16.07.2010

Lettre aux organisateurs du festival de Dour

Communiqué
 
Monsieur Di Antonio, Monsieur Stevens,

Je vous envoie cet e-mail en guise d’ultime tentative de conciliation. Etant donné que Capleton est toujours prévu à l’affiche du festival de Dour ce dimanche 18 juillet et ce malgré nos précédentes démarches (voir historique des courriers) et que l’engagement que vous avez obtenu de sa part nous paraît largement insuffisant (voir Capleton Statement), nous souhaiterions obtenir l’assurance que le chanteur a bel et bien tourné la page par rapport à ses interventions de 2007 et qu’il regrette sincèrement son incitation à la haine et au meurtre envers les personnes LGBT (lesbiennes, gays, bi et tran). Pour ce faire, nous ne voyons de meilleur preuve de cet engagement que celui d’exprimer publiquement ses regrets, face à son public, avant son concert dimanche prochain. Cette démarche n’a d’intérêt que si l’artiste exprime de façon explicite son attachement au respect des droits des personnes LGBT.
Si vous pensez pouvoir obtenir un engagement écrit de la part de Capleton dans ce sens, Arc-en-Ciel Wallonie est disposée à communiquer publiquement son approbation sur la tenue de votre festival. Dans le cas contraire, Arc-en-Ciel Wallonie ainsi que les 2500 membres du groupe facebook « Pas de chanteur homophobe/ Geen homofobe zanger/ @ Dour! » (
http://www.facebook.com/pr ofile.php?id=100001262132158#!/group.php?gid=133336586693212&v=wall&story_fbid=140118296015041&ref=notif) tenteront de convaincre vos sponsors privés et pouvoirs publics subsidiants que votre engagement en faveur de la dignité humaine n’est pas total et qu’une partie de la société civile est en désaccord avec vos pratiques.
Je me tiens bien entendu à votre disposition pour toute information complémentaire que vous souhaiteriez et vous prie de croire, Monsieur Di Antonio, Monsieur Stevens, à mes sentiments les meilleurs.

Vincent Bonhomme
Coordinateur de projets

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14.07.2010

Clapeton: pas de chanteur homophobe à Dour!

FR | Malgré des échanges de courriers entre Amnesty International Belgique, Arc-en-Ciel Wallonie (la fédération wallonne des associations gays et lesbiennes) et les organisateurs du festival de Dour, Capleton reste programmé pour ce dimanche 18 juillet 2010. Pour rappel, Capleton, malgré des promesses de ne plus chanter de chansons homophobes en mai 2007, a interprété, en décembre de la même année, des textes qui incitaient à "brûler les pédés". En 14 ans, l'artiste a écrit 22 chansons homophobes dont certaines appellent ouvertement au meurtre des homosexuels. Rejoignez le groupe facebook qui s'oppose à la présence de ce chanteur si vous estimez qu'aucun chanteur homophobe ne devrait se produire sur une scène belge.

NL| Ondanks de correspondentie tussen Amnesty International België, Arc-en-Ciel Wallonie (de Waalse federatie van verenigingen voor homo en lesbisch) en de organisatoren van het Dour festival, Capleton is gepland voor zondag 7.18.2010. Ter herinnering, Capleton, ondanks belooft om geen homofobe liedjes zingen mei 2007, uitgevoerd in december van hetzelfde jaar, de teksten die aanzetten tot "burn de flikkers." In 14 jaar heeft de kunstenaar schriftelijke 22 homofobe liedjes waarvan sommige openlijk oproepen voor de moord op homoseksuelen. Word lid van deze facebookgroepgroep als je voelt dat er geen homofobe zanger zou optreden op een Belgisch podium.

EN | Despite the correspondence between Amnesty International Belgium, Arc-en-Ciel Wallonia (the Walloon federation of gay and lesbian associations) and the organizers of the festival Dour, Capleton is scheduled for Sunday, July 18, 2010. As a reminder, Capleton, despite promises not to sing homophobic songs in May 2007, performed in December of
same year, texts that incite to "burn the queers." Within 14 years, the artist has written 22 homophobic songs some of which openly call for the murder of homosexuals. Join this
group
if you feel that no homophobic singer should occur on a Belgian stage.

