20/07/2010

Sapho et Phaon: une fin si peu lesbienne

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Gravure qui représenterait Sapho et son amant Phaon

On connaît mal la vie de la poétesse Sapho, et les lacunes sont propices à la création de légendes. Déjà à l'époque de la jeunesse d'Ovide, la légende courait qu'à la fin de sa vie, la poétesse avait connu des amours hétérosexuelles malheureuses en s'amourachant du beau Phaon. On lui attribue  une fin tragique: elle se serait jetée du haut du rocher de Leucate dans la mer à cause de cet amour non partagé. Il ne reste dans cet épisode plus rien de l'amour de la poétesse pour les femmes, sinon les pleurs des compagnes vierges de la femme à la lyre. Ovide le relate dans la XVème lettre de ses Héroïdes , un recueil de lettres fictives envoyées par des héroïnes à leurs amants.

Sapho s'y adresse notamment aux femmes de Lesbos: Lesbiennes, de qui l'amour a fait mon déshonneur, troupe de mes compagnes, cessez d'accourir à mes chants. Phaon a tout emporté de ce qui naguère vous charmait.

Et ailleurs, en apostrophant son amant: Méchant, ce qui fut à tant de femmes, toi seul le possèdes!

Le XIXème français et les amours de Sapho et de Phaon

La première moitié du  XIXème siècle français a mis l'accent sur l'épisode final de la vie de Sapho. Ainsi en peinture,  David la représente-t-il en compagnie de Phaon au moment où le petit dieu de l'amour vient de lui décocher une de ses flèches et lui tend sa lyre (1809).

sapho

Ou encore cette statue de Claude Ramey  (1754–1838), datée de 1801, qui représente la poétesse grecque tenant la lettre qu'elle va envoyer à son amant Phaon, avant de se donner la mort. Marbre de  1801 par Claude Ramey Musée du Louvre.

Sappho_Ramey_Louvre_

Lamartine un peu plus tard, en 1823, lui consacre la troisième de ses Nouvelles méditations poétiques: une élégie antique intitulée Sapho tout entière consacrée au suicide de la poétesse.

L’aurore se levait, la mer battait la plage ;
Ainsi parla Sapho debout sur le rivage,
Et près d’elle, à genoux, les filles de Lesbos
Se penchaient sur l’abîme et contemplaient les flots :

Fatal rocher, profond abîme !
Je vous aborde sans effroi !
Vous allez à Vénus dérober sa victime :
J’ai méconnu l’amour, l’amour punit mon crime.
Ô Neptune ! tes flots seront plus doux pour moi !
Vois-tu de quelles fleurs j’ai couronné ma tête ?
Vois : ce front, si longtemps chargé de mon ennui,
Orné pour mon trépas comme pour une fête,
Du bandeau solennel étincelle aujourd’hui !

On dit que dans ton sein... mais je ne puis le croire !
On échappe au courroux de l’implacable Amour ;
On dit que, par tes soins, si l’on renaît au jour,
D’une flamme insensée on y perd la mémoire !
Mais de l’abîme, ô dieu ! quel que soit le secours,
Garde-toi, garde-toi de préserver mes jours !
Je ne viens pas chercher dans tes ondes propices
Un oubli passager, vain remède à mes maux !
J’y viens, j’y viens trouver le calme des tombeaux !
Reçois, ô roi des mers, mes joyeux sacrifices !
Et vous, pourquoi ces pleurs ? pourquoi ces vains sanglots ?
Chantez, chantez un hymne, ô vierges de Lesbos !

