27.12.2009

Littérature: A l'ombre des hanches, le nouveau livre de Francis Lamberg

a l ombre

                                                                                 Amour, sentimentalité, sentimentalisme, érotisme, pornographie crade ou chic...?: quels mots pour (mé)dire les élans du corps et les constructions de l’esprit??
En poésie et en prose, cet opus-cul alter-romantique et crypto-nihiliste caresse ce sujet.

Né à Bruxelles en 1966, d’origine belgo-marocaine, Francis Lamberg a grandi au cœur du bourgeois et prospère Brabant Wallon avant d’être adopté par l’ardente et populaire Liège. Curieux de tout et de tous, Francis est chercheur dans la sidérurgie, syndicaliste, militant de la cause homosexuelle,…
Edité dans les revues L’Indispensable, L’Arbre à plumes, RegARt, Ecrits Vains,… Francis Lamberg a publié Dans ma tête, je fais pousser les fleurs et naitre les chevaux aux éditions Tirtonplan (1996), il a également participé au recueil de nouvelles Passions Voyages Fantasmes des éditions Thé Glacé (2000).

08:45 Publié dans Littérature | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : litterature, poesie, gay, francis lamberg | | |  Facebook |

31.10.2009

Comment je n'ai pas eu le Goncourt

Un communiqué d'Olivier Delorme

Il ne sera décerné que lundi, certes ! Et il ne vous aura pas échappé que je ne suis pas dans la liste... Allez savoir pourquoi !

Mais mon héros, lui, est dans les favoris ; il est vrai que s'il habite sur une île-volcan grecque fort semblable à celle que j'ai quittée(à regret) au début de ce mois, cet alter ego, lui, a trahi H&O... pour Braisaillon - ceci expliquant peut-être cela.

Bref, vous l'aurez compris, mon dernier roman, Comment je n'ai pas eu le Goncourt (la couverture et la quatrième de couv en pdf ci-joint) est désormais dans toutes les bonnes librairies.

Et comme mon alter ego, j'entame donc ma tournée des salons... en espérant qu'elle sera moins meurtrière que la sienne !

Le ouiquende dernier, j'étais à la Fête du livre de Saint-Etienne (Fabienne Cholat, de l'excellent quotidien régional Le Progrès, a consacré à mon non-Goncourt l'article que vous trouverez en pj) ; en principe, je serai au salon de Toulon (20-22 novembre) et peut-être aussi à celui de Roquebrune Cap-Martin (5-6 décembre).

Pour les Parisiens, la librairie hellénique Desmos (14, rue Vandamme 75014 Paris ; Tél. : 01 43 20 84 04 ; Métro : Gaité, Edgar Quinet, Montparnasse) m'accueillera le vendredi 27 novembre prochain à partir de 18h00, dans le cadre de "La Fureur des Mots", organisée par la mairie du 14e arrondissement, afin que je puisse vous le dédicacer et, je vous le garantis, ce Comment je n'ai pas eu le Goncourt sera un cadeau de Noël bien plus gai et jouissif que le Goncourt... quel qu'il soit !

Et puis encore : Emmanuel Khérad m'a fait le plaisir de m'inviter à présenter ce livre dans la Librairie francophone (diffusée demain, samedi 31 octobre à 17h00 sur France Inter et La Première de la Radio suisse romande ;  le dimanche 1er novembre sur La Première de la RTBF à 12h00, et sur la Première Chaîne de Radio-Canada à 19h00).

Le dernier tiers de l'émission est consacré à Comment je n'ai pas eu le Goncourt... qui a bien faire rire les critiques québecoise et belge mais qui se fait aligner par le libraire parisien et l'animatrice suisse. Comme je n'écris pas pour plaire à tout le monde et que j'essaye de dire, avec humour, quelques vérités sur le monde de l'édition, cela n'est pas vraiment étonnant. C'est même plutôt rassurant !!!

Tout de même, me dire que ce livre est "plaintif" : j'avoue que les bras m'en sont tombés, parce que si je balance, si je m'en prends à la Nomenklatura, si je raconte une partie des blocages, notamment médiatiques, auxquels se heurtent un auteur et un petit éditeur, pédés de surcroît, c'est franchement plus avec le rire aux lèvres qu'avec la larme à l'oeil ! A vous de juger !

