Le San Francisco Chronicle vient de dévoiler ce qui serait un secret de polichinelle: le juge Vaughn Walker, qui examine en ce moment même la validité constitutionnelle de la Proposition 8, qui a récemment interdit aux gays et aux lesbiennes de se marier en Californie, serait gay lui-même. Le juge doit répondre à la question de savoir si cette proposition est discriminatoire envers les gays et les lesbiennes, et, de ce fait, anticonstitutionnelle.
Du coup la partie anti-gay du procès, la National Organization of Marriage (NOM), s'est mise à péter les plombs...et a déclaré que le juge Walker pourrait être tendancieux et incompétent.
Ce qui relève de la bêtise universelle. Si on commence à affirmer qu'un procès est biaisé à cause de l'orientation sexuelle d'un juge, on n'en sortira jamais. Un juge aura toujours une orientation sexuelle, hétéro ou homosexuelle, et, selon ce raisonnement, sera toujours à considérer avec suspicion par l'une des parties.
Plus encore, la partie pro gay pourrait le soupçonner d'être favorable à la partie adverse par crainte de passer pour un partisan de la cause gay en raison de son orientation sexuelle...
D'ailleurs, en cette affaire, il est vraisemblable que quel que soit le jugement que rendra le juge Walker la partie perdante ira en appel et que cela se terminera devant la Cour Suprême des Etats-Unis.
Le juge Walker a été désigné dans sa fonction par le Président George H.W. Bush en 1989 et est considéré comme un consevateur libéral.
Le fait même que la NOM se pose la question de savoir si le juge est tendancieux en raison de son orientation sexuelle montre bien que cette organisation est fondamentalement homophobe, ce qui n'est pas un scoop...
Tu as été victime de lesbophobie? Appel à témoins! Un communiqué de SOS homophobie
Bonjour,
La journaliste de France 4 Jeanne Broyon réalise un documentaire sur "les lesbiennes en France aujourd'hui". Le film sera diffusé le 17 mai 2010, lors de la journée mondiale contre l'homophobie.
Elle lance donc un appel à témoins, et cherche des femmes qui auraient été victimes de lesbophobie, quelle que soit sa forme, et qui accepteraient, à visage couvert ou découvert, de raconter son histoire.
D'autre part, nous vous invitons à deux tables-rondes qui se tiendront bientôt à Paris:
« Etre lesbienne aujourd'hui, ce qu'ils et elles en pensent » Table ronde précédée d'un micro-trottoir sur l'homosexualité féminine. En présence de Stéphanie Arc, réalisatrice du micro-trottoir, membre de SOS Homophobie et auteure, Béranger Huguet co-réalisateur du micro-trottoir et Soeur Salem des Soeurs de la Perpétuelle Indulgence. Jeudi 11 février 2010 à 19h Salle des mariages, Mairie du 3e, Paris
« Etat des lieux de l'homophobie dans le monde : discrimination d'état et discrimination individuelle » Animée par Stéphanie Arc, avec Mathilde Chevalier et Nicolas Loeuille, membres de la commission LGBT d'Amnesty International, Patrick Awondo, sociologue,Thomas Fouquet-Lapar, Président de l'ARDHIS et Philippe Castetbon, journaliste et Bartholomé Girard, Président de SOS-Homophobie. Mercredi 24 février 2010 à 19h Salle Odette Pilpoul, Mairie du 3e, Paris
Le Christ Rédempteur qui embrasse la baie de Rio du haut de son pain de sucre a dû bien être étonné de constater un phénomène météorologique exceptionnel: la nuée céleste s'est entrouverte et une pluie de 55 millions de préservatifs s'est abattue sur Rio. Ces intempéries si particulières qui incitent à toujours sortir couvert devraient durer pendant toute la période du carnaval!
Les autorités brésiliennes y sont pour quelque chose: le sida fait des ravages au Brésil, notamment parmi les jeunes gays et les jeunes femmes. Aussi le gouvernement a-t-il décidé d'une action massive. Une campagne télévisuelle met en scène un condom qui rappelle bruyamment aux jeunes de ne sortir qu'en emportant des préservatifs. Et des dizaines de millions de préservatifs sont prêts pour la distribution. Le Ministre de la santé Jose Temporao a déclaré samedi que la campagne de cette année cible particulièrement ces deux publics: jeunes femmes de 13 à 19 ans et les jeunes gays de 13 à 24 ans. Le slogan: "Le préservatif. Que ce soit pour l'amour, la passion ou juste pour le sexe. Utilise-le dans tous les cas!" Bon, c'est plus joli en brésilien: "Camisinha. Com amor, paixão ou só sexo mesmo. Use sempre". J'aime bien l'emploi du terme 'camisinha' pour désigner le préservatif. Cela se prononce 'camisinia', c'est chantant comme une chemisette, une petite chemise qu'il s'agit de ne jamais oublier d'enfiler.
L'actrice Paloma Bernardi (au centre de la photo), qui a interprété le personnage de Mia dans “Viver a Vida”, a participé ce samedi au lancement de la campagne à Rio de Janeiro. Les T-shirts arborent le slogan de la campagne.
En 2009, le gouvernement avait déjà fait distribuer 500 millions de préservatifs dans tout le pays.
C'est dans une ambiance festive que le prix RDG du roman lesbien 2009 a été remis à Véronique Bréger pour ses Chroniques d'Ouranos, l'un des rares romans de SF sur fond de romance lesbienne.
Ce samedi 6 février 2010, un an jour pour jour après la première édition de ce prix littéraire organisé par le site République du Glamour, c'est une trentaine de spectatrices qui ont assisté à la remise du prix du roman lesbien 2009 aux Chroniques d'Ouranos, le sixième roman de Véronique Bréger, « un roman original et recommandé », écrivait Media-G à l'occasion de sa sortie.
Ce prix, sans doute, salue également la qualité et l'originalité de l'ensemble de l'œuvre de Véronique Bréger qui, de Champ, contrechamp (2004) à La nuit des orpailleurs (2009) en passant par Kilomètre 24 (2005), En souvenir de demain (2006), À titre provisoire (2007), Open Space (2009) et Les chroniques d'Ouranos (2009) a su à chaque roman enrichir de ses belles histoires l'espace de la littérature lesbienne et ainsi devenir une incontournable figure de l'écriture lesbiennes.
Les autres romans sélectionnés pour ce prix étaient Allez au diable Vauvert d'Isabelle Blondie, Tous les soirs de ma vie d'Isabelle Zribi, Les chroniques d'Ouranos de Véronique Bréger, Un Amour Prodigue de Claudine Galéa et Colombe Clier, Le dernier chaos de Caroline Ellen et Le Jardin de Shahrzad. De Vida. Quant au jury, il était composé de Stéphanie Arc, auteure, Vicky Jaime, République du Glamour, Christelle Lagattu de la Dixieme Muse, Marjorie Marcillac de Têtue, Judith Silberfeld de Yagg et de Veryfriendly, portail lesbien et gay.
Voici ce qu'en pense l'auteure (extrait de son site)
Une première fois marque une étape, un palier, le franchissement d’un cap.
Le prix République Du Glamour du meilleur roman Lesbien de l’année est mon premier prix littéraire.
Cette première me touche d’autant, qu'elle couronne Les Chroniques d’Ouranos, un roman qui a failli ne jamais sortir de ma clé USB. Au passage, je remercie chaleureusement Guillaume Widmann qui est le premier à y avoir cru !
Autre point marquant, ce roman a fait l’unanimité du jury.
Le pari était simple, la prise de risque réelle.
