27.05.2009
L'Afrique et la représentation de l'homosexualité
Une interview de Patrick Awondo par Alain Miguet pour Sida Info Service
Questions à…Patrick Awondo, sociologue doctorant, Laboratoire d’anthropologie sociale EHESS lundi 18 mai 2009
« Le moment colonial explique la représentation actuelle de l’homosexualité en Afrique »Sida Info Service : Certaines sociétés africaines ont-elles accepté l’homosexualité au cours de leur histoire ?
Patrick Awondo (PA) : La réponse est oui. Même s’il faut se souvenir que la norme dans toutes les sociétés du monde a toujours été l’hétérosexualité. Des travaux extrêmement documentés effectués par des historiens et des anthropologues démontrent que l’homosexualité a été tolérée ou acceptée dans certaines sociétés africaines. Dans la zone actuelle du Zimbabwe, l’historien canadien Marc Epprecht a prouvé l’existence de l’homosexualité, des fresques très anciennes dans des grottes figurent des représentations homosexuelles dans cette même zone. L’anthropologue britannique Evans-Pritchard a travaillé chez les Azande, dans le Soudan, et a montré la réalité de ce qu’il appelait des formes d’inversion sexuelle.
SIS : Pourquoi le rejet de l’homosexualité est-il actuellement si fort en Afrique ?
PA : Le moment colonial est à prendre en compte pour expliquer la représentation actuelle de l’homosexualité dans l’ensemble de l’Afrique car il s’articule avec l’arrivée des religions révélées. C’est ce moment-là qui introduit l’homophobie au sens où nous l’entendons aujourd’hui. Au Cameroun, le groupe ethnique Beti, auquel j’appartiens, est comme d’autres sur le continent riche d’histoires décrivant des situations pouvant se rapporter à l’homosexualité. Sans passer pour un modèle, les personnes qui en étaient soupçonnées n’étaient pas mises à l’écart de la société. Quand la société Beti a été christianisée, on est passé d’un tabou mesuré à celui d’une interdiction formelle et d’une diabolisation pure et simple. Il était interdit de pratiquer l’homosexualité, d’en parler et des sanctions ont été instaurées et relayées par l’ensemble du groupe social.
SIS : L’arrivée des religions révélées explique-t-elle à elle seule le rejet de l’homosexualité ?
PA : Pas seulement. Le moment colonial est fondamental car il instaure des lois répressives et une perception encore plus dépréciative de l’homosexualité. Mais il ne faut pas oublier que dans toutes les sociétés africaines, comme partout d’ailleurs, l’homosexualité n’a jamais fait figure de modèle. Dans la plupart des sociétés, le rejet de l’homosexualité remonte à très longtemps aussi. Cependant je considère que ce passage du tabou, de la chose dont on ne voudrait pas parler mais dont on sait qu’elle existe, à l’interdiction et la diabolisation est un moment crucial.
SIS : Existe-t-il des différences de perception vis-à-vis des lesbiennes par rapport aux gays ?
PA : Absolument. Je pense que l’homosexualité masculine est mieux acceptée que l’homosexualité féminine. Je le constate dans le cadre de l’étude* que je mène actuellement car j’éprouve beaucoup de difficulté à rencontrer des lesbiennes, qui pourtant existent. Si on part de l’Afrique australe pour rejoindre l’Afrique centrale, des expressions dans certaines langues désignent l’homosexualité. Ce n’est pas vrai dans toutes les sociétés mais on en trouve un certain nombre. Au Zimbabwe par exemple, l’expression « hungochani » en chiShona renvoie à l’homosexualité masculine, tout comme les Zoulou disent « nkoschana » pour la copulation entre hommes. Au Cameroun, les Bamoun ont une expression qui signifie « l’homme-femme ». L’expression inverse décrivant les lesbiennes n’existe pas toujours. L’autre fait à prendre en compte est que le Vih/sida qui est le catalyseur de la visibilité des homosexuels ne concerne pas vraiment les lesbiennes.
SIS : Comment expliquez-vous ce rejet plus fort de l’homosexualité féminine ?
PA : Si plusieurs facteurs peuvent l’expliquer, le plus éminent est la phallocratie des sociétés africaines où généralement les hommes dominent les femmes. Il faut savoir que la représentation de l’inversion de cette domination qu’exemplifie l’acte de sodomie est le moteur de nombre de fantasmes liés à cette sexualité. Des anthropologues ont montré toutefois que des sociétés avaient presque institutionnalisé l’homosexualité féminine. Dans la zone du Nigeria actuel, ce type de situation est connu. Dans l’Afrique moderne, les persécutions touchent plus les femmes que les hommes : en Ouganda, en Afrique du Sud, au Zimbabwe, le constat est le même presque partout.
SIS : La criminalisation de l’homosexualité se développe en Afrique comme on l’a vu récemment au Burundi. Comment l’expliquez-vous ?