Pour écouter ensuite sur le Net
http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/lalibrairi...

Le lundi 2 novembre, je serai également l'invité du "Livre du jour" de Philippe Vallet, sur France Info, diffusé (à plusieurs reprises) durant la matinée précédant la remise du Goncourt.

Les archives de l'émission pour écouter ensuite:
http://www.france-info.com/spip.php?page=archive_sous...

07:15 Publié dans Littérature | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : litterature, roman, olivier delorme, comment je n ai pas eu le goncourt | | |  Facebook |

15.10.2009

Les graffitis du tombeau d'Oscar Wilde au Père Lachaise à Paris

paris sept oct 2009 109

paris sept oct 2009 114

paris sept oct 2009 115

paris sept oct 2009 118

paris sept oct 2009 113

paris sept oct 2009 118

paris sept oct 2009 123

paris sept oct 2009 116

paris sept oct 2009 124

paris sept oct 2009 117

Pour m'avoir enseigné à mordre la vie. Merci.

paris sept oct 2009 119

L'unique manière de se libérer d'une tentation est d'y céder

paris sept oct 2009 120

paris sept oct 2009 122Je ferais exploser le soleil pour ouvrir cette porte et pouvoir te parler [...]

paris sept oct 2009 127

07:00 Publié dans Littérature | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : paris, pere lachaise, graffiti, tombe, cimetiere, osacr wilde, tombeau d oscar wilde | | |  Facebook |

14.10.2009

La tombe d'Oscar Wilde au cimetière du Père Lachaise à Paris: la tombe

paris sept oct 2009 110

La tombe d'Oscar Wilde (1854-1910), objet de scandale et d'admiration, est l'oeuvre du sculpteur expressionniste britannique Jacobs Epstein(1880-1959). Elle est classée monument historique. Elle est surmontée d'un sphinx ailé et nu, qui serait la représentation du poète.

paris sept oct 2009 111

Au-delà de la mort,  Wilde fait encore scandale, puisque des mains prétendûment pieuses ont amputé son monument funéraire, castrant le sphinx, peu après son inauguration qui provoqua un scandale par son caractère pour l'époque osé. Il fut recouvert d'une bâche jusqu'à 1914.

paris sept oct 2009 112

Objet d'admiration, le tombeau se couvrit de graffitis, fut restauré et entouré d'une barrière, mais rien ne parvint à arrêter le fanatisme fervent des admirateurs. La barrière fut ôtée et le tombeau continua de recevoir les marques de rouge à lèvres des baisers et les inscriptions généralement reconnaissantes. 

paris sept oct 2009 116 

Un quatrain  extrait de la Ballade de la geôle de Reading est gravé sur la tombe:

And alien tears will fill for him
Pity’s long broken urn
For his mourners will be outcast men
And outcasts always mourn.

paris sept oct 2009 130

Si Oscar Wilden fut et reste est un sphinx, il aborda lui-même l'animal mythique dans un poème éponyme. En voici un extrait, avec sa traduction. Dans le poème le sphinx est une sphinge. En considérant la sculpture qui orne la tombe de Wilde, on peut d'ailleurs se demander si elle n'est pas quelque peu androgyne.

paris sept oct 2009 128

The sphinx

In a dim corner of my room for longer than my fancy thinks 

A beautiful and silent Sphinx has watched me through the shifting gloom. 

                              

Inviolate and immobile she does not rise she does not stir 

For silver moons are naught to her and naught to her the suns that reel. 

                              

Red follows grey across the air the waves of moonlight ebb and flow 

But with the dawn she does not go and in the night-time she is there. 

                               

Dawn follows dawn and nights grow old and all the while this curious cat 

Lies couching on the Chinese mat with eyes of satin rimmed with gold. 

                         

Upon the mat she lies and leers and on the tawny throat of her 

Flutters the soft and silky fur or ripples to her pointed ears. 

                           

Come forth my lovely seneschal ! so somnolent, so statuesque ! 

Come forth you exquisite grotesque ! half woman and half animal ! 

                           

Come forth my lovely languorous Sphinx ! and put your head upon my knee ! 

And let me stroke your throat and see your body spotted like the lynx ! 

