11/03/2009

Grèce: l'opéra d' Athènes homophobe

Voici un texte qui nous a été envoyé par l'auteur du site Gay Super Hero (traduit par Luclebelge). Merci Vangelis!

 

                                                                                     Vendredi dernier, l'opéra d'Athènes a donné la première de "Rusalka" d' Antonin Dvorak mise en scène  par  Marion Wassermann. Il s'agit d'une coproduction entre l' opéra d'Athènes et l'opéra de Nice. La metteur en scène avait choisi d'y introduire une tonalité homosexuelle: la Rusalka d'Athènes (une nymphe des rivières et des lacs dans la mythologie slave) est  représentée comme l'incarnation des désirs homosexuels réprimés du prince, dont elle tombe amoureuse. Dans l'une des scènes on voit le prince embrasser un figurant maculin- qui est en fait son propre reflet dans un miroir.  la metteur en scène a probablement établi un parallèle avec l'histoire de Louis II de Bavière.

Lors des répétitions, des musiciens de l'orchestre de l'opéra, qui est subventionné par le gouvernement grec, ont vigoureusement réagi à la scène homosexuelle et ont tenté de la faire supprimer. Lors de la générale, la scène fut supprimée sous le prétexte de la présence d'écoliers dans la salle.

Lors de la première vendredi passé, des musiciens de l'orchestre ont distribué des tracts au public, signés par des membres du  Conseil d'administration de l'orchestre, dans lesquels ils exprimaient leur frustration de voir un "conte de fées innocent" corrompu par une "imagerie homosexuelle extrême". Le Conseil d'administration de l'opéra a dénoncé les tentatives de l'orchestre, mais sans beaucoup de conviction, aux dires de certains activistes LGBT.

Il n'y eut pas d'incident pendant la représentation de la première, à laquelle assistait M. Stefanopoulos, l'ex Président de la République. Mais à la fin de la représentation, lorsque la metteur en scène vint saluer le public, des spectateurs se mirent à huer et à siffler de manière si véhémente que, lorsqu'elle essaya de s'adresser au public, sa voix fut couverte par les huées. 

Samedi soir un groupe d'activistes gays et lesbiennes a envahi l'opéra et à demandé   à pouvoir lire un texte dénoncant l'homophobie de l'orchestre et la tentative de censure avant la représentation. Ils furent appréhendés  par le staff de l'opéra et conspués par une partie du public qui les enjoignait à  sortir de la salle et de le laisser voir la représentation en paix. A la fin du spectacle, la metteur en scène a donné une interview aux medias dans laquelle elle dénonce la tentative de censure dans un pays européen. Vous pouvez voir l'interview et lés incidents qui ont eu lieu à l'opéra en cliquant sur: http://www.tvxs.gr/v6901

Le commentaire d' un activiste grec opposé à ce type d'actions.

I am totally appalled by the way the greek gay activists handled the whole situation.

Mon commentaire

Tous ne sont pas de l'avis qu'il faille manifester son mécontentement par des actions qui perturbent l'ordre public....et le public qui a payé chèrement sa place. Il est vrai qu'il existe le recours aux lois europénnes que l'on peut tenter de faire appliquer, ou encore des actions non-violentes moins intrusives: faire un sitting devant l'opéra, s'enchaîner aux grilles de l'opéra, essayer de susciter l'intérêt des journalistes, pratiquer activement et de manière répétée le  lobbying politique, etc. Le problème est que la Grèce est un pays pitoyablement rétrograde en matière des droits des personnes LGBT.


13:43 Publié dans Homophobie | Lien permanent | Tags : homophobie, musique, opera, grece, ath enes, censure, rusalka, marion wasserman | | |  Facebook |

Commentaires

I agree but this is not an excuse for exhibition of despicable behaviour on behalf of the activists. I had been involved in activism in Greece, way back, early 80's, and we never had to resort to such behaviour.

Écrit par : Thomas Xomeritis | 11/03/2009

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