16/03/2010

Historique: un mariage lesbien a eu lieu en Espagne en 1901!

Elisa_MarcelaElisa et Marcela se sont rencontrées à la Corogne en Galice (Espagne) à la fin du dix-neuvième siècle. Elles se prirent d'amitié l'une pour l'autre et finirent par devenir amantes. Une histoire en somme assez banale et que la société d'alors tolérait bien: deux femmes qui vivent ensemble, cela ne choquait alors personne. Mais Elisa et Marcela, qui étaient toutes deux maîtresses d'école, ne voulurent pas vivre en secret leur histoire d'amour  et décidèrent de transgresser les  préjugés moraux et religieux  qui étaient de règle à l'époque. Elles s'ingénièrent à tromper l'église sur la nature de leur relation: l'une d'entre elles s'habilla en homme, et donna si bien le change qu'en 1901, le curé de l'église de San Jorge les unit par les liens du mariage. Voila nos deux lesbiennes mariées!

Mais le pot aux roses fut découvert et l'opprobe dont elles furent l'objet les contraignit à fuir au Portugal où elles furent apparemment accueillies sans problème. Elles s'installèrent à Porto où elles  eurent une petite fille . A un journaliste qui avait eu vent de l'affaire, Elisa aurait répondu: Est-ce surnaturel qu'un petit garçon ou une petite fille vienne au monde? Il n'y a rien de plus naturel: une femme fait un enfant! Nous ne sommes pas deux criminelles.

Cette histoire a passionné pendant plus de quinze ans le doyen de la Faculté des Sciences de l'Education de La Corogne, Narciso de Gabriel, qui a fni par en faire un livre. Il l' a publié d'abord en galicien, puis le livre a été traduit en espagnol:  “Elisa y Marcela. Más allá de los hombres” (Elisa et Marcela, au-delà des hommes, édition Libros del Silencio pour la traduction espagnole).

Elisa et Marcela emigrèrent ensuite à Buenos Aires, comme des milliers de leurs compatriotes. Elisa s'y maria avec un homme nettement plus âgé qu'elle, ceci dans l'idée de ne pas travailler et de pouvoir passer davantage de temps avec Marcela et, en cas de veuvage, de retourner au pays avec sa femme. Mais le vieillard se rendit compte de la combine et les dénonça. Après cet épisode, on a perdu toute trace deux deux femmes.

Les groupes LGBT les considèrent aujourd'hui comme des précurseurs de la lutte pour les droits des personnes gays, lesbiennes et trans. Les organisations galiciennes demandent qu'on attribue leur nom à une rue de La Corogne, sans succès jusqu'ici.

Source principale: si vous lisez l'espagnol, allez surtout lire le reportage d'El Pais, qui développe l'histoire.

Via Queer Blog, Dos Manzanas, El Pais (photo 1) et Libros del Silencio.

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