12/11/2008

Tristan Garcia, encore, un commentaire intéressant

Le commentaire de Jean-Luc

Franchement, quand je l'ai eu refermé, je ne parvenais pas à me formuler une opinion à propos de ce livre. Une impression au plus que me laissait le caractère plus fouillis que fouillé de ce texte. Les restes d’un naufrage en quelque sorte… Nulle trace de génie tu as raison, alors pourquoi le mesurer à Céline d’ailleurs ? Pas mal d’incohérences et autres anachronismes indiquent un manque de travail certain, le minimum aurait exigé en premier lieu la vérification des sources, c’est fondamental même lorsqu’il s’agit d’histoire récente. Je me suis demandé pourquoi Garcia avait fait ces choix. Pourquoi ce milieu ? Pourquoi la maladie ? Pourquoi cette socio culture pédo-intello-parisienne ? Pourquoi cette narratrice ? Des choix apparemment gratuits… Trop de questions à propos de la forme pour une lecture confortable et attentive, tandis que les acteurs de cette histoire sont détruits, détruisent et s’autodétruisent, l’intérêt du lecteur serait éparpillé par l’auteur lui-même.
Mais au regard du temps écoulé peut-être devons-nous reconnaître qu’il y a là de quoi édifier un décor, une ambiance qui ne soient obligatoirement le sujet de l’œuvre ? Seulement son canevas…
S’il devait se trouver une clé de lecture je la situerais à la fin du livre, dans ce dernier paragraphe justement intitulé « La Meilleure Part ».
Quelqu’un qui, comme Willie, entre dans le monde des idées et des discours sans hériter de personne a l’avantage, un court moment, d’apparaître génial, original et, le temps passant, les habitudes reprenant leur long cours, il devient un idiot, un intrus-il doit désormais regagner son camp, auquel il n’appartient même plus.
Will n’est pas Raskolnikov mais il en porte, avec beaucoup d’autres, l’héritage, c’est cela, me semble t’il, que relaie à sa façon Tristan Garcia, libre de ses choix, bons et mauvais, comme nous le sommes de nos critiques. Jeune auteur, son premier livre ne pouvait pas être parfait, de là à affirmer qu’il ne méritait pas une édition c’est mettre en danger l’activité même de lecture, tant il est évident qu’on éditerait fort peu de choses.

10:00 Publié dans Littérature | Lien permanent | Tags : paris, gay, sida, roman, tristan garcia | | |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.