Importuns souvenirs, me suivrez-vous sans cesse ?
C’était sous les bosquets du temple de Vénus ;
Moi-même, de Vénus insensible prêtresse,
Je chantais sur la lyre un hymne à la déesse :
Aux pieds de ses autels, soudain je t’aperçus !
Dieux ! quels transports nouveaux ! ô dieux ! comment décrire
Tous les feux dont mon sein se remplit à la fois ?
Ma langue se glaça, je demeurais sans voix,
Et ma tremblante main laissa tomber ma lyre !
Non: jamais aux regards de l’ingrate Daphné
Tu ne parus plus beau, divin fils de Latone ;
Jamais le thyrse en main, de pampres couronné,
Le jeune dieu de l’Inde, en triomphe traîné,
N’apparut plus brillant aux regards d’Erigone.
Tout sortit... de lui seul je me souvins, hélas !
Sans rougir de ma flamme, en tout temps, à toute heure,
J’errais seule et pensive autour de sa demeure.
Un pouvoir plus qu’humain m’enchaînait sur ses pas !
Que j’aimais à le voir, de la foule enivrée,
Au gymnase, au théâtre, attirer tous les yeux,
Lancer le disque au loin, d’une main assurée,
Et sur tous ses rivaux l’emporter dans nos jeux !
Que j’aimais à le voir, penché sur la crinière
D’un coursier de I’EIide aussi prompt que les vents,
S’élancer le premier au bout de la carrière,
Et, le front couronné, revenir à pas lents !
Ah ! de tous ses succès, que mon âme était fière !
Et si de ce beau front de sueur humecté
J’avais pu seulement essuyer la poussière...
Ô dieux ! j’aurais donné tout, jusqu’à ma beauté,
Pour être un seul instant ou sa soeur ou sa mère !
Vous, qui n’avez jamais rien pu pour mon bonheur !
Vaines divinités des rives du Permesse,
Moi-même, dans vos arts, j’instruisis sa jeunesse ;
Je composai pour lui ces chants pleins de douceur,
Ces chants qui m’ont valu les transports de la Grèce :
Ces chants, qui des Enfers fléchiraient la rigueur,
Malheureuse Sapho ! n’ont pu fléchir son coeur,
Et son ingratitude a payé ta tendresse !

Redoublez vos soupirs ! redoublez vos sanglots !
Pleurez ! pleurez ma honte, ô filles de Lesbos !

Si l’ingrat cependant s’était laissé toucher !
Si mes soins, si mes chants, si mes trop faibles charmes
A son indifférence avaient pu l’arracher !
S’il eût été du moins attendri par mes larmes !
Jamais pour un mortel, jamais la main des dieux
N’aurait filé des jours plus doux, plus glorieux !
Que d’éclat cet amour eût jeté sur sa vie !
Ses jours à ces dieux même auraient pu faire envie !
Et l’amant de Sapho, fameux dans l’univers,
Aurait été, comme eux, immortel dans mes vers !
C’est pour lui que j’aurais, sur tes autels propices,
Fait fumer en tout temps l’encens des sacrifices,
Ô Vénus ! c’est pour lui que j’aurais nuit et jour
Suspendu quelque offrande aux autels de l’Amour !
C’est pour lui que j’aurais, durant les nuits entières
Aux trois fatales soeurs adressé mes prières !
Ou bien que, reprenant mon luth mélodieux ,
J’aurais redit les airs qui lui plaisaient le mieux !
Pour lui j’aurais voulu dans les jeux d’Ionie
Disputer aux vainqueurs les palmes du génie !
Que ces lauriers brillants à mon orgueil offerts
En les cueillant pour lui m’auraient été plus chers !
J’aurais mis à ses pieds le prix de ma victoire,
Et couronné son front des rayons de ma gloire.

Souvent à la prière abaissant mon orgueil,
De ta porte, ô Phaon ! j’allais baiser le seuil.
Au moins, disais-je, au moins, si ta rigueur jalouse
Me refuse à jamais ce doux titre d’épouse,
Souffre, ô trop cher enfant, que Sapho, près de toi,
Esclave si tu veux, vive au moins sous ta loi !
Que m’importe ce nom et cette ignominie !
Pourvu qu’à tes côtés je consume ma vie !
Pourvu que je te voie, et qu’à mon dernier jour
D’un regard de pitié tu plaignes tant d’amour !
Ne crains pas mes périls, ne crains pas ma faiblesse ;
Vénus égalera ma force à ma tendresse.
Sur les flots, sur la terre, attachée à tes pas,
Tu me verras te suivre au milieu des combats ;
Tu me verras, de Mars affrontant la furie,
Détourner tous les traits qui menacent ta vie,
Entre la mort et toi toujours prompte à courir,..
Trop heureuse pour lui si j’avais pu mourir !

