28.03.2010

L’homosexualité est criminalisée dans 38 pays Africains

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Un article publié sur le site Africahit

En Ouganda, on brûle d’envie de les envoyer à l’échafaud. Au Malawi, gare à ceux qui osent se « marier ». Au Burundi, on les préfère au cachot. Au Zimbabwe, le président Mugabe [relayé par son premier ministre, NDLR] a refusé, mardi, d’introduire leurs droits dans la nouvelle constitution, après les avoir traités de "porcs" et de "chiens". Il ne fait décidément pas bon être homosexuel en Afrique. Dans 38 des 53 Etats que compte le continent, les gays sont considérés comme des criminels.

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15.03.2010

Les gays, clandestins en Afrique. Cameroun, sortir du Nkuta, un documentaire de Céline Metzger.

Un article de Sandra Fontaine paru sur Infosud-Tribune des Droits humains

12 mars 10 - Cameroun : sortir du Nkuta*, de Céline Metzger, suit le combat d’Alice Nkom, avocate qui défend les homosexuels dans un continent où leurs droits régressent. Une avocate présente à Genève au FIFDH.

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Sandra Fontaine/InfoSud - Clandestinité quasi obligatoire, répression accrue, durcissement des lois… A l’instar du reste du continent africain, être homosexuel au Cameroun constitue un calvaire. De l’ensemble des pays du Maghreb à nombre de ceux au Sud du Sahara, 38 Etats d’Afrique criminalisent les relations entre personnes du même sexe. Mais le Cameroun est le seul pays africain francophone, à majorité non-musulmanne, à pénaliser les relations entre personnes du même sexe. Particularité qui a pousser Cécile Metzger à réaliser le documentaire "Cameroun : sortir du Nkuta" ["sorti du placard, NDLR], projeté ce 12 mars dans le cadre du Festival du Film et Forum International sur les Droits Humains (Genève, du 5 au 14 mars).

Après la publication dans la presse camerounaise, en octobre 2006, de listes de personnalités politiques et autres artistes supposées homosexuels, le sentiment homophobe a été exacerbé aussi bien dans la rue que dans les tribunaux. Des rafles ont été organisées dans des lieux prétendument fréquentés par des gays. Des hommes et des femmes ont été emprisonnés des mois avant de pouvoir se présenter, enchaînés, à leur procès.

"Encouragés par les médias qui cherchent les records d’audience, les outings forcés se sont dangereusement banalisés en Afrique, source de toutes les dérives et violations des droits humains", affirme Alice Nkom, avocate camerounaise qui a fait de la défense des droits des lesbiennes, gays bi et transgenres le combat de toute une vie.

Poussée du fondamentalisme religieux

"Je suis né homo, Jésus a dit "Aime ton prochain", la haine n’est pas africaine". Fièrement scandé dans les rues de Cape Town en Afrique du Sud, l’un des slogans de la Gay Pride organisée le 6 mars dernier dans la ville la plus gay friendly d’Afrique résume avec naïveté la nette régression des droits des homosexuels observée sur le continent.

« L’augmentation de la pauvreté a marqué le retour de tous les fondamentalismes, en particulier religieux, analyse Alice Nkom. Les dirigeants africains ont cédé sous le poids électoral de ces groupes d’opinion », entraînant une dégradation inquiétante de la situation des gays.

Certes, l’Afrique du Sud est allée jusqu’à autoriser les mariages entre personnes du même sexe en 2006. Mais, selon une étude publiée récemment par l’association sud-africaine Behind the mask (www.mask.org.za), près de 10 lesbiennes sont toujours violées chaque mois rien qu’au Cap, sous prétexte de "les soigner". Au Burundi, le gouvernement a profité de l’abolition de la peine de mort en 2009, pour introduire dans la Constitution le délit d’homosexualité.

Intervention des Nations-Unies

Les droits fondamentaux des lesbiennes, gays, bi et transgenres sont tellement menacés sur le continent africain, que la communauté internationale a décidé d’intervenir. Début mars, deux rapporteurs spéciaux des Nations-Unies pour les droits de l’homme ont demandé officiellement aux députés ougandais de renoncer à voter une loi clairement anti-gays. Si l’homosexualité est déjà considérée comme une activité criminelle en Ouganda, passible de la prison à perpétuité, le projet de loi déposé en octobre dernier prévoit de durcir encore ces dispositions, avec notamment la peine capitale pour le viol d’un mineur par une personne du même sexe ou par un malade du sida. En outre, toute discussion publique sur l’homosexualité deviendrait un délit, et le propriétaire qui louerait un logement à un homo s’exposerait à des poursuites.

Marginalisés par leurs communautés et leurs familles, mis au banc de la société, les gays souffrent d’un manque d’accès aux campagnes de sensibilisation et de soin contre le virus du sida. Entre les abus sexuels systématiques dans les prisons, les "viols curatifs" des lesbiennes, et les pratiques à risque dus à des carences de prévention, l’épidémie est en train de se propager de façon inquiétante à travers la communauté gay.

Face à tant de difficultés pour vivre leur sexualité dans la paix et la sécurité, beaucoup d’homosexuels africains choisissent le suicide ou l’émigration à tout prix vers le Nord. Mais Alice Nkom en est certaine : "Le combat commence par la réconciliation de l’homosexuel africain avec lui-même".

Lire aussi les articles d'Afrik.com et de Cameroun.link. On peut également lire quelques réactions africaines sur bonaberi.com...

