11/08/2009

La laïcité espagnole progresse: les crucifix seront boutés hors de l'école publique

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Le gouvernement espagnol éliminera tous les symboles religieux qui existent dans les collèges et les institutions publiques, à l'exception de ceux qui ont une valeur historique, artistique ou patrimoniale. C'est ce qu'a annoncé lors d'une interview le Ministre de la Justice espagnol, Francisco Caamaño (photo), qui a confirmé les grandes lignes de la future loi régissant la liberté religieuse et de conscience (Ley de Libertad Religiosa y de Conciencia): "Notre idée est que dans les établissements publics il n'y ait aucun symbole religieux, mais s'il se trouve qu'il y a une représentation qui appartient au patrimoine historique et qu'il s'agit d'un centre public, s'il a une valeur historico-artiostique, on ne pourra la détruire".

Les enfants seraient cependant toujours autorisés à porter des signes religieux à l'école(voile, crucifix p.ex.). En ce qui concerne les cantines scolaires, le gouvernement ne mettra pas en place un système alimentaire qui respecte les particularités  des religions, mais il pourrait admettre que des élèves, par exemple  juifs ou musulmans, apportent leur propre nourriture à la cantine, s'ils ne souhaitent pas recevoir la nourriture qui y est préparée.

La future loi devrait permette de faire un pas en avant pour qu'à l'avenir les confusions entre les fonctions publiques étatiques et les fonctions religieuses soient évitées.

Il est encore courant de voir des crucifix dans les classes des écoles publiques espagnoles. Ce type d'aberration fait partie du difficile héritage du franquisme, dont la dictature fut largement soutenue par la hiérarchie catholique. Le gouvernement Zapatero continue ainsi l'action courageuse qu'il a entrepris dans de nombreux domaines qui concernent l'éthique: divorce, avortement, droit des personnes transsexuelles, mariage des personnes du même sexe, adoption homoparentale, etc.

En quoi cela concerne-t-il les personnes LGBT?

Toute avancée qui restreint l'emprise des religions dans l'espace public, et qui en garantit la neutralité, représente un progrès pour qu'y soient aussi respectés les droits des personnes LGBT. Ainsi si une religion comme la religion catholique peut encore se permettre de considérer que l'homosexualité est intrinsèquement désordonnée, il n'est pas bon que ses symboles envahissent l'espace public, et spécialement pas l'école, l'hôpital  ou le tribunal. Le droit et l'éthique s'articulent de manière globale dans la société, et si nous souhaitons défendre les droits particuliers récents des personnes LGBT et progresser, il convient aussi de progresser dans l'ensemble des domaines du social. La présence de crucifix dans les services publics n'est pas un détail négligeable, leur éradication va dans le sens de l'intérêt général.

Sources pour ce billet: la presse espagnole en ligne, divers articles

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