"Lorsque enfin, fatigué des travaux de Bellone,
"Sous la tente au sommeil ton âme s’abandonne,
"Ce sommeil, ô Phaon ! qui n’est plus fait pour moi,
"Seule me laissera veillant autour de toi !
"Et si quelque souci vient rouvrir ta paupière,
"Assise à tes côtés durant la nuit entière,
"Mon luth sur mes genoux soupirant mon amour,
"Je charmerai ta peine en attendant le jour !

Je disais; et les vents emportaient ma prière !
L’écho répétait seul ma plainte solitaire ;
Et l’écho seul encor répond à mes sanglots !
Pleurez ! pleurez ma honte, ô filles de Lesbos !

Toi qui fus une fois mon bonheur et ma gloire!
Ô lyre ! que ma main fit résonner pour lui,
Ton aspect que j’aimais m’importune aujourd’hui,
Et chacun de tes airs rappelle à ma mémoire
Et mes feux, et ma honte, et l’ingrat qui m’a fui !
Brise-toi dans mes mains, lyre à jamais funeste !
Aux autels de Vénus, dans ses sacrés parvis
Je ne te suspends pas ! que le courroux céleste
Sur ces flots orageux disperse tes débris !
Et que de mes tourments nul vestige ne reste !
Que ne puis-je de même engloutir dans ces mers
Et ma fatale gloire, et mes chants, et mes vers !
Que ne puis-je effacer mes traces sur la terre !
Que ne puis-je aux Enfers descendre tout entière !
Et, brûlant ces écrits où doit vivre Phaon,
Emporter avec moi l’opprobre de mon nom !

Cependant si les dieux que sa rigueur outrage
Poussaient en cet instant ses pas vers le rivage ?
Si de ce lieu suprême il pouvait s’approcher ?
S’il venait contempler sur le fatal rocher
Sapho, les yeux en pleurs, errante, échevelée,
Frappant de vains sanglots la rive désolée,
Brûlant encor pour lui, lui pardonnant son sort,
Et dressant lentement les apprêts de sa mort ?
Sans doute, à cet aspect, touché de mon supplice,
Il se repentirait de sa longue injustice ?
Sans doute par mes pleurs se laissant désarmer
Il dirait à Sapho : Vis encor pour aimer !
Qu’ai-je dit ? Loin de moi quelque remords peut-être,
A défaut de l’amour, dans son coeur a pu naître :
Peut-être dans sa fuite, averti par les dieux,
Il frissonne, il s’arrête, il revient vers ces lieux ?
Il revient m’arrêter sur les bords de l’abîme ;
Il revient !... il m’appelle... il sauve sa victime !...
Oh ! qu’entends-je ?... écoutez... du côté de Lesbos
Une clameur lointaine a frappé les échos !
J’ai reconnu l’accent de cette voix si chère,
J’ai vu sur le chemin s’élever la poussière !
Ô vierges ! regardez ! ne le voyez-vous pas
Descendre la colline et me tendre les bras ?...
Mais non ! tout est muet dans la nature entière,
Un silence de mort règne au loin sur la terre :
Le chemin est désert !... je n’entends que les flots...
Pleurez ! pleurez ma honte, ô filles de Lesbos !

Mais déjà s’élançant vers les cieux qu’il colore
Le soleil de son char précipite le cours.
Toi qui viens commencer le dernier de mes jours,
Adieu dernier soleil ! adieu suprême aurore !
Demain du sein des flots vous jaillirez encore,
Et moi je meurs ! et moi je m’éteins pour toujours !
Adieu champs paternels ! adieu douce contrée !
Adieu chère Lesbos à Vénus consacrée !
Rivage où j’ai reçu la lumière des cieux !
Temple auguste où ma mère, aux jours de ma naissance
D’une tremblante main me consacrant aux dieux,
Au culte de Vénus dévoua mon enfance !
Et toi, forêt sacrée, où les filles du Ciel,
Entourant mon berceau, m’ont nourri de leur miel,
Adieu ! Leurs vains présents que le vulgaire envie,
Ni des traits de l’Amour, ni des coups du destin,
Misérable Sapho ! n’ont pu sauver ta vie !
Tu vécus dans les Pleurs, et tu meurs au matin !
Ainsi tombe une fleur avant le temps fanée !
Ainsi, cruel Amour, sous le couteau mortel.
Une jeune victime à ton temple amenée,
Qu’à ton culte en naissant le pâtre a destinée,
Vient tomber avant l’âge au pied de ton autel !