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05.07.2010

Opéra: Death in Venice de Benjamin Britten à Munich

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Le Theater am Gärtnerplatz de Munich présente depuis juin 2009 une production en langue originale de Mort à Venise de Benjamin Britten. La prochaine représentation aura lieu le vendredi 23 juillet à 19H30.

Je m'y suis rendu hier soir et en suis sorti enchanté. C'est particulièrement émouvant d'avoir la chance de voir cet opéra à Munich puisque l'auteur de la nouvelle dont il est issu, Thomas Mann, a longtemps séjourné dans la capitale bavaroise et qu'il place le début de l'action de Tod in Venedig à Munich.

L'oeuvre de Britten agit comme un jeu de miroirs complexe: Thomas Mann a projeté ses propres inclinations homosexuelles dans la création du protagoniste de sa nouvelle, le poète-professeur von Aschenbach. Britten lui-même homosexuel crée son opéra en suivant fidèlement le texte de la nouvelle et dédie l'oeuvre à son partenaire de vie pour qui il en écrit le rôle principal. Au centre du drame, la passion irrépressible du poète, veuf et père, pour un adolescent " beau comme un tendre jeune dieu qui émerge des fonds de la mer et du ciel, courant contre les éléments, cette vue conjurait des mythologies..."

Thomas Mann et Mort à Venise

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Thomas Mann  publie der Tod in Venedig (La Mort à Venise) en 1912. La ville de Venise et l'Hôtel des Bains sur l'île du Lido, où séjourne Mann en mai-juin 1911, sont au cœur de cette nouvelle inspirée par la mort du compositeur Gustav Mahler que Mann apprend précisément le 18 mai 1911. Mais c'est aussi à Venise qu'est mort, en 1883, Richard Wagner à qui Mann dédie un essai durant la même période.

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Enfin, c'est sur la plage du Lido que Mann voit se réveiller son homosexualité latente devant la beauté d'un jeune noble polonais de quatorze ans. Cette œuvre que Mann désigne comme "une tragédie" est une réflexion sur la mort, le mal et son rapport à l'art, le sens de la culture. Œuvre profondément personnelle en rupture avec le naturalisme des débuts, La Mort à Venise exprime les angoisses d'un homme aux prises avec ses propres démons, marqué par la maladie et la mort de ses proches (sa femme souffre d'une maladie pulmonaire et sa sœur Carla s'est suicidée l'année précédente) et enfin par la menace de guerre qu'il perçoit dans la crise franco-allemande de 1911.

Le personnage principal de la nouvelle est Gustav von Aschenbach, un écrivain munichois reconnu (et anobli) dans la cinquantaine. Troublé par une mystérieuse rencontre lors d'une promenade dans un cimetière munichois, il part en voyage sur la côte adriatique et finit par aboutir à Venise, une ville dans laquelle il ne s'est jamais senti à l'aise. Dans son hôtel du Lido, Aschenbach découvre Tadzio, un jeune adolescent polonais qui le fascine par sa beauté. Il n'ose l'aborder et le suit dans la ville de Venise. Aschenbach, en proie à une sombre mélancolie et une sorte de fièvre dionysiaque, succombe à l'épidémie de choléra asiatique qui fait alors rage dans la ville. Il meurt sur la plage en contemplant une dernière fois l'objet de sa fascination.

Voici comment Thomas Mann commentait son oeuvre en réponse aux questions que lui posait Luchino Visconti en 1951:

En 1951, Luchino Visconti rencontra Thomas Mann et l'interrogea à propos de sa nouvelle. Voici la réponse de l'écrivain :

« Rien n’est inventé, le voyageur dans le cimetière de Munich, le sombre bateau pour venir de l’Île de Pola, le vieux dandy, le gondolier suspect, Tadzio et sa famille, le départ manqué à cause des bagages égarés, le choléra, l’employé du bureau de voyages qui avoua la vérité, le saltimbanque méchant, que sais-je… Tout était vrai...
 
