06.05.2010
La Ministre Simonet, en charge de l'enseignement, soutient la journée internationale de lutte contre l'homophobie
La Ministre en charge de l'enseignement Marie-Dominique SIMONET (CDH) a décidé de soutenir la campagne qu'Arc-en-ciel Wallonie a conçue à l'intention des écoles dans le cadre de la Journée internationale contre l'homophobie.

Voici la circulaire officielle qu'elle vient de faire parvenir à toutes les écoles en Communauté française de Belgique. Elle incite les écoles à placer les affiches de manière visible. Il ne s'agit que d'une invitation et les établissements resteront libres d'y répondre ou non. Il serait intéressant d'analyser la réponse des écoles. On ne va pas bouder son plaisir, mais je trouve cependant que cette simple invitation à l'affichage reste bien en deçà des nécessités éducationnelles en matière de lutte contre les discriminations. La Ministre signale bien le dossier pédagogique en ligne "Combattre l'homophobie" que la Ministre Arena avait commandé et qui a été distribué aux écoles en novembre 2006. Mais ce dossier n'a jamais fait l'objet d'une évaluation. Le combat contre l'homophobie dans les écoles francophones avance donc toujours essentiellement au gré des bonnes volontés et dépend des initiatives des enseignants ou des directions. La Ministre ne me paraît respecter ici l'accord gouvernemental qu' a minima. Espérons cependant qu'elle accordera à l'avenir une attention particulière à la problématique de l'homophobie en milieu scolaire, comme le prévoit l'accord qu'elle se plait à citer dans sa circulaire.

La circulaire
17 mai 2010
Journée mondiale de lutte contre l'homophobie en Communauté Wallonie-Bruxelles
La journée mondiale de la lutte contre l'homophobie est célébrée le 17 mai. Cette journée a pour but de promouvoir des actions de sensibilisation et de prévention pour lutter contre l'homophobie, la lesbophobie et la transphobie.
La première journée a eu lieu le 17 mai 2005, soit 15 ans jour pour jour après la suppression de l'homosexualité de la liste des maladies mentales de la Classification internationale des maladies élaborée par l'Organisation Mondiale de la Santé.
Le 21 juin 2005, le Parlement de la Communauté française a adopté une résolution relative à l'instauration du 17 mai comme journée nationale de lutte contre l'homophobie. A cette occasion, le Parlement a demandé au Gouvernement de soutenir par tous les moyens utiles l'instauration de cette journée en Communauté Wallonie-Bruxelles et, notamment, de développer des politiques de sensibilisation s'adressant aux acteurs de l'Enseignement.
Dans sa Déclaration de politique communautaire 2009-2014, le Gouvernement de la Communauté Wallonie-Bruxelles s'est vivement engagé dans cette direction. Elle précise en effet que
"le Gouvernement luttera contre les discriminations que vivent au quotidien certaines personnes LGBT (lesbiennes, gays, bisexuel-le-s et transgenres), avec une attention particulière pour les jeunes, qui sont encore trop nombreux à souffrir de rejet à cause de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre. (…) Le Gouvernement renforcera en particulier la lutte contre l'homophobie à l'école."
J'ai donc décidé de soutenir dans ce cadre l'initiative de commémoration de la journée de lutte contre l'homophobie en incitant les établissements de l'enseignement secondaire à y accorder toute leur attention. Je rappelle l'existence du dossier pédagogique "combattre l'homophobie", disponible sur le site www.enseignement.be .