Et vous qui reverrez le cruel que j’adore
Quand l’ombre du trépas aura couvert mes yeux,
Compagnes de Sapho, portez-lui ces adieux !
Dites-lui... qu’en mourant je le nommais encore !

Elle dit, et le soir, quittant le bord des flots,
Vous revîntes sans elle, ô vierges de Lesbos !

sapho opéra

Enfin, le monde de l'opéra consacrera les amours de Sapho et de Phaon dans le premier opéra de Gounod, Sapho, créé à Paris en 1851. On peut en lire le synopsis en cliquant ici. On peut aussi l'écouter sur le site de la FNAC dans une version de 1993. Voici Kasarova, puis Marilyn Horn et enfin Viocoria Cortez dans l'aria O ma lyre immortelle. J'avoue un petit faible pour Marilyn Horne...

07:30 Publié dans Lesbiennes | Lien permanent | | |  Facebook |

19/07/2010

Golgotha: Steven Cohen met en scène l'alchimie de la douleur

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Le festival d’opéra d’été de Munich (Münchner Opernfestspiele) a présenté le temps d’un week-end le spectacle Golgotha de l’artiste visuel sud-africain Steven Cohen : un spectacle incomparable d’une beauté crucifiée et crucifiante sur l’insoutenable légèreté de l’éphémère,  qui a eu lieu dans l’écrin tout aussi éphémère que l’Opernfestspiel a érigé sur la Marstallplatz : le Pavillon 21 Mini Opera Space.

 

Golgotha*, le lieu du crâne, le lieu du calvaire et de la crucifixion du Christ mais aussi de tant d’autres, dont Steven Cohen.  

 

La vie est-elle donc une calvaire dont seule la beauté nous sauve, en se nourrissant de douleur ? A moins que la beauté ne soit elle-même qu’une douleur magnifiée si insupportable qu’elle ne peut qu’être éphémère ?

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C’est ce que nous donne à voir le spectacle de Steven Cohen qui crée une installation visuelle nourrie de sa propre chair et de ses souvenirs endeuillés, et dans laquelle il circule, en y introduisant sa présence et sa danse dans une alchimie de la douleur.

 

La création de  Steven Cohen s’inscrit dans son histoire familiale : le frère de Steven, un golden boy de Wall Street, s’est suicidé, broyé par la machine infernale d’une société consumériste toute au service de Mammon. Gold-gotha : une élite financière dorée qui ne peut que tuer.

 

 Steven, amputé vif de son frère, a encore d’autres raisons de promener sa douleur sur le Calvaire : il est Juif et homosexuel, deux minorités qui ont le triste privilège d’avoir été baladées dans l’histoire des charniers, et de l’être encore.

 

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A peine entrés dans la salle,  la souffrance et la mort saisissent  les spectateurs avant même que le spectacle commence : Rentrer dans la salle, c’est tout aussitôt pénétrer dans l’installation de l’artiste : une installation de porcelaines très colorées, de fleurs artificielles et de petits luminaires qui dessinent la forme d’une croix sur le sol de la scène, deux mannequins portant des vêtements en justaucorps baroques dont l’un est constitué d’ossements et l’autre de dorures.  120.jpg

 

La scène est encadrée par deux immenses photographies de l’artiste dans les rues de New York  dans lesquelles il circule arborant un magnifique maquillage  et juché sur d’étonnants cothurnes de sa composition, dont le support est constitué de deux crânes humains véritables. Golgotha : on est bien sur un charnier. La danse des squelettes va pouvoir commencer.

