est clair que cela touche tous les cas. Dont l'homosexualité. Avant on ne parlait pas d’homosexuels.  Quand on commence à dire qu’ils ont des droits, le droit de s’exprimer publiquement, bientôt on va trouver que les pédophiles ont des droits".**

L'archevêque s'est encore exprimé sur la psychologie des adolescents: "Nous savons que l' adolescent est spontanément homosexuel, ce qui fait que par la suite, s'il n'a pas eu une bonne orientation, cela se fixe".***

Mgr Grings a cependant "condamné clairement" les abus sexuels commis par les prêtres contre des mineurs et affirmé qu’il devaient être "punis" mais a reconnu la difficulté qu'éprouve l’Eglise à dénoncer ces cas à la police: "Il est un peu étrange que l’Eglise aille accuser ses propres fils".

Pour lire l'article de O Globo (en portugais), cliquer ici

Commentaire

On retrouve l'argumentaire vaticanesque connu sur l'interprétation de l'homosexualité: un peu de freudisme non avéré (affirmer que les ados sont spontanément homosexuels est une affirmation pour le moins rapide qui est sans doute à rapporter à la prétendue phase homosexuelle 'normale' de l'adolescence); la libéralisation de la sexualité sert de bouc émissaire; de plus, si l'archevêque n'affirme pas directement que la pédophilie est liée à l'homosexualité, il place les deux termes dans un contexte proche qui induit à l'assimilation et à la confusion. Tout est fait pour atténuer la responsabilité de l'Eglise dans les scandales des prêtres pédophiles qui secouent aussi le Brésil. L'archevêque a d'ailleurs aussi recouru à la statistique pour minimiser le rôle de l'Eglise: en Allemagne, a-t-il avancé, seulement 0,2 pour cent des cas de pédophilies sont le fait de prêtres catholiques...

C'est en somme la triste pratique de la désinformation et de la manipulation qui est à l'oeuvre. Face aux faits avérés de pédophilie sacerdotale, l'archevêque se réfère à des données non avérées qu'il présente comme des certitudes: l'adolescent est spontanément homosexuel, les prêtres pédophiles sont une infime minorité en Allemagne. De plus, ces propos pourraient être ressentis comme insultants par les victimes: on peut en effet se demander pourquoi l'archevêque souligne la prétendue homosexualité de l'adolescent, -serait-ce pour y attribuer une part de responsabilité? - et, pour les victimes, de savoir que leurs viols par des  prêtres relève d'une minorité statistique, cela va-t-il les consoler?

Les perles de l'archevêque dans le texte original:

*"A sociedade atual é pedófila, esse é o problema. Então, facilmente as pessoas caem nisso. E o fato de denunciar isso é um bom sinal"

**"Antigamente não se falava em homossexual. Quando começa a (dizer) que eles têm direitos, direitos de se manifestar publicamente, daqui a pouco vão achar os direitos dos pedófilos "

***"Nós sabemos que o adolescente é espontaneamente homossexual. Só depois, se não houve uma boa orientação, isso se fixa

14/04/2010

Catho, pédo, homo: les réactions des associations LGBT françaises aux propos du Cardinal Bertone


L’Inter-LGBT condamne un amalgame honteux entre homosexualité et pédophilie du cardinal Tarcisio Bertone, numéro deux du Vatican.

Aujourd’hui, pour le numéro du 2 du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone, le célibat des prêtres n'a aucun lien avec les cas récents de pédophilie, mais «le problème» [de la pédophilie] est lié à l'homosexualité. Cette formulation ignoble accuse les homosexuels d'être à l'origine de la pédophilie, elle entretient l'ambiguïté entre une orientation sexuelle et une pathologie et nous replace quarante années en arrière où la « question homosexuelle » était regardée comme « un douloureux problème » et une maladie.

Les autorités religieuses catholiques vivent une grande crise, mais pour autant en faire porter la responsabilité aux « homosexuels » et à l’homosexualité est une atteinte à la dignité des personnes. Cette déclaration publique, qui est un dérapage de plus, nous montre finalement qu'il existe une vraie rupture entre les autorités religieuses catholiques et le reste de la société. En effet, aujourd’hui, la dépénalisation de l’homosexualité et sa déclassification des maladies mentales sont acquises, l’égalité des droits pour les couples de même sexe devient même une réalité dans des pays réputés très catholiques (Espagne, Portugal…), et des couples de même sexe peuvent construire des projets parentaux (Pays-Bas, Belgique…).