Sortir des sentiers battus et vous offrir un roman de science-fiction capable non seulement de ravir les aficionados du genre mais aussi les réfractaires, c’était mon premier objectif. Le second... ... vous embarquer !
Quand on se plonge dans un cycle de neuf mois de travail et d’investissement sur un projet d’écriture, on n’a ni envie de se tromper, ni envie de décevoir.
Aussi je l’avoue, je suis heureuse, très heureuse !
Merci !
Un extrait des Chroniques d'Ouranos
Extrait :
Soann se déplaça vers le premier arbre. Il était planté dans un grand bac disposé en contrebas du niveau où elle se situait. Elle estima que le socle devait faire environ trois mètres de haut sur cinq de diamètre. Toucher. Elle s’accroupit, posa sa main sur la surface granuleuse de la terre marron clair. Sentir. Elle ferma les yeux un instant sur la perception de la matière dans sa paume. C’était la première fois qu’elle caressait de la terre sans protection. Une terre saine, vierge de tout immondice. Humer. En pénétrant dans le caisson elle avait été saisie par l’odeur qui s’en dégageait. La fraîcheur aux relents inconnus l’envahit. Habituée à toutes les puanteurs possibles et inimaginables elle ne se rappelait pas une telle sensation.
Elle redressa la tête sans se relever. Les feuilles n’avaient pas la même couleur à l’envers qu’à l’endroit. Vu d’en-dessous le flanc était plus clair. De longues stries en forme de veines couraient le long de la surface lisse. Sa main s’attarda un instant sur le tronc rugueux et inégal. Une fine particule de bois se détacha et tomba sur la terre. Tout cela semblait irréel.
Vous avez pu visionner il y a peu sur ce site la video philippine I am not immoral 2. Les promoteurs de cette video ont bien voulu nous en envoyer la présentation, ce qui la remet précisément en contexte. La voici à nouveau, précédée d'une première video, avec cette fois, une explication détaillée de la problématique et du projet.
The 'I AM NOT IMMORAL!' Photo and Video Project, through the collaboration and creative inspiration brought by indie filmmaker-producer Jethro Patalinghug and celebrated fashion photographer Niccolo Cosme, is partly in response to the discriminatory and bigoted decision of the Commission on Elections on the application of Ang Ladlad LGBT Party to join the May 2010 National Elections. However, more than this, the Project is a proactive measure to raise Filipino consciousness about the stigma, discrimination and violence against lesbians, gays, bakla, bantut, bayot, bisexuals, tomboy, transgenders, transsexuals, intersex and other sexual and gender minorities in the Philippines and to mobilize the LGBT community and its supporters into action against the wrong, unjust and discriminatory views against LGBT people. The Philippines does not have laws criminalizing same-sex desire and conduct but despite the provision of the separation of Church and State, the former, specifically the Catholic Church, has managed to greatly influence public policy to the detriment of sexual and gender minorities. Contrary to popular belief, there is only 'seeming tolerance' for LGBTI Filipinos and discrimination exists, is 'silent' and is compounded by many factors including sexism, heteronormativity, poverty and religious intolerance and most recently by religious fundamentalism. The main struggle of LGBT Filipinos is on changing the wrong and unjust perceptions about them. In this modern era many, including health professionals, still believe that sexual and gender minorities are either mentally disordered, freaks of nature, immoral or sinful people. And the I AM NOT IMMORAL Project focuses on the immorality issue while involving the community in educating Philippine society.
The 'I AM NOT IMMORAL' Photo and Video Project is one of the many strategies and campaigns by TEAM PILIPINAS to strengthen and cultivate a culture of equality and non-discrimination in the country. Together with our close monitoring and attendance at hearings of the Anti-Discrimination Bill, which has been pending in Congress for the past decade, we have also created a United Nations-level campaign to Affirm the universality of human rights and protect the equal human rights of Filipino LGBTIs and other SGMs. For now and due to constraints in resources, the campaign is mainly based online and one can sign up at facebook causes: http://www.causes.com/affirmuniversalityofHumanRights or at petitionsite: http://www.thepetitionsite.com/1/affirm-the-universality-of-human-rights-protect-the-equal-human-rights-of-filipinos-regardless-of to help us convince the Permanent Mission of the Philippines to the UN to sign statements that promote and protect the equality in dignity, rights and freedoms of LGBT people and other sexual and gender minorities.
We invite you to support and promote our other campaigns on the equal human rights of LGBTIs and other SGMs in the country. More power to both our organizations. For more info on what TEAM PILIPINAS does, you can check out our website at http://diversityandequality.ph
Pas de communion pour les gays! (Eglise catholique)
C'est ce qu'a déclaré l'évêque émérite de Pistoia au site catholique traditionaliste Pontifex, un site qui définit dans son édition de ce matin les homosexuels comme porteurs d'une lèpre morale. L'évêque de Pistoia Simone Scatizzi a affirmé que la pratique active de l'homosexualité et l'homosexualité ostensible et déclarée entravent l'administration de la communion. Il a rappelé que c'est là l'enseignement de l'église et que personne ne peut contredire ces préceptes. Le prélat pensionné a cependant tenu à préciser charitablement que s'il est vrai que l'homosexualité en tant que telle est un désordre, il faut cependant aborder les homosexuels avec délicatesse et miséricorde et que, de plus, en fin de compte le jugement revient à Dieu seul , sur terre personne ne doit juger.
Mais ces paroles miséricordieuses ne valent bien sûr pas pour les gays déclarés qui proclament leur homosexualité avec fierté. Scatizzi explique qu'en tant que prêtre, il se voit contraint de leur refuser la communion. Bien sûr, s'ils se présentent à la sainte table, il ne pourra la leur refuser, ne sachant pas s'ils ne viennent pas de se repentir et d'avoir été se confesser. Peut-être viennent-ils de changer de vie... Comme on le voit, et malgré les apparences voir la photo), Scatizzi ne fait pas dans la dentelle...
Les gays sont ainsi mis dans le même panier que les divorcés. Tous ces braves gens ne doivent cependant pas se sentir marginalisés, mais ils doivent comprendre qu'il y incompatibilité entre leur mode de vie et l'administration du sacrement de la communion.
L’ex député gay Franco Grillini a réagi en affirmant que l'Eglise discrimine les homosexuels et que le Vatican se situe en tête de liste de ceux qui propagent l'homophobie. Le Président d'Arcigay, Aurelio Mancuso, a quant à lui ajouté qu' "à présent la stratégie offensive et discriminatoire du Vatican est claire: faire dire les choses les plus horribles aux évêques pensionnés sur le site Pontifex, une émanation des lefévriens, pour attaquer la dignité des personnes homosexuelles. Ce même site qui avait interviewé il y a une dizaine de jours l'ex évêque de Grossetto Mgr Giacomo Babini, qui avait défini l'homosexualité comme ne pratique aberrante.
Diffusion aux primaires du « Baiser de la lune » pour leur apprendre le respect des différences et prévenir les agressions homophobes ! Un communiqué du Centre LGBT de Paris.
Paris, le 6 février 2010
Mercredi 3 février, un peu avant 23h, Thierry et Corentin se promènent dans le Marais, rien ne signale qu’ils sont gays, ils ne se tiennent pas par la main, ils ne s’embrassent pas, ils marchent.
Trois garçons qui n’ont pas vingt ans les abordent, l’un deux leur demande : «Tu crois que je suis PD ? », Thierry répond, «je n’en sais rien ! ». Grave erreur, il suppose aujourd’hui qu’il aurait dû répondre non car alors, une pluie de coups de tête, de poings et de pieds s’abat sur eux. S’en suivent des menaces, les agresseurs faisant mine de porter des couteaux.