PA : L’homosexualité est très liée à l’impérialisme occidental dans les représentations populaires africaines. La fronde publique contre cette orientation sexuelle devient une cause morale et le dernier bastion sur lequel certains pensent devoir transposer le rejet d’une supposée « dépravation de l’Occident ». Si au sein des gouvernements africains, certains dirigeants rejettent cette conviction que l’homosexualité est le fait des Occidentaux, ils subissent une si forte pression de la rue et des populations, qu’ils se sentent obligés d’agir en conséquence. Au Cameroun, en 2006, une partie de la presse privée a publié des listes de personnalités présumées homosexuelles. Le président de la République, peu réputé pour ses idées libérales, a pourtant pris la parole pour expliquer que la sexualité relevait du domaine de la vie privé. Eh bien il s’est fait lyncher le lendemain par la presse qui l’a accusé de soutenir ses amis occidentaux avec qui il entretenait des compromissions serviles. Rama Yade est l’une des personnalités françaises les plus détestées sur le continent pour son soutien aux homosexuels. Je me souviendrai toujours de ce journal camerounais avec sa photo à la une et le titre en dessous : « la France soutient les pédés ». Il ya aussi l’influence du religieux. Le président Abdoulaye Wade est sans aucun doute conscient des questions des droits de l’homme. Mais le Sénégal est un pays musulman très religieux et un certain fondamentalisme agit contre l’homosexualité. Partout sur le continent, des gens en quête de reconnaissance et des populations revanchardes contre les anciens colons ont fait de la lutte contre l’homosexualité une cause du nationalisme culturel.
SIS : Dans un tel contexte, comment les homosexuels africains peuvent-ils faire évoluer la situation ?
PA : La mobilisation est nécessaire car en dépit de vraies situations de régression comme au Burundi ou au Sénégal dans une certaine mesure, on constate des évolutions. Les Africains eux-mêmes doivent se mobiliser en n’oubliant pas qu’ils vivent dans un monde globalisé. Il ne serait pas réaliste qu’ils prennent seuls les choses en main. Ils se feraient lyncher très vite. Le mouvement de mobilisation transnational est en bonne voie. Je l’ai vu au Cameroun où une association s’est constituée après les événements de 2006 pour agir par le biais du droit à la santé et des droits de l’homme. Cette association, Alternative Cameroun, fait un vrai travail et les choses évoluent dans le bon sens. La question du VIH/sida qui révèle une vulnérabilité très élevée dans les minorités aux pratiques homosexuelles est à ce jour aussi une manière de lever les tabous et de combattre les discriminations, ce qui est valable pour d’autres couches de la population comme les travailleuses du sexe ou les femmes.
SIS : Quel regard portez-vous sur l’aide des Occidentaux aux mouvements de défense des homosexuels africains ?
PA : Il est assez difficile de se positionner. Lorsque je suis arrivé en France dans le cadre de mes enquêtes, j’ai vraiment pensé que les actions menées à partir de l’Occident, notamment de la France, n’étaient pas du tout pertinentes. J’ai parfois constaté des relents de paternalisme qui me posaient problème. Puis mon opinion a évolué. Les Africains qui se mobilisent ont besoin de l’appui des Occidentaux, qui ont vécu ce même ostracisme dans des périodes pas si lointaines. En France, c’est seulement au début des années 1980 que l’homosexualité n’a plus été considérée comme un délit ! C’était à l’issue d’un mouvement qui est parti des Etats-Unis pour gagner toute l’Europe de l’Ouest. Mais il faut vraiment tenir compte du contexte colonial qui induit qu’une minorité agissante est instrumentalisée par les Occidentaux, ce qui crée de réelles situations de révolte et de blocage. En plus, dans le contexte général des choses, l’humanitaire est mis à mal dans de nombreuses contrées du monde, ce qui rend les choses délicates. Certains leaders associatifs au Sénégal et au Cameroun m’ont fait part de très fortes tensions générées par les actions menées par le réseau Africagay, parrainé par AIDES. Quel doit être le rôle de AIDES dans ce mouvement ? Cette association doit-elle se mettre en avant dans les pays africains ? Doit-elle au contraire se mettre en retrait ? Il est nécessaire de trouver le juste équilibre. Et puis jusqu’où peut-on exposer les militants africains ? Est-il bien de porter la revendication identitaire aux côtés des enjeux de santé publique ? Mais les militants africains trinquent quand ils se retrouvent seuls ! Il faut peut-être faire confiance aux Africains eux-mêmes et ne pas pousser le bouchon trop loin dans le lobbying que les Occidentaux peuvent faire. En Afrique du Sud, il y a une très bonne dynamique qui pourrait inspirer les autres pays africains.
Entretien réalisé par Alain Miguet pour Sida Info Service
*Trajectoires (homo)sexuelles et migration transnationale en temps de sida du Cameroun vers la France. (EHESS-LAS)
Sida Info Service : Certaines sociétés africaines ont-elles accepté l’homosexualité au cours de leur histoire ?
Patrick Awondo (PA) : La réponse est oui. Même s’il faut se souvenir que la norme dans toutes les sociétés du monde a toujours été l’hétérosexualité. Des travaux extrêmement documentés effectués par des historiens et des anthropologues démontrent que l’homosexualité a été tolérée ou acceptée dans certaines sociétés africaines. Dans la zone actuelle du Zimbabwe, l’historien canadien Marc Epprecht a prouvé l’existence de l’homosexualité, des fresques très anciennes dans des grottes figurent des représentations homosexuelles dans cette même zone. L’anthropologue britannique Evans-Pritchard a travaillé chez les Azande, dans le Soudan, et a montré la réalité de ce qu’il appelait des formes d’inversion sexuelle.