L’histoire est essentiellement une histoire de mort, mort considérée comme une force de séduction et d’immortalité, une histoire sur le désir de la mort. Cependant le problème qui m’intéressait surtout était celui de l’ambiguïté de l’artiste, la tragédie de la maîtrise de son Art. La passion comme désordre et dégradation était le vrai sujet de ma fiction.
 
Ce que je voulais raconter à l’origine n’avait rien d’homosexuel ; c’était l’histoire du dernier amour de Goethe à soixante dix ans, pour Ulrike von Levetzow, une jeune fille de Marienbad : Une histoire méchante, belle, grotesque, dérangeante qui est devenue La Mort à Venise. À cela s’est ajoutée l’expérience de ce voyage lyrique et personnel qui m’a décidé à pousser les choses à l’extrême en introduisant le thème de l’amour interdit. Le fait érotique est ici une aventure anti-bourgeoise, à la fois sensuelle et spirituelle." 

Death in Venice de Britten

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En janvier 1971, Britten souhaita se mettre à l'écriture d'un nouvel opéra, dans lequel il pourrait donner l'occasion à son partenaire de vie, le ténor Peter Pears de remonter sur scène

Britten avait fréquenté le fils de de Thomas Mann Golo. Visconti est alors en train d'adapter Mort à Venise (Death in Venice) pour le cinéma. Golo encourage Britten à porter à l'opéra la nouvelle de son père. En 1972, Myfanny Piper,  librettiste attitrée de Britten, adapte la nouvelle de Mann, comme elle avait déjà adapté des romans d'henry James pour le compositeur..

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Toute l'action de l'opéra semble naître du cerveau du poète Gustav von Aschenbach: on suit la progression de ses pensées et de ses rêves, et même si les frontières du rêve et de la réalité sont marquées, les deux uivers s'entremêlent. Le rôle du poète est une partie extrêmement difficile à tenir car il exige une présence quasi constante en scène pendant les deuxheures trente que dure l'opéra. Il s'agit d'un des rôles les plus important dans la carrière de Peter Pears, depuis le temps où il créait en 1965, Peter Grimes.

La danse joue un rôle prépondérant dans l'opéra de Britten:  les rôles Tadzio, objet  de la contemplation fascinée du vieil écrivain, et de safamille sont muets: ils sont incarnés par des danseurs et des mimes. Comme la danse répond au chant, le rêve répond à la réalité, qu'il enrichit et révèle. Superposé à l'histoire somme toute banale d'un homme vieilli qui passe ses vacances dans un hôtel de luxe et s'entiche d'un joli jeune homme qu'il n'osera pas aborder, l'histoire de mort à Venise un parcours d'initiation mythique, nietzschéen, où l'apollinien le dispute au dionysiaque: Apollon apparaît en rêve à Von Aschenbach

Aux personnages réels: un voyageur, un vieux dandy, le "leader of the Players", chef d'une troupe de théâtre itinérante, le barbier, le directeur de l'hôtel, correspond d'autres "visions" exclusives. Ainsi Aschenbach voit-il en rêve Apollon/Eros dont il retranscrira dans ses carnets les paroles prophétiques.


La production du Theater am Gärtnerplatz1245915581_deathmartin,schoepflin

Un nouveau chef d'orchestre, Oleg Ptashnikov dirigeait avec brio, l'orchestre du théâtre. La mise en scène d'Immo Karaman est particulièrement remarquable. Les costumes et les grimages sont à la hauteur de la mise en scène. 

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Gustav von Aschenbach est interpétré par Hans-Jürgen Schöpflin, dont les talents d'acteur soutiennent l'interprétation vocale. Gary Martin, qui interprète les rôles du Voyageur, du Vieux Fou, du vieux Gondolier, du directeur d'hôtel, du coiffeur et prête sa voix à Dionysos reçoit un immense succès d'audience parfaitement mérité. Les danseurs Michael Langner et Onur Birsoy interprètent Tadzio et Jaschiu dans la chorégraphie  de Fabian Posca: un ravissement!

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Une soirée d'exception au Theater am Gärtnerplatz!

 


04.07.2010

Katy Perry revisited: California gays

D'excellents amateurs ont réalisé une video à partir de California Gurls de Katy Perry et ont simplement intitulé leur travail California Gays. Enjoy! 