On peut VOIR 8 minutes du documentaire  (sur 52 minutes, un bel  extrait donc!) sur le site des Films du Balibari: balibari.com

*Quelques mots d'explication

Au Cameroun, le "nkuta" est un sac en toile de jute. L'expression "sortir du nkuta" fait référence à l'expression française des années 80 "sortir du placard" ou plus communément aujourd'hui au "coming out".
Au Cameroun, l'homosexualité est pénalisée depuis 1972 lorsque le Président Ahidjo signe l'ordonnance de l'article 347bis. Début 2006 paraît dans plusieurs journaux camerounais une liste dénonçant la prétendue homosexualité de 50 personnes influentes. Cette révélation fait l'effet d'un coup de tonnerre dans la société camerounaise : jusqu'alors, dans l'opinion publique, il était évident qu'il n'y a pas d'homosexuels au Cameroun ! Depuis la publication de cette liste, la société camerounaise se trouve confrontée à une crise à double tranchant : d'une part, il est enfin possible de prononcer le mot "homosexualité" ouvertement, prémices houleuses d'une reconnaissance à venir, mais d'autre part, la répression à l'égard des personnes désignées comme homosexuelles s‘avère particulièrement violente : amendes, emprisonnements, mises à l'index. Personne n'est à l'abri sauf si on a les moyens d'acheter le silence. Dès 2005, l'avocate Alice N'Kom décide de défendre gracieusement onze hommes arrêtés et emprisonnés en préventive parce que soupçonnés d'homosexualité.
Pour elle, l'article 347bis s'oppose à la constitution de 1996 qui reconnaît les libertés individuelles. Si cette liste accuse la haute société camerounaise, ce sont bien "les petites gens" comme Muriel et Elvis qui pâtissent de la rumeur.
Ils vivent au quotidien entre sacrifices et mensonges afin de conserver une liberté toute relative.

Source de l'explication: africultures.com

13.03.2010

Desmond TUTU s'alarme de l'homophobie galopante en Afrique

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Desmond TUTU, archevêque émérite anglican du Cap (Cape Town, Afrique du Sud), s'est vu décerner le prix Nobel de la Paix en 2004. Dans un article publié hier par le Wahington Post, il s'inquiète de la propagation de l'homophobie sur le continent africain: au Sénégal, au Malawi, au Kenya et en Uganda les législateurs s'attaquent aux droits des personnes LGBT jusqu'à préconiser la peine de mort (Uganda),  et il arrive que  la population s'en prenne aux personnes et mette en danger leur intégrité physique. La pandémie de Sida est plus préoccupante que jamais et l'homophobie ambiante en est un facteur de développement. Tout cela est inacceptable d'un point de vue chrétien, selon l'archevêque. L'homosexualité n'est pas un péché, mais un des aspects de la diversité humaine.

Voici le texte original de Desmond Tutu.

In Africa, a step backward on human rights

By Desmond Tutu
Friday, March 12, 2010; A19

Hate has no place in the house of God. No one should be excluded from our love, our compassion or our concern because of race or gender, faith or ethnicity -- or because of their sexual orientation. Nor should anyone be excluded from health care on any of these grounds. In my country of South Africa, we struggled for years against the evil system of apartheid that divided human beings, children of the same God, by racial classification and then denied many of them fundamental human rights. We knew this was wrong. Thankfully, the world supported us in our struggle for freedom and dignity.

It is time to stand up against another wrong.

Gay, lesbian, bisexual and transgendered people are part of so many families. They are part of the human family. They are part of God's family. And of course they are part of the African family. But a wave of hate is spreading across my beloved continent. People are again being denied their fundamental rights and freedoms. Men have been falsely charged and imprisoned in Senegal, and health services for these men and their community have suffered. In Malawi, men have been jailed and humiliated for expressing their partnerships with other men. Just this month, mobs in Mtwapa Township, Kenya, attacked men they suspected of being gay. Kenyan religious leaders, I am ashamed to say, threatened an HIV clinic there for providing counseling services to all members of that community, because the clerics wanted gay men excluded.

Uganda's parliament is debating legislation that would make homosexuality punishable by life imprisonment, and more discriminatory legislation has been debated in Rwanda and Burundi.

These are terrible backward steps for human rights in Africa.

Our lesbian and gay brothers and sisters across Africa are living in fear.

And they are living in hiding -- away from care, away from the protection the state should offer to every citizen and away from health care in the AIDS era, when all of us, especially Africans, need access to essential HIV services. That this pandering to intolerance is being done by politicians looking for scapegoats for their failures is not surprising. But it is a great wrong. An even larger offense is that it is being done in the name of God. Show me where Christ said "Love thy fellow man, except for the gay ones." Gay people, too, are made in my God's image. I would never worship a homophobic God.

"But they are sinners," I can hear the preachers and politicians say. "They are choosing a life of sin for which they must be punished." My scientist and medical friends have shared with me a reality that so many gay people have confirmed, I now know it in my heart to be true. No one chooses to be gay. Sexual orientation, like skin color, is another feature of our diversity as a human family. Isn't it amazing that we are all made in God's image, and yet there is so much diversity among his people? Does God love his dark- or his light-skinned children less? The brave more than the timid? And does any of us know the mind of God so well that we can decide for him who is included, and who is excluded, from the circle of his love?

The wave of hate must stop. Politicians who profit from exploiting this hate, from fanning it, must not be tempted by this easy way to profit from fear and misunderstanding. And my fellow clerics, of all faiths, must stand up for the principles of universal dignity and fellowship. Exclusion is never the way forward on our shared paths to freedom and justice.

Source: le Washington Post du 12 mars

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12.03.2010

Regards sur les homosexualités féminines au Cameroun, le 19 mars à Bruxelles

Une rencontre autour d'un livre

1. LA RENCONTRE

RENCONTRE LE 19 MARS 2010 A 18H30
PIANOFABRIEK
35, rue du Fort - 1060 Bruxelles
Station : Parvis de Saint-Gilles ou Porte de Hal

Si la réalité de l’homosexualité en Afrique ne fait pas de doute aujourd’hui ni dans le passé, la visibilisation des homosexuels et le débat public autour de cette « question » sont quant à eux plus récents. Cette visibilité de l’homosexualité en Afrique n’est que partielle puisqu’il ne s’agit que de celle des hommes. Où sont les femmes homosexuelles ? C’est cette question que s’est posée Marthe Djilo Kamga dans son livre « Quand les femmes aiment d’autres femmes : regards sur les homosexualités féminines au Cameroun »* (Université des Femmes, Bruxelles, 2009) et dans les projets cinématographiques qu’elle développe sur cette même thématique. L’Université des Femmes, l’ILGA, l’Association internationale de lesbiennes, gays, personnes bisexuelles, trans et interesexuées, et l’association Les Identités du Baobab ont le plaisir de vous inviter à la présentation de ce livre en présence de l’auteure Marthe Djilo Kamga. Maitre Alice N’Kom, avocate au Barreau de Douala (Cameroun) et Présidente de ADFHO (Association de Défense des Droits des Homosexuels) nous parlera de son expérience de défense des personnes l’homosexuelles au Cameroun.