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Elle commence par la projection d’une video géante aux plans rapprochés sur laquelle on peut voir que le maquillage de l’artiste a la délicatesse des ailes ocelées d’un papillon. Il y déambule dans les rues de New York attirant l’attention des badeaux qui le prennent en photographie, amusés par son étrange accoutrement.

 

 

 

 

 

 

 

 

A la video succède l’apparition de l’artiste dans une nudité grimée : une performance qui tient de la présence du tableau vivant, de l’expression corporelle et de la danse. 122.jpg

Steven Cohen revêtira différents costumes, mais surtout diverses paires d’étonnants cothurnes, dont une paire constituéee de sabots de boucs juchés sur des crânes humains. Il piétinera en les éclatant les porcelaines et les luminaires qui constituent la croix. Il représentera une exécution qui tient de la pendaison et de l’électrocution dans une machinerie qui rappelle la chaise électrique.123.jpg

 

Steven Cohen construit la beauté sur et avec la mort et la destruction du précieux : la mort de son frère, la destruction des porcelaines que l’on peut examiner une fois le spectacle fini : ce que Steven pulvérise de ses lourdes cothurnes, ce sont de coûteuses pièces de poterie provençale, les fameuses Vallauris.

 

Il n’y a aucun blasphème dans le piétinement des objets qui constituent la Croix : la mort est transmuée en beauté, même si cette beauté a la fragilité des ailes du papillon, une beauté à fleur de peau, comme dans le maquillage de l’artiste, et à fleur de nerfs torturés à vif.

 

On sort silencieux, consternés, émerveillés et transformés de ce spectacle.  

 

 

*Golgotha » est la forme grecque de l'araméen gulgūltá et de l'hébreu biblique gulgōlet, « crâne »Ce nom vient sans doute de la présence d'ossements et de crânes mais il se peut aussi que le sommet de la colline eût la forme d'un crâne

 

Photos Luclebelge, avec l'aimable autorisation de l'artise et de sa productrice.

 

Pour accéder au site de l'ariste, cliquer ici

Prochaines programmations du spectacle début 2011 à Tours, Bordeaux et Poitiers. Plus d'infos: cliquer ici (Latitudes contemporaines).

08:35 Publié dans Danse, chorégraphie | Lien permanent | Tags : steven cohen, golgotha, munich, opernfestspiele, queer, travesti | | |  Facebook |

18/07/2010

Outcasts: un film sur les lesbiennes et l'holocauste

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Outcasts.
Movie about Lesbiennes in Berlin and Holocaust.
Outcasts - NFTVA 1991 -
Written and Directed by Leigh B. Grode, Cast: Fifi L'Amour, David de Most, Jacqui Sundbery, Leigh B. Grode, Josine Fonderie, Patty Trossel, Louise Dunn, Marjena Moll, Helen Hill-Armacost.
Production Team: Ina Dekker & Joosje Vrijdaghs

 

 

 

Grand merci à Tales of the other part of the town d'avoir signalé le film!

L'honneur perdu du festival de Dour, entaché par la présence de Capleton

COMMUNIQUE DE PRESSE CAPLETON : HONNEUR PERDU DU FESTIVAL DE DOUR

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Le Festival de Dour s’apprête à accueillir Capleton, artiste connu pour ses appels au meurtre à l’encontre des gays et des lesbiennes. Il devrait se produire ce dimanche 18 juillet. Lorsque le sensationnalisme l’emporte sur l’éthique. Capleton est l’auteur de chansons homophobes particulièrment violentes dont les paroles en créole constituent de véritables appels au meurtre. Notamment : "l'homosexualité est contre l'humanité; brûlez les gays; saignez-les; je tire sur les sodomites et les pédés. Tu devrais savoir que Capleton brûle les queers; le même feu s'applique aussi aux lesbiennes; étranglez et pendez tous les queers qui viennent ici; la terre mère dit qu'aucun ne doit survivre." Pour préserver son accès aux scènes européennes et américaines, le chanteur jamaïcain pose de temps à autres un acte de contrition. En 2005, à la suite d’annulations de différents concerts à Lille, Toulouse, Reims, en Suisse, à San Francisco, New Orleans et West Hollywood, il signe une déclaration par laquelle « il se désole que ses chansons aient pu être mal interprétées ». Capleton aurait également signé le 10 mai 2007 The Reggae Compassionate Act par lequel il se serait engagé à ce qu’aucune place ne soit laissée à la haine, aux préjugés, au racisme, à la violence, au sexisme et à l’homophobie dans sa musique. Or, le 25 décembre 2007, il récidivait lors d’un concert en Jamaïque. A l’entame de sa tournée estivale en Europe, sa déclaration de 2005 a opportunément été à nouveau placée en première page de son site. Amnesty International Belgique et Arc-en-Ciel Wallonie ont rappelé ces faits aux organisateurs en s’étonnant d’une telle programmation.

