26/03/2010

Pourquoi le pape ne démissionne-t-il pas?

Pourquoi Ratzinger reste-t-il en fonction? Telle est la question que se pose le journaliste Peter Wensierski dans un article d'opinion du Spiegel on line, intitulé La faillibilité du pape infaillible. Si vous lisez l'anglais, je vous recommande cet article percutant.

Le journaliste y rappelle la récente démission de Margaret Kässmann, la femme qui était à la tête de l'Eglise protestante d'Allemagne. Prise en flagrant délit d'ivresse au volant, elle avait considéré qu'elle ne disposait plus de l'autorité morale pour diriger et en avait tiré les conclusions qui s'imposait. Une démission dont elle sort grandie.

Tout porte à croire qu'au contraire Joseph Ratzinger restera Benoît XVI contre vents pédophiles et marées judiciaires et journalistiques.

Théoriquement, rappelle le journaliste, il est possible au pape de démissionner sans en demander la permission à personne (article 332 du droit canon, paragraphe 2). mais la dernière fois que cela s'est produit, c'était il y a sept cents ans.

Malgré l'accumulation des rumeurs et des preuves de l'implication directe du Cardinal  Joseph Ratzinger dans la gestion des affaires de pédophilie qui minent l'église catholique, le Vatican préfère aligner les communiqués outragés en rejetant toute accusation comme infondée et malveillante.

Il semble cependant peu probable que la politique du démenti apaisera la tempête dans laquelle est prise le Vatican. La Cardinal Ratzinger était en charge depuis 1982 de la gestion des affaires d'abus sexuel, et ce n'est pas parce qu'il s'appelle aujourd'hui Benoît XVI et qu'on dit de lui qu'il est le successeur de saint Pierre*  que le Ratzinger d'origine a disparu.

*[et qu'il porte des costumes plus riches, mieux brodés et disparaît sous des falbalas de dentelles qui laissent cependant apercevoir la coquetterie des mules rouge vif, NDLR]

Peter Wensierski estime que depuis son accession à la papauté Ratzinger a fait plus de mal que de bien, et que même les catholiques sont stupéfaits par une gouvernance par laquelle il s'est mis tant de monde à dos, tout en négligeant de surcroît de régler les affaires pédophiles au sein de l'institution qu'il dirige.

Le journaliste trouve la gestion de la crise pédophile pour le moins cosmétique. Et pose des questions pertinentes: comment trouver les responsables qui ont couvert les criminels pédophiles? comment éradiquer le système du silence, un système qui  qui étouffe et déplace les coupables dans d'autres diocèses, comment peut-on forcer 'église catholique à ouvrir ses archives secrètes? 

Et comment la hiérarchie catholique peut-elle rester en place et continuer à prendre des positions morales après une telle gestion du scandale, et ose-t-elle prétendre donner aux fidèles des réponses aux questions existentielles qu'ils se posent?

Les commentaires sont fermés.