SIS : Pourquoi le rejet de l’homosexualité est-il actuellement si fort en Afrique ?
PA : Le moment colonial est à prendre en compte pour expliquer la représentation actuelle de l’homosexualité dans l’ensemble de l’Afrique car il s’articule avec l’arrivée des religions révélées. C’est ce moment-là qui introduit l’homophobie au sens où nous l’entendons aujourd’hui. Au Cameroun, le groupe ethnique Beti, auquel j’appartiens, est comme d’autres sur le continent riche d’histoires décrivant des situations pouvant se rapporter à l’homosexualité. Sans passer pour un modèle, les personnes qui en étaient soupçonnées n’étaient pas mises à l’écart de la société. Quand la société Beti a été christianisée, on est passé d’un tabou mesuré à celui d’une interdiction formelle et d’une diabolisation pure et simple. Il était interdit de pratiquer l’homosexualité, d’en parler et des sanctions ont été instaurées et relayées par l’ensemble du groupe social.
SIS : L’arrivée des religions révélées explique-t-elle à elle seule le rejet de l’homosexualité ?
PA : Pas seulement. Le moment colonial est fondamental car il instaure des lois répressives et une perception encore plus dépréciative de l’homosexualité. Mais il ne faut pas oublier que dans toutes les sociétés africaines, comme partout d’ailleurs, l’homosexualité n’a jamais fait figure de modèle. Dans la plupart des sociétés, le rejet de l’homosexualité remonte à très longtemps aussi. Cependant je considère que ce passage du tabou, de la chose dont on ne voudrait pas parler mais dont on sait qu’elle existe, à l’interdiction et la diabolisation est un moment crucial.
SIS : Existe-t-il des différences de perception vis-à-vis des lesbiennes par rapport aux gays ?
PA : Absolument. Je pense que l’homosexualité masculine est mieux acceptée que l’homosexualité féminine. Je le constate dans le cadre de l’étude* que je mène actuellement car j’éprouve beaucoup de difficulté à rencontrer des lesbiennes, qui pourtant existent. Si on part de l’Afrique australe pour rejoindre l’Afrique centrale, des expressions dans certaines langues désignent l’homosexualité. Ce n’est pas vrai dans toutes les sociétés mais on en trouve un certain nombre. Au Zimbabwe par exemple, l’expression « hungochani » en chiShona renvoie à l’homosexualité masculine, tout comme les Zoulou disent « nkoschana » pour la copulation entre hommes. Au Cameroun, les Bamoun ont une expression qui signifie « l’homme-femme ». L’expression inverse décrivant les lesbiennes n’existe pas toujours. L’autre fait à prendre en compte est que le Vih/sida qui est le catalyseur de la visibilité des homosexuels ne concerne pas vraiment les lesbiennes.
SIS : Comment expliquez-vous ce rejet plus fort de l’homosexualité féminine ?
PA : Si plusieurs facteurs peuvent l’expliquer, le plus éminent est la phallocratie des sociétés africaines où généralement les hommes dominent les femmes. Il faut savoir que la représentation de l’inversion de cette domination qu’exemplifie l’acte de sodomie est le moteur de nombre de fantasmes liés à cette sexualité. Des anthropologues ont montré toutefois que des sociétés avaient presque institutionnalisé l’homosexualité féminine. Dans la zone du Nigeria actuel, ce type de situation est connu. Dans l’Afrique moderne, les persécutions touchent plus les femmes que les hommes : en Ouganda, en Afrique du Sud, au Zimbabwe, le constat est le même presque partout.
SIS : La criminalisation de l’homosexualité se développe en Afrique comme on l’a vu récemment au Burundi. Comment l’expliquez-vous ?
PA : L’homosexualité est très liée à l’impérialisme occidental dans les représentations populaires africaines. La fronde publique contre cette orientation sexuelle devient une cause morale et le dernier bastion sur lequel certains pensent devoir transposer le rejet d’une supposée « dépravation de l’Occident ». Si au sein des gouvernements africains, certains dirigeants rejettent cette conviction que l’homosexualité est le fait des Occidentaux, ils subissent une si forte pression de la rue et des populations, qu’ils se sentent obligés d’agir en conséquence. Au Cameroun, en 2006, une partie de la presse privée a publié des listes de personnalités présumées homosexuelles. Le président de la République, peu réputé pour ses idées libérales, a pourtant pris la parole pour expliquer que la sexualité relevait du domaine de la vie privé. Eh bien il s’est fait lyncher le lendemain par la presse qui l’a accusé de soutenir ses amis occidentaux avec qui il entretenait des compromissions serviles. Rama Yade est l’une des personnalités françaises les plus détestées sur le continent pour son soutien aux homosexuels. Je me souviendrai toujours de ce journal camerounais avec sa photo à la une et le titre en dessous : « la France soutient les pédés ». Il ya aussi l’influence du religieux. Le président Abdoulaye Wade est sans aucun doute conscient des questions des droits de l’homme. Mais le Sénégal est un pays musulman très religieux et un certain fondamentalisme agit contre l’homosexualité. Partout sur le continent, des gens en quête de reconnaissance et des populations revanchardes contre les anciens colons ont fait de la lutte contre l’homosexualité une cause du nationalisme culturel.
