04/02/2010

L'homosexualité est biologiquement déterminée, un article du journal Le Soir

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Dans son édition d'aujourd'hui, le journal Le Soir consacre une page entière à présenter la recherche que le Professeur Jacques Balthazart de l'Université de Liège a publiée sous le titre Biologie de l'homosexualité, un ouvrage que Gay Kosmopol a présenté dès le 20 janvier. Les titres du Soir: On naît homosexuel. Une étude de l'Ulg montre que l'orientation sexuelle est "biologiquement déterminée". Une vaste recherche vient contrebalancer les théories psychanalytiques. L'homosexualité est "biologique". Sous la plume du journaliste Hugues Dorzée.

Contrairement à l’idée anciennement admise qui veut que l’on « devient homosexuel » en fonction de son vécu psychique et social, l’homosexualité serait en réalité déterminée, dès avant la naissance, par des facteurs biologiques. Telles sont les conclusions d’une vaste recherche réalisée par un groupe de l’Université de Liège, et contenues dans un ouvrage publié par le professeur Jacques Balthazart. Ce neuro-endocrinologue travaille depuis 35 ans sur les mécanismes hormonaux et nerveux qui contrôlent le comportement sexuel, chez l’homme et l’animal. L’homosexualité n’est donc pas une maladie, indique le chercheur, qui pense « envoyer une copie » de son ouvrage au nouveau primat de Belgique ! Le Soir en ligne du 4 février

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Mes commentaires

  • La recherche scientifique anglo-américaine présente depuis quelques années  un faisceau d'arguments concordants qui suggèrent fortement qu'il faut chercher  l'origine de l'homosexualité à un stade pré-natal :ce sont essentiellement des facteurs biologiques qui détermineraient l'orientation sexuelle des êtres humains. Le Professeur Jacques Balthazart synthétise l'état actuel d'une recherche qui est aujourd'hui suffisamment avancée pour affirmer que la thèse de l'homosexualité innée est  scientifiquement la plus plausible.
    Cet ouvrage de vulgarisation scientifique pourrait avoir  une portée sociologique considérable: en substance, il prouve scientifiquement qu'aucun être humain n'est responsable de son orientation sexuelle, ce qui entraine qu'en la matière culpabilité et culpabilisation sont totalement hors de propos, que ni les parents ni les jeunes qui découvrent leur homosexualité ne sont responsables de cet état de fait, et qu'enfin toute stigmatisation de l'homosexualité par la société ou par les instances religieuses relève de l'obscurantisme. Ce livre vient donc à point nommé. Il va de soi que ce livre bat totalement en brèche les propos pseudo-scientifiques du futur Primat de Belgique qui appuie sa vision de l'homosexualité sur la théorie freudienne et la présente comme  une anormalité dans le développement de la personne. Je serais à ce propos fort heureux de suivre un débat télévisé entre l’église et l’université sur la question de l'homosexualité.
    La lecture de ce livre devrait inciter davantage les responsables politiques à mettre en oeuvre des campagnes d'information et à renforcer l'éducation à la diversité et la lutte contre l'homophobie. Depuis que la Ministre Marie Arena alors en charge de l’enseignement a eu la lucidité et le courage de faire rédiger un manuel pédagogique à l’usage des enseignants pour combattre l’homophobie en milieu scolaire, il ne semble pas qu’il y ait de nouvelle initiative dans la politique scolaire de la Communauté française, malgré des programmes gouvernementaux qui le mentionnent précisément. A ma connaissance, le manuel mis à la disposition de toutes les écoles par la Ministre n’a même pas été évalué. Contrairement à la Flandre où depuis dix ans divers manuels ont vu le jour et où des campagnes sont menées dans les écoles pour éduquer à la diversité.
    Le livre de Jacques Balthazart pourra aussi aider les parents à approcher l'éducation sexuelle familiale d'une manière différente. Elle contribuera aussi à aider les personnes gay, lesbiennes ou trans à s'assumer.
    Parce que, quelle que soit l’origine de l’homosexualité, la question à mes yeux la plus fondamentale est l’appréhension de cette réalité par la personne individuelle qui se découvre faire partie d'une minorité : savoir s’accepter, s’aimer tel que l’on est et pouvoir le partager avec les autres, de préférence dans la joie(- comme tout enfant, un jeune gay, un jeune trans ou une jeune lesbienne devraient recevoir la possibilité d'une enfance heureuse!) Mais cette joie d’être soi et de se développer tel que l’on est est encore souvent mise en question ou entravée par une partie du corps social. La cruauté du  regard de l’autre, la réprobation familiale, l'homophobie religieuse, tant chrétienne que musulmane,  la répétition des insultes en milieu scolaire, la crainte d’une grande partie du  corps enseignant d’aborder la question peuvent miner le développement d’une estime de soi si nécessaire à l’épanouissement de tout être humain. Le problème de l’homosexuel n’est pas d’en être, mais d’habiter son homosexualité, d’y exister, et d’apparaître tel qu’il est, de se correspondre. Même en Belgique, où tant de bonnes lois ont été faites, il n’est toujours pas commode de faire son coming out. Gageons que l’éclairage de la science que nous offre le Professeur Balthazart contribuera à favoriser une meilleure compréhension et, partant, une meilleur acceptation des personnes homosexuelles, bisexuelles et transsexuelles.