Séparés, ils se retrouvent quelques minutes plus tard au « 3ème Chinon », un établissement voisin du lieu de l’agression ; le patron leur apprend alors que ce n’est jamais que la troisième fois ce mois-ci que des gens agressés et menacés se réfugient chez lui !
La police du 4ème appelé par Thierry et Corentin arrive sur les lieux et ensemble ils tentent de retrouver les agresseurs dans le quartier, mais sans succès.
Les deux garçons décident de porter plainte, également par solidarité envers d’autres gays et lesbiennes qui pourraient être à leur tour agressés, ils entrent en contact avec le Centre LGBT Paris IdF, situé à l’orée du Marais, dans le 3è arrondissement où Thierry passe témoigner samedi ; nous lui conseillons aussi d’appeler la ligne de SOS homophobie afin que cette agression homophobe soit consignée et comptabilisée.
En avril 2009 déjà, trois gays avaient été victimes d’une violente agression physique homophobe alors qu’ils se promenaient à 23h50, dans le 3è arrondissement de Paris. L’agression s’était produite devant la Mairie du 3è arrondissement. Le groupe d’agresseurs était composé de 15 individus, âgés entre approximativement 17 et 21 ans. Après avoir traité les trois hommes de sales pédés, ils les avaient encerclés puis leur avaient porté des coups de poings et de pieds.
Dans les deux cas, les personnes agressées avaient souhaité porter plainte et surtout alerter les autorités et les populations LGBT afin de prévenir de futures agressions. Leur démarche mérite d’être saluée et reconnue à sa juste valeur.
Le Centre LGBT Paris IdF, implanté dans le 3è arrondissement face au Marais est légitimement le lieu où les personnes agressées peuvent trouver refuge. Il peut recevoir les témoignages, offrir le service de ses permanences juridiques et psychologiques ; également orienter sur SOS homophobie, association membre et Observatoire de l’homophobie en France. Enfin, riche des liens entretenus avec la Mairie et le commissariat du 3ème, il est l’un des interlocuteurs désignés pour mettre en œuvre d’une politique de prévention efficace au niveau local. Selon ce dernier témoignage, les agressions homophobes dans le Marais sont toujours d’actualité. Les autorités locales doivent apporter une réponse efficace à ce type de délinquance homophobe. Elles pourront prendre des mesures répressives et préventives, mais la lutte contre l’homophobie, la lesbophobie et la transphobie passe avant tout par l’éducation et ce dès le plus jeune âge. Le ministre de l’éducation, lorsqu’il refuse la diffusion du court métrage «Le baiser de la lune » dans les écoles primaires, se rend indirectement complice de ses agressions homophobes commises par de très jeunes hommes.
Pourquoi interdire aux élèves du primaire cet attendrissant outil éducatif qui incite au respect des différences en montrant deux petits poissons, un poisson-chat et un poisson-lune, qui s’aiment tendrement ? L’homophobie n’est-elle pas pénalisée par les lois françaises ? Comment l’éradiquer si ce n’est en éduquant dès le plus jeune âge ? Luc Châtel, Christine Boutin et tous les réactionnaires qui alimentent cette polémique d’un autre âge font le lit d’une homophobie primaire, encouragée par un système éducatif qui fuit ses responsabilités. Ce n’est pas tout de prétendre lutter contre les LGBT phobies encore faut-il s’en donner véritablement les moyens.
Christine Le Doaré Présidente du Centre LGBT Paris IdF
Réunion d'information et de recrutement de nouveaux bénévoles pour SOS homophobie (communiqué)
Lutter contre la lesbophobie, la gayphobie, la biphobie, et la transphobie
Réunion d'information et de recrutement le mardi 9 mars 2010 à 20h au CGL (Centre Lesbien, Gay, Bi et Trans) de Paris-Ile-de-France 63 rue Beaubourg 75003 Paris (métro Rambuteau)
SOS homophobie organise une réunion d'accueil et d'information pour celles et ceux qui souhaiteraient s'engager dans la lutte contre les manifestations d'hostilité et les discriminations à l'encontre des lesbiennes, des gays, des bi et des trans. Nous vous présenterons les objectifs de chacune des commissions de travail, le fonctionnement interne et les projets de l'association.
Toutes les bonnes volontés, les compétences, les disponibilités dans de nombreux domaines sont les bienvenues : écoute, interventions en milieu scolaire, formation, connaissances juridiques, communication...
Les personnes voulant devenir écoutant-e-s sur la ligne anonyme de SOS homophobie pourront suivre une formation avant l'été 2010.
SOS homophobie est une association ouverte à toutes et à tous.
Si vous n'habitez pas en région parisienne, n'hésitez pas à également nous contacter et à nous rejoindre: nos actions sont nationales et se développent dans de nombreuses régions.
Date et lieu de la réunion : le 9 mars 2010 à 20h dans la salle de réunion (biliothèque) du CGL 63 rue Beaubourg 75003 Paris
La 3e édition du Guide Homo de Wallonie vient d'être publiée. Ce guide est d’abord un répertoire des associations lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres (LGBT) actives en Wallonie. Chacune d’elles se présente de la façon la plus complète possible. Les coordonnées vous permettent de prendre contact si vous souhaitez en savoir plus. Nous avons également rassemblé les renseignements relatifs à une série de services présentant un intérêt particulier pour le public LGBT. Tous les établissements cités ont été contactés préalablement et se sont montrés tout à fait ouverts.
La prévention et le dépistage du Sida et des IST
Le nombre de personnes infectées par les infections sexuellement transmissibles (IST) est en augmentation. Ne nous voilons pas la face, la relation sexuelle entre hommes demeure la source la plus sérieuse de contamination. Un seul rapport ou une seule pratique à risque suffit pour être infecté. Si vous avez le moindre doute ou si vous ressentez certains symptômes, tels qu’une sensation de brûlure, des boutons, des démangeaisons, des pertes vaginales ou des écoulements inhabituels ou même des douleurs, il est préférable de consulter un médecin, vous avez peut-être contracté une IST. Un dépistage consiste à faire selon le cas une prise de sang, un frottis vaginal ou un prélèvement urétral. Il peut se faire chez votre médecin généraliste, dans un centre de référence sida lié à une université, dans un centre de dépistage anonyme et gratuit (sida uniquement), dans une maison médicale ou encore dans un centre de planning familial. Des professionnels vous accueilleront et répondront à vos questions. Ils sont tenus au secret médical. En général, les prises de sang et les analyses de laboratoire dans ces centres sont gratuites mais la consultation est parfois payante, aux environs de 5 € (à condition d’être muni de ses vignettes de mutuelle !)
Ce guide reprend, sans être exhaustif, un grand nombre de ces centres. Vous pouvez donc choisir le plus proche de votre domicile.
Les centres de Planning familial
En plus de leurs permanences médicales, les centres de planning familial proposent des consultations psychologiques, sociales, juridiques, sexologiques, de médiation familiale ainsi que des animations de prévention, d’information, de groupes (principalement des écoles) et enfin des permanences durant la semaine. Ils sont donc des lieux d’écoute utiles si vous vous interrogez ou si vous éprouvez des difficultés ou un mal-être par rapport à votre sexualité.
Les centres de Procréation Médicalement Assistée (PMA)
Aujourd’hui, de nombreux couples lesbiens souhaitent avoir un enfant. C’est possible par la voie de la PMA, conjuguée aux nouvelles dispositions légales en matière d’adoption pour les couples de même sexe. Il n’est pas rare qu’un projet de parentalité soit partagé entre un couple de lesbiennes et un couple de gays. Dans ces cas également, la PMA peut s’avérer utile, même si en principe, le don de gamètes mâles est anonyme.