Renseignements : 0485/54 05 84

* Le livre peut être commandé auprès de l’Université des Femmes info universitedesfemmes.be

Origine du texte: amnestyinternational.be

2. LE LIVRE

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Quand les femmes aiment d’autres femmes : regard sur les homosexualités féminines au Cameroun

Marthe Djilo Kamga présente un projet à entrées multiples. A partir d’un état des lieux sur l’homosexualité féminine en Afrique, elle nous présente une fiction qui met en scène, dans une société rurale, trois personnages en quête de bonheur. Elle prend appui sur un des fondements de la tradition, la polygamie, pour construire finalement une nouvelle relation, lesbienne celle-là. Cette histoire, elle en dessine les contours et décors.

La situation des lesbiennes sur le continent africain ne peut se suffire d’une fiction. La réalisatrice souhaite accompagner cette fiction d’un documentaire où elle donnerait la parole à ces femmes, dont elle connaît si bien le parcours de lutte pour avoir le droit de vivre leurs amours.

Si l’objectif politique de ce cahier est de plaider pour que cesse le traitement injuste réservé aux homosexuel-le-s en Afrique, il livre aussi une matière riche, susceptible de modifier les mentalités, ici et là-bas, et interroge indirectement le mouvement des femmes sur sa solidarité avec les lesbiennes. Il oblige aussi à voir les stratégies développées par les femmes, victimes non consentantes, qui persistent à vouloir vivre des relations amoureuses conformes à leurs désirs. Ce cahier est une première étape ouvrant la porte à la réalisation et la production de ces deux films.

Table des matières :

● Préface, Marie-Thérèse Coenen.

● Pourquoi ce cahier ?, Marthe Djilo Kamga.

● Chapitre I : Homosexualités féminines en Afrique : État des lieux, Marthe Djilo Kamga et Bénédicte Fonteneau.

● Chapitre II : Femmes, jeunes, lesbiennes et africaines : un sujet délicat au Cameroun, Charles Gueboguo.

● Chapitre III : Le mutisme du baobab : court-métrage. Synopsis et scénario : Marthe Djilo Kamga. Story-board : Ricky Fongang.

● Chapitre IV : Être femme et aimer les femmes au pays : Documentaire, Marthe Djilo Kamga.

● Pour ne pas conclure : Florence Degavre et Bénédicte Fonteneau

Origine du texte: genreenaction

Source de la photo et plus d'infos sur l'auteure: têtu.com

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19.01.2010

Sénégal : les religieux expliquent les raisons de leur homophobie

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                                                             Un article de la rédaction africaine de Radio Nederland Wereldomroep (la radio néerlandaise internationale), mis en ligne le 18 janvier

Dépravation des mœurs, perte de l’ordre social, acte contre nature : au Sénégal, l’homosexualité suscite réprobation, craintes et parfois actes de violence.

Bineta Diagne (Notre correspondante à Dakar)

L’imam Assane Seck officie à la mosquée de l’unité 17 des Parcelles assainies, dans la banlieue dakaroise. Il y prononce parfois des prêches contre les homosexuels « pour sensibiliser » sur ce phénomène. Titulaire d’une maîtrise en droit islamique, cet imam condamne avec virulence l’homosexualité dans la société sénégalaise, composée à 95% de musulmans vivant dans un Etat laïc : Je conçois l’homosexualité au Sénégal comme tout à fait contraire à la foi, la religion et les mœurs de plus 95 % de la population, affirme M. Seck. « Ce phénomène (l’homosexualité) est fortement combattu dans notre société. Il suscite la réprobation la plus totale, vu que l’islam, explique-t-il, a une attitude tout à fait sévère vis-à-vis de l’homosexualité ». D’après ce chef religieux, l’homosexualité menace « l’ordre social » sénégalais.

Lobbies européens

Même réquisitoire soutenu par l’ONG islamique Jamra. Son président, Bamar Guèye, dénonce des lobbies homosexuels européens, qui seraient derrière les homosexuels sénégalais : Des personnes d’autres pays veulent nous imposer quelque chose qui n’est conforme ni avec notre religion, ni avec notre tradition, s’insurge-t-il, tout en reconnaissant que la foi est quelque chose de sensible.

Ce musulman dit conseiller en toute confidentialité les rares homosexuels qui s’adressent à sa structure :« Nous leur disons de se conformer aux préceptes de notre sublime religion, indique M. Guèye. Et d’insister : Nous les encourageons, nous ne les forçons pas. Plus radical, l’imam Assane Seck soutient une application à la lettre du Coran, qui, selon lui, dicte de tuer les homosexuels pour purifier la société.

 
Victimes du mal

Autre voix opposée aux homosexuels : l’Eglise sénégalaise. La foi chrétienne refuse l’homosexualité, dit l’abbé Léon Diouf, vicaire épiscopale à la Cathédrale de Dakar. Cet abbé prône pourtant la tolérance car il considère les gays comme des victimes du mal, qu’il faudrait protéger des mouvements de foule. (...) C’est la foule qui rejette ainsi cette communauté, dénonce-t-il.

Un activiste sénégalais de la Rencontre africaine des droits de l’homme met en garde contre les dérives de l’homophobie. S’opposer aux MSM (hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes, en anglais), ne justifie pas que l’on aille jusqu’à déterrer un homosexuel, comme cela a été le cas à Thiès l’an dernier. Si on va aussi loin, c’est qu’il y a problème dans la société, avertit-il.