Je vous invite par ailleurs à afficher aux valves de votre établissement, de façon visible, tant pour le personnel éducatif que pour les élèves, les affiches ci-jointes, ainsi qu'à arborer le 17 mai le pin's dont vous trouverez ci-joint une dizaine d'exemplaires.
www.arcenciel-wallonie.be
La Ministre,
Marie-Dominique SIMONET
Si vous souhaitez disposer de davantage d'affiches ou de pin's, je vous prie de vous adresser directement à l'association porteuse de cette initiative :
Arc-en-Ciel Wallonie asbl
rue Hors Château 7
4000 Liège
04 222 17 33
courrier@arcenciel-wallonie.be
21:01 Publié dans Ecole, enseignement, jeunes LGBT | Lien permanent | Envoyer cette note
| Tags : enseignement, ecole, homophobie, cfwb, commnaute francaise, arc-en-ciel wallonie, homosexualite, education, journee internationale contre l homophobie |
|
|
Facebook |
08.03.2010
Ecole: savoir calculer la diversité

Trouvée sur le net, cette affiche en espagnol réalisée par Area Joven (Espace jeune): 2 lesbiennes + 3 gays +1 trans + 4 bisexuels + 15 hétéros = ma classe.
(Merci de m'informer si vous disposez d'infos supplémentaires sur cette campagne.)
07:00 Publié dans Ecole, enseignement, jeunes LGBT | Lien permanent | Envoyer cette note
| Tags : calcul, ecole, enseignement, orientation sexuelle, diversite |
|
|
Facebook |
16.02.2010
l’École sera-t-elle complice de la pathologie de la norme ? Une tribune d'Eric VERDIER parue dans l'Humanité
Un remarquable article paru le 15 février 2010 sur le site en ligne du journal L'Humanité (tribunes & idées)
Les amours du poisson-chat et du poisson-lune
Par Éric Verdier, Psychologue, chargé de mission de la Ligue Française pour la Santé Mentale (*).
L’École sera-t-elle complice de la pathologie de la norme ?
Je n’ai pas vu le baiser de la lune, et pour cause, il n’est pas terminé. Je sais juste qu’un poisson-chat tombe éperdument amoureux d’un poisson-lune, et qu’une vieille grand-mère chatte, d’abord réprobatrice, se laisse attendrir et finit par comprendre qu’il n’y a rien de plus beau que l’amour, quelle que soit la forme qu’il prend. « Ce film raconte l’évolution du regard archaïque d’une grand-mère sur les relations amoureuses », d’après l’auteur… Somme toute, rien de neuf sous le soleil, mais sous la lune, la polémique fait rage ! Alors que la morale de l’histoire, c’est aussi que la chatte n’a pas mangé les poissons… Comment comprendre la passion qui anime ces débats, aujourd’hui, en 2010 ? Comment analyser que le ministre de l’Éducation nationale interdise la diffusion de ce film en primaire, sous prétexte qu’il n’a pas vocation à y être diffusé, et que, dans le même temps, le haut-commissaire à la jeunesse maintienne avec force et conviction son soutien ? Est-ce un nouveau couac entre fermeture et ouverture, ou s’agit-il d’autre chose ? D’autant que Nadine Morano, connue pour ses prises de position dissonantes à droite en faveur de la reconnaissance d’un statut pour les parents homos, mais par ailleurs secrétaire d’État à la Famille, vient renforcer la position de Luc Chatel… Pourtant, les enfants de ces parents, vivant en couple homosexuel précisément, ont très bien compris, bien avant le CM1, que ce n’était pas uniquement les poissons qui étaient traités de pédés dans la cour de récré. La plupart d’entre eux préfèrent ne pas aborder le sujet, voire mentir ou se cacher de diverses manières. Une petite fille de sept ans, en CE1 donc, a tenté d’expliquer que son papa vivait avec son maxon (petit nom qu’elle donne à son copapa) en déclarant : « Eh ben, mon papa il est marié avec mon maxon. – C’est même pas vrai, ça existe pas ! » lui répond une de ses copines. Un autre copain lui réplique alors : « Ouais, moi je sais, ton papa, il est homoseskuel, c’est cool ! » Il serait donc trop tôt pour parler d’amour entre deux poissons mâles, me direz-vous ? Ce doit être à cause de la métaphore évoquée par leur appendice caudal… Mais il y a plus grave encore. On sait que 25 % au moins des adolescents et des jeunes hommes qui se suicident tentent d’emporter dans leur mort une homosexualité qu’ils ne parviennent pas à accepter. On sait aussi que 90 % des adultes homosexuels disent s’être sentis différents des autres à partir de huit-neuf ans, contre 10 % chez les hétérosexuels. Il est donc