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27.06.2010

Une carte blanche pour Couleur Café: la lettre de Marc Lerchs

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Messieurs les organisateurs,

Spécialisé en gestion de crise (*) , je suis d’un oeil attentif les développements de l’affaire dite “Beenie Man”.

Mais, je vous écris surtout en tant que simple citoyen.

D’un point de vue strictement académique, il semblerait que vous ayez commis à peu près toutes les erreurs “classiques” que des dirigeants peuvent faire dans ce genre de situation, transformant cette crise en véritable “cas d’école”. Reprenons.

1) Pendant plusieurs semaines, vous avez opposé une fin de non-recevoir évidente aux associations qui réclamaient l’annulation de ce concert controversé. Vous n’avez pas répondu aux courriers des particuliers, qui vous ont interpellés à ce sujet par différents canaux, notamment via votre site.

2) Croyant pouvoir maintenir ce concert dans un premier temps, vous vous êtes arc-bouté sur un système de défense assez simpliste, entièrement basé sur l’antienne suivante: “Nous avons des garanties, Beenie Man nous a promis qu’il ne le fera plus”.

Aller au bout de cette position intellectuelle, qui permettait de faire l’impasse sur le fond du problème, aurait équivalu à inviter Jean-Marie Le Pen à Couleur Café sous prétexte qu’il aurait signé une charte promettant d’être très gentil et de ne rien proférer de raciste durant sa présence !

Or ce qui choquait, vus ses antécédents d’activiste homophobe non repenti, était la présence même de Beenie Man en votre enceinte, et non ce qu’il aurait pu dire ou pas.

3) Une fois le concert annulé, contre votre gré, mais sous la pression considérable des sponsors et des pouvoirs publics subsidiants, vous avez cru bon de diffuser une réaction indignée dans les médias.

Votre position a alors été de mettre toute la responsabilité de l’annulation sur le dos d’associations de défense des droits des homosexuels, les qualifiant “d’associations agressives, ayant attaqué le Festival Couleur Café au bazooka”.

Vous en avez profité pour vous répandre dans les médias en "considérations" (je ne peux appeler cela "pensées"), regrettant, pour faire court, que le “lobby gay” ait tant d’influence dans le pays, le tout devant des animateurs peu éclairés sur la question, opinant du bonnet avec compassion.

4) Or tout ceci est faux. Même si le problème a été soulevé au départ par quelques associations de défense des droits des citoyens (dont Amnesty International Belgique, excusez du peu), plus de 2.000 citoyens anonymes ont rallié, en toute démocratie le groupe Facebook qui s'était créé (1), et se sont mobilisés pour une cause qui leur paraissait juste , indépendamment de leur préférences sexuelles, et sans bazooka ou arme à feu.

Juste leurs mots, leurs claviers et leurs souris, ce qui est l’expression même de la démocratie.

5) Si vous n’étiez pas des progressistes, je ne prendrais même pas la peine de vous écrire.

Mais vous l’êtes, et votre festival a commis peu d’erreurs par le passé.

Puis je dès lors vous conseiller de reconnaître que vous vous êtes trompés, et que des gens revendiquant de telles positions (“je rêve d’un pays propre où on aurait tué tous les homosexuels, attrapez-les et égorgez-les”, etc. ) n’ont rien à faire chez vous ?

Reconnaître cette erreur est, à nos yeux, la dernière chance que vous ayez pour encore garder la confiance de sponsors et de partenaires institutionnels du festival pour l’an prochain.

6) Car votre attitude sur le fond, qui a consisté jusqu’ici à vous montrer “désolés” du fait que Beenie Man n’aie pu exprimer ses idées à Couleur Café (le festival de la liberté d’expression et de la tolérance par excellence), à cause d’homosexuels s’étant montrés d’une “agressivité inouïe et disproportionnée”, “sans même prendre la peine de vous en parler avant” (ce qui est faux !) est simpliste, réductrice, et contraire à la vérité.

La réalité, c’est que beaucoup de citoyens ont réagi en masse devant l’inacceptable, et que cet événement a montré leur potentiel de mobilisation. Ce qui est plutôt rassurant.