SIS : Dans un tel contexte, comment les homosexuels africains peuvent-ils faire évoluer la situation ?
PA : La mobilisation est nécessaire car en dépit de vraies situations de régression comme au Burundi ou au Sénégal dans une certaine mesure, on constate des évolutions. Les Africains eux-mêmes doivent se mobiliser en n’oubliant pas qu’ils vivent dans un monde globalisé. Il ne serait pas réaliste qu’ils prennent seuls les choses en main. Ils se feraient lyncher très vite. Le mouvement de mobilisation transnational est en bonne voie. Je l’ai vu au Cameroun où une association s’est constituée après les événements de 2006 pour agir par le biais du droit à la santé et des droits de l’homme. Cette association, Alternative Cameroun, fait un vrai travail et les choses évoluent dans le bon sens. La question du VIH/sida qui révèle une vulnérabilité très élevée dans les minorités aux pratiques homosexuelles est à ce jour aussi une manière de lever les tabous et de combattre les discriminations, ce qui est valable pour d’autres couches de la population comme les travailleuses du sexe ou les femmes.
SIS : Quel regard portez-vous sur l’aide des Occidentaux aux mouvements de défense des homosexuels africains ?
PA : Il est assez difficile de se positionner. Lorsque je suis arrivé en France dans le cadre de mes enquêtes, j’ai vraiment pensé que les actions menées à partir de l’Occident, notamment de la France, n’étaient pas du tout pertinentes. J’ai parfois constaté des relents de paternalisme qui me posaient problème. Puis mon opinion a évolué. Les Africains qui se mobilisent ont besoin de l’appui des Occidentaux, qui ont vécu ce même ostracisme dans des périodes pas si lointaines. En France, c’est seulement au début des années 1980 que l’homosexualité n’a plus été considérée comme un délit ! C’était à l’issue d’un mouvement qui est parti des Etats-Unis pour gagner toute l’Europe de l’Ouest. Mais il faut vraiment tenir compte du contexte colonial qui induit qu’une minorité agissante est instrumentalisée par les Occidentaux, ce qui crée de réelles situations de révolte et de blocage. En plus, dans le contexte général des choses, l’humanitaire est mis à mal dans de nombreuses contrées du monde, ce qui rend les choses délicates. Certains leaders associatifs au Sénégal et au Cameroun m’ont fait part de très fortes tensions générées par les actions menées par le réseau Africagay, parrainé par AIDES. Quel doit être le rôle de AIDES dans ce mouvement ? Cette association doit-elle se mettre en avant dans les pays africains ? Doit-elle au contraire se mettre en retrait ? Il est nécessaire de trouver le juste équilibre. Et puis jusqu’où peut-on exposer les militants africains ? Est-il bien de porter la revendication identitaire aux côtés des enjeux de santé publique ? Mais les militants africains trinquent quand ils se retrouvent seuls ! Il faut peut-être faire confiance aux Africains eux-mêmes et ne pas pousser le bouchon trop loin dans le lobbying que les Occidentaux peuvent faire. En Afrique du Sud, il y a une très bonne dynamique qui pourrait inspirer les autres pays africains.
Entretien réalisé par Alain Miguet pour Sida Info Service
*Trajectoires (homo)sexuelles et migration transnationale en temps de sida du Cameroun vers la France. (EHESS-LAS)
©association Sida Info Service - 2009
Source: cette interview est extraite du site de Sida Info Service qui nous a aimablement autorisé à la reproduire. Nous en remercions Sida Info Service, un site dont nous vous recommandons la visite régulière (cliquer sur l'hyperlien).
07:00 Publié dans Essais, études gaies et lesbiennes, articles | Lien permanent | Envoyer cette note
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22.05.2009
Les coiffeurs africains sont-ils homos? Un journaliste ivoirien s'en inquiète...
Nous revenons du Ghana (Afrique de l'Ouest) où nous avons séjourné pendant deux semaines. Pendant ces vacances, nous avons pu admirer les pancartes publicitaires peintes à la main qui annoncent la présence d'un salon de coiffure. Cet artisanat du peintre de publicités est typique des pays africains et va sans doute progressivement disparaître au profit d'affiches imprimées sur base de photographies.

A peine rentrés, nous sommes tombés sur un article homophobe écrit dans la voisine Côte d'Ivoire et qui dénonce ces coiffeurs africains mâles qui osent se mêler de coiffer des femmes. (Traditionnellement ce sont les femmes qui coiffent les femmes, alors que les hommes coiffent les hommes.) L'article dégouline de préjugés sur l'identité de genre et sur l'homosexualité. Le type même de préjugés qui étaient très répandus (et persistent encore sans doute) chez nous il y a quelques décennies. Nous le retranscrivons au titre d'un document anthropologique sur l'homophobie africaine -hélas- ordinaire. Rappelons qu'au Ghana l'homosexualité est passible d'emprisonnement.