naturel, pour le coup, de penser que ce n’est pas contre nature que de lever la loi du silence pour des enfants de cet âge-là, autrement dit CE2 ou CM1 au plus tard. Prévenir le suicide, c’est affronter le regard discriminant avant de l’intérioriser, lorsqu’on sait que la construction identitaire des jeunes homos (ou bis ou trans, ils existent aussi) passe essentiellement par l’insulte. Apprendre à s’estimer dans ce qu’on est, trouver la solidarité autour de soi quand on se sent rejeté, assumer sa singularité dans une diversité humaine, voilà des messages forts en termes de valeur éducative. C’est ce que doit véhiculer notre école, pour peu qu’elle ait la force de s’opposer à tous les extrémismes. À l’heure d’un débat sans fin sur l’identité nationale, oserait-on parler de prosélytisme nègre et de tentative de ringardiser les Blancs, si on montrait un dessin animé sur des panthères noires à des enfants du même âge ? Et puis je suis très choqué de constater à quel point on se focalise sur la burqa, via une islamophobie plus virulente que les islamistes qu’elle est censée débusquer, pendant que le catholicisme intégriste parvient à faire plier un ministre d’État… Les facteurs de protection, ça ne s’invente pas. En refusant d’aider les enfants qui n’ont pas la chance de les trouver dans leur environnement familial, notre système éducatif devient complice d’une forme larvée de discrimination, que l’on désigne couramment par le terme de normopathie : la pathologie de la norme commence lorsque je me fiche de celui ou de celle qui n’est pas à l’abri de la violence, car moi je suis protégé, je suis normal, moi. Mais qui s’intéressera à moi lorsque je ne serai plus que le seul être normal sur la terre ?
(*) Coauteur d’Homosexualités et suicide, et de Petit Manuel de gayrilla à l’usage des jeunes, et auteur de Laissez-moi tous mes parents, pour une reconnaissance de la coparentalité, Éditions H&O.
13:06 Publié dans Ecole, enseignement, jeunes LGBT | Lien permanent | Envoyer cette note
| Tags : ecole, eric verdier, suicide, homosexualite, enseignement, eric, verdier, education |
|
|
Facebook |
13.02.2010
Parler d'homosexualité dès l'école maternelle : une nécessité, par Gaël Pasquier
Point de vue
LEMONDE.FR | 13.02.10 | 07h51
Un article paru sur le site du Monde en ligne dans la catégorie Opinions
epuis 2008, les circulaires de rentrée, qui fixent chaque année les priorités de la politique éducative, rappellent la nécessité de lutter à l'école " contre toutes les violences et toutes les discriminations, notamment l'homophobie ". Pourtant, face à la possible diffusion dans des classes de CM1 et de CM2 d'un court-métrage d'animation parlant d'homosexualité, Le Baiser de la lune, Monsieur Chatel a tenu à préciser les limites de cette mission : elle ne saurait concerner l'école primaire et commencerait au collège pour se poursuivre au lycée. Parler d'homosexualité à l'école maternelle et élémentaire serait selon lui prématuré et relèverait d'une initiative privée que ne saurait cautionner l'éducation nationale. L'actuel ministre se démarque donc des instructions données par son prédécesseur qui englobaient dans ce combat l'ensemble de l'Ecole, avec une majuscule, sans créer de distinction entre les niveaux d'enseignement. Il méconnaît également d'autres textes officiels qui, tels que celui publié au Bulletin officiel du 2 novembre 2000, inscrivaient la lutte contre l'homophobie " à l'école, au collège, et au lycée " dans le cadre de l'éducation à l'égalité des filles et des garçons par l'intermédiaire de la lutte contre les stéréotypes de sexes. Ces injonctions contradictoires nécessitent donc certains rappels :
1. La lutte contre l'homophobie, conformément aux instructions officielles de l'éducation nationale, concerne tous les niveaux d'enseignement et commence dès la petite section de l'école maternelle. Néanmoins, elle ne saurait prendre dans l'enseignement primaire la même forme qu'au collège et au lycée. Elle n'implique pas nécessairement de parler de sexualité mais nécessite de diversifier les modèles proposés aux élèves. Les agencements familiaux, sexuels et sentimentaux actuels sont beaucoup plus nombreux et complexes que ceux qui leurs sont communément proposés comme des horizons de vie souhaitables.