En février 2008, la publication dans la presse locale de photos illustrant une cérémonie gay avait provoqué un tollé et une véritable chasse à l’homme contre les homosexuels. Depuis, nous sommes obligés de nous cacher, témoigne le secrétaire exécutif d’une association gay, sous couvert de l’anonymat : Au début, se souvient-il, lorsque notre association s’est formée, nous avions du mal à mobiliser les MSM, car il fallait qu’ils sortent de leur clandestinité.

Source: RNW

29.12.2009

En Afrique, rien ne va plus pour les personnes LGBT, agissons !

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Un communiqué du Centre LGBT de Paris

Paris, le 29 décembre 2009
 
Aujourd’hui, au Malawi 2 homosexuels qui organisaient une cérémonie symbolique de mariage ont été inculpés d’attentat à la pudeur. Dans ce pays, l’homosexualité est illégale et la sodomie est passible de 14 ans d’emprisonnement. Au  Malawi, plus de 20% de la population homosexuelle serait porteuse du VIH.
Lors du réveillon de Noël, ce sont 24 homosexuels présumés qui ont été arrêtés par la police sénégalaise.
Le Rwanda et l’Ouganda ont révisé leur code pénal afin de criminaliser les relations entre personnes de même sexe. L’Ouganda a tenté d’adopter un texte instituant la peine de mort pour les homosexuels et les séropositifs, sous la pression internationale, les dispositions les plus extrêmes ont été retirées mais l’homosexualité reste criminalisée et un génocide est à craindre. 
 
Les gays, lesbiennes et trans. dans de nombreux pays africains, vivent dans la clandestinité, sinon ils subissent violences et discriminations ; ils sont aussi très touchés par le VIH et tout ceci dans une relative indifférence internationale.
 
Les responsables des programmes d’éducation et de développement européens et mondiaux devraient aussi prendre en compte la situation des personnes LGBT, manifester leur indignation à les voir ainsi stigmatisés, les gouvernements africains auraient alors tout intérêt à adopter une législation contre les discriminations, à encourager les populations LGBT à vivre librement et à rejoindre les programmes de prévention contre le VIH.
 
Les ONG et les institutions nationales comme internationales doivent sans tarder exprimer leur préoccupation, la situation des personnes LGBT en Afrique,  devient particulièrement alarmante.
La Déclaration conjointe de dépénalisation mondiale de l’homosexualité portée par la France devant l’ONU fin 2008 et signée par 66 des 192 pays membres de l’Assemblée ne doit pas rester lettre morte et les Principes de Jogjakarta doivent être adoptés et respectés dans le monde entier.
 
 
Pour le Centre LGBT Paris IDF,
Christine Le Doaré, présidente
Tél : 06 89 33 78 07
 
 
 
Centre Lesbien, Gai, Bi & Trans. de Paris et Ile-de-France • 63 rue Beaubourg 75003 Paris •
Accueil : 01 43 57 21 47 • Administration : 01 43 57 75 95 •
Site Internet : http://www.cglparis.org • Mail : contact@cglparis.org

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21.09.2009

Un coming out désastreux: un témoignage africain

anonymat

Dimensions des photos d'identité de Thomas et de Karim

Je reçois un courriel de Thomas (un prénom d'emprunt pour préserver le nécessaire anonymat de ce jeune homme), un étudiant originaire d'Afrique centrale,  qui fait ses études en Belgique et a tenu à communiquer son témoignage à la fois terrible et émouvant sur la difficulté qu'il y a à vivre son homosexualité au grand jour en Afrique. Je vous livre son courriel tel quel, sans en corriger ni la syntaxe ni l'orthographe.

Bonjour

Je t'envoie ce mail pour te parler un peu de moi et de ma famille. En effet je suis jeune gay etudiant en Informatique Bureautique d'origine africaine et residant a *** (Belgique) avec ma tante et son mari.

Je me suis rendu compte de ma situation d'homosexuel depuis mes toutes premieres contacts avec des amis dont j'en tombe tres tot amoureux, je ressens une attirance particuliere aux hommes et tres tot j'ai compris que je suis gay

Alors j'ai perdu la confiance le respect et l'amour de presque tout mes amis qui sont au courant de ma situation ils me prennent pour un malade sexuel. J'avais si honte d'aller aux cours et de sortir jusqu'au jour ou j'ai fais la connaissance d'un ami gay qui m'a appris que etre gay ce n'est pas un crime et j'ai pas a me condamné du fait que j'en suis un.

Alors j'ai appris a prendre le dessus et de deffendre ma vie de gay au peril de ma vie mais j'ai toujours peur que ma famille se rende compte de ma situation jusqu'au moment ou je suis allé passé mes vacances aupres de mes parents (Mon pere et ma Mere) et c'est ainsi que mon pere s'est rendu compte que je suis un gay. Frappé par cette nouvelle il a eu une crise qui lui a couté la vie. Je porte en moi cette charge trop lourd et trop amer car je me sens responsable de la mort de mon pere.

Je prie de vite finir mes etudes afin de prendre un nouvel envol vers mon monde de gay de quitter ma tante et de faire ma vie tres heureux avec un homme sincere. Je pourrai me confier a quelqu'un de sincere afin de gagner confiance amour respect sincerite tolerance joie et pleine d'autre chose a partager. Pour moi ma famille represente une grande importance dans ma vie mais me prenant pour responsable de la mort de mon pere et je me sens si mal d'etre l'assassin de mon pere.

Merci d'avoir preter une attention a mon message.

NB Je serai de retour en Belgique à ¨*** pres de ma tante dès que je finis les cérémonies de mon pere car je suis l'ainé de mon père et de ma mère.

Ecouter Thomas, être présent à sa douleur face à la perte de son père, l'accompagner dans son deuil, simplement être là pour lui...