L'homophobie du journaliste est patente, le surlignement en rouge des passages homophobes est de notre fait. Remarquons que tout l'article souligne la "confusion des genres masculin et féminin" et que le journaliste suscite la délation des clientes à propos de l'homosexualté de coiffeurs dont elles semblent pourtant apprécier les compétences. De même le journaliste oriente négativement les propos du psychologue interrogé, pourtant plutôt réservé sur la question.
lundi 18 mai 2009 - Par Nord-Sud
Soupçonnés d'être des partisans de l'homosexualité, les hommes qui coiffent les femmes se défendent. Mais ces coiffeurs, qui sont le plus souvent efféminés, ne favorisent-ils pas les critiques ? Nord-Sud a mené l’enquête.

Les hommes s'adonnent de plus en plus à la coiffure féminine. « Tissage, tresse, pédicure et manucure », peut-on lire sur la pancarte de ce salon situé non loin du grand marché de Marcory. A l'intérieur, un bel homme s'occupe de la tête d'une dame. Il s'appelle Aziz, il a 30 ans. Ce 27 avril, ce coiffeur, avec sa longue chevelure défrisée qui tombe sur la nuque, est vêtu d'un tee-shirt qui épouse les lignes de son corps. Il porte aussi un pantalon “taille-basse”, de petites boucles d'oreilles, et des bijoux en argent aux poignets. Un vrai look de belle de nuit. Il porte un bijou comme montre au poignet gauche. Une aiguille en main, Aziz est en train de placer un tissage sur la tête d'une fille. Il est le patron et ses employées sont toutes du sexe faible. Avec courtoisie, Aziz nous accueille pour parler de lui et des hommes de la coiffure. « J'ai aimé la coiffure depuis ma tendre enfance. Quand j'ai arrêté d'aller à l'école, je me suis orienté tout naturellement vers ce métier. Quand un homme le pratique, il se voit coller une image péjorative. Mais, tout ce qui se dit sur moi, je n'en tiens pas compte. Je suis efféminé depuis ma naissance. Je n'ai pas choisi de l'être. Les gens pensent que je suis homosexuel. Mais, je ne le suis pas. Et ma façon d'être n'a pas influencé mon choix pour la coiffure», se rassure-t-il.

L'influence des femmes
Pour nous convaincre qu'il demeure un homme malgré son allure de « go », il affirme qu'il est marié et père d'une fille. Une défense réfutée par son entourage. Aline Kouamé, une cliente, soutient qu'il cache son choix sexuel. « Depuis son installation au marché, à travers sa démarche, j'ai su immédiatement qu'il était homosexuel. Je pense que c'est le fait d'être constamment avec les femmes qui peut engendrer un tel virement », estime-t-elle. Toutefois, elle trouve que c'est un bon coiffeur. « Je le préfère aux coiffeuses », avoue la cliente. Béatrice, une vendeuse de vêtements, non loin du salon, est du même avis qu'Aline « La coiffure a eu une influence sur Aziz. Il est devenu efféminé. Je le connais depuis son enfance, il n'était pas ainsi. Si cela ne tenait qu'à moi, un homme n'exercerait jamais ce métier», renchérit-elle.

Interrogé sur l'influence de la fréquentation des femmes ou de la pratique de la coiffure féminine, Kouakou Ossei, enseignant au département de psychologie à l'université de Cocody, explique qu'il serait difficile d'établir un lien de causalité. « Nous n'avons pas encore mené d'étude dans ce sens. Pour le moment, on ne peut pas dire que c'est parce qu'ils exercent ce métier qu'ils sont ainsi. Tout ce qui est dit n'est pas pour le moment vérifié », avance le spécialiste. Une cliente d'Aziz est séduite par l'efficacitιédu coiffeur, mais émet des réserves. « Les hommes coiffent mieux que les femmes car ils sont beaucoup concentrés et rapides. Mais, ce que je déplore, c'est que la coiffure les transforme. A force d'être en contact avec nous (les femmes), ils copient nos envies. Je n'aimerais pas être la femme d'un tel homme. J'en aurais honte », souligne-elle.