2. Interroger les stéréotypes de sexes comme le demande la "Convention interministérielle pour l'égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes dans le système éducatif" de 2006 ne peut se faire sans questionner l'injonction à l'hétérosexualité qu'ils véhiculent. Un petit garçon ne fera pas nécessairement sa vie d'adulte avec une femme, une petite fille n'est pas tenue d'espérer un prince charmant. Pourtant les histoires racontées en classe envisagent rarement d'autres possibles. Diversifier les représentations que l'on propose aux élèves est donc là aussi primordial.
3. La lutte contre l'homophobie dès les premiers niveaux d'enseignements est d'autant plus nécessaire qu'il y a potentiellement dans chaque classe des garçons ou des filles qui aimeront un jour de manière définitive ou occasionnelle quelqu'un de leur sexe. On évalue en général entre 5 % et 10 % le pourcentage d'homosexuels ou de lesbiennes dans une population donnée. A l'échelle d'une classe de trente élèves, cela représente entre un et trois enfants ou adolescent-e-s amenés un jour à se qualifier ainsi. La prévalence du suicide chez les jeunes homosexuel-le-s implique que l'homosexualité soit banalisée dès le plus jeune âge. Sinon, comment éviter qu'un adolescent attiré par une personne de son sexe ne se perçoive comme marginal ?
4. Il n'est pas nécessaire de comprendre le sens d'une insulte pour qu'elle soit efficace. Il arrive que des élèves d'élémentaire mais aussi de maternelle utilisent le terme "pédé" afin de blesser un camarade. Certes les enfants ne connaissent pas toujours la signification des mots qu'ils emploient mais ils saisissent très bien qu'ils désignent un comportement humiliant et répréhensible. Celui ou celle qui se découvre ou se découvrira homosexuel-le n'a pas besoin d'avoir été lui ou elle-même insulté-e pour intérioriser cette honte.
5. La lutte contre l'homophobie ne se limite pas à la condamnation des insultes ou des remarques homophobes. Réagir à des propos injurieux est une obligation de tout éducateur et de toute éducatrice mais ne saurait suffire. Il faut cesser de présenter l'hétérosexualité comme étant la seule sexualité normale, naturelle et légitime. Cela implique d'utiliser en classes des situations quotidiennes souvent nombreuses, comme lorsqu'un élève dit à un-e camarade qu'un garçon ne peut pas être amoureux d'un garçon ou une fille embrasser une fille.
6. Il n'est pas nécessaire de demander une autorisation aux parents d'élèves pour aborder ces sujets en classe. Il est toutefois possible de les informer qu'ils le seront au cours de l'année scolaire. Des parents ne sauraient soustraire leur enfant aux enseignements obligatoires : la lutte contre les discriminations racistes, antisémites, sexistes et homophobes fait partie des missions de l'école républicaine au même titre que l'apprentissage de la lecture et du calcul.