L’inter-LGBT tient à rappeler son attachement à la laïcité, garantie et condition de la liberté et de l’égalité des droits des individus et exige donc des organisations politiques françaises et des organisations des droits humains qu'elles dénoncent cette déclaration publique. Elle met en garde contre toute tentative de stigmatisation des homosexuel-le-s et invite le Vatican à revenir rapidement sur ces propos et à les condamner publiquement en présentant ses excuses aux personnes atteintes par la déclaration.

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Réaction de la Présidente du Centre LGBT de Paris

A quelques semaines de l’IDAHO, 

la hiérarchie catholique s’enfonce dans la haine homophobe ! 

Paris, le 13 avril 2010 

Ça ne pouvait pas mieux tomber, le thème de l’IDAHO, journée mondiale de lutte contre l’homophobie du 17 mai, est cette année : « Religions et homosexualité » !  

L’église catholique, non contente de défrayer la chronique avec des scandales pédophiles successifs, ne trouve rien de mieux pour tenter de se disculper que d’invoquer l’homosexualité des pédophiles !  

Les déclarations du Cardinal Bertone, secrétaire d’Etat du Vatican, en visite au Chili, relèvent de la diffamation homophobe. Il considère que la pédophilie des prêtes est une conséquence de leur homosexualité et non de leur célibat.  

Que le célibat ne soit pas la raison de la pédophilie des prêtes, c’est tout à fait possible ; pourquoi leur vœu de chasteté devrait-il les pousser à s’intéresser plus aux enfants qu’aux adultes ? 

Ce qui est certain en revanche et chacun le sait, la hiérarchie catholique également, c’est que la pédophilie n’a rien à voir avec l’orientation sexuelle. Si des pédophiles s’attaquent aux enfants d’un des sexes plutôt qu’à l’autre, beaucoup s’en prennent aux enfants des deux sexes ; des pédophiles sont hétérosexuels et d’autres homosexuels ; beaucoup d’entre eux sont de bon pères de famille.

Aucun argument scientifique digne de ce nom ne lie plus spécifiquement homosexualité et pédophilie ; l’homosexualité est une orientation sexuelle, la pédophilie est une pathologie criminelle, elles n’ont rien de commun.  

Pourtant, en déclarant : “De nombreux psychologues et psychiatres ont démontré qu’il n’y avait aucun lien entre le célibat et la pédophilie et beaucoup d’autres, m’a-t-on dit récemment, qu’il y avait une relation entre l’homosexualité et la pédophilie … Cette pathologie touche toutes les catégories de gens, et les prêtres à un moindre degré si l’on regarde les pourcentages” ; le numéro deux de la  hiérarchie catholique choisit de stigmatiser l’homosexualité. Il fait fi des fillettes abusées, des nombreuses liaisons et même grossesses hors mariage impliquant des mineurs, également des nombreux scandales de fœtus avortés.

La hiérarchie catholique tente de détourner l’attention et de fédérer l’opinion publique contre un ennemi commun : l’homosexualité. Les juifs et les francs-maçons n’ont pas suffit, le complot contre l’église catholique est désormais également ourdi par les homosexuels !  

Il semble que le Vatican soit bien mal engagé pour résoudre comme il se doit ces lamentables affaires de pédophilie en son sein !  

A l’occasion de l’IDAHO nous organiserons des rencontres avec les représentants des religions. Nous apprécierions que d’ici-là,  ils condamnent très clairement de tels propos qui ne sont basés sur aucun fait scientifique et au contraire, relèvent de la diffamation, constituent même une incitation à la haine homophobe. Les responsables religieux ne se doivent-ils pas d’être exemplaires de toute manipulation ?  Responsables et dignes, ne devraient-ils pas s’engager en faveur d’un règlement loyal du problème de la pédophilie en leur sein et pour une acceptation sans condition de l’homosexualité qui n’est ni une pathologie, ni un délit ?  