Karim D., un autre coiffeur, est dans le métier depuis une dizaine d'années. Rejeté par sa famille, il essaie de garder le moral. « J'ai arrêté mes études en classe de 3ème. Mes parents m'ont envoyé chez mon oncle à Abidjan pour apprendre un métier. Chez lui, j'ai été en contact avec ses filles qui sont des tresseuses. Et chaque fois qu'il y avait une cliente, elles m'appelaient pour terminer les bouts de tresse. C'est ainsi que j'ai aimé le métier », explique-t-il. Il s'est inscrit dans une école de coiffure. Et au bout de trois ans de formation, il a ouvert son salon. Entre temps, le jeune homme a adopté un autre look: tatouage sur le corps, piercings au nez et aux lèvres. « L'on a commencé à raconter toutes sortes de choses sur mon compte. Ces rumeurs ont détruit ma vie. Ils sont allés dire à mes parents que je suis devenu une femme. Alors que c'est le style que j'ai aimé. La coiffure, c'est ma vocation, je ne me vois pas en train de faire autre chose. Tout le monde dans ma famille m'a tourné le dos. Seule une de mes sœurs m'appelle de temps à autre. Aujourd'hui, tout ce que je désire, c'est de me réconcilier avec mes parents, en particulier ma mère. Je veux aussi les amener à accepter mon métier et m'accepter avec mon style. Je gagne bien ma vie. Je peux donc les aider », regrette-t-il avec de l'amertume dans la voix. Comme Karim, beaucoup de coiffeurs de femmes sont l'objet de critiques, de curiosité et sont souvent rejetés par leurs familles. T.H., outre la tresse, la manucure, la pédicure, pose les faux ongles et autres cils artificiels chez les dames. Ce 30 avril, à Treichville, filiforme, T.H porte un tee-shirt plaquésur une culotte. Entre lui et ses nombreuses clientes, c'est la symbiose. Il tourne autour des filles comme l'une d'elles.
Renié par sa famille
Même sa voix est féminine. « Je suis né ainsi. Depuis l'enfance, je me sentais attiré par tout ce qui est féminin. C'est pourquoi mon entourage pense que je suis homosexuel. Cela ne m'étonne pas. J'y suis habitué. Ce qui est essentiel pour moi, c'est de gagner de l'argent », se défend-il. A la question de savoir s'il est réellement homosexuel, il répond: « C'est ma vie privée. Je ne dois de comptes à personne.»
C'est la curiosité qui amène beaucoup de filles à se coiffer chez lui. « On m'a parlé de sa curieuse manière de se comporter. On m'a dit aussi qu'il est homosexuel. J'ai voulu le vérifier », indique Rose, une cliente. Quant à Lucie, une habitante du quartier, elle est convaincue de l'homosexualité de T.H et dit détenir des preuves. « Il y a beaucoup de ses amis homosexuels qui viennent ici. En plus, chaque soir, il y a des voitures aux vitres teintées qui viennent le chercher. Au volant, l'on aperçoit toujours un homme », relate-t-elle. « Je ne crois pas que ce soit le métier qui les rend ainsi. Ils sont nés avec des gènes féminins », soutient mordicus une autre cliente. « Le contact permanent avec les femmes donne des envies. Ces coiffeurs ont souvent envie d'être traités comme des jeunes filles. C'est pourquoi vous verrez souvent certains se coiffer comme des femmes ou se dépigmenter la peau », souligne Liliane. « C'est la jalousie qui fait réagir ainsi les femmes. Nous les hommes, quand nous faisons un travail, nous le faisons bien. On ne fait pas de commérages, et on est concentré. Ce qui est le contraire chez les femmes », riposte T.H.
Quand Eugène devient « Eugénie »
Le 2 mai, nous rendons visite à Eugène, sous un hangar à Yopougon. Il est spécialiste en tresses. Entre deux nattes, il fait une pause pour répondre à nos questions. Sa sœur l'aide dans son job. Sur un banc, attendent des clientes impatientes. Dodu, avec des dreadlocks solidement fixés, Eugène lance de temps à autre des blagues pour détendre ses clientes. Il est nouveau dans le métier. Mais, son salon refuse du monde. Dans son quartier, les filles l'ont surnommι « Eugénie », à cause de son apparence. Et, il accepte ce prénom. Il est l'un des rares coiffeurs à reconnaître que le métier a eu une influence sur sa vie. « La coiffure a eu de l'influence sur moi. Je suis devenu souple et sensible. Avant, j'étais timide. Ce qui n'est plus le cas aujourd'hui. On me traite d'homosexuel, mais, je laisse les gens parler. C'est ma vie privée », assène-t-il. La sœur d'Eugène explique qu'enfant, son frère ne manifestait pas de goût pour la coiffure. « Cela est venu tout seul et il a changé complètement d'apparence. Concernant, les rumeurs sur son éventuelle vie de gay, je préfère ne pas me prononcer. Je ne lui ai jamais posé la question car je ne veux pas savoir », indique-t-elle.
S.S
Source: abidjan.net
Photos: toutes les photos ont été prises au Ghana par Luclebelge
07:00 Publié dans Homophobie | Lien permanent | Envoyer cette note
| Tags : afrique, ghana, cote d ivoire, abidjan, homosexualite, identite de genre, homophobie, coiffure, coiffeur |
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20.05.2009
Chroniques de l'homophobie catholique ordinaire: au Kenya et au Vermont (USA)
KENYA
Selon le site LGBT africain Behind the mask, l'archevêque de la troisième ville du Kenya, KISUMU, le dénommé Zacchaeus Okoth, qui est aussi le Président de la Commission catholique Justice et Paix, a émis des propos homophobes alors qu'il s'adressait aux participants d'un séminaire international consacré au rôle des universités dans la construction de la paix à la CUEA (Catholic University of East Africa) la semaine dernière. la conférence a été organisée par le Centre pour la Justice sociale et l'Ethique de ladite université. Alors qu'il commentait le lien entre les questions de genre et la paix, l'Archevêque Okoth a affirmé: "Pour l'Africain, le genre est soit mâle soit femelle; d'autres approches comme l'homosexualité ne devraient pas être prises en compte. Dans ce contexte, la croyance de l'Africain est en harmonie avec l'enseignement de la Bible, qui avance que Dieu a créé seulement deux sexes: le sexe mâle et le sexe femelle. Dieu a créé Adam et Eve. Dieu n'a pas créé Adam et Steve." (“For the African, gender is either male or female; other issues such as homosexuality should not arise. In this context, the belief of the African is consonant [with] the teaching of the Bible, namely God created only two sexes: male and female. God created Adam and Eve. God did not create Adam and Steve!”)