7. La lutte contre l'homophobie ne s'ajoute pas à l'ensemble d'un programme d'apprentissage déjà chargé mais s'intègre aux enseignements traditionnels. Un livre comme L'Heure des parents, de Christian Bruel, en montrant différentes formes de schémas familiaux, est un formidable support pour une séance de langage en petite section. Camélia et Capucine, d'Adela Turin, conte de fées atypique, se prête volontiers à une analyse littéraire en CM2.
8. Tout comme parler du fait religieux n'implique pas de faire la promotion du judaïsme, du christianisme ou de l'islam, évoquer l'homosexualité en classe ne peut s'apparenter à du prosélytisme et ne saurait influencer de manière néfaste le développement de l'enfant. Il s'agit simplement de proposer aux élèves des outils pour comprendre le monde qui les entoure, de leur apprendre la tolérance et le respect, valeurs constitutives de l'école républicaine, et de leur permettre de se projeter, d'une manière adaptée à leur âge, dans leur vie future.
Gaël Pasquier est directeur d'une école maternelle et doctorant en sciences de l'éducation
14:17 Publié dans Ecole, enseignement, jeunes LGBT | Lien permanent | Envoyer cette note
| Tags : education, enseignement, homophobie, lutte contre l homophobie, ecole maternelle |
|
|
Facebook |
03.02.2010
L’homosexualité ne doit pas être un tabou à l’école
Paris, le 3 février 2010
Communiqué de presse inter associatif : SOS homophobie et Inter-LGBT
Christine Boutin, ancien membre du gouvernement Fillon et présidente du Parti Chrétien-Démocrate, a adressé vendredi une lettre publique au ministre de l'Education Nationale, Luc Chatel, dans laquelle elle l’appelle, "au nom du respect de la neutralité de l’Education nationale", à affirmer son opposition au court-métrage d’animation Le Baiser de la lune "en obtenant l’interdiction de sa diffusion". Ce conte, qui s’adresse à des enfants en classe de CM1 et CM2, met en scène une histoire d’amour entre deux poissons du même sexe.

Il est regrettable que Luc Chatel, interrogé ce mercredi 3 février sur RMC, ait confirmé que le ministère de l’Education nationale ne soutient pas la diffusion de ce film, estimant que la lutte contre l’homophobie n’a pas sa place à l’école primaire, mais exclusivement dans le secondaire. La diffusion de ce film lui semble "prématurée", et son discours s’aligne ainsi sur celui tenu par des mouvements de droite ultra-conservateurs.
Peut-être Monsieur Chatel n’a-t-il pas eu l’occasion de se renseigner davantage sur le contenu précis de ce projet, qui n’a pas vocation à traiter des relations sexuelles, mais du sentiment amoureux. Il ne s’agit pas non plus de faire du prosélytisme, et donc de ne plus être neutre "philosophiquement ou politiquement", comme l’en accuse Madame Boutin, mais simplement de montrer la diversité des relations amoureuses. Il ne saurait y avoir de hiérarchie entre les différentes façons d’aimer, que l’on soit hétérosexuel-le, lesbienne, gay ou bi. Pourquoi les enfants de CM1 et CM2 n’auraient-ils accès qu’à une seule vision du couple, une seule voie possible d’épanouissement, qui serait le modèle hétérosexuel ?
De très nombreuses études en pédopsychiatrie ont prouvé que le questionnement sur le désir amoureux existe dès l’école primaire. Mais il est évident que les outils pour aborder ce sujet, et les discriminations liées à l'orientation sexuelle qui peuvent aller avec, ne peuvent être traités à l'école primaire, au collège ou au lycée qu'en prenant en compte l'âge des élèves et leur maturité. C’est pourquoi le court-métrage Le Baiser de la lune pourrait être un bon outil pédagogique pour amorcer un discours pluriel, et ainsi faire prendre conscience de la diversité des relations amoureuses.