Dans leur réponse, ils nous signifient qu’ils ont pris les mesures nécessaires pour que l’artiste ne présente pas de chansons à caractère homophobe au public. Pour Arc-en-Ciel Wallonie, c’est de l’éthique à bas prix ! Le minimalisme de la bien-pensence ! Le service humanitaire à horaire réduit !

Autant que les festivaliers le sachent et choisissent en connaissance de cause si oui ou non ils s’associent à ce modèle d’hypocrisie. Nous tiendrons les organisateurs responsables de tout dérapage dont Capleton a par le passé montré qu’il était capable.

Verlaine BERGER
Chargée de Communication
Arc-en-Ciel Wallonie
http://www.facebook.com/l/1fc19IJBNRNGs3mpK8S6K0v7ZWw;04/222.17.33

Avec le soutien de la MAC Bruxelles et de Tjenbé Rèd

Source de la photo: wikipedia, auteur Santos Diaz

06:59 Publié dans Chansons, musiques | Lien permanent | Tags : dour, festival de dour, clapeton, homophobie | | |  Facebook |

17/07/2010

Le Père Lachaise Féministe et/ou Lesbien

Le Dimanche 18 juillet 2010 à 14h30.

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Le plus grand et le plus beau des cimetières parisiens, abrite les tombes de plusieurs féministes engagées, et également celles de lesbiennes célèbres.
La promenade permettra d'évoquer les combats d'Hubertine Auclert ou ceux de Christiane Rochefort pour l’émancipation des femmes, et de redécouvrir, entre autres, le destin de Rosa Bonheur ou celui de Loïe Füller...

Visite animée par Mathilde Huet.

Rendez-vous à 14h15 M° Philippe Auguste.

Cette visite est limitée à 20 personnes.

Tarif spécial été : 5€.
Réservation :
contact@parisgaivillage.com

19:43 Publié dans Lesbiennes, Tourisme lesbigay | Lien permanent | Tags : père lachaise, lesbienne, lesbiennes, paris, visite guidée | | |  Facebook |

Mariage gay et adoption partielle au Luxembourg: le projet de loi du conseil de gouvernement

Ouverture du mariage et de l’adoption dite simple aux couples de même sexe (Communiqué de presse du Conseil de gouvernement luxembourgeois)

 
Le 9 juillet 2010, le Conseil de gouvernement a adopté le projet de loi portant réforme du mariage et de l’adoption.

Le texte a pour objet de procéder d’une part à l’ouverture du mariage aux couples de même sexe et d’autre part à une réforme de la législation de l’adoption.

L’ouverture du mariage aux couples de même sexe répond à une demande sociale qui se trouve en grande partie dans la lignée des réformes effectuées tout au long des dernières années par les Pays-Bas, la Belgique, le Danemark, l’Espagne, la Norvège, la Suède et le Portugal.

Alors que les Pays-Bas, la Belgique et l’Espagne permettent le mariage entre deux personnes de même sexe même si un des futurs époux a la nationalité d’un État qui interdit ce mariage, il est proposé d’appliquer en l’occurrence l’article 171 du Code civil également aux couples de même sexe, article qui prévoit, entre autres, que chacun des futurs époux devra remplir les conditions de fond exigées par la loi applicable à son statut personnel.