                                 

And let me touch those curving claws of yellow ivory and grasp 

The tail that like a monstrous asp coils round your heavy velvet paws !

Le sphinx

 

Dans un coin sombre de ma chambre depuis plus longtemps que je l’imagine

Une belle Sphinge silencieuse m’observe dans la pénombre mouvante.

                                             

Immobile et inviolée elle ne se lève ni ne bouge

Car les lunes d’argent ne sont rien pour elles et rien pour elle les soleils qui tournent.

                        

Dans l’air le rouge succède au rouge, les vagues du clair de lune fluent et fluent

Mais à l’aube elle ne part pas et quand la nuit tombe elle est là.

                           

L’Aube succède à l’Aube et les Nuits vieillissent et tout le temps ce curieux chat

Reste accroupi sur la natte chinoise, ses yeux de satin ourlés d’or.

                           

Couchée sur la natte, elle lorgne et sur sa gorge fauve

Frémit la fourrure dont les soies ondulent jusqu’à la pointe des  oreilles.

                         

Viens mon beau sénéchal ! Si somnolent, si sculptural !

Viens, grotesque si exquise ! Mi-femme, mi-bête !

                              

Viens ma belle Sphinge langoureuse ! Pose la tête sur mon genou !

Et laisse-moi caresser ta gorge et voir ton corps tavelé de lynx !

                     

Et laisse moi toucher ces griffes courbes d’ivoire jaune et saisir

La queue qui comme un monstrueux Aspic s’enroule autour des grosses pattes de velours ! 

 

Crédit des photos: Luclebelge

Le texte complet original de The Sphinx peut se lire en cliquant ici

07:45 Publié dans Littérature | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : osacr wilde, wilde, pere lachaise, cimetiere, tombe, tombeau, paris | | |  Facebook |

08.10.2009

Variations sur l'accord grammatical du mot gay pris en tant qu'adjectif

Dans une fiche publiée hier je signalais le malaise grammatical que me cause l'accord en genre et en nombre de l'adjectif gay, particulièrement au féminin. J'ai sollicité l'aide de spécialistes qui ont bien voulu répondre à ma demande et m'ont envoyé leurs commentaires dont vous pouvez également prendre connaissance au bas de la fiche précédente. Je voudrais aujourd'hui conclure la discussion.

La lecture des commentaires montre bien que l'usage est en évolution et que dans ce cas précis on ne peut se référer à une grammaire normative. Certains préconisent l'invariabilité; d'autres, et ce sont les plus nombreux, concluent à la variabilité en nombre mais pas en genre, enfin un chercheur a opté dans une thèse récente pour la variabilité tant en genre qu'en nombre. Il faudra sans doute encore attendre quelques décennies pour qu'un usage s'impose et qu'une norme soit fixée. Je reprends ici le commentaire de la Professeure Michèle Lenoble-Pinson, qui présente tant l'avantage d'être exprimé avec clarté et simplicité, et donc d'être facilement compréhensible par tout un chacun, et d'émaner d'une autorité académique:

La difficulté : le féminin de l’adjectif. En général, en français, l’emprunt employé comme adjectif reste invariable. Lorsqu’il est implanté dans l’usage (l’emprunt gay a 50 ans), la variation en –s tend à s’installer au masculin pluriel ainsi qu’au féminin pluriel, mais sans la marque du féminin.

L’emploi de snob comme adjectif fut d’abord invariable. Il le reste, mais on rencontre souvent : des cercles snobs, des filles snobs. Le féminin ne se marque pas.
L’emploi de gay comme adjectif suit la même évolution. Invariation au féminin et au pluriel : une fête gay, des bars gay, des fêtes gay ; puis la variation s’installe au pluriel : des bars gays, des fêtes gays. Le féminin ne se marque pas.

Madame Lenoble-Pinson nous laisse donc le choix entre l'invariabilité et la variabilité en nombre mais non en genre. Elle se base pour ce faire sur les usages grammaticaux les plus courants, dont elle relève le caractère évolutif.