Le film de Sébastien Watel, en abordant l’homosexualité de façon poétique et en ne la réduisant pas à sa dimension sexuelle, aiderait à une meilleure acceptation de l’homosexualité, et ferait donc œuvre d’utilité publique en luttant contre les discriminations. La prévention est une clé de voûte essentielle pour la lutte contre l’homophobie. Et c’est en agissant tôt que l’on peut éviter que se perpétue le climat homophobe (insultes, mises à l'écart, brimades...) qui peut régner dans les collèges et lycées, et ainsi faire en sorte que les adolescent-e-s homosexuel-le-s traversent moins douloureusement cette période de découverte de soi, qui peut amener certain-e-s à mettre fin à leurs jours.
C’est pourquoi, nous, SOS homophobie et Inter-LGBT, en appelons au Ministère de l’Education nationale, afin qu'il affirme la nécessité d’aborder les relations amoureuses dans leur diversité dès l’école primaire, et soutienne le projet Le Baiser de la lune, ainsi que toute autre action, privée ou publique, qui aiderait à une meilleure acceptation de l’homosexualité à l'école. Car les enfants n'attendent pas le collège pour lancer des insultes homophobes.
Contacts presse :
SOS homophobie : Bartholomé Girard, président - 06 28 32 02 50
Inter-LGBT : Philippe Castel, porte-parole - 06 25 76 81 92
17:15 Publié dans Ecole, enseignement, jeunes LGBT | Lien permanent | Envoyer cette note
| Tags : ecole, interlgbt, luc chatel, discrimination, sos-homophobie, homophobie, ecole primaire |
|
|
Facebook |
02.02.2010
Les stéréotypes de genre sont présents dès 3 ans
07:15 Publié dans Ecole, enseignement, jeunes LGBT | Lien permanent | Envoyer cette note
| Tags : ecole, stereotypes de genre, identite de genre |
|
|
Facebook |
25.01.2010
France: le Ministère de l’Éducation nationale doit remplir sa mission (communiqué)
INTER-LGBT
SOS homophobie
Collectif éducation contre les LGBTphobies en milieu scolaire
(FCPE / FERC-CGT / FIDL / FSU / SGEN-CFDT / UNEF / UNL / UNSA-EDUCATION)
Communiqué
Paris le 25 janvier 2010
Le Ministère de l’Éducation nationale doit remplir sa mission
sans céder aux lobbys ultra-conservateurs
Une production rennaise monte actuellement un film d'animation poétique destiné à aborder les relations amoureuses entre personnes du même sexe auprès des enfants de CM1 et CM2 .
Pourtant soutenu par de nombreux partenaires (notamment le Ministère de la Jeunesse et des Sports, le Conseil Régional de Bretagne, les Conseils Généraux des Côtes d'Armor et du Finistère, la Ville de Rennes, la Ligue de l’enseignement 35, SOS homophobie, le Centre GLBT de Rennes et le Centre National de la Cinématographie etc…), cet outil pédagogique doit faire face à une levée de boucliers homophobes visant à démolir ce projet de sensibilisation à la diversité en direction des publics jeunes.
Le média en ligne tetu.com a fait savoir le 23 janvier dernier que le Ministère de l'Éducation nationale, par le biais de l'inspection académique d'Ile et Villaine, cédant sous la pression d'associations ultra-conservatrices, a souhaité retirer son logo de ce projet pédagogique qui vise à « apporter une meilleure représentation des relations amoureuses entre les personnes du même sexe ». Le Ministère de la Jeunesse et des Sports subit des pressions pour qu'il en soit de même.
Pour les initiateurs du projet « Le Baiser de la Lune » , il s'agit de « lutter contre l’homophobie survenant à l’adolescence », en expliquant aux élèves d'école primaire du cycle 3 qu'il existe « différentes façons de s’aimer ».