  • Le scientifique affirme qu'"on naît homosexuel, on ne le devient pas". C'est probablement vrai dans une des acceptions du verbe "devenir", mais la formule est réductrice si on la sort du contexte de la recherche scientifique: le professeur parle ici de l'origine pré-ou péri-natale de l'homosexualité, et de rien d'autre. Cependant, l'enfant ou l'adolescent qui se découvre autre, doit apprendre au cours d'un souvent long cheminement à devenir ce qu'il est: découverte, acceptation, dévoilement à autrui et correspondance à soi-même.
    On naît homosexuel, on doit apprendre à le devenir.
    Les constituantes du corps social sont souvent perverses* parce qu'elles nient ou dénoncent la réalité d'une partie de la population, ce qui rend le devenir homosexuel aléatoire et, mises à part quelques exceptions, extrêmement pénible. Le réalisateur allemand Rosa von Praunheim a lancé à ce propos une formule restée célèbre, il s'agit du titre d'un de ses films, sorti en 1970: Nicht der Homosexuelle ist pervers, sondern die Situation, in der er lebt (Ce n'est pas l'homosexuel qui est pervers, mais la situation dans laquelle il vit).
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Rosa_von_Praunheim
    L'origine hormonale et/ou génétique de l'homosexualité confirme l'intuition du cinématographe allemand. Il ne nous reste plus qu'à trasformer la société.
    Je parle de perversion au sens psychanalytique du terme: organisation psychique utilisant un mode relationnel permettant d'assouvir ses pulsions par des actes opérés aux dépens de l'autre, ici au dépens des homosexuels que la société va essayer de manipuler en les niant ou en les stigmatisant afin de se conforter dans ses pulsions hétérosexuelles prédominantes. La psychologie et la psychanalyse auraient sans doute beaucoup à gagner en  travaillant de concert avec les sciences neurobiologiques.

 

Commentaires

Encore un savant qui aurait mieux fait de se taire. Et en voilà encore un. Un quoi ? Un savant qui aurait mieux fait de se taire.
Avec tout le respect que je lui dois (c'est, en effet un scientifique de renommée non volée), cette fois, il aurait mieux fait de continuer ses recherche sans publier, comme il l'a fait jusqu'alors.

Pourquoi ?
Bien, évitons pour le moment le point Godwin (mais j'y arriverai plus tard), et commençons avec des scientifiques très brillants et très connus. Pierre et Marie Curie, par exemple.

S'ils avaient fait ce que tout couple respectable doit faire à la tombée du jour, au lieu de branlotter du radium, comme l'a souligné mon ami Pierre Desproges (qui, lui, était inoffensif), et si Einstein n'avait pas pondu ses théories géniales qui nous ont menés tout droit au nucléaire civil [i]et[/i] militaire, nouus aurions eu, je le crois, une toute autre histoire du XXe siècle. Entachée de moins d'horreurs, en somme.

Tous ces scientifiques... Une majorité écrasante des scientifiques clament de bonne foi bosser pour le bien de l'humanité. Ils en sont convaincus ! Et c'est exact, s'il n'en tenait qu'à eux, leurs inventions ne serviraient qu'à notre bien à tous. Mais ils savent pertinemment que leurs travaux sont toujours repris par des types un peu barges qui retournent leurs découvertes en machines à tuer des humains.

Attention, ici, on va friser le point Godwin : Et si maintenant, cette prodigieuse découverte était utilisée par... Mettons l'Iran. Ou l'Afghanistan. Ou le Pakistan (etc). Qu'est-ce que ça donnerait ?
Sachant que l'Iran ne recule pas devant l'exécution de mineurs homosexuels, pourquoi ne pas faire un pas en avant et les éliminer dès la naissance, à présent ? Y'a pas 70 ans, c'était dans l'ordre des choses.

Un chic type, ce scientifique ?
Oui, assurément. Comme tous les scientifiques, il a des arguments solides pour faire avancer la recherche. Nous en profitons tous, jour après jour. C'est certes utile, au quotidien, pour s'accepter soi-même ou mutuellement. C'est bien, vraiment ! Mais quand on voit le [b][i]potentiel destructeur[/i][/b] de cette découverte, et c'est à ce point que la comparaison de début de texte prend tout son sens, on est en droit de penser que ce type, comme beaucoup d'autre, aurait mieux fait de fermer sa grande...

Écrit par : Sergei Poulp | 04/02/2010

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