Ce n'est peut-être pas tout de suite le moment de lui faire comprendre qu'il n'est pas un assassin, qu'il n'est pas le meurtrier de son père qu'il pense être. Ce n'est bien sûr pas lui qui a tué son père mais l'homophobie de la société qui a sans doute contribué à ce décès. Thomas éprouve ce que l'on appelle de l'homophobie internalisée: il prend sur lui le décès de son père, il se culpabilise au point de se prendre pour un assassin parricide, alors qu'il n'a fait que suivre son inclination naturelle et, comme tout être humain, s'est mis à la recherche de son  bonheur.

J'évoquais hier la souffrance de Thomas avec mon ami Karim (encore un prénom d'emprunt), un Marocain issu d'une famille aisée de Tanger. Karim a 11 frères et soeurs, ils sont tous universitaires, mariés avec des enfants, il est le seul célibataire. Il est venu faire son doctorat en Belgique et a décidé de rester chez nous pour vivre plus  librement son orientation sexuelle. Jamais je n'avouerai mon homosexualité à ma famille, me disait-il. Personne ne comprendrait. Tu sais, un de mes frères m'a proposé que sa femme et lui me donnent leur prochain enfant, tant il est triste pour moi que je n'aie pas d'enfants...

Comme le dit Rosa von Praunheim dans le titre d'un de ses films: Ce n'est pas l'homosexuel qui est pervers, c'est la situation dans laquelle il vit. ("Nicht der Homosexuelle ist pervers, sondern die Situation, in der er lebt“ )

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27.05.2009

L'Afrique et la représentation de l'homosexualité

Une interview de Patrick Awondo par Alain Miguet pour Sida Info Service

Questions à…
Patrick Awondo, sociologue doctorant, Laboratoire d’anthropologie sociale EHESS
lundi 18 mai 2009
« Le moment colonial explique la représentation actuelle de l’homosexualité en Afrique »

Sida Info Service : Certaines sociétés africaines ont-elles accepté l’homosexualité au cours de leur histoire ?

Patrick Awondo (PA) : La réponse est oui. Même s’il faut se souvenir que la norme dans toutes les sociétés du monde a toujours été l’hétérosexualité. Des travaux extrêmement documentés effectués par des historiens et des anthropologues démontrent que l’homosexualité a été tolérée ou acceptée dans certaines sociétés africaines. Dans la zone actuelle du Zimbabwe, l’historien canadien Marc Epprecht a prouvé l’existence de l’homosexualité, des fresques très anciennes dans des grottes figurent des représentations homosexuelles dans cette même zone. L’anthropologue britannique Evans-Pritchard a travaillé chez les Azande, dans le Soudan, et a montré la réalité de ce qu’il appelait des formes d’inversion sexuelle.

SIS : Pourquoi le rejet de l’homosexualité est-il actuellement si fort en Afrique ?

PA : Le moment colonial est à prendre en compte pour expliquer la représentation actuelle de l’homosexualité dans l’ensemble de l’Afrique car il s’articule avec l’arrivée des religions révélées. C’est ce moment-là qui introduit l’homophobie au sens où nous l’entendons aujourd’hui. Au Cameroun, le groupe ethnique Beti, auquel j’appartiens, est comme d’autres sur le continent riche d’histoires décrivant des situations pouvant se rapporter à l’homosexualité. Sans passer pour un modèle, les personnes qui en étaient soupçonnées n’étaient pas mises à l’écart de la société. Quand la société Beti a été christianisée, on est passé d’un tabou mesuré à celui d’une interdiction formelle et d’une diabolisation pure et simple. Il était interdit de pratiquer l’homosexualité, d’en parler et des sanctions ont été instaurées et relayées par l’ensemble du groupe social.

SIS : L’arrivée des religions révélées explique-t-elle à elle seule le rejet de l’homosexualité ?

PA : Pas seulement. Le moment colonial est fondamental car il instaure des lois répressives et une perception encore plus dépréciative de l’homosexualité. Mais il ne faut pas oublier que dans toutes les sociétés africaines, comme partout d’ailleurs, l’homosexualité n’a jamais fait figure de modèle. Dans la plupart des sociétés, le rejet de l’homosexualité remonte à très longtemps aussi. Cependant je considère que ce passage du tabou, de la chose dont on ne voudrait pas parler mais dont on sait qu’elle existe, à l’interdiction et la diabolisation est un moment crucial.

SIS : Existe-t-il des différences de perception vis-à-vis des lesbiennes par rapport aux gays ?

PA : Absolument. Je pense que l’homosexualité masculine est mieux acceptée que l’homosexualité féminine. Je le constate dans le cadre de l’étude* que je mène actuellement car j’éprouve beaucoup de difficulté à rencontrer des lesbiennes, qui pourtant existent. Si on part de l’Afrique australe pour rejoindre l’Afrique centrale, des expressions dans certaines langues désignent l’homosexualité. Ce n’est pas vrai dans toutes les sociétés mais on en trouve un certain nombre. Au Zimbabwe par exemple, l’expression « hungochani » en chiShona renvoie à l’homosexualité masculine, tout comme les Zoulou disent « nkoschana » pour la copulation entre hommes. Au Cameroun, les Bamoun ont une expression qui signifie « l’homme-femme ». L’expression inverse décrivant les lesbiennes n’existe pas toujours. L’autre fait à prendre en compte est que le Vih/sida qui est le catalyseur de la visibilité des homosexuels ne concerne pas vraiment les lesbiennes.

SIS : Comment expliquez-vous ce rejet plus fort de l’homosexualité féminine ?

PA : Si plusieurs facteurs peuvent l’expliquer, le plus éminent est la phallocratie des sociétés africaines où généralement les hommes dominent les femmes. Il faut savoir que la représentation de l’inversion de cette domination qu’exemplifie l’acte de sodomie est le moteur de nombre de fantasmes liés à cette sexualité. Des anthropologues ont montré toutefois que des sociétés avaient presque institutionnalisé l’homosexualité féminine. Dans la zone du Nigeria actuel, ce type de situation est connu. Dans l’Afrique moderne, les persécutions touchent plus les femmes que les hommes : en Ouganda, en Afrique du Sud, au Zimbabwe, le constat est le même presque partout.