On remarquera cependant qu'existent en outre deux nouvelles pratiques minoritaires:

  • La francisation canadienne du mot gay en gai, qui présente le désavantage de mener à un problème de compréhension si le contexte n'est pas clair. Exemples: si dans les études gaies et lesbiennes, le sens du mot gai est clair, dans mon ami est gai, il y a une ambiguité de sens, que seul le contexte peut lever, cet usage est équivoque.

  • Et, plus récemment encore,  le traitement de l'accord de l'adjectif gay selon la règle générale de l'accord en genre et en nombre des adjectifs en français, comme dans la thèse de doctorat de David Paternotte: les études gayes et lesbiennes. Dans ce dernier cas, l'origine étrangère du terme gay est gommée et  le mot est utilisé comme un mot français habituel.

En conclusion, nous nous trouvons devant un phénomène en évolution, tout est permis si tant est que l'on reste cohérent, et l'avenir nous apprendra si un  usage s'impose.

Nous pourrons  nous rendre à des fêtes gay, à des fêtes gays, à des fêtes gaies canadiennes ou à des fêtes gayes.

11:16 Publié dans Littérature | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : grammaire, gay, accord grammatical, langue francaise, francais | | |  Facebook |

07.10.2009

Grammaire: comment accorder l'adjectif gay en genre et en nombre?

Une question de grammaire: l'accord de l'adjectif gay au féminin et au féminin pluriel

Lorsque j'écris sur les questions gaies et lesbiennes, s'il y a bien quelque chose que j'évite d'habitude, c'est de mettre l'adjectif gay ou féminin, particulièrement si le contexte n'en permet pas l'identification sémantique immédiate. Je rencontre moins de problème à mettre cet adjectif au masculin pluriel, comme dans la phrase  ils se sont montrés très gays ou encore dans ils ont hissé de nombreux drapeaux gays.

Lorsqu'il s'agit du substantif gay, la question ne se pose pas. J'écris sans hésiter un gay, des gays. La question du féminin du substantif gay ne se pose pas davantage, puisque nous disposons d'un autre substantif, le terme lesbienne, pour désigner une femme homosexuelle.

Il s'agit spécifiquement de l'emploi de l'adjectif gay au féminin qui pose question. Je ne puis me résoudre à accorder ce terme en l'orthographiant gaye(s), mais ici je fonctionne à l'intuition, et non à la raison. C'est sans doute que je rencontre rarement gaye(s) dans les écrits que je parcours, c'est une question d'usage. Toujours à l'intuition, j'emploie volontiers gaies, mais jamais gayes,  au féminin pluriel si le contexte ne laisse pas de doute sur la compréhension du terme, comme par exemple dans l'expression les études gaies et lesbiennes. Au masculin pluriel, moins de souci. Ainsi vais-je mettre un s à gay dans: les milieux gays et lesbiens.

Lors de mes lectures, je rencontre aussi le choix de laisser l'adjectif invariable, au motif de son origine étymologique prochaine. Le terme est un emprunt récent à l'américain. On lit par exemple  il préfère lire des revues gay. Parfois, je fais moi-même ce choix, signe de mon indécision.

C'est donc bien le seul accord du féminin de l'adjectif qui m'embarrasse, en dehors d'un contexte éclairant.

Cela m'intéresserait de lire vos avis sur la question et de le communiquer à mes lectrices et lecteurs. Est-ce que cet usage vous fait également problème et/ou en avez-vous une analyse grammaticale? Merci de m'envoyer vos commentaires.

Avis et commentaires

  • Wiktionnaire, à l'entrée gay, section grammaticale: Rien n’interdit de mettre cet adjectif au féminin « la culture gaye », mais le cas est rarissime. Lors du transfert de l’anglais au français, cet adjectif a gardé une certaine « neutralité » et un locuteur préférera soit « la culture gay » soit une francisation totale « la culture gaie ».

  • Le commentaire d'une journaliste de  presse féminine belge: J'avoue que je me suis déjà posé la question du féminin de gay — mais je ne me crois pas vraiment qualifiée pour la trancher! Je n'hésite pas à mettre gay au pluriel comme tu le fais, mais au féminin, pff, délicat!

