31.01.2010

L'anxiété pèse lourd chez les jeunes homosexuels

Un article de Sara Champagne pour La Presse (Canada)

revue c de psychiatrie

(Montréal) L'anxiété est un facteur qui pèse lourd dans la balance chez les jeunes gais et lesbiennes qui se suicident. Et ils sont plus enclins à consulter un professionnel de la santé mentale avant de passer à l'acte, révèle une étude de l'Institut universitaire en santé mentale Douglas.

Pour parvenir à ces conclusions, Dr Johanne Renaud, chef médical de la section jeunesse du programme des troubles dépressifs, de l'Institut Douglas, a rencontré la famille de 55 jeunes du Québec, âgés entre 11 et 18 ans, qui se sont enlevés la vie. À la suite d'une série de questions sur l'orientation sexuelle de ces jeunes, elle s'est penchée sur quatre cas d'apparente homosexualité.

Ses recherches, dont les résultats sont publiés ce mois-ci dans la Revue canadienne de psychiatrie, démontrent que les jeunes gais et lesbiennes étaient 12 fois plus susceptibles de souffrir de troubles anxieux. Et dans le mois précédant leur décès, ces jeunes semblaient plus nombreux à avoir consulté un professionnel de la santé, un psychiatre, ou même à avoir été hospitalisés. Leur niveau d'impulsivité était par ailleurs élevé.

«Ce n'est pas beaucoup en termes de nombres, mais les résultats sont suffisamment solides pour poursuivre la recherche plus loin, explique Dr Renaud. La dépression demeure la cause numéro un du suicide, il n'y a pas de doute là-dessus. Toutes les études le démontrent. Mais l'anxiété est certainement un facteur. Et dans les cas des quatre jeunes, la prévalence était très forte.»

Pour lire la suite de l'article, cliquer ici

Pour toute l'étude en anglais, cliquer ici

07:45 Publié dans Suicide | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : anxiete, suicide, ados, adolescents, homosexualite, canada, montreal, gay, lesbienne | | |  Facebook |

04.01.2010

Maroc: un manuel d'éducation sexuelle met le pays sens dessus dessous

manuel

En septembre dernier, est paru aux éditions Le Fennec, le "Manuel d'éducation sexuelle" destiné aux jeunes. Une première au Maroc où l'éducation sexuelle chez les filles comme chez les garçons est inexistante, et où, tout simplement parler de sexe est tabou. Le livre a été écrit par deux femmes, une psychiâtre et une sexologue, proches de l'Université de Casablanca. Il fait actuellement débat au Maroc, tant dans la presse qu'à la télévision.

Les auteures y abordent des sujets comme la virginité, le sexe en dehors du mariage, la masturbation, l'homosexualité et les violences sexuelles. Elles ont décidé d'écrire ce livre après avoir constaté que beaucoup de jeunes Marocain.e.s commencent à avoir une vie sexuelle alors qu'ils n'ont reçu aucune information objective sur le sujet et ne disposent que d'infos souvent erronées grapillées à la télé ou sur internet.

Plusieurs chapitres sont consacrés à la thématique Islam et sexualité. Les deux auteures semblent fort tolérantes par rapport au prescrit religieux, notamment sur le sujet de l'homosexualité. Elles affirment par exemple que le sexe anal peut être source de plaisir. Elles pensent que l'internet finira à la longue par l'emporter sur le dogmatisme religieux.

Un questionnaire sous forme de quiz permet aux lecteurs de vérifier leurs connaissances en matière de sexualité.

Prix du livre: 60 dirhams

Commentaire

Une initiative heureuse e courageuse au Maroc. Un livre qui devrait intéresser aussi les milieux enseignants et associatifs dans les pays qui reçoivent une importante immigration maghrébine. De nombreux profs se demandent souvent comment aborder ces thématiques avec leurs élèves issus de l'immigration, avec délicatesse et sans provoquer de choc culturel. J'imagine que ce type d'ouvrage pourrait les y aider.

Plus d'infos

Voir une interview des auteures sur Aufaitmaroc, ou lire la présentation du livre par le Dr Cherkaoui sur Lavieeco .

Merci au site Gk.nl d'avoir attiré l'attention sur cette publication!

10:13 Publié dans Ecole, enseignement, jeunes LGBT | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : sexe, education, manuel, vie sexuelle, jeunes, ados, maroc | | |  Facebook |

25.06.2009

Prévention Sida: une nouvelle campagne en Communauté française de Belgique s'adresse aussi aux jeunes gays

prevention sida qa

Une excellente campagne de Plate-forme Prévention Sida vise à banaliser l'emploi du préservatif. 

Le préservatif: parlez-en comme vous voulez, mais parlez-en! Une campagne de prévention du sida et des infections sexuellement transmissibles à l’attention des jeunes. L'intelligence de la campagne réside dans le fait qu'elle présente deux lapins dont on ne peut déterminer le sexe. Ainsi peut-elle toucher tous les jeunes, quelle que soit leur orientation sexuelle. La campagne utilse tous les medias: affiches, spots radio et spots tv. µ

Plus d'informations sur preventionsida.org qui met à votre disposition un abondant matériel de campagne.

prevention sida

Voici le Spot TV de la Campagne été 2009 de Prévention Sida qui cible le public gay. Un couple de jeunes gay dans une fête privée: code gestuel "la chaussette".