Source: Behind the mask
VERMONT

Dans le diocèse de Portland, l'Eglise catholique a commencé à réunir des signatures pour opposer un veto populaire à la récente loi sur le mariage des personnes du même sexe. Il faut 55087 signatures pour que la question soit soumise à referendum. La question serait ainsi formulée: "Souhaitez-vous rejeter la nouvelle loi qui autorise les personnes de même sexe à se marier et autorise des personnes ou des groupes religieux à refuser de célébrer de tels mariages?"
Source: Mpbn et bien entendu le site du diocèse de Porland
22:37 Publié dans Religions, haines et tolérances | Lien permanent | Envoyer cette note
| Tags : catholicisme, christianisme, religion, gay, lesbienne, mariage, eglise catholique, vie de l eglise, afrique, kenya, kimusu, okoth, cuea, vermont, portland |
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30.04.2009
Islam, Sénégal et homosexualité: création d'un front islamiste anti gay
Non, Benoît, t'es pas tout seul...
Dakar, 29 avr (APS) - Le Front islamique pour la défense des valeurs éthiques a exprimé mercredi son inquiétude face aux manœuvres de lobbies visant, selon lui, à pousser 38 Etats africains dont le Sénégal à signer la convention légalisant l’homosexualité.
Mis en place dimanche à l’issue d’une réunion qui s’est tenue à la Mosquée Cheikh Omar Foutiyou Tall, le ’’front’’ a rendu publique sa première déclaration, lors d’une conférence de presse.
Lue par Bamar Guèye, représentant de l’organisation Jamra, devant le mausolée Seydou Nourou Tall, le texte indique que, ‘’depuis quelques temps, la tension couve au Sénégal et oppose les défenseurs des valeurs éthiques aux homosexuels, à certains soi-disant organisations des droits de l’Homme et aux lobbies tapies dans l’ombre’’.
‘’Ces lobbies ont, dénonce la déclaration, ourdi une conspiration dangereuse contre les valeurs religieuses en général et contre celles de l’Islam en particulier.’’
A cet égard, le front rappelle ‘’l’appel pour la dépénalisation de l’homosexualité’’ lu au nom de 66 pays par le représentant de l’Argentine, le 18 décembre dernier à l’Assemblée générale des Nations Unies à New York.
De l’avis des participants ayant pris part aux travaux qui ont abouti à ladite déclaration, ‘’ces lobbies se livrent à la recherche effrénée d’un +quorum+ pour permettre à l’ONU d’avaliser une convention portant sur la +dépénalisation universelle de l’homosexualité’’.
Mais ‘’ce qui est encore plus inquiétant actuellement et qui interpelle tout croyant, c’est que c’est le continent africain qui est le plus visé, car l’objectif de ces lobbies est de faire signer la convention à 38 pays africains dont le Sénégal pour légaliser ces pratiques contre-nature’’.
Le ’’front’’ indique que ‘’ces mêmes lobbies, avec des ramifications insoupçonnées (divers groupes obscurs dont des homosexuels et des lesbiennes) se livrent à des manœuvres souterraines au niveau mondial avec des fonds (...) exorbitants pour recruter et multiplier des relais notamment certaines +ONG se réclamant défenseurs des droits humains’’.
C’est en réaction à cette situation et à l’abandon des poursuites contre neuf homosexuels que la Ligue des oulémas de l’Islam au Sénégal avait invité dimanche chefs religieux et associations islamiques à une journée de réflexion et de concertation. Journée qui a abouti à la création du Front islamique pour la défense des valeurs éthiques.
Source: site web de l'agence de presse sénégalaise
12:18 Publié dans Religions, haines et tolérances | Lien permanent | Envoyer cette note
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25.04.2009
Madagascar: l'amour homonyme
Il est plutôt rare qu'un media africain (hors Afrique du Sud et territoires français) évoque positivement l'homosexualité. C'est le cas dans cet article trouvé sur le site internet de l'Express de Madagascar, intitulé l'amour homonyme. Le continent africain est sans doute le contient le moins avancé en matières de reconnaissance et d'octroi de droits des personnes LGBT. Toute bonne nouvelle est bonne à prendre, toute avancée doit être soulignée et encouragée! Ce type d'article contribue à la lutte active contre l'homophobie.
