04/04/2010

Eglise catholique: les scandaleux scandalisés

L'indignation du Vatican

Le Monde en ligne de ce matin traduit quelques passages d'un article paru sur l'Osservatore Romano de ce dimanche: Une propagande grossière contre le pape et les catholiques. Des attaques calomnieuses et une campagne de diffamation construite autour du drame des abus commis par des prêtres ,(...) des messages de solidarité à Benoît XVI arrivant du monde entier de nombreux évêques expriment leur proximité du pape pour son action résolue en faveur de la vérité et pour les mesures prises pour éviter une répétition de ces crimes.

L'organe du Vatican cite le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris qui lors de la messe du Jeudi Saint a dénoncé "une offensive visant à déstabiliser le pape et à travers lui l'Eglise". L'archevêque a montré du doigt les "médias audiovisuels qui célèbrent Pâques à leur manière en concentrant pendant la Semaine Sainte leurs critiques contre l'Eglise et la foi chrétienne".

Mgr Bruno Forte, archevêque de Chieti (Italie), stigmatise lui aussi "une montée de la christianophobie", "des préjugés" et des "attaques injustifiées" contre l'Eglise qui se retrouve "instrumentalisée même quand elle affronte courageusement des questions comme les abus" (pédophiles).

Sur Radio Vatican, le cardinal Severino Poletto, archevêque de Turin "l'on puisse tenter d'atteindre la très grande figure intouchable (...) de Benoît XVI qui a toujours été clair et intransigeant sur ces sujets". "Je ne voudrais pas qu'il existe une machination contre l'Eglise. Le démon est toujours à l'oeuvre".

La question de la responsabilité collective

La tactique de l'église catholique est bien connue: se poser en victime outragée et contre-attaquer selon l'adage qui veut que la meilleure défense est l'attaque. On joue ainsi tant du dolorisme ou de l'appel à la compassion que de la colère. Parallèlement à cette rigidité outrée l'église pointe du doigt les prêtres pédophiles et prétend qu'elle les livrera (enfin) à la justice, avec la compassion de rigueur pour une institution qui prétend être l'épigone de l'Amour chrétien, son dépositaire privilégié. Il s'agit de mettre un cordon sanitaire autour de la pédophilie de certains prêtres. Et d'user de moyens mathématiques statistiques pour prouver que la pédophilie n'est pas supérieure au sein de l'église qu'au coeur des familles, ce qui est supposé diluer la responsabilité. Tout en posant des cris d'orfraie outragée.: l'église crucifiée...

De toutes ces manières, la question centrale n'est pas posée, celle de la gestion de la sexualité humaine au sein de cette institution qui, non contente de brimer ses propres adeptes, a des prétentions de donneuse de leçons morales universelles. Il n'est pas question de réfléchir et de se remettre en question, mais de renforcer les règles existantes: inégalité femmes- hommes, non accès des femmes à la prêtrise, condamnation des actes homosexuels, interdiction du mariage des prêtres, élimination des candidats homosexuels  à la prêtrise, insistance sur la reproduction comme finalité de l'acte sexuel, interdiction de la contraception, etc..

S'enferrer dans un comportement humainement aberrant, refuser de considérer que l'on peut être en faute et pointer du doigt ceux que l'on persécute sont des attitudes que l'on retrouve chez des adolescents profondément perturbés.

Sans une profonde remise en question, le scandale ne s'arrêtera pas. L'église ne peut éviter de poser la question de la responsabilité collective. Il est cependant peu probable qu'elle soit prête à le faire.

11:05 Publié dans Religions, haines et tolérances | Lien permanent | Tags : paques, vatican, benoit xvi, eglise catholique, pedophilie, scandale | | |  Facebook |

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