Concernant la reconnaissance des mariages entre personnes de même sexe célébrés à l’étranger, il est prévu d’appliquer les mêmes règles que celles qui régissent la situation des couples de sexe différent mariés à l’étranger. De même, s’appliquent de manière équivalente tant aux mariages des couples de sexe différent que des couples de même sexe, l’ensemble des droits et obligations issus du mariage, les règles applicables en matière de dissolution du mariage ainsi que les dispositions en matière de donations ou de successions. Seule exception à cette égalité, le mariage entre deux personnes de même sexe n’emporte pas présomption de paternité. Cette présomption ne pourra s’appliquer qu’aux couples mariés composés d’une femme et d’un homme, de sorte que dans un couple homosexuel, le conjoint ne devient pas parent de l’enfant de son époux.

La réforme de l’adoption

La réforme proposée en matière d’adoption est réalisée en tenant compte des avis y relatifs rendus par la Commission nationale d’éthique et l’Ombudscomité fir d’Rechter vum Kand.

Plaçant le critère de l’intérêt supérieur de l’enfant au centre des préoccupations, le projet de loi ouvre les portes de l’adoption dite simple aux couples de même sexe, qu’ils soient mariés ou non. L’adoption simple sera désormais ouverte à toutes les personnes mariées et aux partenaires au sens de la loi modifiée du 9 juillet 2004 sur les effets légaux de certains partenariats.

L’âge des adoptants est fixé à 25 ans pour les deux adoptants.

L’ouverture proposée ne vise pas, conformément à l’avis de la Commission nationale d’éthique et de l’Ombudscomité fir d’Rechter vum Kand, l’adoption plénière. Le projet de loi n’entend pas procéder à la mise en place de l’adoption plénière pour des couples de même sexe alors que les seules personnes de référence de l’enfant adopté dans cette hypothèse seraient les parents adoptifs. La Commission nationale d’éthique a donné à considérer sur ce point que le développement psychologique des enfants ne s’accomplit que dans des conditions optimales si l’enfant peut s’imprégner de la vie commune d’un père et d’une mère.


16/07/2010

Lettre aux organisateurs du festival de Dour

Communiqué
 
Monsieur Di Antonio, Monsieur Stevens,

Je vous envoie cet e-mail en guise d’ultime tentative de conciliation. Etant donné que Capleton est toujours prévu à l’affiche du festival de Dour ce dimanche 18 juillet et ce malgré nos précédentes démarches (voir historique des courriers) et que l’engagement que vous avez obtenu de sa part nous paraît largement insuffisant (voir Capleton Statement), nous souhaiterions obtenir l’assurance que le chanteur a bel et bien tourné la page par rapport à ses interventions de 2007 et qu’il regrette sincèrement son incitation à la haine et au meurtre envers les personnes LGBT (lesbiennes, gays, bi et tran). Pour ce faire, nous ne voyons de meilleur preuve de cet engagement que celui d’exprimer publiquement ses regrets, face à son public, avant son concert dimanche prochain. Cette démarche n’a d’intérêt que si l’artiste exprime de façon explicite son attachement au respect des droits des personnes LGBT.
Si vous pensez pouvoir obtenir un engagement écrit de la part de Capleton dans ce sens, Arc-en-Ciel Wallonie est disposée à communiquer publiquement son approbation sur la tenue de votre festival. Dans le cas contraire, Arc-en-Ciel Wallonie ainsi que les 2500 membres du groupe facebook « Pas de chanteur homophobe/ Geen homofobe zanger/ @ Dour! » (
http://www.facebook.com/pr ofile.php?id=100001262132158#!/group.php?gid=133336586693212&v=wall&story_fbid=140118296015041&ref=notif) tenteront de convaincre vos sponsors privés et pouvoirs publics subsidiants que votre engagement en faveur de la dignité humaine n’est pas total et qu’une partie de la société civile est en désaccord avec vos pratiques.
Je me tiens bien entendu à votre disposition pour toute information complémentaire que vous souhaiteriez et vous prie de croire, Monsieur Di Antonio, Monsieur Stevens, à mes sentiments les meilleurs.

Vincent Bonhomme
Coordinateur de projets

07:28 Publié dans Chansons, musiques | Lien permanent | Tags : dour, festival de dour, clapeton, homophobie | | |  Facebook |