Vu le nombre réduit de centres PMA, nous les avons rassemblés en fin de guide.
Sorties et shopping en Wallonie
Enfin, ce guide fournit des informations sur l’ensemble du secteur commercial gay et lesbien ou friendly. Sortir, boire un verre, manger, faire les boutiques, partir en vacances etc. Les villes de Wallonie offrent des ressources insoupçonnées. Vous découvrirez aussi un lieu de campagne accueillant, un service inattendu ou encore une adresse coquine. Pour les grandes villes, un plan vous permet de vous orienter vers les bonnes adresses.
Le guide est disponible dans toutes les associations, les centres de planning familial, les établissements LGBT et beaucoup d'autres lieux encore. Vous le trouverez aussi au siège d'Arc-en-Ciel Wallonie, rue Hors-Château 7 à Liège.
Radio lesbi gay: Bang bang ce soir à 20H sur Pure FM avec le désormais incontournable Professeur Balthazart
LIVRE - BIOLOGIE DE L'HOMOSEXUALITE : 16 ans après le soi-disant gène de l'homosexualité, le professeur Balthazart, de l'Ulg, fait le point sur les recherches en neurosciences concernant l'orientation sexuelle. Alors, comme l'affirme le livre, "on naît homosexuel, on ne choisit pas de l'être" ? La Bang Bang Team reçoit Jacques Balthazart. http://www.mardaga.be
MIEUX VAUT ENTENDRE ÇA QUE D'ÊTRE SOURDE : Butch + féminine = futch. Ah oui, mais encore?…
A-NORMAL - LA FRANC-MAÇONNERIE S’OUVRE AUX TRANSSEXUELS ? : Olivia Chaumont, une architecte transsexuelle française, est la première "consœur" officiellement admise au sein du Grand Orient de France. Il est peu dire que cette nouvelle qui secoue le net semble bien a-normale. La Franc-maçonerie, l’un des bastions le plus résistant à la mixité des genres serait-elle en train de vaciller et de s’ouvrir ? Tentative de réponse ce dimanche sur Bang Bang.
BD - DES PÉDÉS DANS L'ITALIE FASCISTE ? Les lois raciales fascistes ne prévoyaient pas de peines à l'encontre des homos : c'était inutile puisque, d'après Mussolini, tous les italiens étaient actifs et virils. "En Italie, il n'y a que de vrais hommes", une BD historique signée Lucas De Santis et Sara Colaone révèle le confinement des homos sous Mussolini. Interview dans Bang Bang. http://www.dargaud.com
MEDIAS - LA BBC MENE L'ENQUETE : La première chaîne publique britannique lance une grande enquête auprès de son public sur la manière dont elle représente les gays, les lesbiennes et les bis dans ses programmes. Est-ce une bonne nouvelle ? Débat dans Bang Bang. http://tinyurl.com/yg7dhcs
MIEUX VAUT ENTENDRE ÇA QUE D'ÊTRE SOURDE : Cheveux jaunes, oranges ou roses, look glam-trashy, l'arrogance au bord rouge à lèvres… Le phénomène genderfucker Jeffree Star n'en finit pas d'envoyer balader les codes. Démaquillage du phénomène. http://www.myspace.com/jeffreestar
Bang Bang. Le magazine des genres. Ce dimanche 07/02 de 20 à 23h sur Pure FM
Journées Nationales de Prévention du Suicide (5-10 février 2010) :
Communiqué Inter-LGBT, CAELIF, LMDE, CONTACT et MAG
Communiqué de presse le 6 février 2010
Journées Nationales de Prévention du Suicide (5-10 février 2010) : les jeunes LGBT appellent à la lutte contre l’homophobie et la transphobie
À l'occasion des Journées nationales de prévention du suicide, nos organisations rappellent que l’homophobie et la transphobie sont la première cause de suicide chez les jeunes LGBT de 15 à 24 ans. A titre d’exemple, 8%1 des étudiant-e-s LGBT ont déjà effectué une tentative de suicide, contre 2,6%2 chez les étudiants en général. Plus dramatique encore, selon une étude de l’INSERM en 2005, les jeunes homosexuels et bisexuels courent 13 fois plus de risques de faire une tentative de suicide que les jeunes hommes hétérosexuels. D’autre part, une récente étude plus ciblée (avril 2009) réalisée en France, sur un échantillon réduit de 100 jeunes personnes trans de 16 à 26 ans, fait apparaître un taux de suicidalité encore plus grand, de l'ordre de 34%**. Les jeunes homosexuel-le-s et trans sont victimes d’un environnement normatif où les injures et propos dégradants liés à l’orientation sexuelle ou l’identité de genre sont quotidiens dès l'école primaire. En cela, ce ne sont ni l'homosexualité ni la transidentité, mais le climat d’homophobie et de transphobie latente qui est directement à l'origine de ce mal-être. Fortes de ce constat, nos organisations alertent les pouvoirs publics sur l'urgence qu'il y a à mieux prévenir la sursuicidalité des jeunes LGBT. Nous lançons un appel à la mise en place d’un plan national destiné à prévenir et prendre en charge les jeunes : 1. la formation des professionnels de l’éducation et de la santé sur le risque accru de suicidalité pour les jeunes LGBT, en raison du rejet homophobe et transphobe ; 2. le renforcement et le développement des dispositifs d’écoute (accueils et lieux d’écoutes banalisés dans les lieux de vie scolaires et universitaires) ; 3. un accompagnement psychologique et social du jeune dès la première tentative de suicide ; 4. une enquête publique sur le lien entre suicide et sexualité, suicide et identité de genre, avec un suivi des chiffres qui permettront d'évaluer l'efficacité des moyens mis en oeuvre. Par ailleurs, seule une vraie politique de lutte contre l'homophobie et la transphobie dans les établissements scolaires, allant de pair avec un travail éducatif sur les représentations permettra de prévenir le mal-être chez les jeunes LGBT Nous appelons les pouvoirs publics à prendre en considération la réalité des insultes homophobes banalisées dès l'école primaire et à prendre toutes les mesures nécessaires pour que recule significativement le mal-être ressenti par ceux qui, enfants ou adolescent-e-s, se découvrent une orientation ou une identité sexuelles qui les exposent à la stigmatisation.
Le journal Vers l'Avenir de ce jour publie une interview réalisé autour de la troisième édition du Guide Arc-en-ciel de la Wallonie. En voici l'accroche:
Le troisième guide homo de Wallonie vient de sortir. Il renseigne, entre autres, des lieux dédiés aux gays. Une autoghettoïsation ?
Montréal, 4 février 2010 – À quelques jours de l’ouverture des Jeux olympiques d’hiver de 2010 à Vancouver, la Fondation Émergence lance sa campagne annuelle de lutte contre l’homophobie. Intitulée « Parler du silence », cette campagne est destinée au monde du sport et elle connaîtra son point culminant le 17 mai 2010 lors de la Journée internationale contre l’homophobie.
La reconnaissance des réalités homosexuelles et LGBT a connu un essor formidable depuis les dernières années. L’égalité juridique est chose faite et l’égalité sociale est en progression constante. Pourtant, certains milieux ont échappé à cette ouverture et ont érigé le silence en système. Sur le plan personnel, les sportifs et les acteurs du monde du sport ne sont pas plus homophobes que toute autre personne. Toutefois, la règle du milieu impose sa loi en excluant tout ce qui ne correspond pas à une image de l’hétérosexualité.