SIS : La criminalisation de l’homosexualité se développe en Afrique comme on l’a vu récemment au Burundi. Comment l’expliquez-vous ?

PA : L’homosexualité est très liée à l’impérialisme occidental dans les représentations populaires africaines. La fronde publique contre cette orientation sexuelle devient une cause morale et le dernier bastion sur lequel certains pensent devoir transposer le rejet d’une supposée « dépravation de l’Occident ». Si au sein des gouvernements africains, certains dirigeants rejettent cette conviction que l’homosexualité est le fait des Occidentaux, ils subissent une si forte pression de la rue et des populations, qu’ils se sentent obligés d’agir en conséquence. Au Cameroun, en 2006, une partie de la presse privée a publié des listes de personnalités présumées homosexuelles. Le président de la République, peu réputé pour ses idées libérales, a pourtant pris la parole pour expliquer que la sexualité relevait du domaine de la vie privé. Eh bien il s’est fait lyncher le lendemain par la presse qui l’a accusé de soutenir ses amis occidentaux avec qui il entretenait des compromissions serviles. Rama Yade est l’une des personnalités françaises les plus détestées sur le continent pour son soutien aux homosexuels. Je me souviendrai toujours de ce journal camerounais avec sa photo à la une et le titre en dessous : « la France soutient les pédés ». Il ya aussi l’influence du religieux. Le président Abdoulaye Wade est sans aucun doute conscient des questions des droits de l’homme. Mais le Sénégal est un pays musulman très religieux et un certain fondamentalisme agit contre l’homosexualité. Partout sur le continent, des gens en quête de reconnaissance et des populations revanchardes contre les anciens colons ont fait de la lutte contre l’homosexualité une cause du nationalisme culturel.

SIS : Dans un tel contexte, comment les homosexuels africains peuvent-ils faire évoluer la situation ?

PA : La mobilisation est nécessaire car en dépit de vraies situations de régression comme au Burundi ou au Sénégal dans une certaine mesure, on constate des évolutions. Les Africains eux-mêmes doivent se mobiliser en n’oubliant pas qu’ils vivent dans un monde globalisé. Il ne serait pas réaliste qu’ils prennent seuls les choses en main. Ils se feraient lyncher très vite. Le mouvement de mobilisation transnational est en bonne voie. Je l’ai vu au Cameroun où une association s’est constituée après les événements de 2006 pour agir par le biais du droit à la santé et des droits de l’homme. Cette association, Alternative Cameroun, fait un vrai travail et les choses évoluent dans le bon sens. La question du VIH/sida qui révèle une vulnérabilité très élevée dans les minorités aux pratiques homosexuelles est à ce jour aussi une manière de lever les tabous et de combattre les discriminations, ce qui est valable pour d’autres couches de la population comme les travailleuses du sexe ou les femmes.

SIS : Quel regard portez-vous sur l’aide des Occidentaux aux mouvements de défense des homosexuels africains ?

PA : Il est assez difficile de se positionner. Lorsque je suis arrivé en France dans le cadre de mes enquêtes, j’ai vraiment pensé que les actions menées à partir de l’Occident, notamment de la France, n’étaient pas du tout pertinentes. J’ai parfois constaté des relents de paternalisme qui me posaient problème. Puis mon opinion a évolué. Les Africains qui se mobilisent ont besoin de l’appui des Occidentaux, qui ont vécu ce même ostracisme dans des périodes pas si lointaines. En France, c’est seulement au début des années 1980 que l’homosexualité n’a plus été considérée comme un délit ! C’était à l’issue d’un mouvement qui est parti des Etats-Unis pour gagner toute l’Europe de l’Ouest. Mais il faut vraiment tenir compte du contexte colonial qui induit qu’une minorité agissante est instrumentalisée par les Occidentaux, ce qui crée de réelles situations de révolte et de blocage. En plus, dans le contexte général des choses, l’humanitaire est mis à mal dans de nombreuses contrées du monde, ce qui rend les choses délicates. Certains leaders associatifs au Sénégal et au Cameroun m’ont fait part de très fortes tensions générées par les actions menées par le réseau Africagay, parrainé par AIDES. Quel doit être le rôle de AIDES dans ce mouvement ? Cette association doit-elle se mettre en avant dans les pays africains ? Doit-elle au contraire se mettre en retrait ? Il est nécessaire de trouver le juste équilibre. Et puis jusqu’où peut-on exposer les militants africains ? Est-il bien de porter la revendication identitaire aux côtés des enjeux de santé publique ? Mais les militants africains trinquent quand ils se retrouvent seuls ! Il faut peut-être faire confiance aux Africains eux-mêmes et ne pas pousser le bouchon trop loin dans le lobbying que les Occidentaux peuvent faire. En Afrique du Sud, il y a une très bonne dynamique qui pourrait inspirer les autres pays africains.

Entretien réalisé par Alain Miguet pour Sida Info Service

*Trajectoires (homo)sexuelles et migration transnationale en temps de sida du Cameroun vers la France. (EHESS-LAS)

©association Sida Info Service - 2009

Source: cette interview est extraite du site de Sida Info Service qui nous a aimablement autorisé à la reproduire. Nous en remercions Sida Info Service, un site dont nous vous recommandons la visite régulière (cliquer sur l'hyperlien).

22.05.2009

Les coiffeurs africains sont-ils homos? Un journaliste ivoirien s'en inquiète...

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                                                                 Nous revenons du Ghana (Afrique de l'Ouest) où nous avons séjourné pendant deux semaines. Pendant ces vacances, nous avons pu admirer les pancartes publicitaires peintes à la main qui annoncent la présence d'un salon de coiffure. Cet artisanat du peintre de publicités est typique des pays africains et va sans doute progressivement disparaître au profit d'affiches imprimées sur base de photographies.