 

 

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02.10.2008

Ce qui rend les enfants homophobes, un article du Monde du 30 septembre

Source: Le Monde en ligne

"Pédé !" est une insulte courante dans les cours d'école. Dès le primaire, sans trop savoir de quoi il retourne, les garçons s'en emparent. Plus tard, au collège et au lycée, l'injure est proférée en connaissance de cause.

"Dans notre rôle d'éducateur, la lutte contre l'homophobie est à mon sens un enjeu essentiel", a estimé le ministre de l'éducation nationale, Xavier Darcos, dans un entretien accordé au magazine gay Têtu. Pour la première fois dans la circulaire de rentrée, celle-ci figure comme l'une des dix grandes orientations prioritaires assignées aux recteurs.

Dans le courant du premier trimestre, une campagne nationale d'affichage sera organisée dans tous les lycées publics et dans les établissements privés qui en font la demande. Objectif : mieux faire connaître la ligne Azur créée par Sida Info Service en direction des jeunes qui s'interrogent sur leur orientation sexuelle.

A la différence d'autres discriminations comme le racisme ou l'antisémistisme, l'homophobie est un sentiment complexe qui renvoie à la construction de l'identité sexuelle. "Au départ, les nourrissons baignent dans un état de neutralité et de bisexualité psychique, explique Serge Hefez, psychiatre et psychanalyste. Ils sont imprégnés d'éléments féminins et masculins. Ce n'est que petit à petit, au prix d'un cheminement difficile, qu'ils vont se reconnaître dans une identité sexuée."

Progressivement, le petit garçon va se construire dans un rejet du féminin. Il intégre les éléments définis comme masculins, à savoir ce qui est pénétrant, actif, dominant, par opposition à ce qui est pénétré, doux, passif. La société va accentuer ce phénomène en rangeant petites filles et petits garçons selon des stéréotypes souvent caricaturaux. "Tout ce travail aboutit, chez les petits garçons, à une méfiance, une terreur pour ce qui est de l'ordre de la passivité et de la pénétration", poursuit le psychiatre. Du coup, les garçons aux comportements féminins peuvent susciter un rejet de la part de leurs camarades en ce qu'ils contrecarrent la construction difficile de leur identité sexuelle.

Ces angoisses, qui s'apaisent pendant la phase de latence entre 6 ans et la puberté, vont ressurgir plus ou moins violemment au moment de l'adolescence. Il ne s'agit plus de construire son identité, mais son orientation sexuelle. "A cette période, l'homophobie peut devenir centrale", remarque Serge Hefez, les garçons ne supportant pas, chez les autres, ce qui peut mettre en danger leur construction identitaire.

MALAISE ET ANGOISSE

Pour Murielle Turchi, psychologue clinicienne, "tout adolescent vit une homophobie incontournable faisant partie de son développement psychosexuel". A cette période de la vie, les fantasmes infantiles inconscients autour de l'acte sexuel sont réactivés. Celui-ci fait peur, est perçu comme violent, d'autant plus s'il s'exerce entre deux hommes par la sodomie. Parce qu'il a peur de la sexualité, qu'il ne reconnaît plus son corps, source de malaise et d'angoisse, l'adolescent se rassure au travers d'un "hyper conformisme", caractéristique des jeunes de cet âge. "L'homophobie devient une sorte de code de conduite pour maintenir les hommes dans le bon chemin de la virilité hétérosexuelle", considère Murielle Turchi.

Cette période homophobe, davantage le fait des garçons que des filles, sera plus ou moins violente et durable en fonction de la propre histoire de ces jeunes. Pour Eric Verdier, psychologue-psychothérapeute, "plus on est homophobe, plus on a une part de bisexualité non assumée". Une fois adultes, les hétérosexuels les moins homophobes seraient ceux qui sont le plus à l'aise avec leur propre sexualité.

Jacques Lizé, président de SOS-Homophobie, distingue à travers les insultes dont sont victimes les homosexuels, trois composantes de l'homophobie. "Folle", "tata", "tarlouse", "hommasse" viennent du fait que les rôles traditionnellement assignés aux hommes et aux femmes sont transgressés. "Broutte-gazon", "enculé", "suceuse", "salope" assimilent l'homosexuel à un obsédé sexuel. Ces deux types d'insultes sont liés à l'influence de la religion qui assigne à la sexualité une fonction de reproduction et pas de plaisir. Enfin, avec pédéraste ("pédé", "pédale"), l'homosexuel est hérigé en suspect.

Pour prévenir l'homophobie, "il est fondamental que les éducateurs et les parents interviennent et rassurent les adolescents sur la sexualité, l'amour et la différence", assure Murielle Turchi. Reste qu'il n'est pas toujours évident pour les associations militant contre l'homophobie d'obtenir des agréments pour intervenir en salle de classe. La Haute Autorité de lutte contre les discriminations (Halde) a lancé, en mai, un groupe de travail qui associe des représentants de l'éducation nationale, les associations et les parents d'élèves. Objectif : identifier les blocages et apporter des recommandations pour faire en sorte de les lever.


Dans le coeur des hommes, Serge Hefez. Hachette Littératures, 2008. 303 p., 19 €.

Comment devient-on homo ou hétéro ?, Stéphane Clerget. Ed. J.- C. Lattès, 2006. 428 p., 18 €.

Petit manuel de gayrilla à l'usage des jeunes, Michel Dorais et Eric Verdier, 2005. H & O. 174 p., 11 €.

Ligne azur : 0810 20 30 40, http://www.ligneazur.org/index.php3.

SOS-homophobie 0810-108-135 ou 01-48-06-42-41, www.sos-homophobie.org.

Martine Laronche