La campagne vise à parler du silence qui règne dans le monde du sport envers tout ce qui concerne la diversité sexuelle et à interpeller tous ses acteurs : les institutions d’enseignement, les médias, les organisations sportives professionnelles et amateures, les sportifs, les athlètes, les commanditaires, les gais et lesbiennes, les minorités sexuelles et les pouvoirs publics.
Tous les acteurs du monde du sport sont donc invités à participer à la campagne, à organiser des activités et à distribuer le matériel promotionnel. « Nous sommes en 2010 et il n’y a pas de raisons valables pour que le monde du sport refuse de s’engager dans la lutte contre l’homophobie » d’affirmer le président de la Fondation Émergence, monsieur Laurent McCutcheon.
La campagne est fondée sur des illustrations d’un sport d’hiver et d’un sport d’été : hockey et soccer. Des affiches et des dépliants d’information (impression certifiée FSC) sont offerts gratuitement sur demande et des versions électroniques sont disponibles en plusieurs langues. Le matériel promotionnel peut être commandé auprès de la Fondation Émergence via le site Internet www.homophobie.org.
Rappelons que la Fondation Émergence, partenaire de Gai Écoute, a pour mission de faire la lutte aux préjugés. En 2003, elle mettait sur pied une journée thématique dédiée à la lutte contre l’homophobie qui est devenue la Journée internationale contre l’homophobie ayant lieu le 17 mai de chaque année.
Rwanda : les homosexuels défendent leurs droits souvent bafoués
Je vous partage cet article découvert sur le site de l'agence de presse Syfia-grands-lacs concernant la condition des personnes LGBT au Rwanda. Un article de Jean Fichery Dukulizimana.
(Syfia Grands Lacs/Rwanda) Au Rwanda, le nouveau Code pénal en cours de révision ne criminalise plus l’homosexualité. Mais les droits des gays et lesbiennes, qui disent ne suivre que leur penchant naturel, ne sont pas respectés par la société et ce qui rend difficile leur vie quotidienne.
Des malades mentaux, des déviants, des déprimés, des acculturés… Les homosexuels sont traités de tous les noms par une partie des Rwandais qui les trouvent bons à être tués ou jetés en prison. Regroupés dans leur association, HOCA (Horizon Community Association), les homosexuels rwandais brisent aujourd'hui le silence après de longues années de travail dans la clandestinité et réclament haut et fort le respect de leurs droits et leur reconnaissance par l’État. Des membres de la communauté lesbienne, gay, et bisexuelle, avec l'appui de la société civile, font tout pour essayer de faire comprendre leur nature afin d'échapper à la marginalisation dont ils font l'objet. Depuis fin 2009, le débat sur l'homosexualité a été soulevé au niveau national par la révision du Code pénal. Les homosexuels se sont battus pour en faire supprimer les articles qui pénalisent leur comportement. Ils ont obtenu gain de cause. Une évolution saluée par les organisations de défense des droits de l’homme. "C’est une avancée, car le comportement strictement privé des homosexuels ne porte aucune atteinte à la liberté des autres", estime Pascal Nyilibakwe, secrétaire exécutif de la Ligue de défense des droits de la personne dans la région des Grands Lacs (LDGL).
A qui profite l'inné ? (Réflexion sur la "Biologie de l'homosexualité", de J. Balthazart) par Irène Kaufer
Dans le débat que commence à susciter Biologie de l'homosexualité de Jacques Balthazart, que j'ai déjà souventes fois évoqué en ces pages, je vous livre avec plaisir ce magnifique article de Madame Irène KAUFER, qui a accepté que je reproduise son article. Je l'en remercie vivement: Irène a l'art de la critique et de la remarque percutante, mais surtout elle est une fine analyste et ses réflexions sont toujours faites pour élever le débat, pour un meilleur humanisme et une meilleure humanité. Merci, Irène!
L'homosexualité est-elle acquise ou innée ? Est-ce une fatalité ou un choix – voire même un choix politique, en opposition à la société « hétéropatriarcale », comme on disait dans ma jeunesse ? Est-ce la « faute » aux gènes, aux hormones, au père absent, à la mère envahissante, à un stress prénatal, un traumatisme à la puberté, la lecture précoce de Gide ou de Colette ? La psychanalyse a sa réponse (ou plutôt ses réponses, selon l'époque et l'obédiance de l'auteur...), la biologie a la sienne (ou plutôt les siennes...), et chacun/e cultive probablement sa propre hypothèse préférée...
Mais voici que depuis quelques jours, un nouvel ouvrage, signé du professeur Balthazart (1), prétend démontrer, de manière aussi scientifique qu'irréfutable, que l’homosexualité humaine serait le résultat d’une interaction entre facteurs génétiques et hormonaux dans l’embryon. Absolument innée donc, ôtant à l'homosexuel/le, ainsi qu'à ses parents, ou autres personnes importantes croisées dans la vie, toute forme de responsabilité. Donc d'éventuelle culpabilité. Comme le résume sur son blog Luc Roger (2), avec un certain enthousiasme, « cet ouvrage prouve scientifiquement qu’aucun être humain n’est responsable de son orientation sexuelle. Il pourra aussi aider les parents à approcher l’éducation sexuelle familiale d’une manière différente. Il contribuera aussi à aider les personnes gays, lesbiennes ou “trans” à s’assumer. Et faire face à la cruauté du regard de l’autre, la réprobation familiale, l’homophobie religieuse et sociale, etc. »
Bien sûr, pas question pour moi de nier ni l'intérêt, ni la qualité du travail du Pr Balthazart, ne serait-ce que parce que je n'ai pas (encore) eu l'occasion de lire son livre. Pourtant, en me plongeant dans les comptes-rendus et interviews, en l'écoutant longuement à la radio (3), je ne peux me défaire d'une certaine perplexité. Ce n'est pas la première fois qu'on croit pouvoir déceler l'homosexualité, qui dans les gènes, qui dans le cerveau, qui dans la longueur des doigts ou le fonctionnement de l'oreille, ou encore dans une allergie particulière à Mgr Léonard. Il m'a toujours semblé que chez les humains, la limite entre l'inné et l'acquis est très mouvante ; l'être humain naît avec une infinité de possibles, et c'est la vie, ses contraintes et ses hasards, qui le poussent dans l'une ou l'autre direction, sans qu'aucun chemin ne lui soit jamais défintivement fermé.
Il est certain que la thèse « on naît homosexuel, on ne le devient pas » (c'est le sous-titre explicite du livre) a de quoi me rebuter, alors que ma propre révolution intellectuelle se base sur l'affirmation de la grande Simone (de Beauvoir), « on ne naît pas femme, on le devient ». Mais ceci relève d'une controverse portant sur les convictions, et si la science me démontre que j'ai tort, je suis prête à m'incliner, fût-ce en serrant les dents. Je me méfie beaucoup des thèses CQED, « Ce Qu'on a Envie de Démontrer ». J'ai donc cherché d'autres objections que mes présupposés personnels...
