03.11.2008
Tristan Garcia: la meilleure part des hommes

Pouah que que j'ai trouvé ça mauvais...Comment un éditeur tel que Gallimard a-t-il pu retenir ce navet? Et par quel mystère des jurys de prix prestigieux (le médicis par exemple) retiennent-ils ce roman dans leurs pré-sélections? Le livre m'est littéralement tombé des mains, et j'ai donc essayé de m'accrocher, mais non, on n'a qu'une vie et elle est trop précieuse pour bâiller aux corneilles au-dessus d'un pareil ennui.
Pouah que c'est mal écrit. Garcia a voulu s'essayer au style oral, aux dialogues continuels. Mais le dialogue est un art et visiblement Monsieur Garcia n'a pas pris la peine d'étudier cet art. Je lui conseille de découvrir Céline par exemple...
Pouah que c'est démoralisant et négativiste...Quand on parvient à dépasser l'intrigue mal ficelée et les dialogues décousus, on arrive parfois à rencontrer ces personnages déprimants...
En plus c'est un embrouillaminis qui essaye de cerner les milieux gays des décénnies passées. Ouiche, encore aurait-il fallu les fréquenter ou entendre des témoins objectifs pour en rendre compte...
Un seul conseil: passez outre et gardez vos petits euros pour un achat plus profitable!
Bon si vous y tenez cependant, en voici la présentation par l'auteur:
« Dominique Rossi, ancien militant gauchiste, fonde à la fin des années quatre-vingt le premier grand mouvement de lutte et d’émancipation de l’homosexualité en France. Willie est un jeune paumé, écrivain scandaleux à qui certains trouvent du génie. L’un et l’autre s’aiment, se haïssent puis se détruisent sous les yeux de la narratrice et de son amant, intellectuel médiatique, qui passent plus ou moins consciemment à côté de leur époque. Nous assistons avec eux au spectacle d’une haine radicale et absolue entre deux individus, mais aussi à la naissance, joyeuse, et à la fin, malade, d’une période décisive dans l’histoire de la sexualité et de la politique en Occident.
Ce conte moral n’est pas une autofiction. C’est l’histoire, que je n’ai pas vécue, d’une communauté et d’une génération déchirées par le Sida, dans des quartiers où je n’ai jamais habité.
C’est le récit fidèle de la plupart des trahisons possibles de notre existence, le portrait de la pire part des hommes et – en négatif – de la meilleure. »
Tristan Garcia.
07:15 Publié dans Littérature | Lien permanent | Envoyer cette note
| Tags : tristan garcia, garcia, la meilleure part des hommes, gay, homosexalite, roman, paris, sida, litterature, prix litteraires |
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Commentaires
Franchement, quand je l'ai eu refermé, je ne parvenais pas à me formuler une opinion à propos de ce livre. Une impression au plus que me laissait le caractère plus fouillis que fouillé de ce texte. Les restes d’un naufrage en quelque sorte… Nulle trace de génie tu as raison, alors pourquoi le mesurer à Céline d’ailleurs ? Pas mal d’incohérences et autres anachronismes indiquent un manque de travail certain, le minimum aurait exigé en premier lieu la vérification des sources, c’est fondamental même lorsqu’il s’agit d’histoire récente. Je me suis demandé pourquoi Garcia avait fait ces choix. Pourquoi ce milieu ? Pourquoi la maladie ? Pourquoi cette socio culture pédo-intello-parisienne ? Pourquoi cette narratrice ? Des choix apparemment gratuits… Trop de questions à propos de la forme pour une lecture confortable et attentive, tandis que les acteurs de cette histoire sont détruits, détruisent et s’autodétruisent, l’intérêt du lecteur serait éparpillé par l’auteur lui-même.
Mais au regard du temps écoulé peut-être devons-nous reconnaître qu’il y a là de quoi édifier un décor, une ambiance qui ne soient obligatoirement le sujet de l’œuvre ? Seulement son canevas…
S’il devait se trouver une clé de lecture je la situerais à la fin du livre, dans ce dernier paragraphe justement intitulé « La Meilleure Part ».
Quelqu’un qui, comme Willie, entre dans le monde des idées et des discours sans hériter de personne a l’avantage, un court moment, d’apparaître génial, original et, le temps passant, les habitudes reprenant leur long cours, il devient un idiot, un intrus-il doit désormais regagner son camp, auquel il n’appartient même plus.
Will n’est pas Raskolnikov mais il en porte, avec beaucoup d’autres, l’héritage, c’est cela, me semble t’il, que relaie à sa façon Tristan Garcia, libre de ses choix, bons et mauvais, comme nous le sommes de nos critiques. Jeune auteur, son premier livre ne pouvait pas être parfait, de là à affirmer qu’il ne méritait pas une édition c’est mettre en danger l’activité même de lecture, tant il est évident qu’on éditerait fort peu de choses.
Écrit par : jeanluc | 09.11.2008
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