04/03/2010

Affaire Hachichi: le Centre pour l'Egalité des Chances et Cavaria se portent partie civile

Un communiqué du Centre pour l'Egalité des Chances
 
Les médias se sont fait écho au mois d'octobre 2009 de la mort d'une jeune femme marocaine,  L. Hachichi. Son corps, qui présentait des brûlures, avait été retrouvé au domicile de ses parents. Très vite, il a été suggéré que la jeune femme avait été victime d'une « séance de désenvoûtement » par un guérisseur musulman qui, à la demande de ses parents, aurait « soigné » la jeune femme pour son orientation sexuelle.
 
Le Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme avait entrepris de s'informer sur les faits et suit attentivement le dossier depuis lors. Une série d'indices ont été rassemblés qui tendent à prouver que l'orientation sexuelle de la jeune femme a effectivement joué un rôle dans ce « désenvoûtement ». Le Centre a donc décidé de se porter partie civile dans cette affaire. Il a été rejoint par Cavaria (organisation-coupole des associations et groupes flamands et bruxellois de lesbigays).
 
L'enquête sur les causes exactes du décès ainsi que sur la responsabilité civile des parents et/ou du guérisseur suit son cours. En se portant partie civile dans ce dossier, le Centre pourra demander des devoirs d'enquête afin de faire toute la clarté sur les motivations homophobes des parents et/ou du guérisseur. Si celles-ci devaient être établies, il y pourrait y avoir circonstances aggravantes.
 
Même s'il s'agit ici d'un cas extrême, le Centre veut rappeler à cette occasion le fait que de nombreuses personnes homosexuelles ou bisexuelles (lesbigays) connaissent d'énormes problèmes au sein même de leur famille lors de leur coming out ou de leur outing. Une enquête récente[1] du Vlaamse Steunpunt Gelijkekansenbeleid (Point d'appui flamand de la politique d'égalité des chances) épingle le taux accru de discrimination dont sont victimes les jeunes lesbigays, sous forme de menaces, de violences et de harcèlement. Ceux-ci seraient aussi plus sujets à des états dépressifs. Il ressort aussi d'une autre enquête[2] que l'attachement religieux a un impact défavorable sur le degré de tolérance à l'égard des personnes lesbigays et de leurs droits. Les personnes homosexuelles ou bisexuelles cherchant à concilier leur orientation sexuelle avec leurs origines et traditions culturelles et religieuses éprouveraient des difficultés plus prononcées. Ces traditions ne peuvent pourtant légitimement cautionner les pressions de cette nature exercées sur les jeunes, et encore moins servir d'alibi à des actes criminels

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