La première objection est d'ordre scientifique. Je vous livre cet extrait de l'ouvrage « Cerveau, sexe et idéologie » de Catherine Vidal (4), une neurobiologiste dont les travaux ont beaucoup nourri mes réflexions : « Jusqu’à présent, aucun argument scientifique ne permet de dire que l’homosexualité est due à des causes biologiques, qu’il s’agisse des hormones, du cerveau ou des gènes. Il y a dix ans des chercheurs ont prétendu avoir trouvé un gène de l’homosexualité. Depuis, leur résultat a été complètement démenti, mais le succès médiatique a été tel que cette histoire traîne toujours dans les esprits ». Un succès médiatique qu'on retrouve d'ailleurs aujourd'hui autour des thèses du professeur Balthazart... C. Vidal cite aussi l'exemple d'une étude d'un anatomiste américain, Simon LeVay, parue en 1991 dans la très sérieuse revue Science, portant sur des particularités spécifiques aux cerveaux de gays (les lesbiennes ne faisaient pas partie de l'étude, mais elles n'ont peut-être pas de cerveau du tout...). Etude qui omettait un tout petit détail : les homosexuels dont les cerveaux avaient été observés était tous décédés du Sida, et les « bizarreries » constatées n'étaient que la conséquence de la maladie... Les « découvertes » du professeur LeVay n'ont jamais été confirmées.Certes, Catherine Vidal n'a pas encore pu lire l'ouvrage du Pr. Balthazart, mais je serais curieuse de savoir ce qu'elle en pense (et je compte bien le lui demander).
Ceci rejoint ma deuxième objection : J. Balthazart a aussi des « croyances », comme vous et moi, qu'il exprime d'ailleurs honnêtement lorsqu'on l'interroge (5) : il ne croit pas beaucoup au « libre arbitre » mais aussi, il est convaincu que les différences entre hommes et femmes sont tellement innées, qu'une « égalité intégrale n'a aucun sens ». L'allaitement, argumente-t-il, est biologiquement spécifique à la femme, le rapport aux enfants sera donc forcément différent de celui d'un homme. On pourrait lui faire remarquer malicieusement que cette affirmation plaide plutôt contre les gays en matière de parentalité, les variations hormonales qu'ils auraient subi dans le ventre de leur mère n'allant pas jusqu'à leur permettre d'allaiter...
Pour étayer sa thèse sur l'impossibilité d'une « égalité intégrale », il cite des expériences montrant qu'à peine nés, les bébés mâles et femelles ont déjà des comportements différents, les filles étant plus senssibles aux visages et les garçons aux objets - ce qui expliquerait que plus tard, les femmes s'intéressent davantage au relationnel et les hommes à la technique... Là, on entend pointer les gros sabots de Mars et Vénus, si vous me suivez. Car Catherine Vidal, encore elle, cite d'autres expériences, où l'on observe plutôt les adultes pour constater qu'ils ont un comportement différent vis-à-vis du même bébé selon qu'ils pensent avoir face à eux un garçon ou une fille, ou encore qu'ils interprètent différemment l'expression du visage, attribuant à l'une de la tristesse, à l'autre de la colère, alors qu'il s'agit de la même photo... Si les bébés se comportent très tôt de manière différente, on peut penser que l'attitude des adultes y est pour beaucoup. Et si J. Balthazart et C. Vidal citent des expériences différentes, c'est aussi lié à leurs croyances et pas seulement à la "science pure".
Enfin, ma troisième objection concerne les conséquences de la thèse du professeur Balthazart. Il pense – et à voir les réactions, pas mal d'homosexuels et de personnes gay-friendly vont dans le même sens – que le côté inné, inéluctable et intransformable de l'homosexualité peut constituer une arme puissante contre l'homophobie. Le fait de « naître homosexuel » signifie qu'on n'y peut rien, que les parents n'ont pas failli dans leur éducation et qu'il ne sert à rien de vouloir remettre le « déviant » sur le droit chemin. Mais l'homophobie ne capitulera pas si facilement. Car si elle abandonne la « perversion », elle peut toujours s'accrocher à la « maladie », à l' « anomalie », fût-elle génétique ou hormonale... même si le professeur Balthazart prend bien soin d'éviter ces termes, leur préférant celui de « variation biologique ».
N'empêche : la biologie ne « justifie » rien (6), et troquer le rejet contre la pitié (« les pauvres, ils n'y peuvent rien... ») ne me paraît pas un progrès décisif . Ce qui peut « justifier » l'homosexualité, c'est qu'elle existe, que vécue librement, entre adultes consentants, elle permet l'épanouissement personnel, et qu'elle mène à des histoires d'amour aussi belles, aussi déchirantes que toute autre orientation sexuelle et affective. Mais pour ce qui est de l'ouverture aux différences – ce qui n'est pas la même chose que la « tolérance » condescendante - , personne n'a encore trouvé de gène ou d'hormone ; cela reste de la responsabilité individuelle et collective.
La science dit, puis la science contredit ; écoutons-le avec ouverture et esprit critique, en nous rappelant que ce qui semble évident aujourd'hui sera peut-être remis en question demain. Et pour ce qui est de nos vies, laissez-moi penser que la partie la plus excitante, la plus riche, c'est justement celle que nous avons pu choisir et dont nous assumons la responsabilité.
Homosexualité innée ou acquise: le débat de RFI en podcast
Le débat d'hier soir entre le Professeur Balthazart et le Docteur Clerget peut se réécouter pendant quelques jours sur le site de RFI.
Pr Jacques BALTHAZART, responsable du groupe de recherches en neuroendocrinologie du comportement à l'université de Liège, auteur de Biologie de l’homosexualité. On naît homosexuel, on ne choisit pas de l’être aux éditions Mardaga.
Dr Stéphane CLERGET, médecin psychiatre et pédopsychiatre, auteur de Comment devient-on homo ou hétéro ? chez Jean-Claude Lattès.
A la télé ce soir: le Derrière, de et avec Valérie Lemercier sur la RTBF2 à 20H05
Frédérique, jeune femme d'une trentaine d'années, disparait brusquement du haras où elle a toujours vécu, quand elle découvre l'existence et l'adresse de son père, Pierre Arroux, conservateur d'un grand musée parisien. Hébergée dans la capitale par des copains homosexuels, elle identifie bientôt Pierre, qui vit avec son petit ami médecin, Francis, et se rend alors à un premier rendez-vous travestie en garçon, pour donner le change. Pierre l'accueille bientôt chez lui, malgré l'hostilité de Francis qui n'aime pas les «folles». Petit à petit, Frédéric et Pierre apprenent à se connaître, mais le «fils» s'aperçoit très vite que son père a honte de lui Le Derrière
Easyjet se paye le pape...qu'en penseront les gays et les lesbiennes britanniques?
La compagnie Easyjet propose de transporter gratuitement B16 (tiens, c'est curieux, ils n'ont pourtant pas de B52 dans leur flottille...) à l'occasion de sa première visite au Royaume-Uni, et ceci en vue de diminuer le coût d'unvoyage qui suscite la polémique en Grande-Bretagne. La compagnie attend la réponse du pape.
Beaucoup d'Anglais sont furieux: d'abord parce que le chef du Vatican s'est permis de critiquer les lois en vigueur au Royaume-Uni, et spécialement les lois anti-discrimination (Equality Bill) et le contrat d'union civile qui permet aux gays et aux lesbiennes britanniques de convoler en juste pacs. Ensuite parce que la visite du Pape coûtera une coquette somme aux contribuables britanniques, puisque de grands moyens de sécurité devront être déployés: 20 millions de livres sterling soient à peu près 23 millions d'euros.
La communication d'Easyjet, qui a voulu faire un gros coup de pub teinté d'humour typiquement britannique, n'a sans doute pas tenu compte de sa clientèle lesbigay. Les gays et les lesbiennes voudront-ils encore voyager avec une compagnie qui se propose de transporter gratuitement un pape notoirement homophobe, favorisant ainsi la propagation de son message anti-gay? Rien n'est moins sûr...
