09.09.2008

Poème pour une rupture (péché de jeunesse)

Et d´un si grand amour refusant les prémices,

Vous arrêtez le cours et m´offrez le calice.

Je le boirai, Monsieur, éloignant à vos yeux,

L´objet de votre haine, l´ennemi de vos dieux.

 

Ah, pourquoi, cruel, avoir de tant de charmes

Hier fait miroiter les appas et les armes,

Et mon coeur plus fermé que ne l´est mon ennui,

L´avoir sorti enfin d´une profonde nuit?

J´embrassai, ardent, de nouvelles promesses,

Au pied de votre amour, l´esprit de votre liesse.

J´y courais en vainqueur pour trouver le huis clos

De ce coeur désiré entouré d´un halo.

 

J´apportai tout l´encens et tout l´or et la myrrhe

A l´orée de ce temple pour lequel je soupire.

Mes puissances, ma gloire, et mon coeur en ces lieux,

Tout vous était offert, vous en fîtes un jeu.

 

A ce coeur hier offert aujourd´hui retiré

Je propose un spectacle dont demain vous rirez.

Eh bien adieu Monsieur, laissons là l´histrion,

Souffrez qu´il se retire et ôte ses haillons.

Et de la noire nuit à laquelle il fait place

Eclairez les approches en effacant ma trace.

 

Luclebelge, Bruxelles, le 5 janvier 1973, réadapté

07:45 Publié dans Contes et nouvelles, écrits divers | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : poesie, poeme, gay, litterature | | |  Facebook |

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