7) Conclusion: vous seriez bien avisés de reconnaître publiquement que vous avez fait fausse route sur deux points.

Primo, ne pas avoir examiné avec un soin suffisant le contenu des textes que ce personnage se proposait de répandre, ou, pis, les avoir cautionnés.

Secundo, avoir tenté de désigner comme responsables de l’annulation dudit concert certaines associations, alors qu’il s’est agi dans la réalité d’un mouvement citoyen beaucoup plus large, gagnant à sa cause sponsors et partenaires institutionnels.

L’accepter vous grandirait.

Le moment est venu de se souvenir que “faute avouée est à moitié pardonnée”.

Reconnaître ses erreurs constitue un des fondements en matière de gestion de crise.

Il suffit pour s’en convaincre de voir la différence de traitement que l’opinion US réserve à Toyota (venue s’excuser au Congrès par la voix de son CEO) et à BP, qui ne cesse de rejeter la responsabilité de ses actions et de ses manquements sur les autres, avec le résultat que l'on connaît sur sa réputation...

8) Après tout, c’est votre artiste qui s’est mis dans le pétrin en persistant dans ses frasques, et il ne serait pas juste que ce soit Couleur Café qui en paie les pots cassés.

9) Les mots peuvent tuer. Des pamphlets issus du Siècle des Lumières et ayant embrasé la Terreur, aux appels au meurtre de Radio Mille Colline, pour ne citer que ces deux exemples...

Dans plus de trente-cinq pays, on pourchasse et on tue des homosexuels. Savez-vous donc ce qui se passe au Sénégal ? En Arabie Saoudite ? En Iran ? Au Soudan ?

10) Des gens comme Beenie Man attisent cette haine.

Et qui peut mesurer l’effet de de ce genre de textes sur des esprits demeurés, ignorants ou peu éduqués ?

Il y a 4 ans, un jeune homosexuel jamaïcain a été battu à mort par une bande de fans, au sortir d'un concert de Capelton, autre chanteur prônant le meurtre des gays (pour info, Capelton est programmé à Dour ce 18 juillet 2010 ...).

Ce genre d’artistes n’a pas sa place dans un festival honorable tel que le vôtre. Point barre. Tout autre tentative pour justifier l’injustifiable est vouée à l’échec.

Et, ce qui vous est arrivé n’est pas de la responsabilité d’une poignée d’associations ou d’un lobby quelconque, quoi que vous en disiez. Mais, le fruit d’une indignation citoyenne beaucoup plus vaste.

Il vous faut accepter de reconnaître ces deux points avant que la polémique ne vous échappe.

Il vous reste très peu de temps.

Marc Lerchs

(*) Licencié en Journalisme, Diplômé en Médecine d'urgence, Organisation des Secours et Gestion des Situations d'Exception / Consultant en gestion de crise.


(1) http://www.facebook.com/group.php?gid=133336586693212&ref=ts

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25.06.2010

Couleur café: Amnesty international belgique à propos de l'annulation du concert de Beenie Man

On parle de réaction excessive (alors qu'Amnesty avait déjà réagi en 2004, on ne peut pas dire que c'est nouveau). S'il avait demandé la pendaison des juifs, des tziganes, des femmes ou des Noirs (comme il l'a fait pour les lesbiennes) aurait-on parlé de réaction démesurée? Aurait-on parlé du lobby juif, tzigane, féministe ou Noir? Aurait-on parlé de lui laisser une seconde chance? C'est exactement la même chose: un appel à la haine et au meurtre.

Amnesty international Belgique

Le commentaire de Christine Bika (la Présiendente d' AI Belgique francophone):

"Exact.
La question est simple : peut-on accepter que soit pr
ôné en public l'assassinat de qui que ce soit ? Depuis le génocide rwandais et les appels au meurtre de radio Mille collines, je dis non. Un artiste qui instrumentalise à ce point la liberté d'expression dépasse les bornes du supportable.
On ne peut ignorer le pouvoir des médias ni le pouvoir d'influence des artistes. A ce titre, ils doivent les uns et les autres assumer leur responsabilité.
Cela n'a rien à voir avec la nature de la "minorité" visée : il y a des artistes qui prônent de tuer les femmes qui veulent les quitter. Ce n'est pas plus acceptable. "

CONCERT DE BEENIE MAN ANNULÉ … ET JUSTIFICATION LAMENTABLE DE COULEUR CAFÉ !

