14/11/2009

Un premier mariage gay en Argentine. Opposition habituelle des catholiques.

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Buenos Aires connaissait déjà le contrat d'union civile, mais une juge a estimé que refuser le mariage à un couple gay était discriminatoire et a en conséquence ordonné à l'officier d'état civil d'unir  deux hommes  par un contrat de mariage.

La juge a déclaré inconstitutionnels les articles du code civil selon lesquels ne peuvent contracter mariage que des personnes du sexe opposé, soit un homme et une femme. Voici ce qu'elle énonce dans son jugement: "La loi doit traiter chaque personne de la même manière en fonction de sa singularité, sans qu'il soit besoin ni de la comprendre ni de la réguler". Selon la juge,  Gabriela Seijas, il convient de se poser la question de savoir si "l'interdiction du mariage pour les homosexuels constitue une discrimination de la part de l'Etat basée sur l'orientation sexuelle".

Il va de soi que cette juge a rendu son jugement de manière à faire réfléchir et alimenter le débat qui est en ce moment en cours au Parlement argentin: deux propositions de loi y ont en effet été déposées qui visent précisément à légaliser les unions des personnes du même sexe.

Ce jugement a été rendu en première instance suite à la plainte déposée par le couple en avril dernier. Il pourrait encore être cassé en appel, mais la ville de Buenos Aires a déjà fait savoir qu'elle ne ferait pas opposition au jugement.

Devinez qui s'oppose avec toute sa rage et toute son énergie à cette mesure? Oui, je sais, la devinette est trop simple...C'est l'église catholique qui à travers la conférence épiscopale argentine a cru bon de devoir rappeler ses positions en avançant que "affirmer l'hétérosexualité  comme la condition nécessaire du mariage n'est pas discriminer, mais partir de la constatation objective qui en est le présupposé." Rien de nouveau sous le soleil catholique, mais ce qui est neuf c'est que la juge avait prévu ces réactions et les évoque dans le rendu de son jugement: "Il n'y a aucun doute sur le fait que les sentiments religieux de certains ne peuvent servir de guide pour délimiter les droits constitutionnels des autres. Les pouvoirs de l'Etat ne peuvent être appelés à interpréter des textes religieux ou à prendre parti à propos de l'appréciation qu'ils font de l'homosexualité.

Je vous ai livré une traduction littérale de cette dernière phrase émise par la juge. J'en trouve l'énoncé si brillant qe je vous la livre en espagnol, dans sa version originale. Pour moi, cette citation devrait être écrite en lettres d'or: no hay duda de que los sentimientos religiosos de algunos no pueden ser una guía para delimitar los derechos constitucionales de otros. Los poderes del Estado no pueden ser llamados a interpretar textos religiosos o a tomar partido en la valoración que ellos hagan de la homosexualidad."

La Présidente  Cristina Fernandez Kirchner, sans doute pour ne pas s'attirer les foudres épiscopales et vaticanesques, a décidé de rester en dehors du débat politique sur les couples homosexuels. Et d'autant  plus qu'elle est attendue en visite au Vatican vers la fin du mois, en compagnie de la présidente chilienne Michelle Bachelet. Très prudente, la Cristina...

Plis d'infos: lire par exemple en espagnol l'article de Critica del Argentina

 

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