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A peine rentrés, nous sommes tombés sur un article homophobe écrit dans la voisine Côte d'Ivoire et qui dénonce ces coiffeurs africains mâles qui osent se mêler de coiffer des femmes. (Traditionnellement ce sont les femmes qui coiffent les femmes, alors que les hommes coiffent les hommes.) L'article dégouline de préjugés sur l'identité de genre et sur l'homosexualité. Le type même de préjugés qui étaient très répandus (et persistent encore sans doute) chez nous il y a quelques décennies. Nous le retranscrivons au titre d'un document anthropologique sur l'homophobie africaine -hélas- ordinaire. Rappelons qu'au Ghana l'homosexualité est passible d'emprisonnement.

L'homophobie du journaliste est patente, le surlignement en rouge des passages homophobes est de notre fait. Remarquons que tout l'article souligne la "confusion des genres masculin et féminin" et que le journaliste suscite la délation des clientes à propos de l'homosexualté de coiffeurs dont elles semblent pourtant apprécier les compétences. De même le journaliste oriente négativement les propos du psychologue interrogé, pourtant plutôt réservé sur la question.  

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lundi 18 mai 2009 - Par Nord-Sud

Soupçonnés d'être des partisans de l'homosexualité, les hommes qui coiffent les femmes se défendent. Mais ces coiffeurs, qui sont le plus souvent efféminés, ne favorisent-ils pas les critiques ? Nord-Sud a mené l’enquête.

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Les hommes s'adonnent de plus en plus à la coiffure féminine. « Tissage, tresse, pédicure et manucure », peut-on lire sur la pancarte de ce salon situé non loin du grand marché de Marcory. A l'intérieur, un bel homme s'occupe de la tête d'une dame. Il s'appelle Aziz, il a 30 ans. Ce 27 avril, ce coiffeur, avec sa longue chevelure défrisée qui tombe sur la nuque, est vêtu d'un tee-shirt qui épouse les lignes de son corps. Il porte aussi un pantalon “taille-basse”, de petites boucles d'oreilles, et des bijoux en argent aux poignets. Un vrai look de belle de nuit. Il porte un bijou comme montre au poignet gauche. Une aiguille en main, Aziz est en train de placer un tissage sur la tête d'une fille. Il est le patron et ses employées sont toutes du sexe faible. Avec courtoisie, Aziz nous accueille pour parler de lui et des hommes de la coiffure. « J'ai aimé la coiffure depuis ma tendre enfance. Quand j'ai arrêté d'aller à l'école, je me suis orienté tout naturellement vers ce métier. Quand un homme le pratique, il se voit coller une image péjorative. Mais, tout ce qui se dit sur moi, je n'en tiens pas compte. Je suis efféminé depuis ma naissance. Je n'ai pas choisi de l'être. Les gens pensent que je suis homosexuel. Mais, je ne le suis pas. Et ma façon d'être n'a pas influencé mon choix pour la coiffure», se rassure-t-il.

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L'influence des femmes

Pour nous convaincre qu'il demeure un homme malgré son allure de « go », il affirme qu'il est marié et père d'une fille. Une défense réfutée par son entourage. Aline Kouamé, une cliente, soutient qu'il cache son choix sexuel. « Depuis son installation au marché, à travers sa démarche, j'ai su immédiatement qu'il était homosexuel. Je pense que c'est le fait d'être constamment avec les femmes qui peut engendrer un tel virement », estime-t-elle. Toutefois, elle trouve que c'est un bon coiffeur. « Je le préfère aux coiffeuses », avoue la cliente. Béatrice, une vendeuse de vêtements, non loin du salon, est du même avis qu'Aline « La coiffure a eu une influence sur Aziz. Il est devenu efféminé. Je le connais depuis son enfance, il n'était pas ainsi. Si cela ne tenait qu'à moi, un homme n'exercerait jamais ce métier», renchérit-elle.

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Interrogé sur l'influence de la fréquentation des femmes ou de la pratique de la coiffure féminine, Kouakou Ossei, enseignant au département de psychologie à l'université de Cocody, explique qu'il serait difficile d'établir un lien de causalité. « Nous n'avons pas encore mené d'étude dans ce sens. Pour le moment, on ne peut pas dire que c'est parce qu'ils exercent ce métier qu'ils sont ainsi. Tout ce qui est dit n'est pas pour le moment vérifié », avance le spécialiste. Une cliente d'Aziz est séduite par l'efficacitιédu coiffeur, mais émet des réserves. « Les hommes coiffent mieux que les femmes car ils sont beaucoup concentrés et rapides. Mais, ce que je déplore, c'est que la coiffure les transforme. A force d'être en contact avec nous (les femmes), ils copient nos envies. Je n'aimerais pas être la femme d'un tel homme. J'en aurais honte », souligne-elle.

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Karim D., un autre coiffeur, est dans le métier depuis une dizaine d'années. Rejeté par sa famille, il essaie de garder le moral. « J'ai arrêté mes études en classe de 3ème. Mes parents m'ont envoyé chez mon oncle à Abidjan pour apprendre un métier. Chez lui, j'ai été en contact avec ses filles qui sont des tresseuses. Et chaque fois qu'il y avait une cliente, elles m'appelaient pour terminer les bouts de tresse. C'est ainsi que j'ai aimé le métier », explique-t-il. Il s'est inscrit dans une école de coiffure. Et au bout de trois ans de formation, il a ouvert son salon. Entre temps, le jeune homme a adopté un autre look: tatouage sur le corps, piercings au nez et aux lèvres. « L'on a commencé à raconter toutes sortes de choses sur mon compte. Ces rumeurs ont détruit ma vie. Ils sont allés dire à mes parents que je suis devenu une femme. Alors que c'est le style que j'ai aimé. La coiffure, c'est ma vocation, je ne me vois pas en train de faire autre chose. Tout le monde dans ma famille m'a tourné le dos. Seule une de mes sœurs m'appelle de temps à autre. Aujourd'hui, tout ce que je désire, c'est de me réconcilier avec mes parents, en particulier ma mère. Je veux aussi les amener à accepter mon métier et m'accepter avec mon style. Je gagne bien ma vie. Je peux donc les aider », regrette-t-il avec de l'amertume dans la voix. Comme Karim, beaucoup de coiffeurs de femmes sont l'objet de critiques, de curiosité et sont souvent rejetés par leurs familles. T.H., outre la tresse, la manucure, la pédicure, pose les faux ongles et autres cils artificiels chez les dames. Ce 30 avril, à Treichville, filiforme, T.H porte un tee-shirt plaquésur une culotte. Entre lui et ses nombreuses clientes, c'est la symbiose. Il tourne autour des filles comme l'une d'elles.