Un communiqué du Groupe facebook Plus jamais/Nooit meer homofobe zanger/chanteur @ Couleur Café : Really ?**

En 6 jours, nous avons été plus de 2000 personnes à nous indigner de la présence prochaine du chanteur homophobe Beenie Man pour la 21e édition du festival Couleur Café ! * Notre appel a très vite été relayé sur divers blogs et médias (francophones comme néerlandophones, jetez un œil sur les liens et photos du groupe… et réagissez aux commentaires des articles en ligne !).

En interpelant les organisateurs, les sponsors et les pouvoirs publics subsidiant de Couleur Café (Email-type/Standaard email voor verzending), nous sommes parvenus à faire pression sur les organisateurs qui ont finalement décidé d’annuler le concert prévu (comme beaucoup d’autres avant eux, de par le monde). Victoire ! Bravo à toutes & à tous !

Cependant, la communication du festival n’a fait qu’attiser notre indignation (au lieu de l’apaiser). En effet, loin de faire amende honorable et d’admettre qu’ils ont commis une erreur en programmant Beenie Man (à qui ils voulaient donner une 2e chance, sans jamais entendre nos arguments sur le fait que Beenie Man ne se soit jamais réellement repenti), ils préfèrent se positionner en victime d’une soi-disant campagne de dénigrement.

Extraits du communiqué de presse et [interventions de Patrick Wallens sur La Première] :

  • « Nous sommes absolument abasourdis par [la violence] de la campagne anti-Beenie Man prodiguée par certaines associations homosexuelles [très dures], n’hésitant pas à discréditer la réputation [et saborder] festival, [un travail de sape assez monstrueux] ».

  1. Selon eux, nous sommes donc tous homosexuels, avant d’être des défenseurs des droits humains (alors qu’Amnesty a été la première association a réagir, déjà en 2004 où le même artiste était également invité). Désigner les « associations homosexuelles » revient, selon nous, à encourager l’homophobie des fans de Beenie Man. Dès lors, nous tiendrons Couleur Café responsable de toute attaque provenant de ces fans et visant une personne LGBT.

  2. Nous sommes tous violents alors que nous avons juste utilisé les outils à notre disposition (Internet, pas des cordes, ni des [bazookas]) pour informer lesdits partenaires de notre indignation sans jamais discréditer le festival dans son ensemble. Nous avons d'ailleurs tenu à réagir à tous les propos publiés sur le groupe et qui allaient dans ce sens ou dans une critique générale de la culture jamaïcaine, du rasta, etc.

  • « Nous sommes révoltés que ces associations n’aient pas eu la décence de nous rencontrer pour dialoguer, [nous aurions peut-être changé d’avis]. ».

Avant de créer le groupe Facebook, nous avons commencé par appeler le festival dès que nous avons appris la programmation de Beenie Man à Couleur Café (soit ce vendredi 18 juin 2010). Après avoir déployé l'ensemble des arguments (ensuite repris sur le groupe), la responsable de la communication nous a exprimé une fin de non-recevoir. Amnesty avait, pour sa part, envoyé une lettre le 14 juin sans réponse satisfaisante : le dialogue était manifestement impossible. Il a fallu attendre les réactions des pouvoirs subsidiant ainsi que des sponsors pour que Couleur Café réagisse… et rencontre prochainement Amnesty.

Comme plusieurs d'entre vous, n'hésitez pas à réagir directement auprès de l'organisateur (p.wallens@couleurcafe.org), continuez à inviter vos amis à rejoindre le groupe et à relayer les réactions/infos reçues !

* pour info, la page officielle de Couleur Café sur Facebook a réussi à réunir seulement 8x plus de fans, alors qu’ils ont 20 ans d’existence… ces chiffres (vous) parlent ?

**Pour rejoindre le groupe ou simplement consulter ce qui y est publié, cliquer ici.
  • 05:24 Publié dans Chansons, musiques | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : homophobie, couleur cafe, beenie man | | |  Facebook |