  • Le commentaire du Dr David Paternotte, chercheur FNRS en sociologie: surtout, si l'adjectif est passé dans la langue française, pourquoi ne pas l'accorder en suivant les règles de celles-ci. Et sans changer le y en i, car ce n'est pas français non plus. A noter que David Paternotte, qui a brillamment défendu sa thèse de doctorat (sociologie politique, études gayes [ gay, gaies] et lesbiennes) en décembre 2008, a systématiquement opté pour l'accord de l'adjectif gay(e)s pendant sa rédaction de thèse. Le titre de la thèse: Titre: Sociologie politique comparée de l’ouverture du mariage civil aux couples de même sexe en Belgique, en France et en Espagne : des spécificités nationales aux convergences transnationales.
    . (ULB, Belgique)

  • Le commentaire de M. Patrick Dupuis, écrivain belge et philologue  romaniste de formation: En bon défenseur de la langue française, j'évite d'utiliser (si possible) des anglicismes, surtout s'ils ne sont pas vraiment encore "entrés" dans la langue. C'est la cas, me semble-t-il, de l'adjectif "gay"; ce n'est pas le cas du même mot pris comme substantif.
    Manifestement, ce mot mis au féminin heurte l'usager. Je n'en veux pour preuve que la tendance à accoler le terme "lesbienne" au substantif "gay". L'adjectif, quant à lui, est peu utilisé au féminin...parce que, effectivement, ce féminin pose problème. Le mieux est donc de suivre l'usage (Bonjour Grevisse) et d'utiliser l'adjectif "homosexuelle".

  • Le commentaire  de Monsieur Louis Delarge, philologue romaniste et  professeur de français émérite,  que je remercie particulièrement ici de la peine qu'il s'est donné à nous offrir son avis très documenté: Modeste usager de la langue française, j'ai consulté l'autorité reconnue : Le bon usage, de Grevisse et Goosse, dans sa quatorzième édition (De Boek, Duculot, Bruxelles, 2008). A l'index, au mot "gay" on est renvoyé à l'article 558 qui traite des "mots empruntés" (au sens premier, sans doute, pas au sens second... ce serait de la part de ces honnêtes travailleurs de la langue un manque d'objectivité et une stigmatisation de leur objet d'étude : des mots empruntés, gauches, embarrassés, sinon embarrassants...), dans sa partie b) qui traite des adjectifs : "Beaucoup d'adjectifs empruntés tels quels ont tendance à rester invariables, surtout en genre, notamment quand leur finale se prête assez mal à recevoir la désinence du féminin." Et les auteurs d'exemplifier leur propos, en ce qui concerne "gay" : "La spécificité gay (R. de CECCATTY, dans le Monde, 3 juillet 1998, p. VI".
    On y est expédié vers une remarque marginale : "R3 558 Remarque Quand on écrit "gai" comme on le fait d'ordinaire au Québec, le mot varie normalement : Une femme gaie "une lesbienne"(BOULANGER). Mais l'ambiguïté est fâcheuse".
    Les auteurs passent alors à la variation en nombre: "La variation en nombre ne peut être considérée comme rare pour angora, select (surtout dans la graphie francisée sélect), snob". Suivent des exemples. Puis ils ajoutent : "Elle est plus rare pour d'autres adj. : (...) Associations GAYS (dans le Monde, 6 oct. 2000, p. VI)."
     
    A titre personnel, l'invariabilité me satisfait pleinement, parce qu'elle correspond à un besoin de simplicité de la norme, que du reste l'usage (un usage raisonnable, correct, et, surtout, dépollué des cuistreries imbéciles, je parle en général, pas par rapport à ce cas particulier, et je pense à Victor HUGO, qui disait, je crois bien que c'est lui qui l'a dit : "l'orthographe française est le produit de la méchanceté des uns par l'imbécillité des autres") semble adopter. Et même que le Victor est rattrapé par sa dénonciation puisque l'orthographe nouvelle recommande d'écrire "imbécilité"...