Christine Le Doaré, présidente du Centre LGBT Paris I-d-F

13/04/2010

SOS homophobie scandalisée par les propos du cardinal Bertone, n°2 du Vatican

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En visite le 12 avril au Chili, le cardinal Tarcisio Bertone, numéro deux du Vatican, a expliqué que les multiples scandales de pédophilie qui ont éclaté au sein de l'Eglise catholique ne sont pas le fait du célibat des prêtres, mais liés à l'homosexualité supposée de certains : "De nombreux psychiatres et psychologues ont démontré qu'il n'existe pas de relation entre le célibat et la pédophilie, mais beaucoup d'autres - et on me l'a dit récemment - ont démontré qu'il existait un lien entre l'homosexualité et la pédophilie. La vérité est celle-ci et le problème, c'est cela", a déclaré le secrétaire d'Etat du Vatican à une radio chilienne. Ou comment, en une affirmation péremptoire, infondée et scandaleuse, revenir cinquante ans en arrière.

SOS homophobie demande en premier lieu au cardinal Bertone de fournir les noms de ces soi-disant "nombreux psychiatres et psychologues" qui nourrissent un tel amalgame. A ce jour, aucune étude scientifique n'a permis de "démontrer qu'il existe un lien entre homosexualité et pédophilie", et aucune ne le fera : pourquoi est-ce qu'une sexualité plutôt qu'une autre serait liée à la pédophilie ? Où trouve-t-on un lien logique entre homosexualité et pédophilie ? En l'absence d'un quelconque élément scientifique qui permette d'étayer ces déclarations honteuses, nous assistons ici à une campagne de désinformation, qui n'a d'autre effet que de stigmatiser une catégorie de la population.

SOS homophobie est outrée, alors que l'homosexualité n'est plus un délit depuis 1982 en France et ne figure plus dans la liste des maladies mentales de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) depuis 1995, de constater que l'on assimile aujourd'hui encore les homosexuels à des criminels, et que l'on en appelle à des scientifiques pour légitimer de tels propos.

Le cardinal Bertone, en déclarant que la pédophilie est intrinsèquement liée à l'homosexualité, lance un appel à la haine. SOS homophobie s'interroge sur le rôle de l'Eglise catholique et sa lecture des textes qui en fondent le dogme : son rôle est-il bien d'alimenter l'hostilité envers un groupe de personnes qui n'a rien commis d'illégal ? Pourquoi continuer à attaquer les homosexuels, qui ne demandent rien d'autre que le droit de s'aimer librement sans être en permanence accusés de délit, de crime, de maladie mentale ? Encore en 2010, les raccourcis simplistes et vindicatifs semblent bel et bien confortablement installés dans les esprits du Vatican.

SOS homophobie voit ici une façon pour l'Eglise catholique de se déresponsabiliser du laxisme dont elle a fait preuve dans la condamnation des affaires de pédophilie qui ont lieu en son sein, et une tentative plus que malheureuse de chercher un bouc-émissaire extérieur, sans prendre ses responsabilités. Cette tentative est cependant tellement grotesque qu'elle perce au jour la pensée rétrograde qui la gouverne.

SOS homophobie demande aux catholiques français à exprimer leur rejet de ces déclarations, et aux responsables du Vatican de se désolidariser du cardinal Bertone, en prenant les mesures nécessaires pour qu'il ne soit plus au poste qui est actuellement le sien. Mais si le pape Benoît XVI n'intervient pas pour contredire les propos haineux tenus par son bras droit, il n'y aura plus de doute sur la position officielle et haineuse de l'Eglise catholique à l'égard des homosexuels

SOS homophobie est une association de lutte contre la lesbophobie, la gayphobie, biphobie et transphobie.
Ligne d'écoute anonyme pour victimes ou témoins : 0 810 108 135 ou 01 48 06 42 41
http://www.sos-homophobie.org/

12/04/2010

Le chagrin des Polonais, par Irène Kaufer

Le chagrin des Polonais 

Par Irène Kaufer :: 11/04/2010

irène

Je sais : ce n'est pas très charitable de s'en prendre à un mort, et moins encore quand il est décédé dans les circonstances tragiques d'une catastrophe aérienne, qui a fait des dizaines d'autres victimes, moins médiatisées. Mais il y a quelque chose d'indécent dans le débordement d'hommages rendus au président Lech Kaszynski, quel que soit le respect que l'on puisse avoir pour le chagrin et le désarroi du peuple polonais. Cette espèce de "Lech-bottes" généralisé va bien au-delà de la simple politesse diplomatique à laquelle, par ailleurs, les médias ne sont nullement tenus.