Casse-toi! Un livre du photographe Jean-Marie Périer sur les ados homos chassés par leurs familles
Le photographe Jean-Marie Périer publie ce 8 février un livre intitulé Casse-toi! (Sous-titre: Crève mon fils, je veux pas de pédé dans ma vie) Un document dans lequel les témoignages bouleversants d'adolescents des rues se mêlent à son indignation.
Tous les jours, des jeunes sont chassés par leur famille uniquement parce qu’ils sont homosexuels. Jean-Marie Périer est allé à la rencontre de ces adolescents jetés à la rue du jour au lendemain, sans soutien, sans argent et sans avenir. Il oeuvre désormais pour que cesse cette situation intolérable. (Photo: Périer et David, au Refuge)
"Certains parents, lorsqu’ils découvrent l’homosexualité de leur fils ou de leur fille, se déchaînent contre leur enfant : insultes, coups, flicage, séquestrations, tout arrive. Avec, au final, une même conclusion : « T’es gay ? Casse-toi ! » Touché par la détresse de ces adolescents bannis et révulsé par l’aberration d’être puni pour le seul fait d’aimer une personne du même sexe, Jean-Marie Périer, le célèbre photographe des années 1960 et de Salut les copains a eu envie d’agir : en rencontrant ces jeunes venant des quatre coins de France et issus de tous milieux, il s’est engagé à porter leur voix. Pour que l’histoire de Sandra, Antoine Hassan, Jimmy et les autres, rejetés par leurs parents, bouscule les idées reçues. Pour que l’on parle enfin d’homosexualité sans tabou ni mauvaise foi, et qu’au début du XXIe siècle, chacun puisse être libre d’aimer sans avoir peur."
Pour vous faire une idée de ce livre, vous pouvez lire en découvrir les quatorze premières pages gratuitement en cliquant ici.
Le site de l'Association Nationale Le Refuge (la seule structure en France, conventionnée par l'Etat, à proposer un hébergement temporaire et un accompagnement social, médical et psychologique aux jeunes majeurs, filles et garçons, victimes d'homophobie.
Ceux-ci ont besoin d'une prise en charge spécifique et d'une écoute rassurante et déculpabilisante, d'autant plus nécessaires qu'ils sont victimes de préjugés et de discriminations au sein même des populations marginalisées et que le personnel des structures d'hébergement traditionnelles n'est pas formé spécifiquement.
La structure offre un accompagnement d'un mois renouvelable, éventuellement un hébergement temporaire au sein de ses appartements-relais, ce qui permet au jeune de se reconstruire. Il décide lui-même s'il souhaite retourner dans sa famille - la structure engage alors un travail de médiation familiale - ou faire une rupture totale. Le travail du psychologue consiste alors à l'armer pour ce deuil.)
Le journal Le Monde et la RTBF citent Gay Kosmopol!
Voia qui fait le plus grand bien un vendredi matin: j'ouvre ma boîte à courriels pour y trouver deux mails de copains qui me félicitent pour avoir les honneurs du journal Le Monde!
Le Monde en ligne a en effet publié hier soir un article intitulé Homosexualité innée ou acquise ? Un chercheur relance le débat. Il y présente bien sûr la recherche que le Professeur Jacques Balthazart a vulgarisée dans son libre Biologie de l'homosexualitéque j'ai à plusieurs reprises présenté et commenté sur mon blog! Voici le paragraphe qui cite Gay Kosmopol:
"Pour certains bloggeurs homosexuels, ce livre est une heureuse nouvelle : "Il va de soi que ce livre bat totalement en brèche les propos pseudo-scientifiques du futur primat de Belgique qui appuye sa vision de l'homosexualité, une anormalité dans le développement de la personne, sur la théorie freudienne. Sa parution vient donc bien à point nommé !" estime ainsi Gay Kosmopol, un site d'information sur les questions gay qui fait réagir plusieurs scientifiques à la thèse du professeur Balthazart." Le Monde avec AFP
Cela me fait bien sûr le plus grand des plaisirs. Mais si l'attention est attirée sur mon blog pour un court instant, c'est surtout parce que le livre de Jacques Balthazart rouvre un débat de société fondamental et sensible sur lequel tout le monde semble avoir un avis passionné, ce qui ne laisse pas d'être inquiétant. Là même où le scientifique fait son travail consciencieux de recherche, nombreux sont ceux qui voient se lever le spectre de l'eugénisme. Le caractère "heureux" de la nouvelle est sans doute à nuancer!
Etat des lieux dans le Groupe France Telecom/Orange :Quels droits aujourd’hui pour les couples PACSés LGBT ?
Dans l’intranet RH du Groupe, les PACSés LGBT semblent bien lotis...Etat des lieux !
Pour démarrer sereinement l’année 2010, Mobilisnoo dresse un état des lieux des droits et accords en faveurs des couples PACSés du même sexe, dans l’entreprise France Telecom/Orange.
Alors France Telecom/Orange, prête pour le label diversité 2010 ?
De belles avancées sur les droits, mais encore quelques manques à combler.
Aujourd’hui, les salarié(e)s de l’entreprise LGBT (ou non) peuvent prétendre pour :
La conclusion d’un PACS, à 5 jours d’absences rémunérés maximum pour lesalarié concerné.
Le décès du partenaire PACSé, à 3 jours d’absences rémunérés pour le salarié concerné.
La conclusion de son PACS au déblocage de son épargne salariale.
Suivre leur conjointi, sur une disponibilité (aujourd’hui réservée aux fonctionnaires de l’entreprise uniquement).
La maladie grave d’un proche, à 3 jours d’absences rémunérés pour le salarié concerné
L’hospitalisation d’un parent proche, à 1 jour d’absence rémunéré à l’entrée et à la sortie du patient pour le salarié concerné
Un conjoint handicapé ou en perte d’autonomie grave, à 3 mois d’absences pour le salarié sous convention collective concerné
Les congés de solidarité familiale, à 3 mois d’absences maximum pour le salarié concerné
Toute la partie sociale (CE d’entreprise et CCUES), à des aides prenant en compte la situation des salariés PACSés.
On notera, qu’avec les négociations actuellement en cours, certaines situations indiquées ci dessus, permettront certainement de revoir à la hausse le nombre de journées autorisées, dans le cadre du nouveau contrat social du Groupe.
Radio: Biologie de l'homosexualité, demain matin dans Tout autre chose (RTBF, La Première, de 10H à 11H30)
Biologie de l’homosexualité - Vendredi 05.02.2010
Date: Vendredi 5 Février sur la Première (RTBF)
La thèse de la biologie de l’homosexualité a d’abord été élaborée aux Etats-Unis et s’est par la suite exportée en Europe.
Jacques Balthazart qui dirige le Groupe de Recherches en Neuroendocrinologie du Comportement à l’université de Liège, développe cette théorie dans son nouveau livre, Biologie de l’homosexualité (Ed. Mardaga).
D’après ses recherches, l’homosexualité trouverait son origine au stade prénatal et serait par conséquence innée. Une compréhension de ces mécanismes biologiques devrait - selon lui - conduire à une acceptation plus large de l’homosexualité dans la population et réduire la souffrance des personnes concernées.
Il est en studio pour parler de sa thèse et répondre aux nombreuses questions que l’on peut se poser sur le sujet.
Pour illustrer la polémique qui enfle autour de la prochaine visite du pape en Grande-Bretagne, le caricaturiste Steve Bell a croqué pour le Guardian ce delicieux dessin où l'on voit le pape assister à une séance de cinéma en Angleterre a milieu d'un public gay. Rappelons que Benoît XVI vient de violemment critiquer les lois sur l'égalité récemment promulguées par les chambres britanniques, des lois qui ont pourtant été amendées pour protéger la discrimination à l'embauche par les religieux.