  • Le commentaire d'une écrivaine militante féminisite: puisque tu as demandé mon avis... j'y ai jamais pensé mais il me semble que si tu peux mettre un adj au pluriel, tu peux aussi le mettre le mettre au féminin, je ne vois pas d'obstacle.. tant que, comme tu l'indiques toi-même, il ne s'agit pas de remplacer "lesbienne"... D'ailleurs dans l'autre sens "Le corps lesbien" s'écrit et n'est pas choquant

  • L'avis du Professeur Michèle Lenoble-Pinson, une éminente grammairienne et lexicologue belge,  professeur aux FUSL (Bruxelles): Cher Monsieur, Votre analyse est pertinente. La difficulté : le féminin de l’adjectif. En général, en français, l’emprunt employé comme adjectif reste invariable. Lorsqu’il est implanté dans l’usage (l’emprunt gay a 50 ans), la variation en –s tend à s’installer au masculin pluriel ainsi qu’au féminin pluriel, mais sans la marque du féminin.
     
    L’emploi de snob comme adjectif fut d’abord invariable. Il le reste, mais on rencontre souvent : des cercles snobs, des filles snobs. Le féminin ne se marque pas.
    L’emploi de gay comme adjectif suit la même évolution. Invariation au féminin et au pluriel : une fête gay, des bars gay, des fêtes gay ; puis la variation s’installe au pluriel : des bars gays, des fêtes gays. Le féminin ne se marque pas.
     

Un tout grand merci à toutes et tous pour vos précieux commentaires!

 

07:10 Publié dans Littérature | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : grammaire, orthographe, gay, gai, gaye, accord grammatical, grammatical | | |  Facebook |

10.08.2009

Roman: Le Messie juif d'Arnon Grunberg

messie juif

 

                              Un roman iconoclaste parfumé d'homosexualité, traduit du néerlandais, aux éditions Héloïse d'Ormesson (2007)

Présentation du libraire - Le Messie Juif

"La mission de Xavier Radek ? Devenir le Consolateur du peuple juif. Ainsi commencent les tribulations de cet adolescent agnostique, petit-fils de nazi. Alors que les parents attribuent son attirance pour le judaïsme aux troubles de l'adolescence, Xavier se lie à Awromele, le fils d'un rabbin, qui l'incite à se faire circoncire. Malgré cette opération douloureuse, Xavier se voit conforté dans sa vocation. Après diverses mésaventures et malentendus, tout deux finissent par rallier la Terre Promise. Un roman burlesque, grinçant, qui explore les tréfonds de l'humanité. Traduit du néerlandais. Du même auteur : Lundis bleus ; L'oiseau est malade ; Douleur fantôme."

Résumé - Le Messie Juif

Comme son grand-père nazi zélé, son père amateur de massages douteux, sa mère fervente masochiste, Xavier Radek ne supporte pas la souffrance... Fort De ce noble héritage, il s'est fixé pour mission de devenir le consolateur du peuple juif. Dans cette optique, il se lie d'amitié avec un fils de rabbin qui lui conseille d'apprendre le yiddish et de se faire circoncire. Au cours de l'intervention - réalisée par un importateur de fromages kasher à demi aveugle -, Xavier perd un testicule qui trônera dans un bocal de formol. Malgré ces déboires, l'adolescent reste convaincu de ses aspirations messianiques. Leader charismatique ou imposteur ? Quoi qu'il en soit, ses tribulations burlesques et cruelles le mènent jusqu'en Terre promise.

Avec Le Messie juif, farce grotesque d'une effrayante lucidité, Arnon Grunberg offre une vision corrosive de la condition humaine.

Extraits

        Puis il [le rabbin] se rappela qu'il y avait encore un endroit à Bâle où il pouvait aller. A part la synagogue et son domicile, où sa femme le traitait de sale juif, il y avait encore un endroit où il pouvait reposer sa tête fatiguée. [... ]

        On massait déjà. on massait vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Dans une société où tout fonctionnait vingt-quatre heures sur vingt-quatre, on n'avait pas le choix.

        Les transsexuels étaient sur pied tôt ce jour-là. En haut, ils étaient femmes; en bas, ils étaient restés hommes. le rabbin aimaitça. D'une façon ou d'une autre, il se sentait moins coupable dans les bras d'un transsexuel. Comme s'il se faisait câliner par une sirène. (P.325

Assises du roman : Arnon Grunberg selon Alexis Buffet



Assises du roman : Arnon Grunberg selon Alexis Buffet

06:40 Publié dans Littérature | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : messie, messie juif, gay, homosexualite, litterature, roman, juif, grunberg, arnon grunberg | | |  Facebook |