Car enfin, qui était Lech Kaszynski ? Un anticommuniste très primaire, instigateur d'une chasse aux sorcières qui indisposait jusqu'au très droitier Lech Walesa ; un homophobe qui s'était fait un nom en interdisant la Gay Pride alors qu'il était maire de Varsovie (1), un « catholique convaincu » que, s'il professait une autre religion, on n'hésiterait pas à qualifier d'"intégriste"... Un grand ami aussi de Radio Maryja, une station ouvertement xénophobe et antisémite qui, outre son combat contre le mariage homosexuel et l'avortement, s'est aussi distinguée en menant une bataille contre le remboursement des bien juifs spoliés pendant la deuxième guerre mondiale (2). En voilà un qui n'avait pas besoin de porter un "signe convictionnel ostensible", selon le nouveau vocabulaire en vogue, pour afficher ses positions !

Or que lit-on dans les médias ? A côté d'expressions de deuil et de condoléances de circonstance, le portrait d'un homme qui "prônait une réforme de la Pologne dans la justice, la solidarité et l'honnêteté" (3). On sourit d'une telle originalité car on connaît peu d'hommes politiques ayant pour projet – du moins ouvertement.. - de conduire leur pays sur la voie de l'injustice, de l'égoïsme et de la corruption... Un homme "dévoué à la liberté et la dignité de l'homme", grandiloque Obama. Un président avant tout soucieux de "la démocratie, la liberté et la lutte contre le totalitarisme", ânonne Sarkozy. "Un ami d'Israël", le regrette-t-on à Tel Aviv, faisant mine d'ignorer ses amitiés avec les antisémites de Radio Maryja !

Certes, en cherchant bien, on peut aussi lui trouver quelques côtés plus sympathiques. Antilibéral dans tous les sens du terme, il a rechigné à signer le Traité de Lisbonne et s'est opposé à la privatisation de secteurs-clé comme la santé, se disant sensible au sort des plus démunis – à condition, bien sûr, qu'ils soient polonais, farouchement anticommunistes, catholiques et hétérosexuels.

Bref, même si j'aurais préféré qu'il démissionne ou mieux, qu'il soit électoralement viré par le peuple polonais, comme l'a été son frère jumeau Jaroslaw, la disparition de ce personnage de la vie politique européenne ne m'apparaît pas comme une "perte irrémédiable", comme il est de bon ton de l'écrire

Je profite de l'occasion pour soulever une question que je me pose à chaque catastrophe : comment les croyants – et on connaît la religiosité des Polonais – arrivent-ils à échapper au doute alors que là, on ne peut vraiment pas dire que "Dieu a reconnu les siens " ? Lech Kaszynski était un chrétien exemplaire, prêt à faire un rempart de son corps contre les hordes infidèles, homophiles et avorteuses partant à l'assaut de la vertueuse Pologne. Plus bigot que ça, tu meurs ! Au moment où l'avion allait s'écraser au sol, où donc était ce Dieu bon et tout puissant, alors qu'il Lui suffisait de remuer un de Ses doigts célestes pour soulever l'appareil et le poser en douceur sur une piste d'atterrisage, ou au moins dans une prairie ? S'Il voulait se rappeler au bon souvenir de ses ouailles – peut-être y avait-il même un mécréant dans l'avion, qui sait, ces mauvaises herbes poussent partout ! - il pouvait n'intervenir qu'à la dernière minute, et les passagers en auraient été quittes pour une grosse frayeur. A moins qu'Il n'ait été trop occupé à tenter d'éteindre l'incendie qui couve autour de son cher Benoît et des scandales de pédophilie...

Qu'on (re)trouve la foi suite à un traumatisme personnel, je peux encore le comprendre : dans ces cas-là, on fait ce qu'on peut pour ne pas sombrer. Mais quand ce Dieu (supposé bon, de surcroît !) s'en prend à des créatures qui, en apparence, ont tout tenté pour lui plaire, comment peut-on encore croire à son existence - à moins que ce soit pour le maudire ?

Décidément, les chemins de la foi me sont impénétrables. S'il y a des croyants dans la salle, qu'ils m'expliquent. Vraiment, j'aimerais comprendre...

(1) http://www.tetu.com/actualites/international/La-Pologne-e...

(2 )http://www.golias.fr/spip.php?article1683

(3) Selon la dépêche de l'AFP reprise par de nombreux journaux

09:40 Publié dans Politiques, élections, actions et campagnes | Lien permanent | Tags : pologne, homophobie, catholicisme, lech kaszynski | | |  Facebook |