Sexualité |
L’amour homonyme |
Il y a quelques années, l'homosexualité était un tabou à Madagascar. Un phénomène de société qui se révèle publiquement à partir du moment où les «Sarimbavy tena izy» ont proposé des shows et ont réussi à faire admettre leur existence. Suivre cet instinct naturel, est-ce mal ou bien ? |
Il arrive fréquemment, à l’adolescence, que l’on ait des attirances homosexuelles. Mais seul un petit groupe d’adolescents se révélera réellement être homosexuel. |
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01.04.2009
Le Vatican va promouvoir la sexualité protégée
Selon l’agence PPA*, un revirement important dans la politique vaticane est en cours. Suite aux nombreuses protestations de la communauté scientifique face aux prises de position du pape Benoît XVI sur l’attitude à adopter pour contrer l’épidémie du sida en Afrique, le Vatican se prépare à modifier le message qu’il avait transmis jusqu’ici : les préservatifs seront admis, sans être toutefois bénis. Le message reste toutefois sensiblement le même qu’auparavant : la sexualité entre dans le projet divin et vise la seule procréation, la meilleure prévention restant la chasteté ou la fidélité dans les liens sacrés du mariage ; mais le port du préservatif est enfin autorisé pour les relations charnelles au sein du mariage si l’un des partenaires est séropositif et qu’il est poussé de manière irrépressible à s’unir à son conjoint. On le voit, l’avancée reste prudente, mais la porte est enfin entrouverte. Des directives seraient également données aux évêchés africains pour que les ONG catholiques puissent organiser, sans en faire de publicité, des distributions de préservatifs : elles recevraient prochainement de Rome une aide financière non négligeable. Il n’est cependant pour l’instant pas question que le pape demande pardon aux malades du sida qui ont jusqu’ici suivi ses conseils.
Une certaine presse avance cependant que les récentes désaffections des catholiques européens et sud américains sont à l’origine du revirement. Les églises d’Allemagne et d’Autriche ont en effet enregistré ces dernières semaines des désinscriptions en masse au niveau des déclarations d’impôt. Les Allemands ont de facto le loisir de cocher sur leurs déclarations la case du culte auquel ils souhaitent attribuer une partie de leur impôt. Il leur est possible à chaque exercice comptable de refuser cet impôt et d’ainsi sortir de l’église (austreten). D’autre part, en Amérique du Sud, les églises protestantes, nettement plus libérales que l’église catholique, connaissent un engouement exponentiel, alors que les églises catholiques se vident. Autant de raisons qui pousseraient le Vatican à revoir sa politique.
La nouvelle politique vaticane aura un coût financier qui contraindra à davantage d’austérité. Aussi la Curie romaine et Sa Sainteté elle-même ont-elles décidé de réduire leur train de vie. Première touchée : la garde-robe pontificale. Le pape aurait décidé que les allocations vestimentaires allouées au personnel du Vatican et au clergé pontifical seraient supprimées. Montrant l’exemple, il se contentera désormais de ne plus revêtir que des vêtements usagers. Pour que cette décision révolutionnaire ne cause pas trop de dommages psychologiques au sein de la Curie, des équipes de confesseurs franciscains seront mises à la disposition des prélats. L’Ordre de Saint François est en effet accoutumé à la pauvreté depuis sa fondation et a acquis des compétences certaines en la matière. Les fonds ainsi épargnés seront directement reversés aux ONG qui luttent sur le terrain contre la maladie. Une manière de convertir les tissus moirés et les mules élégantes en capotes hermétiques. Il est vrai que le goût de Benoît XVI pour une élégance raffinée avait fait exploser le budget du Vatican. On parle aussi d’une autre réforme qui toucherait les achats de bijouterie : le pape et les cardinaux ne porteraient plus désormais que de simples anneaux de métal non précieux portant une croix et offriraient le produit de la vente de leurs bagues ornées de coûteuses pierres précieuses à la recherche médicale. En compensation de ces sacrifices, et à la suggestion des Franciscains inquiets du choc psychologique que ces mesures ne manqueront pas d'occasionner, le Pape octroiera une indulgence plénière à l’ensemble de la prélature vaticane, la lavant ainsi des conséquences du péché de vanité.
Le syndicat des grands couturiers et des chausseurs italiens a déjà protesté avec vigueur. Le gouvernement Berlusconi s’inquiète lui aussi des milliers de pertes d’emploi que la mesure décidée par Benoît XVI ne manquera pas d’occasionner. On parle aussi d'un arrêt de travail de la garde suisse, qui déposera symboliquement ses hallebardes.
PS:
1. *L'agence PPA est l'Agence de Presse du Premier Avril, fondée ce jour par Luclebelge
2. On reverra avec intérêt cet extrait de Fellini Roma:
Joyeux poissons à toutes et tous. Si ce n'était pas aussi dramatique, on pourrait se contenter du sarcasme et de l'ironie...
20:17 Publié dans Humour | Lien permanent | Envoyer cette note
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28.03.2009
Le sida en Afrique: le spot d'Aides
Le spot télévisuel a obtenu le Lion d'argent au Festival international de la publicité à Cannes.
Source: le site de l'association Aides
05:39 Publié dans Santé, Prévention, Sida, Mst | Lien permanent | Envoyer cette note
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