L'homosexualité est biologiquement déterminée, un article du journal Le Soir
Dans son édition d'aujourd'hui, le journal Le Soir consacre une page entière à présenter la recherche que le Professeur Jacques Balthazart de l'Université de Liège a publiée sous le titre Biologie de l'homosexualité, un ouvrage que Gay Kosmopol a présenté dès le 20 janvier. Les titres du Soir: On naît homosexuel. Une étude de l'Ulg montre que l'orientation sexuelle est "biologiquement déterminée". Une vaste recherche vient contrebalancer les théories psychanalytiques. L'homosexualité est "biologique". Sous la plume du journaliste Hugues Dorzée.
Contrairement à l’idée anciennement admise qui veut que l’on « devient homosexuel » en fonction de son vécu psychique et social, l’homosexualité serait en réalité déterminée, dès avant la naissance, par des facteurs biologiques. Telles sont les conclusions d’une vaste recherche réalisée par un groupe de l’Université de Liège, et contenues dans un ouvrage publié par le professeur Jacques Balthazart. Ce neuro-endocrinologue travaille depuis 35 ans sur les mécanismes hormonaux et nerveux qui contrôlent le comportement sexuel, chez l’homme et l’animal. L’homosexualité n’est donc pas une maladie, indique le chercheur, qui pense « envoyer une copie » de son ouvrage au nouveau primat de Belgique ! Le Soir en ligne du 4 février
Pour lire l'article en ligne: acheter Le Soir en papier ou le pdf en ligne
Mes commentaires
La recherche scientifique anglo-américaine présente depuis quelques années un faisceau d'arguments concordants qui suggèrent fortement qu'il faut chercher l'origine de l'homosexualité à un stade pré-natal :ce sont essentiellement des facteurs biologiques qui détermineraient l'orientation sexuelle des êtres humains. Le Professeur Jacques Balthazart synthétise l'état actuel d'une recherche qui est aujourd'hui suffisamment avancée pour affirmer que la thèse de l'homosexualité innée est scientifiquement la plus plausible. Cet ouvrage de vulgarisation scientifique pourrait avoir une portée sociologique considérable: en substance, il prouve scientifiquement qu'aucun être humain n'est responsable de son orientation sexuelle, ce qui entraine qu'en la matière culpabilité et culpabilisation sont totalement hors de propos, que ni les parents ni les jeunes qui découvrent leur homosexualité ne sont responsables de cet état de fait, et qu'enfin toute stigmatisation de l'homosexualité par la société ou par les instances religieuses relève de l'obscurantisme. Ce livre vient donc à point nommé. Il va de soi que ce livre bat totalement en brèche les propos pseudo-scientifiques du futur Primat de Belgique qui appuie sa vision de l'homosexualité sur la théorie freudienne et la présente comme une anormalité dans le développement de la personne. Je serais à ce propos fort heureux de suivre un débat télévisé entre l’église et l’université sur la question de l'homosexualité. La lecture de ce livre devrait inciter davantage les responsables politiques à mettre en oeuvre des campagnes d'information et à renforcer l'éducation à la diversité et la lutte contre l'homophobie. Depuis que la Ministre Marie Arena alors en charge de l’enseignement a eu la lucidité et le courage de faire rédiger un manuel pédagogique à l’usage des enseignants pour combattre l’homophobie en milieu scolaire, il ne semble pas qu’il y ait de nouvelle initiative dans la politique scolaire de la Communauté française, malgré des programmes gouvernementaux qui le mentionnent précisément. A ma connaissance, le manuel mis à la disposition de toutes les écoles par la Ministre n’a même pas été évalué. Contrairement à la Flandre où depuis dix ans divers manuels ont vu le jour et où des campagnes sont menées dans les écoles pour éduquer à la diversité. Le livre de Jacques Balthazart pourra aussi aider les parents à approcher l'éducation sexuelle familiale d'une manière différente. Elle contribuera aussi à aider les personnes gay, lesbiennes ou trans à s'assumer. Parce que, quelle que soit l’origine de l’homosexualité, la question à mes yeux la plus fondamentale est l’appréhension de cette réalité par la personne individuelle qui se découvre faire partie d'une minorité : savoir s’accepter, s’aimer tel que l’on est et pouvoir le partager avec les autres, de préférence dans la joie(- comme tout enfant, un jeune gay, un jeune trans ou une jeune lesbienne devraient recevoir la possibilité d'une enfance heureuse!) Mais cette joie d’être soi et de se développer tel que l’on est est encore souvent mise en question ou entravée par une partie du corps social. La cruauté du regard de l’autre, la réprobation familiale, l'homophobie religieuse, tant chrétienne que musulmane, la répétition des insultes en milieu scolaire, la crainte d’une grande partie du corps enseignant d’aborder la question peuvent miner le développement d’une estime de soi si nécessaire à l’épanouissement de tout être humain. Le problème de l’homosexuel n’est pas d’en être, mais d’habiter son homosexualité, d’y exister, et d’apparaître tel qu’il est, de se correspondre. Même en Belgique, où tant de bonnes lois ont été faites, il n’est toujours pas commode de faire son coming out. Gageons que l’éclairage de la science que nous offre le Professeur Balthazart contribuera à favoriser une meilleure compréhension et, partant, une meilleur acceptation des personnes homosexuelles, bisexuelles et transsexuelles.
Le scientifique affirme qu'"on naît homosexuel, on ne le devient pas". C'est probablement vrai dans une des acceptions du verbe "devenir", mais la formule est réductrice si on la sort du contexte de la recherche scientifique: le professeur parle ici de l'origine pré-ou péri-natale de l'homosexualité, et de rien d'autre. Cependant, l'enfant ou l'adolescent qui se découvre autre, doit apprendre au cours d'un souvent long cheminement à devenir ce qu'il est: découverte, acceptation, dévoilement à autrui et correspondance à soi-même. On naît homosexuel, on doit apprendre à le devenir. Les constituantes du corps social sont souvent perverses* parce qu'elles nient ou dénoncent la réalité d'une partie de la population, ce qui rend le devenir homosexuel aléatoire et, mises à part quelques exceptions, extrêmement pénible. Le réalisateur allemand Rosa von Praunheim a lancé à ce propos une formule restée célèbre, il s'agit du titre d'un de ses films, sorti en 1970: Nicht der Homosexuelle ist pervers, sondern die Situation, in der er lebt (Ce n'est pas l'homosexuel qui est pervers, mais la situation dans laquelle il vit). http://fr.wikipedia.org/wiki/Rosa_von_Praunheim L'origine hormonale et/ou génétique de l'homosexualité confirme l'intuition du cinématographe allemand. Il ne nous reste plus qu'à trasformer la société. Je parle de perversion au sens psychanalytique du terme: organisation psychique utilisant un mode relationnel permettant d'assouvir ses pulsions par des actes opérés aux dépens de l'autre, ici au dépens des homosexuels que la société va essayer de manipuler en les niant ou en les stigmatisant afin de se conforter dans ses pulsions hétérosexuelles prédominantes. La psychologie et la psychanalyse auraient sans doute beaucoup à gagner en travaillant de concert avec les sciences neurobiologiques.
Tu as été victime d´une insulte ou d´un acte homophobe? Le bon réflexe: signale la discrimination, porte plainte et fais-toi aider! La bonne adresse: le Centre pour l´égalité des chances et la lutte contre le racisme! Tél: 022123000 ou sur le net http://www.diversiteit.be/CNTR/FR/
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