Renié par sa famille

Même sa voix est féminine. « Je suis né ainsi. Depuis l'enfance, je me sentais attiré par tout ce qui est féminin. C'est pourquoi mon entourage pense que je suis homosexuel. Cela ne m'étonne pas. J'y suis habitué. Ce qui est essentiel pour moi, c'est de gagner de l'argent », se défend-il. A la question de savoir s'il est réellement homosexuel, il répond: « C'est ma vie privée. Je ne dois de comptes à personne.»

C'est la curiosité qui amène beaucoup de filles à se coiffer chez lui. « On m'a parlé de sa curieuse manière de se comporter. On m'a dit aussi qu'il est homosexuel. J'ai voulu le vérifier », indique Rose, une cliente. Quant à Lucie, une habitante du quartier, elle est convaincue de l'homosexualité de T.H et dit détenir des preuves. « Il y a beaucoup de ses amis homosexuels qui viennent ici. En plus, chaque soir, il y a des voitures aux vitres teintées qui viennent le chercher. Au volant, l'on aperçoit toujours un homme », relate-t-elle. « Je ne crois pas que ce soit le métier qui les rend ainsi. Ils sont nés avec des gènes féminins », soutient mordicus une autre cliente. « Le contact permanent avec les femmes donne des envies. Ces coiffeurs ont souvent envie d'être traités comme des jeunes filles. C'est pourquoi vous verrez souvent certains se coiffer comme des femmes ou se dépigmenter la peau », souligne Liliane. « C'est la jalousie qui fait réagir ainsi les femmes. Nous les hommes, quand nous faisons un travail, nous le faisons bien. On ne fait pas de commérages, et on est concentré. Ce qui est le contraire chez les femmes », riposte T.H.


Quand Eugène devient « Eugénie »

Le 2 mai, nous rendons visite à Eugène, sous un hangar à Yopougon. Il est spécialiste en tresses. Entre deux nattes, il fait une pause pour répondre à nos questions. Sa sœur l'aide dans son job. Sur un banc, attendent des clientes impatientes. Dodu, avec des dreadlocks solidement fixés, Eugène lance de temps à autre des blagues pour détendre ses clientes. Il est nouveau dans le métier. Mais, son salon refuse du monde. Dans son quartier, les filles l'ont surnommι « Eugénie », à cause de son apparence. Et, il accepte ce prénom. Il est l'un des rares coiffeurs à reconnaître que le métier a eu une influence sur sa vie. « La coiffure a eu de l'influence sur moi. Je suis devenu souple et sensible. Avant, j'étais timide. Ce qui n'est plus le cas aujourd'hui. On me traite d'homosexuel, mais, je laisse les gens parler. C'est ma vie privée », assène-t-il. La sœur d'Eugène explique qu'enfant, son frère ne manifestait pas de goût pour la coiffure. « Cela est venu tout seul et il a changé complètement d'apparence. Concernant, les rumeurs sur son éventuelle vie de gay, je préfère ne pas me prononcer. Je ne lui ai jamais posé la question car je ne veux pas savoir », indique-t-elle.


S.S

Source: abidjan.net

Photos: toutes les photos ont été prises au Ghana par Luclebelge

 

20.05.2009

Chroniques de l'homophobie catholique ordinaire: au Kenya et au Vermont (USA)

KENYA

okoth

Selon le site LGBT africain Behind the mask, l'archevêque de la troisième ville du Kenya, KISUMU, le dénommé Zacchaeus Okoth, qui est aussi le Président de la Commission catholique Justice et Paix, a émis des propos homophobes alors qu'il s'adressait aux participants d'un séminaire international consacré au rôle des universités dans la construction de la paix à la CUEA (Catholic University of East Africa) la semaine dernière. la conférence a été organisée par le Centre pour la Justice sociale et l'Ethique de ladite université. Alors qu'il commentait le lien entre les questions de genre et la paix, l'Archevêque Okoth a affirmé: "Pour l'Africain, le genre est soit mâle soit femelle; d'autres approches comme l'homosexualité ne devraient pas être prises en compte. Dans ce contexte, la croyance de l'Africain est en harmonie avec l'enseignement de la Bible, qui avance que Dieu a créé seulement deux sexes: le sexe mâle et le sexe femelle. Dieu a créé Adam et Eve. Dieu n'a pas créé Adam et Steve." (“For the African, gender is either male or female; other issues such as homosexuality should not arise. In this context, the belief of the African is consonant [with] the teaching of the Bible, namely God created only two sexes: male and female. God created Adam and Eve. God did not create Adam and Steve!”)

Source: Behind the mask

VERMONT

maine

Dans le diocèse de Portland, l'Eglise catholique a commencé à réunir des signatures pour opposer un veto populaire à la récente loi sur le mariage des personnes du même sexe. Il faut 55087 signatures pour que la question soit soumise à referendum. La question serait ainsi formulée: "Souhaitez-vous rejeter la nouvelle loi qui autorise les personnes de même sexe à se marier et autorise des personnes ou des groupes religieux à refuser de célébrer de tels mariages?"

Source: Mpbn et bien entendu le site du diocèse de Porland

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