Il n'en fallait pas plus pour que des associations ou des sites connus pour leurs positions idéologiques très conservatrices , dont l'objectif est « de sensibiliser l’opinion sur les droits de l’enfant, prévenir des dangers de l’homoparentalité, et fournir les arguments nécessaires à la défense de la famille » se lancent dans deux pétitions intitulées pour l'une « « Halte aux incitations homosexuelles dans les écoles primaires ! » et pour l'autre « Halte à la propagande en faveur de l’homosexualité au sein de l’école » adressées à différentes institutions partenaires du projet.
Pour ces opposants au projet pédagogique incriminé, « ce sont nos enfants qu’il s’agit de défendre, c’est leur intégrité mentale qui est menacée par ce genre de projet, avec la complicité active de la puissance publique ! », estimant même qu'une telle initiative risque de « pervertir » les élèves.
Il est surprenant, alors que l'homosexualité est dépénalisée depuis presque trente ans, que la majorité de nos concitoyens ont enfin compris que l'orientation sexuelle ne fonde pas à elle seule une identité, que l'amour pour une personne de même sexe, s'il n'est pas majoritaire, n'en est pas pour autant anormal, il est surprenant donc que de telles pétitions outrancières, caricaturales de bêtise puissent encore inquiéter les pouvoirs publics et les faire réagir avec autant de frilosité. Ceci est d'autant plus étonnant que les circulaires adressées aux chefs d'établissements scolaires pour les rentrées 2008 et 2009 leur ont précisé que « la communauté éducative doit faire preuve de la plus grande vigilance et de la plus grande fermeté à l'égard de toutes les formes de racisme, d'antisémitisme, d'homophobie et de sexisme. Tout propos, tout comportement qui réduit l'autre à une appartenance religieuse ou ethnique, à une orientation sexuelle, à une apparence physique, appelle une réponse qui, selon les cas, relève des champs pédagogique, disciplinaire, pénal ou de plusieurs d'entre eux »1.
La question n'est pas de risquer de « pervertir » les élèves, l'accusation est tellement stupide qu'elle ne mérite même pas d'être relevée, la question est de savoir quoi faire devant la haine et les préjugés homophobes qui conduisent de nombreux jeunes à se suicider , à tenter de le faire ou à adopter des comportements à risque pour eux-mêmes tant ce rejet les conduit à un déni voire un dégout d'eux-mêmes.
Nous, organisations signataires du présent communiqué, ne pouvons admettre que le Ministère de l’Éducation nationale, par cette frileuse reculade, refuse de remplir sa mission d’éducation à la sexualité et à la citoyenneté, cautionnant ainsi les lobbys ultra- conservateurs, chantres de l'ordre moral.
La lutte contre les discriminations, quelles qu'elles soient, doit être soutenue par les pouvoirs publics et notamment par les instances publiques chargées de l'éducation et de la formation. Le respect et la tolérance sont bien des valeurs républicaines qui ont toute leur place dans l'enseignement et à ce titre, les projets qui vont en ce sens méritent d'être promus et diffusés.
Aussi, nous exigeons que les pouvoirs publics mettent tout en œuvre pour faire reculer les préjugés et les discriminations relatifs à l'orientation sexuelle et à l'identité de genre, y compris en participant au financement de projets pédagogiques et éducatifs destinés à cet objectif, qu'ils aient lieu aussi bien au lycée, au collège ou dans le premier degré.
L’actualité, et cette situation notamment, montre qu’il est urgent que le Ministre de l’Éducation nationale, comme il s’y était engagé, ouvre enfin rapidement les vrais travaux du groupe de travail sur les discriminations aux organisations expertes, et ne se contente pas de les auditionner.
Nous lui demandons de revenir sur sa décision et de soutenir effectivement ce projet comme initialement il s’y était engagé.
Nous adressons un courrier en ce sens aux deux ministères concernés.
1circulaires n° 2008-042 du 4-4-2008 et n° 2009-068 du 20-5-2009
08:08 Publié dans Ecole, enseignement, jeunes LGBT | Lien permanent | Envoyer cette note
| Tags : homophobie, france, ministere de l education |
|
|
Facebook |






